Les FMN ont un poids de plus en plus important dans les échanges internationaux, les échanges intra-firmes représentent plus de 30% du commerce mondial en 2004, 9,1% du PIB mondial et 57,4% des emplois. Ainsi les FMN ont un impact sur la forme et la logique des échanges, la structure des échanges s’expliquent plus par leurs stratégies que par les choix et la volonté des Etats.

Ce poids prépondérant des stratégies des firmes multinationales entraîne une série de questions.

 

A) La question des délocalisations et leurs effets sur l’emploi

     

    A1. Qu’est-ce qu’une délocalisation ?

    C’est la fermeture d’une unité de production dans un pays pour en ouvrir une dans un autre pays. (C’est un déménagement d’unité de production via un investissement direct à l’étranger).

    Donc pour que l’on puisse parler de délocalisation au sens strict il faut que la fermeture d’une unité de production soit le résultat d’un transfert de production d’un pas à l’autre.

     

    A2. Pourquoi délocaliser ?

    C’est parce qu’elle cherche à améliorer leur compétitivité (prix et hors prix) que les firmes vont délocaliser leur production.

    Recherche d’une meilleure compétitivité

    • En produisant dans les Etats où le coût de la main d’œuvre est moins élevé
    • En rapprochant la production des matières premières
    • En se rapprochant des marchés pour mieux répondre à la demande des consommateurs,…

     

    A3. Les effets contrastés sur l’emploi pour les pays subissant les délocalisations

    A court terme : effets directs plutôt néfaste pour l’emploi :

    • sur le niveau de l’emploi car les délocalisations entraînent des destructions importantes d’emplois
    • sur la qualité de l’emploi car les FMN mettent en concurrence les pays ce qui conduit à des pressions à la baisse sur le coût du travail (réduction des prestations sociales, remise en cause des acquis sociaux, pression à la baisse sur les salaires,…)

     

    A plus long terme les délocalisations peuvent avoir des effets plus positifs sur l’emploi

    • Une délocalisation en rationalisant la production et en réduisant les coûts peut permettre de sauvegarder une partie des emplois qui auraient disparaître dans le cas contraire. (Sauvegarde d’une partie des activités)
    • Les délocalisations peuvent permettre de restructurer la production vers des activités plus favorables aux Etats (recherche et développement, design, marketing,…). (// Processus de destruction créatrice)
    • Les FMN relocalisent une partie de la production dans les PDEM (majorité des IDE vont dans les  PDEM) ce qui est créateur d’emplois qualifiés

     

    Pb : Il y a un problème d’inadéquation entre les emplois détruits qui libèrent de la main d’œuvre peu qualifiée et les emplois créés qui nécessitent de la main d’œuvre qualifiée.

     

    De plus il faut rappeler que l’implantation des FMN peut être une source de développement pour les PED.

     

    B) FMN et spécialisation des Etats

    Les stratégies des FMN expliquent de plus en plus la spécialisation des Etats, même si ces derniers jouent encore un rôle au travers des politiques mises en place pour attirer les FMN.

     

    Les critères de localisation des FMN dépendent de l’étape de la production :

    • En amont  (QG, Recherche développement,..) : les FMN sont influencées par l’environnement du pays (stabilité politique, pole de compétitivité,…)
    • Production : les FMN vont chercher des coûts salariaux bas. Mais ce n’est pas forcément pour tous les types de production. Par exemple le cycle de vie du produit peut aussi influencer la localisation. Ainsi lorsque les produits ont un cycle de vie court cela nécessite une forte adaptation de la main d’œuvre qui doit pouvoir s’adapter à une production évolution souvent. Il s(agit de main d’œuvre plus qualifiée ce qui peut expliquer que ce type de production ne se localise pas dans les pays à bas salaires.
    • Aval (logistique, bureau commerciaux, service après vente,…) : les FMN vont être influencées par la taille du marché de la zone d’accueil.

     

    Ainsi les logique de localisation sont multiples et répondent à différents objectifs :

    • Une volonté de baisse des coûts de production (recherche de compétitivité prix) : Localisation nord/sud
    • Une volonté de rapprochement des marchés locaux (recherche de compétitivité hors prix) Localisation Nord/Nord

    Les phénomènes de délocalisations liés aux stratégies des FMN ne sont pas forcément liés à la concurrence des pays qui ont des coûts du travail plus faibles.

    Mais dans tous les cas ces stratégies de localisations conduisent à une mise en concurrence des pays qui cherchent à attirer les IDE cela conduit :

    • Au dumping salarial et fiscal (ex Irlande qui mène une politique d’exonération fiscale pour attirer les entreprises informatiques)
    • Politique de développement de pôles de compétitivité pour permettre aux FMN de bénéficier d’économie d’échelle externe
    • Politique d’amélioration des qualifications de la main d’œuvre
    • Aide à la recherche

     

    C) FMN et autonomie des Etats

      Le poids grandissant des FMN leur donnent un pouvoir important qui peut remettre en cause l’autonomie des Etats. (Le chiffre d’affaire de certaines FMN peut être plus important que le PIB des Etats).

       

      C1. Le poids des FMN réduit les marges de manœuvre des Etats

      Etant donnée la concurrence des Etats pour attirer les FMN, les politiques sont contraintes par les stratégies, les intérêts des FMN. Les politiques de l’emploi et les politiques sociales sont particulièrement touchées (modification de la législation du travail, évolution de la protection sociale,…)

       

      C2. Les FMN ont un pouvoir de décisions

      Au travers des groupes de pression les FMN prennent part aux décisions

      La construction de l’union européenne et son évolution a été largement influencée par les FMN.

      Les FMN deviennent  des collaborateurs dans la mise en place des règles internationales.

       

      Crédits photos d’illustration :carte issue de la version en

      ligne d’un article d’alternatives économiques, 2001.

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