[Vue par une ex-noaillaise]

Ex-noaillaise de la promotion bac 2009, j’ai donc passé le concours commun des six IEP en juillet 2009. La vie étudiante ne me permet malheureusement pas de venir vous présenter mes études directement au lycée, mais je pense qu’il serait quand même bien que vous ayez une petite présentation générale de l’école et des enseignements qu’elle propose pour choisir correctement votre orientation post-bac !

Un peu de présentation d’abord : je m’appelle Hélène Blaszkiewicz, et j’ai eu mon bac L avec mention très bien en juin 2009. Durant l’année scolaire 2009, j’ai suivi avec quelques autres élèves la préparation proposée par Stephan et Mme Bochet. J’ai donc passé le concours directement après le bac. Si je peux vous donner quelques conseils pour le concours, ce serait peut-être d’abord de bien dormir la veille parce que la journée est longue ! Vous serez sûrement très nombreux (nous étions à peu près 2000 à passer la concours sur Lyon), mais cela ne doit pas être une cause supplémentaire de stress : essayez juste de faire de votre mieux. Quant aux préjugés qu’on peut avoir sur les correcteurs, du type « c’est tous des libéraux, il faut écrire un discours libéral pour leur faire plaisir », ce n’est pas forcément vrai : écrivez simplement ce que vous pensez, ce sera valable du moment où vous défendez et argumentez votre point de vue.


L’organisation des études :

Les enseignements proposés dans le « tronc commun », c’est-à-dire la première année -l’enseignement se spécialisant par filière dès la deuxième année, sont plutôt généralistes. Les cours du premier semestre sont :

  • deux langues vivantes (parmi anglais, espagnol, italien, arabe, japonais, chinois)
  • droit constitutionnel (étude de la Constitution de la Vème République) pris en charge par M. FRANGI
  • histoire politique de la France : le cours s’intitule exactement « 1789-1914 : Révolutions, Nation et Républiques », pris en charge par M. BENOIT
  • économie politique générale : pas de panique pour les bacheliers littéraires ou scientifiques, les bases de l’enseignement économique sont reprises point par point par M. ABDELMALKI
  • vie politique française contemporaine, histoire détaillée des gouvernements de la Vème République et des politiques mises en place à cette période, cours pris en charge par M. BARBET
  • sport obligatoire.

Au deuxième semestre, les enseignements communs sont :

  • économie de l’entreprise, études plutôt théoriques de ces organisations, assuré par M. DUBRION
  • introduction aux sciences sociales, étude des grands courants de pensée et des grands sociologues, historiens, anthropologues … du XXème siècle, pris en charge par le directeur de l’IEP, M. POLLET
  • histoire politique de la France de 1914 à 1940, par M. VERGNON
  • projet professionnel, dans lequel il faut rédiger un petit dossier sur une fonction précise
  • Sociologie politique, assuré par M. BACOT
  • Instituions politiques administratives, par M. LAGIER
  • deux langues vivantes
  • sport obligatoire.

Tous ces enseignements sont divisés en CF (cours fondamentaux en amphi) et CDM (Conférences de Méthode, en groupes d’une quinzaine d’étudiants).


En dehors de cet enseignement général, les étudiants de première année peuvent choisir un « diplôme universitaire » (ou DU) qui consiste en une étude historique, géographique, sociale, géopolitique d’une zone géographique particulière :

  • DUMAC (DU du monde arabe contemporain) associé à l’enseignement de l’arabe (c’est aussi celui que j’ai choisi)
  • DUMEOC (DU du monde extrême-oriental contemporain) associé à l’étude du chinois ou du japonais
  • DUALC (DU sur l’Amérique Latine et les Caraïbes) associé à l’espagnol au premier semestre, portugais ensuite.


Un autre DU, le DUEE sur les affaires européennes existe également, mais il ne débute qu’en deuxième année.


Les étudiants ne sont pas du tout obligés de prendre un DU, celui-ci rajoute quelques heures de cours par semaine et nécessite des frais supplémentaires (sinon l’inscription à l’IEP est au même montant que celle des universités). Malgré cela, il ne faut vraiment pas hésiter à en prendre un, c’est un démarche très intéressante qui ouvre l’esprit à d’autres domaines de connaissance, des choses que l’on avait jamais étudiées auparavant.


En deuxième année, les étudiants commencent donc à se spécialiser. Trois modules différents sont proposés, parmi lesquels Affaires Publiques, Affaires internationales et Communication. Il faut en choisir deux, mais ce choix n’est pas décisif pour la suite des études ; c’est-à-dire que si vous suivez un cursus affaires publiques et que vous vous rendez compte en deuxième année que ça ne vous plaît pas, vous pouvez très bien vous dirigez vers un master de communication ou autre.


La troisième année est elle réservée à la mobilité internationale. Il faut donc choisir une (ou deux) destination(s) parmi les très nombreuses proposées (je pense que tout le monde y trouve son compte !). On y effectue deux semestres, en stage ou en université. Vous imaginez que le choix est tellement varié qu’il est très difficile !


L’IEP en lui-même

L’accession à l’école étant régulée par un concours, les effectifs s’en trouvent par conséquent beaucoup moins importants qu’en université. L’ambiance qui en résulte est donc différente (aucun jugement de valeur ici !), peut-être plus « grande école ». Par exemple, beaucoup d’associations y travaillent, de la fanfare aux organisations plus politiques comme Anciela (association écologique). Le BDE (bureau des étudiants), chargé d’organiser des soirées étudiantes et/ou promotions culturelles, est élu chaque année par les étudiants ; élections qui sont par ailleurs synonymes d’agitation dans l’école ! Je vous passerai les détails pour laisser la surprise en ce qui concerne le Beaujolais Nouveau … Chaque année en mars est organisé le Crit, compétition sportive entre tous les IEP de France, chaque fois dans une ville différente, qui se solde par des soirées plutôt « joyeuses » à ce qu’il paraît …


Plus sérieusement, l’école est très dynamique pour ce qui est de la recherche, et l’administration organise donc très souvent des conférences sur des sujets très variés, et se permet d’inviter notamment des personnalités politiques connues (cette année nous avons rencontré par exemple François Hollande et Azouz Begag), ou ayant des responsabilités politiques importantes (Président de MSF …) pour nous parler de leur carrière et de l’actualité. Dans le cadre du DUMAC qui me concerne, les conférence sont très nombreuses, animées par des professeurs chercheurs d’universités du monde arabe notamment.


Encore une fois, c’est un institut d’études politiques, ce n’est donc pas un centre de formatage d’étudiants (critique que l’on entend souvent) au moule néo-libéral et républicain. La quasi totalité des professeurs (car il y a comme toujours des exceptions) et donc des enseignements sont objectifs et critiques, et nous permettent d’avoir réellement une vue d’ensemble sur les problématiques politiques, économiques, etc … Ce qui n’empêche pas certains étudiants d’être très politisés, et ce tant à (l’extrême) droite qu’à (l’extrême) gauche ! Les débats sont d’ailleurs parfois très enrichissants.


Les débouchés

La question des débouchés préoccupe à juste titre chaque étudiant. Ceux de l’IEP sont variés. Suivant le master choisi (j’avoue ne pas m’être encore vraiment renseignée sur ceux-ci !), les études politiques débouchent tant sur les métiers de la communication et du journalisme, sur les affaires internationales (diplomatie, ONG et développement), sur le fonctionnariat administratif (qui nécessite parfois le passage d’un autre concours de la fonction publique), sur les métiers du politique (fonctions électives ou cabinets ministériels par exemple), sur les carrières entrepreneuriales …

Certains masters sont orientés très clairement vers la professionnalisation des étudiants, c’est-à-dire qu’il forme en cinq ans les étudiants à un métier. D’autres sont orientés vers la recherche et vers le doctorat.

Les plus motivés d’entre nous continueront vers d’autres grandes écoles, comme l’ENA ou l’ENM.

Les perspectives sont donc très variées !


Pourtant, les IEP sont très critiqués sur le fait que le système LMD (licence-master-doctorat) n’est qu’en partie appliqué : en effet, aucun diplôme n’est reconnu aux étudiants ayant suivi trois ans d’études ! L’IEP est donc (pour l’instant) avant tout un cursus sur cinq ans d’étude.


La principale question qui revient est : quelle différence avec la fac, notamment avec le cursus Science politique – Droit que suit actuellement Benjamin, administrateur génie du site SES-Noailles ?

D’après moi, la différence est de taille même si ces deux formations portent a priori le même nom. L’enseignement universitaire est beaucoup plus orienté vers la recherche, et est donc en partie beaucoup plus spécifique. On y étudie la science politique. À l’IEP, comme je l’ai montré, l’enseignement est généraliste, ce qui lui est parfois reproché comme « touche à tout », et plus professionnalisant. On y étudie les sciences politiques. Il n’y a donc aucun rapport supériorité/infériorité : ce n’est juste pas le même enseignement !


J’espère vous avoir convaincus avec cette longue présentation. En tous cas, n’hésitez pas à me faire parvenir d’éventuelles questions, je me ferai un plaisir d’y répondre !

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