SUJETS CORRIGES SUR PARTIE 2 CHAPITRE 1

SUJET  DE SYNTHESE

«  Vous montrerez que la position sociale des individus est influencée par leur origine sociale, mais qu’elle dépend aussi d’autres facteurs »

En introduction, il convient de préciser que le raisonnement se centre sur les 30 dernières années en France, que par origine sociale on entend : la PCS des parents et par position sociale la PCS d’appartenance (on peut questionner la position sociale par rapport au prestige social)

1 – La position sociale des individus est influencée par leur origine sociale

1.1 l’origine sociale détermine la réussite scolaire (capital culturel)

1.2 l’origine sociale détermine la PCS d’appartenance (le capital économique et social permet de mieux « rentabiliser le diplôme)

1.3 l’origine sociale détermine des stratégies familiales différentes .


2 – La position sociale des individus dépend aussi d’autres facteurs (que l’origine sociale)

2.1 la position sociale dépend de l’évolution de la population active (tertiarisation, hausse des qualifications, paradoxe d’Anderson)

2.2 la position sociale d’un individu peut aussi dépendre de son mérite (démocratisation scolaire et méritocratie)

2.3  la position sociale peut dépendre de facteurs discriminatoires (par exemple, le sexe)


CORRIGE COMPLET DU SUJET DE DISSERTATION

« Dans quelle mesure la société française est-elle encore une société de classe ? »

Dans la société française de l’Ancien Régime, les groupes sociaux sont hiérarchisés en ordres disposant chacun de privilèges inégaux. Avec la Révolution française, cette hiérarchie de droit disparaît. Pourtant, même dans la société française contemporaine subsiste une hiérarchie dans les faits. Nous pouvons alors nous demander dans quelle mesure la société française aujourd’hui est encore une société de classe ? Est-ce que l’on peut identifier dans notre société au moins deux groupes sociaux antagonistes déterminés par leur place dans le processus de production et qui ont conscience de former une classe sociale, ou bien, est-ce qu’on peut seulement identifier des groupes réunis autour de caractéristiques socio-économiques identiques entre les membres du groupe et différentes de celles des autres groupes ? Nous verrons tout d’abord que les classes sociales au sens marxiste disparaissent parce que les frontières entre les classes disparaissent, mais que l’on peut identifier l’apparition de nouvelles classes sociales, au sens wébérien du terme, c’est-à-dire de groupes d’individus socio économiquement homogènes entre eux.

En effet, dans la société française actuelle, on assiste à un effacement des frontières de classes parce qu’il y a une homogénéisation des modes de vie et une moyennisation de la société française. L’homogénéisation des modes de vie s’explique par une élévation générale des niveaux de vie et par une uniformisation de la consommation.

La hausse du niveau de vie, c’est-à-dire du pouvoir d’achat, s’explique par la hausse des revenus et la baisse des prix. En effet, on peut voir que le revenu mensuel médian d’un célibataire a été multiplié environ par 2 entre 1970 et 2005.Cela s’explique par la croissance économique mais aussi par l’intervention de l’Etat qui grâce à la redistribution des revenus permet la stabilisation voir l’augmentation des revenus, surtout des plus pauvres. La baisse des prix des produits courants a été permise par la production de masse mise en place pendant les 30 Glorieuses.

Cette hausse généralisée du niveau de vie va se traduire par une uniformisation des coefficients budgétaires : alors qu’en 1956 le coefficient budgétaire de l’alimentation des ouvriers est deux fois plus élevé que celui des cadres , il est aujourd’hui sensiblement similaire . Cette évolution correspond à la loi d’Engel : plus le revenu augmente, plus les ménages peuvent consacrer une part importante de leur revenu aux biens de seconde nécessité. On voit par exemple que les ménages disposent d’un taux d’équipement en biens électroménagers élevé ( on peut observer que 98% des ménages français disposent d’une télévision, d’un réfrigérateur, …en 2005). Cette uniformisation de la consommation se traduit aussi par une homogénéisation des pratiques culturelles :  le taux de départ en vacances a augmenté de 21 points de pourcentage entre 1964 et 2004, tous les ménages, quelque soit leur PCS vont régulièrement au cinéma ( on peut voir seulement 2 points d’écart entre la part des cadres et celle des professions intermédiaires allant au cinéma en 2004).


Ainsi, on peut dire que l’effacement des frontières de classe s’explique en partie par l’homogénéisation des modes de vie résultant de la hausse des niveaux de vie et de l’uniformisation de la consommation. L’effacement des frontières de classe s’explique aussi par la moyennisation de la société.


La moyennisation se caractérise à la fois par l’apparition des classes moyennes et par une forte mobilité sociale.

De plus en plus d’individus se retrouvent dans les classes moyennes, c’est-à-dire dans des groupes sociaux qui se caractérisent par des revenus, des diplômes, des positions hiérarchiques intermédiaires. Ces groupes sociaux sont hétérogènes et regroupent aussi bien les employés et les professions intermédiaires que les ouvriers les plus favorisés ou les cadres aux plus faibles revenus. Par exemple, les cadres de la fonction publique comme les ouvriers se reconnaissent comme appartenant à la classe moyenne .Ce mouvement a été engendré par la hausse des qualifications, la salarisation et la tertiarisation de la population active. Il ne s’agit donc pas de classes sociales au sens marxiste mais bien plutôt de groupes dont les frontières de classes se sont effacées.

Cette moyennisation s’accentue par l’existence d’une mobilité sociale permise par la démocratisation de l’enseignement qui favorise la hausse des qualifications : il est donc aujourd’hui plus facile de passer d’une PCS à une autre, de ne pas appartenir à la même PCS que celle de son père, donc de passer d’un groupe social à un autre. Cela signifie qu’il y a moins d’hérédité sociale, dans le sens où, par exemple, grâce aux études un fils d’ouvrier peut devenir aujourd’hui plus facilement cadre.

Ainsi, l’effacement des frontières entre les classes dans la société française actuelle est permis non seulement par l’homogénéisation des modes de vie mais aussi par la moyennisation de la société. Les classes sociales au sens marxiste du terme semble donc avoir disparu, c’est-à-dire qu’il n’y a plus de groupes antagonistes différenciés et déterminés par leur place dans le processus de production.

Pourtant, les années récentes semblent se caractériser par une persistance des inégalités économiques et sociales et l’apparition d’une nouvelle pauvreté qui peut faire penser à l’apparition de nouvelles classes sociales, au sens weberien du terme, c’est-à-dire de groupes sociaux qui partagent des caractéristiques identiques entre eux et distinctes de celles des autres goupes.

En effet, on peut repérer dans notre société, la persistance d’inégalités économiques et sociales importantes entre les groupes sociaux. Les inégalités économiques sont tout d’abord les inégalités de revenu. Si les inégalités se resserrent sur les 30 dernières années, les revenus continuent à augmenter plus vite pour les plus riches et aujourd’hui les revenus des cadres sont encore  fois supérieurs à ceux des ouvriers . Ces inégalités sont fortement influencées par le nombre de personnes dans le ménage. Les inégalités de patrimoine sont les inégalités économiques les plus importantes car elles sont cumulatives (plus on a de revenus, plus on a de chance d’avoir un fort patrimoine) et parce qu’elles sont transmises par héritage.

Les inégalités économiques sont en partie responsables des inégalités sociales. En effet, même si les pratiques socio-culturelles s’homogénéisent, il subsiste des pratiques très différenciées en fonction de la PCS à laquelle on appartient. Par exemple, 36% des cadres vont régulièrement au théâtre contre seulement 6% des ouvriers . De plus, même si une grande majorité de ménages vivent dans une résidence principale qui disposent d’un minimum de confort, 0.8% de la population française vit sans eau courante, sanitaire ou salles de bains .

Nous pouvons aussi penser que de nouvelles classes apparaissent car on peut identifier une nouvelle pauvreté qui s’explique à la fois par la dégradation du marché du travail et  par l’affaiblissement du lien social. Aujourd’hui le taux de pauvreté en France avoisine les 15%. La montée du chômage et la précarité de l’emploi ont eu pour conséquence de baisser le niveau de vie d’une partie de la population, en particulier les jeunes et les moins diplômés. On assiste à une multiplication du nombre de bénéficiaires du RSA qui est passé de 400 000 en 1989 à 1 130 000 en 2008 selon l’Insee. Cette allocation, si elle permet d’assurer un revenu minimum pour les plus pauvres, ne couvrent pas l’ensemble de la population (par exemple, les jeunes de moins de 25 ans ne peuvent pas en bénéficier) et reverse un revenu suffisamment faible (moins de 500 euros environ) pour faire rentrer les individus qui en bénéficient dans une sorte de pauvreté institutionnalisée.

L’affaiblissement du lien social favorise  la pauvreté car celle-ci est un processus cumulatif : il ne suffit pas d’être chômeur pour être pauvre. La nouvelle pauvreté s’explique aussi par la crise de la famille : multiplication du nombre de divorces, du nombre de familles monoparentales,…affaiblisse les formes de solidarités familiales. Les pauvres sont plus souvent des familles monoparentales ou des personnes seules qui sont sans emploi . La pauvreté va donc se caractériser par le cumul des handicaps pour certains groupes sociaux les plus défavorisés dans la hiérarchie sociale. On peut donc identifier aux extrémités de la hiérarchie sociale un groupe qui cumule les avantages et un autre les désavantages, laissant penser à l’existence d’une classe sociale dominante et d’une classe défavorisée. La société française actuelle se caractériserait donc par l’existence de nouvelles classes déterminées par la persistance d’inégalités et l’apparition de nouvelles formes de pauvreté.

Ainsi, notre société française n’est plus une société de classe au sens où l’entendait Marx : les frontières de classes s’effacent grâce à l’homogénéisation des modes de vie permise par la hausse des niveaux de vie et l’uniformisation de la consommation. De plus, la moyennisation de la société se manifeste par le développement de classes moyennes plurielles favorisé par une plus forte mobilité sociale. Pourtant, les années récentes montrent qu’il existe encore de fortes inégalités économiques (en matière de revenus, de patrimoine) qui déterminent en partie des inégalités sociale. On peut aussi observer l’apparition de nouvelles formes de pauvreté qui s’explique en partie par l’augmentation du chômage et de la précarité et par l’affaiblissement du lien social. Ainsi, on peut penser que de nouvelles classes seraient en train de se former dans notre société, des classes sociales au sens weberien, c’est-à-dire déterminées par l’existence de groupes dont les individus cumulent les handicaps et d’autres dont les individus, de par leur caractéristiques, dominent la hiérarchie sociale.  La question est alors de savoir quel type de politique économique pourrait permettre de réduire inégalités et pauvreté afin d’assurer une meilleure cohésion sociale dans notre société.

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