Les sociétés démocratiques récusent les hiérarchies de droits (castes, ordres) et reposent sur un idéal démocratique de l’égalité des droits et des chances c’est-à -dire un idéal méritocratique (chacun doit pouvoir avoir les mêmes chances d’ascension sociale grâce à son mérite et non grâce à des privilèges dû à son origine sociale). L’idéal démocratique est donc une forte mobilité sociale et l’enjeu de sa mesure est de savoir si l’on s’approche de cet idéal.

S’il y a une certaine égalité des chances cela permet de légitimer l’existence d’inégalités des conditions qui sont acceptables seulement si elles sont réversibles.

Aujourd’hui la société française est plus fluide qu’il y a 50 ans car il y a plus de mobilité nette (c’est elle qui explique le plus la mobilité sociale). Mais l’augmentation apparente de la mobilité sociale s’explique aussi par l’évolution de la structure de la population active.

Mais l’existence d’une mobilité sociale ne signifie pas une baisse des inégalités des chances.

De plus, si tout le monde se déplace vers le haut dans l’échelle sociale la hiérarchie de la structure sociale ne change pas. (Paradoxe d’Anderson : il y a une hausse généralisée des qualifications mais la situation sociale reste égale et devient même parfois moins bien.)

Donc les perspectives de mobilité sociale des jeunes générations est moindre car la mobilité stagne et est plus souvent due à la mobilité structurelle qu’avant donc il y a un risque de déclassement social plus fréquent (mobilité sociale descendante ou diminution du prestige social).

Beaucoup de sociologues accusent l’école d’être responsable de cette reproduction des inégalités.

Conclusion : Même si une certaine mobilité sociale existe en France elle n’est pas uniforme et la société reste marquée par une forte hérédité. Et on peut craindre que le ralentissement actuel de cette mobilité engendre un sentiment de frustration relative c’est-à -dire non pas une déception liée à la pauvreté mais plutôt liée aux résultats décevants par rapport aux attentes générées par la société. Cette désillusion peut représenter une menace pour la cohésion sociale car elle peut entrainer une société plus conflictuelle.

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