•  

Introduction : Qu’est-ce qu’une défaillance de marché ?

Défaillance du marché : situation dans laquelle, la régulation par le marché est inadéquate ou impossible, c’est-à-dire  qu’elle ne permet d’atteindre une situation optimale.

1- Le marché ne permet pas la production de biens collectifs pourtant nécessaires

1.1- L’expérience des biens publics

Dans cette expérience, on peut voir que s’il n’y a pas de contrainte et si tout le monde peut bénéficier du gain, alors les individus auront tendance à se comporter en favorisant d’abord leurs intérêts personnels, même s’ils savent que la contribution collective apporterait plus au groupe.

Il s’agit du paradoxe du passager clandestin :

Le paradoxe d’Olson ou du “free rider” désigne le fait que des individus peuvent être amenés à ne pas se mobiliser malgré la présence d’intérêt commun.

Par contre, si les individus ne bénéficient du gain collectif qu’en y contribuant, ils sont incités à le faire.

Pour rendre la production rentable, on peut aussi instaurer une taxe prélevée par l’Etat qui prendra la production en charge.

1.2- L’application de l’expérience

Rivalité

Non rivalité

Exclusion

Biens privés (automobile, vêtements…) Biens de club (salle de cinéma, lignes téléphoniques…)

Non exclusion

Biens communs (ressources naturelles) Biens collectifs purs (défense nationale, digue)

Non rivalité = L’utilisation du bien par une personne n’empêche pas l’utilisation du bien par une autre personne.

Non exclusion = l’usage du bien ne peut pas être limités à ceux qui sont disposer à payer. Il est donc impossible d’exclure ceux qui refusent de payer.

Un bien collectif est un bien qui remplit les critères de non-rivalité et de non-exclusion.

Un bien commun est un bien rival mais qui remplit le principe de non-exclusion.

Remarque: Le terme de bien public est parfois utilisé pour désigner un bien collectif.

De façon stricte, il faut mieux utiliser le terme de bien collectif et réserver le terme de biens publics pour les biens ou services dont la production est financée par l’Etat et qui peuvent être ou non des biens collectifs.

Pour les biens collectifs et les biens communs il y a une situation de défaillance du marché car

  • Les caractéristiques du bien collectif entraînent une sous-production voire l’absence de production ce qui entraîne un gain collectif qui n’est pas maximal : une entreprise privée ne choisirait pas de produire ce bien non-rival et non-exclusif car ce ne serait pas rentable.
  • Les caractéristiques du bien commun entraînent une surproduction ce qui entraîne une baisse du gain collectif : puisque personne ne peut vraiment empêcher l’utilisation de ce bien mais qu’il est rival, chacun va essayer d’en prélever le plus possible, ce qui peut l’amener à disparaître.

2- L’information imparfaite sur le marché ne permet pas d’atteindre une situation optimale pour les acteurs du marché

Asymétrie d’information : c’est une situation où, sur un marché, l’un des deux acteurs dispose d’une information incomplète, ce qui peut conduire à un dérèglement du marché.

L’asymétrie d’information peut être :

  • intentionnelle : par exemple, l’offreur peut vendre son produit à un prix plus cher parce qu’il veut faire croire qu’il est de bonne qualité;
  • ou pas : le producteur peut vendre son produit à un prix plus cher parce qu’il a des coûts de production plus élevés, sans nécessairement proposer un produit de grande qualité.

2.1- L’expérience de l’asymétrie d’information

Dans le cas où la qualité du produit n’est pas connue de l’acheteur avant la transaction, la tentation est forte pour l’acheteur de vendre un produit de basse qualité à un prix plus élevé qu’en situation d’information transparente. Peu d’acheteurs sont prêts à prendre le risque d’acheter un produit à prix élevé en pariant sur une plus forte qualité du produit.

Dès lors, les vendeurs qui offrent des produits de grande qualité mais plus chers ne trouvent pas d’acheteurs. Les offreurs ont tendance à vendre des produits au prix le plus bas et donc d’une qualité moindre. Les prix baissent donc sur le marché, mais ils sont supérieurs à ce qu’ils étaient en situation de transparence. La qualité baisse aussi, les acheteurs achètent moins car ils font moins confiance aux entreprises et que les prix peuvent être trop élevés.

2.2- L’application de l’expérience

a) Les conséquences négatives de l’asymétrie d’information sur le marché

Dans le cas d’une asymétrie d’information, on peut rencontrer deux grands types de risques :

  • Le risque moral : c’est une situation où un agent mal informé ne peut pas contrôler l’action d’un autre agent qui peut en profiter (par exemple, si l’acheteur n’est pas informé sur la qualité d’un bien ou si l’offreur n’est pas informé, par exemple, dans un contrat d’assurance, le client, une fois assuré, peut être incité à prendre plus de risque)
  • La « sélection adverse » : dans une situation d’asymétrie d’information, les agents sont amenés à prendre des décisions contraires à leurs intérêts initiaux : par exemple, en achetant toujours au prix le plus bas, les consommateurs provoquent la disparition de produits de qualité du marché ; en cherchant à vendre au plus bas prix, les producteurs vont finir par faire moins de bénéfices car à force de vendre des produits de moindre qualité, ils vont à long terme vendre moins.

A terme, le risque peut même être la disparition du marché.

b) Comment pallier à cette défaillance du marché ?

Pour pallier à l’asymétrie d’information, les entreprises peuvent instaurer des labels de qualité, des garanties, des étoiles comme pour les restaurants,… ; les assurances peuvent mettre en place des primes de risques, les consommateurs peuvent avoir recours aux avis des associations de consommateurs ; l’Etat peut mettre en place une réglementation pour protéger les consommateurs et s’assurer qu’il existe des organismes pour la faire respecter (tels que la Direction  Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes).

3- Le marché ne guide pas toujours les agents vers des activités socialement optimales du fait de l’existence d’externalités

3.1- L’expérience de la rivière de papier

Cet exemple illustre la situation d’une entreprise qui est située en amont de la rivière et qui pollue l’eau que doit utiliser une entreprise située en aval pour produire. L’entreprise située en aval doit donc dépolluer l’eau, elle est victime d’externalités négatives. On peut voir que sans l’intervention de l’Etat l’entreprise en amont n’est pas incitée à ne pas trop polluer. L’instauration d’une taxe permettra d’améliorer la situation de l’entreprise en aval sans pénaliser l’autre entreprise qui cherchera des solutions pour continuer à produire de manière satisfaisante : le gain collectif sera donc augmenté .

3.2- Application de l’expérience

a) Qu’est-ce qu’une externalité ?

Une externalité est une défaillance de marché parce qu’une intervention de l’Etat permet une meilleure situation que le libre fonctionnement du marché.

Une externalité ou « effet externe » est une situation où les décisions de consommation ou de production prise par certains agents vont avoir des répercussions sur d’autres agents sans que cela se traduise par une transaction entre les deux agents.

Une externalité est positive lorsque les autres agents bénéficient de l’effet externe : par exemple, lorsque l’Etat construit une route cela a des effets externes positifs sur les entreprises situées à proximité : cela peut par exemple faire baisser leurs coûts de production.

Une externalité est négative lorsque les autres agents pâtissent de l’action de certains sans qu’il y ait eu de transaction : par exemple, lorsqu’une entreprise subit les effets d’une pollution d’une autre.

b) Comment remédier aux externalités négatives ?

L’Etat dispose d’un grand nombre de solutions pour lutter contre les externalités négatives :

  • Il peut mettre en place des réglementations (par exemple, pour interdire la pollution)
  • Il peut mener une politique d’incitation (par des subventions ou un programme d’aide à l’innovation)
  • Il peut mettre en place des taxes, par exemple sur le principe du pollueur-payeur.

Dans les pays de l’UE, a été mis en place un marché des « droits à polluer » dans lequel les pouvoirs publics autorisent une quantité globale de droits à polluer distribués aux entreprises qui peuvent ensuite les échanger sur le marché au prix fixé par l’offre et la demande.

Ceci pourrait aussi vous intéresser ...