2.3 Le développement économique engendre un changement social

2.3 Le développement économique engendre un changement social

  • Développement=Augmentation du niveau de vie + Amélioration des conditions sanitaires et sociales +changement structure sociale ( normes + valeurs + pratiques sociales).
    • Normes = Règles juridiques et sociales de la vie en société auxquelles les individus sont censés se conformer.
    • Valeurs = Idéaux auxquels les membres d’une société adhèrent et se manifestent concrètement dans leurs manières de penser, de sentir, d’agir.
    • Pratiques sociales = Toutes les pratiques culturelles, les loisirs, la consommation, etc.
    • Mais dans un même temps le développement ne peut se faire sans un certain nombre de changements sociaux notamment au niveau des valeurs :

L’urbanisation résulte d’une hausse du niveau de vie et d’une industrialisation de la production.

Cette urbanisation va transformer les relations familiales. Émancipation de la jeunesse ainsi que de la femme de mieux en mieux scolarisée, perte du rôle d’agent socialisateur du père, …

Mais aussi, la place des femmes dans la société. Elles ont accès à  l’éducation, peuvent donc travailler, être indépendante et se libérer du joug de l’homme. Des lois pour la parité homme/femme dans les institutions sont mises en place.

Et enfin va faire naitre une forme d’individualisme moderne. Ce changement social va contribuer fortement à  la mise en place des démocraties à  partir de la fin du 18ème siècle. Ces valeurs deviennent par la suite les bases de l’économie libérale selon Adam Smith. On assiste donc à  un retour positif du changement social sur la croissance.

2.2 La croissance est une condition nécessaire mais non suffisante au développement

2.2 La croissance est une condition nécessaire mais non suffisante au développement

a) Les limites de la croissance

La croissance actuelle a des coûts sociaux et environnementaux :

-coûts sociaux : un taux de croissance élevé ne se traduit pas forcément par une augmentation du bien-être collectif et peut même se traduire par une augmentation des activités nuisibles. Il peut y avoir un accroissement de la pauvreté et un délitement des liens sociaux (cf urbanisation)

-coûts environnementaux :


b) Quelle croissance pour demain ?

-développement durable : concrètement accords de Kyoto

puis Copenhagen : résultats très limités

-Décroissance ou « autre-croissance »

2.1 Quel lien entre croissance et développement humain ?

2.1 Quel lien entre croissance et développement humain ?

a) Croissance et développement : un cercle vertueux

  • Il peut y avoir croissance sans développement mais cela ne dure pas car pour qu’il y ait de la croissance il faut à  terme un changement des structures sociales et économiques  Croissance>Développement>Croissance
  • La croissance économique et le développement se font en même temps. La société permet à  la production d’augmenter car elle a effectué en amont un travail qui permet cette croissance. La société parvient donc à  utiliser ses richesses pour :
    • Améliorer le bien être
    • Réduire les inégalités
    • Transformer les structures de production
    • Améliorer la santé et l’éducation
  • L’amélioration de la santé et de l’éducation sont aussi une source d’efficacité économique, car==> Favorise les facultés productives de la main d’œuvre,donc==> Augmentation de la productivité ==>Augmentation de la croissance.


b) La croissance est une condition nécessaire mais non suffisante au développement

b1) La croissance peut favoriser le développement

La croissance est nécessaire au développement: Seule une hausse du PIB permet de dégager les ressources nécessaires a une politique sociale sur la santé, l’éducation et l’amélioration du niveau de vie.

Exemple: pendant les 30 Glorieuses, la forte croissance (diversification de la production et de la consommation) a permis le financement d’un système de Sécurité Sociale ainsi que le financement de l’éducation.

La croissance apparaît comment une condition nécessaire au développement pour diverses raisons.

Si le PIB en volume s’accroît, l’augmentation des richesses produites, c’est-à-dire l’augmentation de la VA, va se répartir entre ces trois bénéficiaires, ce qui va favoriser le développement :

  • La croissance permet une augmentation du niveau de vie : la croissance améliore le pouvoir d’achat des ménages. Ces derniers vont pouvoir consommer plus (satisfaction de leurs besoins primaires[1]), d’où une amélioration de leur bien-être. Mais l’élévation du niveau de vie entraîne également une modification de la structure de leur consommation, vers la satisfaction de besoins secondaires[2], comme dépenses de loisirs, biens culturels, éducation, santé (évolution des mentalités). Ceci se traduit par une évolution de l’IDH, notamment dans une augmentation de l’espérance de vie et de l’instruction.
  • La croissance permet également d’accroître les ressources des entreprises, ressources nécessaires pour financer leurs investissements et leurs innovations. Elles peuvent proposer de nouveaux produits[3], modifier leur système de production (industrialisation), ce qui entraîne certaines modifications structurelles (salarisation).
  • La croissance permet également un accroissement des ressources de l’Etat, qui permet une intervention positive de celui-ci pour le développement : l’Etat a ainsi des ressources suffisantes pour financer les investissements publics en matière d’éducation, de santé et d’infrastructures nécessaires à l’amélioration du bien-être de la population et au développement. L’Etat pourra également mettre en place une politique sociale[4], qui vise notamment à réduire les inégalités entre les individus.

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[1] Besoins dont la satisfaction est considérée comme nécessaire à la survie (alimentation, protection contre le froid…).

[2] Besoins qui apparaissent une fois les premiers satisfaits et qui sont plus divers. Ces besoins varient selon les sociétés, leur niveau de développement…

[3] Un certain nombre de changements techniques, d’innovation ont amélioré considérablement le niveau de vie des individus (électricité : lumière + moteur électrique ont eu des conséquences sur la vie quotidienne et sur la production – plus facile- ; électroménager a permis d’éliminer les gaspillages ou gain de temps ; plomberie a permis la diffusion de l’eau courante ; invention d’antibiotiques…)

[4] Ensemble de mesures prises dans le domaine des revenus, de la protection sociale et de l’emploi.

1.3 Le changement social : les transformations des sociétés modernes

1.3 Le changement social : les transformations des sociétés modernes

a) Qu’est-ce que le changement social ?

Changement social = transformation durable (pas éphémère) de l’organisation sociale (de la hiérarchie sociale) et de la culture (normes, valeurs, pratiques sociales) d’une  société. Le changement social a donc une dimension plus sociologique que le développement.

Au XX° s, dans les PDEM,  le changement social  se traduit par:

  • transformation de la stratification sociale (PCS)
  • urbanisation
  • transformation des valeurs religieuses
  • émancipation des femmes

A ne pas confondre avec évolution sociale: transformation que connaît une société à l’échelle de plusieurs générations. Le changement social   est aussi délimité à une ère géographique plus restreinte.


b) De profondes évolutions démographiques, sociales, culturelles et politiques.

-Le changement c’est d’abord un changement de régime démographique. La transition démographique a fait passer les pays développés d’un régime démographique naturel au régime démographique actuel   (faibles taux de mortalité & de natalité). La plupart des PED n’ont pas connu cette transition. Cette forme de changement social a été permise par les progrès de la médecine & un changement des mentalités en matière de fécondité.

– Le changement social c’est aussi  un changement dans l’organisation sociale :

Tertiarisation (conséquence : hausse des niveaux de qualification car il y a de + en + d’actifs travaillant dans les professions intermédiaires).

Hausse des qualifications, donc mobilité sociale ascendante

Féminisation de la population active.

La hausse de la production entraîne un changement de la structure de la production qui entraîne à  son tour un changement dans la structure sociale.

-Enfin le changement social, ce sont des changements culturels et politiques. Il existe d’une multitude de facteurs pouvant expliquer le changement social. On distingue 3 modèles théoriques :

  • Weber : paradigme de la naissance du Capitalisme

http://www.revue-interrogations.org/article.php?article=34

  • Tocqueville : paradigme de la Démocratie

http://tocqueville.ifrance.com/pensees/democratie1.html

  • Marx : paradigme des conflits de classe



1.2 Le développement a une dimension qualitative et structurelle

1.2 Le développement a une dimension qualitative et structurelle

a) La croissance n’est pas le développement

On oppose souvent le développement comme notion qualitative à la croissance comme notion quantitative.

Selon F.Perroux, le développement est l’ensemble des changements sociaux et culturels qui rendent possible  la croissance.

Pour lui, le développement correspond à la fois à ce qui permet la croissance et à ce que l’on fait des fruits de la croissance : amélioration du bien être, éducation, santé, réduction des inégalités, du chômage, de la pauvreté.

Selon A.Sen, le développement, c’est à la fois le progrès social (hausse du niveau de vie, allongement de l’espérance de vie, progrès éducatifs), mais aussi l’accroissement des « libertés réelles » (niveau de vie, services publics, protection sociale, libertés politiques).

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/06/08/amartya-sen-nous-devons-repenser-la-notion-de-progres_1204007_3244.html

La notion simple de développement est à distinguer de la notion de développement durable : le développement durable se définit comme un  développement visant au recul de la pauvreté, en préservant les écosystèmes et en garantissant la justice à l’égard des générations actuelles et futures.

La question de fond est de savoir, compte tenu des ressources disponibles aujourd’hui, quelles sont les solutions qui permettent de répondre au besoin de l’ensemble des habitants de la planète dans une perspective durable c’est à dire sans compromettre l’avenir des générations.


b) Des indicateurs de développement différents existent

Comment calcule-t’on l’IDH ?

->le PNUD calcule depuis 1990 un indicateur de développement humain qui prend en compte

  • le niveau de vie, mesuré par le PIB/h
  • le taux d’alphabétisation
  • l’espérance de vie

->l’ONU a aussi calculé un indicateur de pauvreté humaine IPH qui mesure la pauvreté humaine dans les PED en se concentrant sur les manques constatés dans les mêmes 3 dimensions que l’IDH :

  • longévité : probabilité à la naissance de décéder avant 40 ans
  • savoir : le taux d’analphabétisation
  • niveau de vie : pourcentage de personnes privées d’accès à des points d’eau aménagés, d’enfants de -5ans souffrant de malnutrition


->indicateur sexospécifique de développement humain ISDH= indice d’égalité de répartition entre sexe santé, savoir, niveau de vie


->indicateur de participation  des femmes IPF= participation à la vie politique, à la vie économique,…


c) Des écarts de développement

->historique

Au 16°siècle, les écarts de développement  étaient plus faibles qu’aujourd’hui; vers le 19° les écarts commencent à se creuser grâce au décollage de l’Europe occidentale et de l’Amérique du Nord.

Au 20° les pays du Sud restent les plus pauvres, même si l’écart global se resserre grâce à l’émergence de certains pays.

Aujourd’hui, à l’exception d’un vingtaine de pays émergents, on constate une augmentation des écarts de développement entre les PDEM et les PED.

 

->Tous les pays ne sont pas des PDEM, c’est-à-dire des pays développés à économie de marché.

Parmi les pays en développement (PED), on distingue les PMA= faible niveau de revenu, taux d’alphabétisation<20%, très faible poids du secteur industriel et perspective de développement  limité.

Les NPI= 4 dragons asiatiques Corée du sud Taiwan Singapour Hong Kong et quelques pays d’Amérique latine .Ces pays se caractérisent par une croissance rapide basée sur le secteur manufacturier et un degré d’ouverture extérieur élevé.

On peut aussi noter l’arrivée de nouveaux pays émergents(Brésil, Russie, Inde, Chine,…).


d) Quelques transformations structurelles qui accompagnent le développement

Les transformations structurelles qui accompagnent le développement découlent de l’augmentation du niveau de vie, qui permet l’augmentation du pouvoir d’achat, qui permet une amélioration des conditions de vie.

D’un coté la plus grande accessibilité des biens va permettre des progrès dans l’hygiène et la santé, soutenus par les progrès de la science.

D’un autre côté la croissance permet le dégagement de surplus qui accroissent l’intervention de l’état= amélioration de la protection sociale (transferts sociaux) et amélioration de l’éducation.

1.1 La croissance est un phénomène quantitatif de long terme

1.1 La croissance est un phénomène quantitatif de long terme

a) Définition et mesure

La croissance est l’augmentation à long terme de la production de biens et services.

Elle se mesure par l’augmentation du PIB en volume.

le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes des différents secteurs institutionnels ou des différentes branches d’activité, augmentée des impôts moins les subventions sur les produits (lesquels ne sont pas affectés aux secteurs et aux branches d’activité) .

http://www.statapprendre.education.fr/insee/croissance/default.htm


Document 1 : Le PIB français

PIB français et évolution des prix
INSEE Comptes nationaux
20082009
PIB en milliards d'euros courants1 948,51 907,1
Indice des prix base 100 en 2000 118,7119,3
PIB en volume milliards d'euros de 2000 1 641,71 598,6

Document 2 : Evolution du PIB en France en 2010

INSEE, 2010. Comptes nationaux trimestriels - Résultats détaillés du 1er trimestre 2010
Début 2010, le PIB ralentit (+0,1 % après +0,6 %), tandis que le pouvoir d’achat des ménages demeure étale (-0,1 % après 0,0 %)
Au premier trimestre 2010, le PIB en volume* augmente de 0,1 %, après une progression de 0,6 % au quatrième trimestre 2009.
La demande intérieure finale (hors stocks) contribue négativement à la croissance du PIB ce trimestre (-0,2 point après +0,5 point au quatrième trimestre 2009), du fait de la contraction de la formation brute de capital fixe totale (-0,9 % après -1,1 %), alors que les dépenses de consommation des ménages sont stables (+0,0 % après +1,0 %).
Les exportations croissent (+4,1 % après +0,8 %) plus vivement que les importations (+2,1 % après +2,8 %), si bien que le solde du commerce extérieur contribue positivement à l’évolution du PIB (+0,4 point après -0,6 point).
Les variations de stocks des entreprises contribuent pour -0,2 point à la croissance du PIB (après +0,6 point au trimestre précédent).
L’estimation de la croissance est inchangée au premier trimestre
Sur le premier trimestre 2010, l’estimation de la croissance du PIB est inchangée par rapport à la précédente publication. Elle est en revanche légèrement révisée à la hausse au quatrième trimestre 2009, à +0,6 % au lieu de +0,5 %. Les révisions intègrent notamment celles des indices de production industrielle, ainsi que celles de la balance des paiements sur les flux d’échanges extérieurs de services.

Équilibre Emploi – Ressources:

PIB   = Consommation Finale des Ménages + FBCF + (Exportations – Importations) +/- Variations de Stock

Le PIB ne doit pas être confondu avec le PIB / h (que l’on utilise parfois comme indicateur de croissance, mais qui prend en compte la démographie).


Document 3 : Comparaison des PIB et PIB /h

Economies PIB
GDP (current US $) (millions) 2006
Nombre d'Habitants
(millions) 2006
PIB/Habitant
Chine2644.71311.82,01
France2248.161.336,67
Allemagne2896.982.435,15
Royaume-Uni2377.060.639,22
Etats-Unis13163.9299.443,96
UEM ou Zone Euro10636.4316.733,58
Monde48461.96538.17,41

Le PIB/habitant, c’est-à-dire le revenu moyen par habitant mesure le niveau de vie.


Expansion: phase d’augmentation du PIB de court terme

Dépression: baisse du PIB à  long terme

Récession: faible taux de croissance ou baisse du PIB de court terme

Crise: retournement du cycle = passage d’une période de croissance à  une période de dépression, voire récession.



Les limites du PIB

On peut mettre en évidence trois grandes limites du PIB en tant qu’indicateur de croissance :

->Des difficultés de comparaison entre les pays

Lorsque l’on compare les PIB entre différents pays on se retrouve confronté à deux difficultés :

  • Tout d’abord les deux PIB ne sont pas exprimés dans la même devise et il faut donc tenir compte du taux de change entre les deux devises afin de pouvoir faire la comparaison.
  • Ensuite au-delà du taux de change, le niveau des prix n’est pas le même dans les deux pays ce qui veut dire que même pour deux pays qui ont le même monnaie la comparaison est biaisée car le pouvoir d’achat de la monnaie n’est pas le même dans chacun des pays du fait de la différence des prix.

Pour tenir compte de cela on calcule le PIB en parité de pouvoir d’achat (PPA) en corrigeant la donnée en utilisant un taux de change fictif qui permet de rendre équivalent le prix des marchandises dans les pays que l’on veut comparer.


Document 4 : Comparaison des PIB en 2009

Le PIB ne comptabilise pas toutes les activités productives

  • Le PIB ne comptabilise qu’une partie de la production non marchande
  • Le PIB ne comptabilise pas la production domestique (bénévolat, activité domestique)
  • Le PIB ne comptabilise pas la production issue de l’économie sous-terraine (économie informelle : illégale et/ou non déclarée). Il existe des estimations.

Il est à noter que dans certaines économies (Afrique, Amérique latine, pays de l’Est) ces différentes activités productives prennent de l’importance et leur non prise en compte par le PIB vient sous estimer la richesse créée dans l’économie concernée.


Le PIB ne tient pas compte des externalités qu’elles soient négatives ou positive

Ainsi le PIB va comptabiliser positivement des activités qui sont destructrice de ressources naturelles, voire même ajouter à cela la richesse créée pour réparer les dégâts occasionnés par cette activité.

A l’inverse le PIB ne comptabilise pas les externalités positives.

-> La suite page 2 !

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