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1.3 Le caractère cumulatif des inégalités

1.3 Le caractère cumulatif des inégalités


a)      Inégalités et pauvreté


La pauvreté est un phénomène relatif : ce n’est pas la même chose d’être pauvre aujourd’hui qu’il ya un siècle ; la pauvreté n’est pas la même en France et en Afrique.


La France s’est aujourd’hui adaptée aux modalités de calcul européennes en utilisant le seuil de 60% (et non plus 50% ) du revenu médian comme seuil de pauvreté.


C’est le cumul des inégalités (économiques et socio-culturelles) qui conduit à la pauvreté. Ce caractère cumulatif des inégalités se retrouvent à deux niveaux :

Tout d’abord sur une même génération les catégories défavorisées dans un domaine le sont le plus souvent aussi dans les autres domaines.

Mais il y a aussi processus cumulatif d’une génération sur l’autre car il y a souvent reproduction des inégalités d’une génération sur l’autre.

Ex : Les inégalités de salaires se cumulent avec des inégalités de revenu : se sont les hauts salaires qui ont généralement le plus d’autres sources de revenu en particulier les revenus du patrimoine.

Il y a aussi interdépendance entre inégalités de revenu et inégalités de patrimoine : les premières engendrant les secondes (du fait de la plus ou moins grande capacité d’épargne) et inversement le fait d’avoir un fort patrimoine permet de bénéficier de forts revenus du patrimoine ce qui accentue les inégalités de départ.

De la même façon les inégalités en terme de conditions de travail entraînent des inégalités face à la maladie et à la mort. Là encore les conditions de travail les plus difficiles sont souvent dans des professions où les salaires ne sont pas élevés.

Les inégalités face au logement entraînent des inégalités face à la santé et à l’école…


Les inégalités forment donc un système : elles s’engendrent les unes les autres et elles forment un processus cumulatif qui entraîne le fait que les privilèges se regroupent à l’une des extrémités de l’échelle sociale tandis qu’à l’autre extrémité il y a une multiplication des handicaps. De plus on voit qu’il y a reproduction des inégalités entre les générations (cf. inégalités scolaires en fonction de la PCS).





b)   L’exclusion sociale

 

La pauvreté ne conduit pas forcément à l’exclusion sociale (on peut être pauvre et avoir des amis), mais le cumul des handicaps peut conduire à l’exclusion sociale c’est ce qui a été montré par deux sociologues : S. Paugam (disqualification sociale) et R. Castel (désaffiliation).


Leur analyse porte plus particulièrement sur le chômage et la pauvreté, ils cherchent à mettre en évidence le processus de rupture du lien social qui conduit à l’exclusion sociale.


Pour Paugam le processus de disqualification sociale se fait en trois phases :

1)la fragilité. Cette phase est amorcée par un événement : échec professionnel, instabilité de logement, drame familial…, qui engendre un sentiment de déclassement et suscite des comportements particuliers : réduction de la vie sociale, tensions dans les liens familiaux…

Le chômeur perd vite ses points de repère et peut alors connaître une grave crise d’identité.

2)la dépendance. Après une phase plus ou moins longue de découragement et de prise de conscience de l’absence d’espoir d’insertion, le chômeur peut accepter l’aide sociale. Il justifie souvent cette décision par le fait qu’il a des personnes à charge. Toutefois, l’aide ne s’avère jamais suffisante ce qui entraîne parfois par ailleurs un endettement. Mais, elle permet d’éviter l’extrême pauvreté.

3)la rupture. Quand les handicaps se multiplient (problèmes de santé, pertes de contact avec la famille…), on peut assister à la phase ultime du processus de marginalisation. Phase amplifiée si l’alcool ou la drogue intervient, ou si les liens familiaux – forme élémentaire de la solidarité – sont rompus.


http://www.youtube.com/watch?v=gjhGEL-mL1w


Castel distingue trois zones dans lesquelles peuvent se situer les individus :

La zone d’intégration : stabilité de l’emploi (garanti de travail permanent) et stabilité des relations sociales. On dispose des garanties d’un travail permanent et que l’on peut mobiliser des supports relationnels solides.

La zone de vulnérabilité : précarité du travail et fragilité relationnelle

La zone de désaffiliation sociale : absence de travail et isolement social.


Le point commun entre ces deux analyses c’est qu’elles mettent en évidence que le phénomène d’exclusion sociale est le résultat d’un processus. On peut faire le lien avec les inégalités en disant que les individus qui cumulent les handicaps en termes d’inégalités sociales sont celles qui sont les plus fragiles et qui ont le plus de risque de rentrer dans ce processus d’exclusion sociale.


CONCLUSION DU 1.


RAPPEL : IL EXISTE AUSSI DE SINEGALITES A L’ECHELLE INTERNATIONALE

  • L’évolution des inégalités au niveau international

Les inégalités de revenus sont plus difficiles à comparer à l’échelle internationale que les inégalités de salaires, car il est difficile de prendre en compte les mêmes catégories de revenus et de transferts dans les différents pays.

Pour ces deux catégories, on retrouve les mêmes tendances :

-          Dans tous les pays, les inégalités subsistent, malgré l’augmentation du niveau de vie moyen. Les inégalités de revenus sont supérieures aux inégalités de salaires.

-          Dans les PDEM, on observe une réduction des inégalités sur l’ensemble du 20° siècle, avec cependant une légère remontée des inégalités de revenus à partir des années 80. Les pays nordiques (Allemagne, Belgique, Suède, Norvège), sont caractérisés par des écarts de revenus inférieurs aux pays anglo-saxons (3 contre 5.5)

-          A l’échelle internationale, c’est-à-dire entre les pays, les inégalités ont augmenté jusqu’à la fin de la 2°guerre mondiale (certains pays connaissant un développement fulgurant, d’autres pas), depuis certaines inégalités augmentent d’autres baissent :

Par exemple, si on compare le PIB par habitant (en PPA) des 20 pays les plus riches/ aux 20 pays les plus pauvres, on peut voir que les inégalités ont augmenté.

Mais, les 20 pays les plus pauvres ne concernent que 5% de la population mondiale. D’où l’intérêt de regarder le revenu moyen par habitant pour prendre en compte la taille de la population : par exemple, si on regarde l’Asie, on voit qu’elle représente la moitié de la population mondiale et les inégalités s’y réduisent.

-          Les pays sud-américains se distinguent par une inégalité supérieure aux pays occidentaux les plus inégalitaires

-          Les pays asiatiques, ainsi que les pays africains se caractérisent généralement par une inégalité de revenus égale ou inférieure à celle des  pays occidentaux les moins inégalitaires.

-          La comparaison internationale est également difficile dans les pays communistes et dans les pays les plus pauvres, du fait de très nombreux avantages en nature difficiles à quantifier de façon monétaire.

-          L’écart de revenus entre l’Occidental de 1870 et celui de 1990 (d’environ 10) est quasiment équivalent à l’écart entre le revenu moyen du Chinois ou de l’Indien et celui de l’occidental aujourd’hui.

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