1. Pourquoi la participation électorale décline-t-elle ?

L’abstention est un comportement consistant à ne pas participer au vote (opposé de la participation électorale : pourcentage de votants parmi les électeurs inscrits). La montée de l’abstention en France depuis 30 ans illustre une crise de la participation électorale qui montre un dysfonctionnement de la démocratie représentative.

L’absence de participation électorale recouvre plusieurs comportements différents : la non-inscription, la mal-inscription et l’abstention électorale :

  • la non-inscription en France correspond à environ 10% de la population : il s’agit de la partie la plus défavorisée et marginalisée de la population
  • la mal-inscription : les personnes qui après avoir déménagé n’ont pas modifié leur inscription électorale
  • l’abstention

Qui sont les abstentionnistes ?

L’explication sociologique de l’abstention insiste sur l’influence de diverses variables, telles que le sexe, l’âge, la catégorie socioprofessionnelle : l’abstentionnisme recule en fonction du degré d’intégration de l’individu.

L’abstention peut être ponctuelle, intermittente ou systématique. La part des abstentionnistes intermittents est particulièrement importante.

Les explications de l’abstention :

-il existe une dimension protestataire dans l’abstention : les électeurs qui refusent d’apporter  leurs voix aux partis politiques classiques peuvent se réfugier dans l’abstention, le vote blanc ou nul, ou à des formations non-conventionnelles (extrême-droite ou gauche)= le vote hors-système

Les politistes distinguent aujourd’hui deux profils d’abstentionnistes : les abstentionnistes « hors-jeu » : ceux qui ne s’intéressent pas à la politique et les abstentionnistes « dans le jeu » : pour qui l’abstentionnisme est une manière, protestataire, de participer à la vie politique

-l’abstentionnisme peut être lié à la conjoncture : dans ce cas, on parle d’un abstentionnisme intermittent : la rationalité de certains électeurs consiste à ne se mobiliser que lorsqu’ils perçoivent l’enjeu de l’élection : c’est ce qu’on appelle le vote sur enjeu : ex 2002.

Le type de scrutin, la fréquence des élections, l’importance accordée par les électeurs aux enjeux des élections expliquent en partie le niveau de l’abstention.

Depuis la loi du 21 février 2014, les bulletins blancs sont désormais comptés séparément, mais ils ne sont toujours pas pris en compte dans le nombre de suffrages exprimés (=ensemble des bulletins – bulletins blancs et nuls)

  1. Quels sont les principaux déterminants du vote ?

a) Le rôle des groupes d’appartenance

A partir des années 1940, les sociologues vont montrer que le vote ne dépend pas des campagnes électorales mais des groupes sociaux d’appartenance. Deux modèles ont été développés :

->Le modèle de l’université de Columbia : dans The People’s Choice (1944), Paul Lazarsfeld étudie les effets d’une campagne sur le vote. A l’occasion de l’élection présidentielle américaine de 1940, il va interroger de manière répétée un échantillon représentatif d’habitants de l’Ohio tout au long de la campagne et s’apercevoir que la grande majorité d’entre eux avait arrêté son choix avant même l’ouverture de cette campagne sans s’en départir par la suite. Plus encore, ils remarquent que cette orientation initiale était étroitement liée au groupe d’appartenance de chacun, défini par son statut social, sa religion et son lieu de résidence :

  • le vote républicain : il augmente avec le niveau social, majoritaire chez les individus de statut élevé (71 %), chez les protestants et chez les populations rurales ; autrement dit, près des trois-quarts des électeurs républicains correspondent à la figure du WASP (White Anglo-saxon Protestant) ;
  • le vote démocrate : ce sont des électeurs au statut social peu élevé, catholiques et urbains.

Le modèle de Lazarsfeld est déterministe : sa conclusion est qu’ « une personne pense politiquement comme elle est socialement ». Un constat qui relativise l’influence des campagnes et plus généralement celle des médias sur les orientations électorales. Mais cette observation ne vaut que tendanciellement, elle n’est pas un absolu. Elle signifie seulement que plus un individu a des caractéristiques propres à un de ces deux ensembles et plus il a de chances de voter pour le parti correspondant.

->Le modèle de l’université de Michigan : dans The American Voter (1960), Angus Campbell, Philip Converse, Waren Miller et Donald Stokes critiquent le modèle déterministe de Columbia et revalorisent les facteurs psychologiques individuels. A partir d’enquêtes électorales menées avant et après les scrutins, ils mettent en avant le rôle d’une variable plus psychologique, « l’identification partisane », c’est-à-dire l’attachement plus ou moins, quasiment affectif, à une formation politique donnée, à leurs programmes et à leurs candidats qui oriente leurs préférences politiques. Aux Etats-Unis, ces enquêtes montrent que l’identification partisane :

  • Est le principal déterminant du vote. Souvent forgée dès l’enfance au sein du milieu familial, celle-ci agit comme un raccourci cognitif qui filtre la vision du monde et épargne aux individus une attention soutenue à la vie politique.
  • Augmente avec l’âge, ce qui signifie que la mobilité sociale n’affecte pas l’identification partisane.

Par conséquent, pour les tenants de cette approche, il est préférable de se focaliser sur l’électeur socialisé de manière continue depuis l’enfance, notamment à travers la famille (qui assure largement la transmission des préférences politiques), plutôt que sur les facteurs sociaux mis en avant par le modèle de Columbia. Il a aussi pour mérite de souligner les dimensions psychologiques de la vie politique : le concept d’identification partisane permet de comprendre comment des personnes peu intéressées par la politique peuvent néanmoins participer aux élections et voter autant par habitude que par conviction.

b) Le rôle du sexe et de l’âge renvoie à d’autres appartenances

Certains sociologues ont mis en avant le rôle de variables démographiques dans l’orientation du vote : le sexe, ou plutôt le genre, et l’âge.

-> Le sexe ou le genre a une faible influence sur le vote si ce n’est que les femmes ont une réticence persistante à voter pour les partis extrémistes. Le vote FN, en particulier, est le plus masculin de tous. Cependant, elles ont longtemps été plus conservatrices que les hommes lorsqu’une majorité des femmes étaient inactives. Dans Des femmes en politiques (1988), Mariette Sineau montre que le lissage des comportements électoraux entre les hommes et les femmes est dû à leur insertion dans la vie professionnelle (Les femmes qui formaient 34,6% de la population active en 1954, représentent aujourd’hui 48% de l’ensemble), au détachement progressif vis-à-vis de la pratique religieuse (En 1952, 52%des femmes étaient des pratiquantes régulières contre 29% des hommes. Au début des années 1990, cet écart s’est sensiblement réduit, principalement parce que le nombre de pratiquants n’a cessé de chuter) et à l’augmentation du niveau d’instruction (En 1950, sur 125 000 étudiants, il n’y avait que 44 000 femmes. A partir de 1971, elles deviennent plus nombreuses que les hommes dans l’enseignement supérieur). Ces trois facteurs – éducation, travail, désaffection à l’égard de la religion – vont dans le même sens. Le sens d’une plus forte politisation et d’un plus grand engagement à gauche. Il faut ajouter, qu’en France, les femmes de statut socioprofessionnel et de niveau d’instruction élevés votent plus à gauche que les hommes de même niveau, ce d’autant mieux que les formations politiques correspondantes ont intégré dans leurs démarche des valeurs féministes.

->En ce qui concerne l’âge, plus il s’élève, et plus l’on a tendance à voter à droite (à partir de 40-45 ans). Mais ce phénomène ne signifie pas que l’âge est déterminant pour l’orientation du vote. En fait, il faut distinguer l’effet d’âge et l’effet de génération :

Un effet d’âge établit un lien de causalité entre l’âge biologique moyen de la sous-population étudiée et la variable considérée toutes choses étant égales par ailleurs, ce qui signifie que le seul fait d’avoir un certain âge détermine au moins en partie le vote telle que constaté pour cet âge. Or, le vote à droite pour les personnes âgées tient moins à un effet d’âge qu’à « un effet patrimoine ». A mesure que l’on vieillit, on accumule des éléments de patrimoine. Or, dans « France de gauche, vote à droite » (1981), Jacques Capdevielle et Elizabeth Dupoirier montrent que le vote à droite augmente à mesure que le nombre d’éléments de patrimoine possédés s’accroît. Il faut ajouter que les personnes âgées ont une tendance plus grande à pratiquer une religion. Dans « Les vieux et le pouvoir de suffrage » (1981), Bernard Denni montre qu’il n’existe pas d’effet d’âge car si on pondère la part de votant à droite parmi les 18-39 ans par les attributs « pratique religieuse » et « cumul d’un patrimoine », on obtient alors la même proportion que pour les plus de 65 ans. Comme le note Anne Muxel dans « Les jeunes » (Atlas électoral, 2007) : « au fil des élections, le vote des jeunes a perdu de sa spécificité et se démarque moins de celui de leurs aînés que par le passé. Son évolution suit les effets de l’alternance et se rallie peu à peu, à quelques nuances près, aux choix que l’on retrouve dans l’ensemble du corps électoral ».

Un effet de génération établit un lien de causalité entre la génération de laquelle ressort la sous-population étudiée et la variable considérée toutes choses étant égales par ailleurs, ce qui signifie que le seul fait d’appartenir à une certaine génération détermine au moins en partie le vote parce que cette génération a une histoire commune (la génération de mai 68, par exemple). Dans « Âge et politique» (1991), Annick Percheron remarque que la jeunesse amplifie les tendances électorales qui se manifestent dans une conjoncture donnée. Contrairement à ce que l’on croit souvent, la jeunesse n’est donc pas naturellement progressiste. Il peut par contre se produire « un effet de génération » lorsqu’une classe d’âge, marquée par des événements fondateurs, doit voter pour la première fois (guerre d’Algérie, mai 68). A partir de 1968, on note par exemple un mouvement de désaffection à l’égard des partis politiques traditionnels aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, ainsi qu’un déclin des identifications partisanes, phénomène lié à une période particulière marquant toute une génération : rejet de la société de consommation, valeurs post-68, guerre du Vietnam, etc.

c) Le rôle de la catégorie sociale et de la classe sociale

– La relation entre statut socio-économique et vote se vérifie dans toutes les démocraties occidentales. Dans « La Boutique contre la gauche » (1986), Nonna Mayer montre le clivage important qu’il existe, en France, entre les travailleurs indépendants et les salariés. Les premiers votent très majoritairement à droite ou au centre, qu’ils soient agriculteurs, commerçants ou petits industriels ; les seconds votent beaucoup plus souvent à gauche. Au sein du monde des salariés, le classement des catégories socioprofessionnelles en fonction de leur inclination vers la gauche se révèle d’une grande stabilité : les salariés du secteur public lui sont plus favorables que ceux du secteur privé ; de même, les ouvriers et les employés plus que et les cadres supérieurs. Les fonctionnaires sont un électorat important puisque 30 % des électeurs occupe un emploi public. Leur surqualification fait qu’ils sont de plus en plus attirés par l’extrême gauche : près de 20 % des surdiplômés du secteur public ont voté pour ces partis en 2002.

– Pendant longtemps, l’appartenance de classe a été une variable déterminante du vote. En Europe, plus encore qu’aux États Unis, les clivages partisans se sont constitués sur une base de classe, les ouvriers portant plus volontiers leurs suffrages aux partis de gauche et les classes moyennes et supérieures aux partis de droite (Martin Lipset et Stein Rokkan, Party Systems and Voter Alignments : Cross-National Perspectives, 1967). Le clivage électoral majeur oppose le monde ouvrier, majoritairement déchristianisé, qui voit dans le Parti communiste le défenseur naturel de la classe ouvrière, et vote en majorité pour la gauche, à celui des catholiques déclarés, principalement issu des classes moyennes rurales ou urbaines, acquis aux valeurs et aux partis de droite.

– Cependant, il existerait depuis le début des années 1970 en France comme en Europe et aux Etats-Unis, un déclin du vote de classe. Sur la base de l’indice d’Alford, qui offre une mesure simple de la relation puisqu’il est calculé par une simple soustraction entre la proportion d’ouvriers ou de « manuels » qui votent pour la gauche et celle des non-ouvriers qui votent à gauche, nombre d’auteurs concluent à un affaiblissement graduel de la relation entre classe sociale et vote, généré par le passage à la société postindustrielle. La tertiarisation de l’économie, la montée des cols blancs et la « moyennisation » de la société viendraient brouiller les frontières de classe. La hausse du niveau d’études et la montée des valeurs hédonistes et permissives du « post-matérialisme » rendraient les citoyens plus autonomes et critiques. Elles favoriseraient l’émergence d’une nouvelle gauche (écologistes, alternatifs), défendant des enjeux non pris en charge par les partis traditionnels. Ces transformations éroderaient les clivages anciens, et rendraient les électeurs plus sensibles à la conjoncture et aux paramètres de l’offre électorale.

-Pourtant, de nombreux travaux ont montré la persistance du vote de classe. Tout d’abord, il faut noter que les classes ne se résument pas à une opposition ouvriers/non ouvriers). On ne peut pas non plus laisser de côté la question de l’abstention, qui est pourtant socialement marquée (ce sont dans les milieux populaires qu’elle est la plus forte). Les principaux clivages de classe mis en lumière par les enquêtes de 1978 et de 1988 n’ont pas disparu, ils se sont déplacés, sous l’effet du changement socioprofessionnel et politique. L’opposition  principale ne passe plus entre ouvriers et non-ouvriers mais entre travailleurs indépendants et salariés, la résistance de la gauche chez les salariés moyens et supérieurs, en particulier ceux du public, venant compenser son recul chez les ouvriers. L’autre opposition, qui est aussi un marqueur de classe, oppose les détenteurs d’un patrimoine, qui votent majoritairement à droite, et ceux qui ont un faible patrimoine qui vote à gauche.

d) Le rôle du patrimoine

Le patrimoine est une variable lourde de l’orientation du vote. Plus il est important, plus le vote se situe à droite ce qui peut s’expliquer :

  • Par la socialisation politique que l’on a reçue dans une famille détenant du patrimoine. Si l’héritage est important, on aura transmis à l’enfant des valeurs de droite qu’il reproduira à l’âge adulte.
  • Par le fait que la défense du droit de propriété, de la sécurité, de l’argent appartient à la droite alors que la gauche est plus partageuse (impôt progressif, impôt sur la fortune) et est considérée comme moins efficace en matière de sécurité.

 

e) Le rôle de la religion

Plus encore que l’origine, la variable religieuse influence particulièrement le vote des citoyens. Plus on est catholique pratiquant, plus on vote à droite, notamment vers l’UMP. Ainsi, 76% des pratiquants réguliers et 62% des pratiquants occasionnels ont voté pour Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2012. En revanche, 68% des sans religion ont voté François Hollande contre 32% pour Nicolas Sarkozy. Cette préférence tire notamment son origine dans les combats laïques menés par la gauche aux XIXe et XXe siècles. Par ailleurs, les catholiques pratiquants s’identifient davantage à des valeurs d’ordre, de sécurité, de légitimité, et aux valeurs familiales traditionnelles plus associés à la droite. Le vote de gauche varie davantage en fonction de la pratique religieuse qu’en fonction de l’appartenance objective à la classe ouvrière.

Le vote des musulmans est quant à lui très marqué par l’abstention. Moins de la moitié des musulmans se déplacent pour aller voter, ce qui est la traduction électorale d’un relativement faible niveau d’intégration dans la société française. Mais il est très homogène et très marqué à gauche. La gauche bénéficie de son image émancipatrice et décolonisatrice. Le débat récurrent sur la place de l’islam dans l’espace public renforce aussi le réflexe anti droite.

Conclusion : Au total, derrière le sexe ou le genre et l’âge se cachent d’autres variables sociologiques plus déterminantes telles que le patrimoine, la religion, l’effet de génération. Le niveau de revenu, le degré d’instruction, l’âge ou bien encore le sexe sont peu prédictifs du résultat de l’élection.

  1. Comment analyser la volatilité électorale ?

La volatilité électorale, c’est le fait de changer de parti d’un scrutin à l’autre ou de passer du vote à l’abstention.

Les éléments qui favorisent la mobilité électorale sont :

  • la mobilité contrainte (entre le 1° et le 2° tour)
  • l’offre politique
  • la nature du scrutin : si l’enjeu est important, cela peut faire augmenter le taux de participation (vote sur enjeu)
  • les campagnes électorales
  • l’indécision des électeurs (liée en partie à l’affaiblissement des déterminismes sociaux)
  • le développement de la participation politique non conventionnelle

On peut calculer l’augmentation de la volatilité électorale par l’indice d’Alford qui mesure le déclin du vote de classe : on le calcule par soustraction de la part des ouvriers  et celle des non-ouvriers qui votent à gauche (indice simplificateur qui ne retient que deux classes : ouvrier ou non et deux votes : gauche/droite). On peut aussi le mesurer par l’indice de volatilité électorale : il mesure les variations nettes du nombre d’électeurs pour l’ensemble des partis entre 2 élections nationales : document 15 p91  On peut voir que la mobilité électorale s’explique surtout par la montée de l’abstention intermittente et la mobilité interne à chaque camp (gauche/droite) Le passage d’un camp à l’autre reste marginal.

Document 16 p.91 :

Du coup, les campagnes électorales ont plus d’importance, les enjeux du vote vont devenir un déterminant majeur au-delà des identifications partisanes. Cela va inciter les partis à centrer leur thème de campagne sur les attentes du public. Les campagnes électorales se comportent de plus en plus comme un marché de l’offre et de la demande : l’offre correspondant à la stratégie des candidats et la demande aux attentes des électeurs. Pour Downs, l’homo politicus, tel un consommateur rationnel, choisirait sur le marché l’offre qui maximiserait son utilité. Le développement de l’importance du vote sur enjeu semble renforcer cette théorie, mais les enquêtes récentes montrent que les enjeux sont encore fortement structurés par le clivage droite/gauche.

  1. Le rôle des médias dans la construction de l’opinion publique

L’influence des medias s’exercent particulièrement lors des campagnes électorales mais aussi par l’intermédiaire des sondages d’opinion.

  • Si le rôle des medias est d’informer les citoyens et de contribuer à la formation de l’opinion publique , lors des campagnes électorales, le rôle des médias est décisif dans la détermination des questions politiques qui feront l’objet d’un débat : le choix des thèmes qui font l’actualité est d’autant moins neutre qu’il peut y avoir une certaine collusion entre les politiques et les journalistes : les journalistes peuvent indiquer aux électeurs ce à quoi il faut penser (effet de cadrage), en définissant le calendrier des évènements (effet d’agenda) et contribuer ainsi à sélectionner les enjeux politiques (effet d’amorçage).
  • Cependant, dès les années 1970 le sociologue américain Paul Lazarsfeld relativise l’influence des medias : l’électeur suit souvent ceux dont il partage les idées, et n’écoute que les messages qui renforcent ses convictions (exposition, perception et mémorisation sélectives) : loin de les modifier, les medias renforceraient donc les préférences des électeurs (paradoxe de Lazarsfeld)
  • Document 18 p.92
  • Pour certains politistes, c’est le choix des moyens de communication qui peut s’avérer déterminant (Mac Luhan : « Le medium, c’est le message ») : du support utilisé dépend la propagation des messages. Cela peut s’illustrer par l’importance prise par la présence des partis politiques sur le net ou sur Twitter. Le choix des moyens de communication peut varier selon qu’il s’agit de renforcer les convictions, d’institutionnaliser l’image du candidat ou d’innover : cela vient transformer la pratique de la vie politique qui passe de plus en plus par les NTIC. En même temps, les modalités traditionnelles de faire campagne perdurent. Par exemple, lors de la dernière présidentielle, on a vu l’importance du porte à porte comme forme efficace de mobilisation.
  • Les sondages sont devenus un moyen pour connaître l’ “opinion publique” en dehors des élections. Les sondages d’opinion peuvent avoir un impact sur les décisions des hommes politiques (« république des sondages ») et les amener à gouverner uniquement dans leur sens. En même temps, on peut penser que les sondages peuvent représenter une source d’informations intéressantes.

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