Notions Indications complémentaires
compétitivité prix et hors prix, délocalisation, externalisation, firmes multinationales, spécialisation. On s’interrogera sur les effets d’une variation des taux de change sur l’économie des pays concernés.

 1. Quel est le lien entre le marché des changes et les activités économiques ?

Dans un marché de change fixe, la valeur de la monnaie est fixée par la Banque Centrale, alors que dans un marché de change flottant, le taux de change se fixe sur le marché : la valeur d’une monnaie dépend de l’offre et de la demande de monnaie sur le marché monétaire : quand la demande d’euros est supérieure à l’offre d’euros, le taux de change de l’euro augmente, lorsque l’offre est supérieure à la demande, le taux de change baisse.

1.1- Les déterminants de l’offre et de la demande de devises

a)    Les déterminants de l’offre de devises

L’offre d’euros correspond à une demande de monnaie étrangère : un agent économique peut avoir besoin de monnaie étrangère :

  • pour acheter des biens et des services (importations)
  • pour investir à l’étranger (IDE sortants)
  • pour acheter des placements financiers en monnaie étrangère

La Banque Centrale offre des euros lorsqu’elle souhaite acheter des devises pour augmenter sa réserve en devises ou pour agir sur le taux de change, c’est-à-dire le faire baisser.

Les déterminants de l’offre d’euros sont donc :

  • Les importations
  • Les IDE et les investissements de portefeuille (sortants)
  • L’action de la BCE qui peut offrir plus ou moins d’euros en faisant varier les taux d’intérêt ou la liste des titres qu’elle accepte de racheter.

b)   Les déterminants de la demande de devises

La demande d’euros correspond aux besoins des agents d’acheter des biens ou des services en euros (plus les exportations de la zone euro sont élevées, plus la demande d’euros est élevée (donc son taux de change) ou de faire des placements en euros.

La demande de devises dépend des taux d’intérêt : lorsque les placements en euros sont mieux rémunérés, c’est-à-dire si les taux d’intérêt réel sont plus élevés, cela augmente la demande d’euros et donc le taux de change.

La demande de devises dépend des anticipations : lorsque les agents anticipent une hausse de l’euro, ils vont chercher à en acheter pour les revendre plus tard plus cher (c’est ce qu’on appelle la spéculation), cela va donc faire augmenter la demande d’euros et donc réaliser l’anticipation de hausse de l’euro.

Les déterminants de la demande de devises sont donc :

  • les exportations
  • les investissements
  • les taux d’intérêt
  • les anticipations des agents

1.2- Les déterminants du taux de change

On identifie donc 3 déterminants principaux (et 1 élément accessoire) au taux de change :

  1. le solde des transactions courantes : un déficit extérieur entraine une hausse de la demande d’euros donc une baisse du taux de change
  2. le différentiel d’inflation : un pays qui connait une inflation plus élevée a généralement un taux de change qui baisse
  3. le différentiel d’intérêt : si le taux d’intérêt réel est plus fort cela attire les capitaux et fait donc augmenter le taux de change
  4. la confiance

2. Les effets des fluctuations des changes sur la sphère productive

La courbe en J :

Cette courbe exprime l’évolution du solde de la balance commerciale après la dévaluation d’une monnaie.
Dans un premier temps, la balance commerciale se dégrade car les flux du commerce extérieur n’ont pas eu le temps de se modifier : les importations restent au même niveau alors que leur prix s’élève.
Après un certain délai (environ six mois), le solde s’améliore car les exportations augmentent en volume et les importations baissent en volume.
L’effet prix est immédiat, il dégrade le solde commercial, l’effet quantité vient ensuite et permet de rendre efficace la dévaluation sous réserve que cet effet quantité se produise bien (il faut que les quantités s’ajustent aux variations de prix ce qui n’est pas garanti).

 Solde de la balance commerciale

La hausse du taux de change de l’euro fait :

  • baisser les exportations en volume (les produits européens à l’étranger sont plus chers)
  • Augmenter les exportations en valeur (on vend moins d’Airbus, mais ils permettent d’acheter plus de pétrole)

 

  • -augmenter les importations en volume (les produits américains sont moins chers)
  • Baisser les importations en valeur (le pétrole coûte moins cher) Cela dépend de l’élasticité-prix de la demande.

-le solde en volume se détériore, mais le solde en valeur peut augmenter.

-Aujourd’hui en Europe, surtout en France, l’effet prix est inférieur à l’effet volume, c’est-à-dire que les quantités exportées diminuent plus que leur valeur  n’augmente ; et les quantités importées augmentent plus en volume qu’elles ne diminuent en valeur (sous l’effet d’un taux de change plus favorable).

L’intérêt d’avoir une monnaie forte est la stabilité des prix (on parle même d’un risque de déflation aujourd’hui dans la zone euro).

Mais  lorsqu’une monnaie est surévaluée cela entrave la compétitivité-prix du pays ce qui engendre généralement une balance commerciale déficitaire ; c’est le cas pour les pays de la zone euro, sauf pour l’Allemagne qui a un avantage de compétitivité-hors prix. En théorie, une balance commerciale déficitaire devrait conduire à une dépréciation de la monnaie et donc à un rééquilibrage à terme de la balance commerciale ; sauf si la Banque Centrale intervient sur le marché pour défendre le cours de sa monnaie (c’est le cas de la BCE) ou si les agents considèrent que cette monnaie est quoi qu’il en soit une bonne monnaie de réserve (c’est le cas des euros car les placements en euros rapportent un taux d’intérêt intéressant compte-tenu du faible risque qu’ils représentent et c’est surtout le cas du dollar)

Par contre lorsqu’une monnaie est faible, cela relance les exportations et c’est bénéfique pour la croissance et pour l’emploi. En théorie, une balance commerciale excédentaire devrait conduire à une appréciation de la monnaie et donc à un rééquilibrage à terme de la balance commerciale ; sauf si les autorités monétaires, comme en Chine, maintiennent volontairement leur monnaie à un taux faible pour favoriser leurs exportations.

Une monnaie faible renchérit cependant le coût des importations, en particulier de pétrole.

  1. Quels sont l’ampleur et les déterminants des flux de capitaux ?

3.1         L’ampleur des flux internationaux de capitaux

Les flux internationaux de capitaux représentent un montant supérieur à celui des échanges de biens et services : les mouvements de devises ne correspondent pas seulement aux besoins économiques réels, ils relèvent aussi de la spéculation des agents financiers. Cette spéculation est accentuée par la facilité permise par internet et cela renforce la volatilité des cours des devises. Les flux de portefeuille représentent près de la moitié des flux privés de capitaux dans les pays développés, mais ils représentent une très faible part des mouvements de capitaux dans les PED. Par contre les flux d’IDE sont en très forte augmentation dans les PED, à cause des stratégies de FMN.

3.2        Les déterminants des flux internationaux de capitaux

Les flux internationaux de capitaux sont réalisés par : les banques, les autres   institutions financières, les entreprises, les Etats, les banques centrales.

En diversifiant leur placement sur les marchés internationaux de capitaux, les agents économiques minimisent ainsi les risques de leur placement et peuvent plus facilement choisir les placements qui ont le meilleur rendement.

Les capitaux peuvent être investis dans les pays en développement car les rendements y sont élevés (voir article du Monde), mais beaucoup se dirigent vers les pays développés, car même si les rendements y sont plus faibles, les placements sont moins normalement risqués.

Aujourd’hui, le marché des changes est déséquilibré :

-forte volatilité des mouvements de capitaux

-accumulation des réserves de changes dans les pays émergents (exportateurs de capitaux, qui investissent en dollars, les EU se retrouvant alors importateurs de capitaux)

-très fort endettement des EU

Synthèse : quels sont les effets d’une variation des cours de change sur l’économie des pays concernés ?

  • effets positifs d’une hausse du taux de change :
    • permet la stabilité des prix
    • baisse le prix des importations
    • renforce la compétitivité hors-prix
  • effets négatifs d’une hausse du taux de change :
    • baisse la compétitivité-prix
    • augmente le déficit commercial –
  • effets positifs d’une baisse du taux de change
    • relance de la croissance économique
    • et donc crée des emplois
  • effets négatifs d’une baisse du taux de change 
    • hausse des importations en valeur
    • perte de confiance dans la monnaie

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