1.3 Le changement social : les transformations des sociétés modernes

1.3 Le changement social : les transformations des sociétés modernes

a) Qu’est-ce que le changement social ?

Changement social = transformation durable (pas éphémère) de l’organisation sociale (de la hiérarchie sociale) et de la culture (normes, valeurs, pratiques sociales) d’une  société. Le changement social a donc une dimension plus sociologique que le développement.

Au XX° s, dans les PDEM,  le changement social  se traduit par:

  • transformation de la stratification sociale (PCS)
  • urbanisation
  • transformation des valeurs religieuses
  • émancipation des femmes

A ne pas confondre avec évolution sociale: transformation que connaît une société à l’échelle de plusieurs générations. Le changement social   est aussi délimité à une ère géographique plus restreinte.


b) De profondes évolutions démographiques, sociales, culturelles et politiques.

-Le changement c’est d’abord un changement de régime démographique. La transition démographique a fait passer les pays développés d’un régime démographique naturel au régime démographique actuel   (faibles taux de mortalité & de natalité). La plupart des PED n’ont pas connu cette transition. Cette forme de changement social a été permise par les progrès de la médecine & un changement des mentalités en matière de fécondité.

– Le changement social c’est aussi  un changement dans l’organisation sociale :

Tertiarisation (conséquence : hausse des niveaux de qualification car il y a de + en + d’actifs travaillant dans les professions intermédiaires).

Hausse des qualifications, donc mobilité sociale ascendante

Féminisation de la population active.

La hausse de la production entraîne un changement de la structure de la production qui entraîne à  son tour un changement dans la structure sociale.

-Enfin le changement social, ce sont des changements culturels et politiques. Il existe d’une multitude de facteurs pouvant expliquer le changement social. On distingue 3 modèles théoriques :

  • Weber : paradigme de la naissance du Capitalisme

http://www.revue-interrogations.org/article.php?article=34

  • Tocqueville : paradigme de la Démocratie

http://tocqueville.ifrance.com/pensees/democratie1.html

  • Marx : paradigme des conflits de classe



1.2 Le développement a une dimension qualitative et structurelle

1.2 Le développement a une dimension qualitative et structurelle

a) La croissance n’est pas le développement

On oppose souvent le développement comme notion qualitative à la croissance comme notion quantitative.

Selon F.Perroux, le développement est l’ensemble des changements sociaux et culturels qui rendent possible  la croissance.

Pour lui, le développement correspond à la fois à ce qui permet la croissance et à ce que l’on fait des fruits de la croissance : amélioration du bien être, éducation, santé, réduction des inégalités, du chômage, de la pauvreté.

Selon A.Sen, le développement, c’est à la fois le progrès social (hausse du niveau de vie, allongement de l’espérance de vie, progrès éducatifs), mais aussi l’accroissement des « libertés réelles » (niveau de vie, services publics, protection sociale, libertés politiques).

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/06/08/amartya-sen-nous-devons-repenser-la-notion-de-progres_1204007_3244.html

La notion simple de développement est à distinguer de la notion de développement durable : le développement durable se définit comme un  développement visant au recul de la pauvreté, en préservant les écosystèmes et en garantissant la justice à l’égard des générations actuelles et futures.

La question de fond est de savoir, compte tenu des ressources disponibles aujourd’hui, quelles sont les solutions qui permettent de répondre au besoin de l’ensemble des habitants de la planète dans une perspective durable c’est à dire sans compromettre l’avenir des générations.


b) Des indicateurs de développement différents existent

Comment calcule-t’on l’IDH ?

->le PNUD calcule depuis 1990 un indicateur de développement humain qui prend en compte

  • le niveau de vie, mesuré par le PIB/h
  • le taux d’alphabétisation
  • l’espérance de vie

->l’ONU a aussi calculé un indicateur de pauvreté humaine IPH qui mesure la pauvreté humaine dans les PED en se concentrant sur les manques constatés dans les mêmes 3 dimensions que l’IDH :

  • longévité : probabilité à la naissance de décéder avant 40 ans
  • savoir : le taux d’analphabétisation
  • niveau de vie : pourcentage de personnes privées d’accès à des points d’eau aménagés, d’enfants de -5ans souffrant de malnutrition


->indicateur sexospécifique de développement humain ISDH= indice d’égalité de répartition entre sexe santé, savoir, niveau de vie


->indicateur de participation  des femmes IPF= participation à la vie politique, à la vie économique,…


c) Des écarts de développement

->historique

Au 16°siècle, les écarts de développement  étaient plus faibles qu’aujourd’hui; vers le 19° les écarts commencent à se creuser grâce au décollage de l’Europe occidentale et de l’Amérique du Nord.

Au 20° les pays du Sud restent les plus pauvres, même si l’écart global se resserre grâce à l’émergence de certains pays.

Aujourd’hui, à l’exception d’un vingtaine de pays émergents, on constate une augmentation des écarts de développement entre les PDEM et les PED.

 

->Tous les pays ne sont pas des PDEM, c’est-à-dire des pays développés à économie de marché.

Parmi les pays en développement (PED), on distingue les PMA= faible niveau de revenu, taux d’alphabétisation<20%, très faible poids du secteur industriel et perspective de développement  limité.

Les NPI= 4 dragons asiatiques Corée du sud Taiwan Singapour Hong Kong et quelques pays d’Amérique latine .Ces pays se caractérisent par une croissance rapide basée sur le secteur manufacturier et un degré d’ouverture extérieur élevé.

On peut aussi noter l’arrivée de nouveaux pays émergents(Brésil, Russie, Inde, Chine,…).


d) Quelques transformations structurelles qui accompagnent le développement

Les transformations structurelles qui accompagnent le développement découlent de l’augmentation du niveau de vie, qui permet l’augmentation du pouvoir d’achat, qui permet une amélioration des conditions de vie.

D’un coté la plus grande accessibilité des biens va permettre des progrès dans l’hygiène et la santé, soutenus par les progrès de la science.

D’un autre côté la croissance permet le dégagement de surplus qui accroissent l’intervention de l’état= amélioration de la protection sociale (transferts sociaux) et amélioration de l’éducation.

1.1 La croissance est un phénomène quantitatif de long terme

1.1 La croissance est un phénomène quantitatif de long terme

a) Définition et mesure

La croissance est l’augmentation à long terme de la production de biens et services.

Elle se mesure par l’augmentation du PIB en volume.

le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes des différents secteurs institutionnels ou des différentes branches d’activité, augmentée des impôts moins les subventions sur les produits (lesquels ne sont pas affectés aux secteurs et aux branches d’activité) .

http://www.statapprendre.education.fr/insee/croissance/default.htm


Document 1 : Le PIB français

PIB français et évolution des prix
INSEE Comptes nationaux
20082009
PIB en milliards d'euros courants1 948,51 907,1
Indice des prix base 100 en 2000 118,7119,3
PIB en volume milliards d'euros de 2000 1 641,71 598,6

Document 2 : Evolution du PIB en France en 2010

INSEE, 2010. Comptes nationaux trimestriels - Résultats détaillés du 1er trimestre 2010
Début 2010, le PIB ralentit (+0,1 % après +0,6 %), tandis que le pouvoir d’achat des ménages demeure étale (-0,1 % après 0,0 %)
Au premier trimestre 2010, le PIB en volume* augmente de 0,1 %, après une progression de 0,6 % au quatrième trimestre 2009.
La demande intérieure finale (hors stocks) contribue négativement à la croissance du PIB ce trimestre (-0,2 point après +0,5 point au quatrième trimestre 2009), du fait de la contraction de la formation brute de capital fixe totale (-0,9 % après -1,1 %), alors que les dépenses de consommation des ménages sont stables (+0,0 % après +1,0 %).
Les exportations croissent (+4,1 % après +0,8 %) plus vivement que les importations (+2,1 % après +2,8 %), si bien que le solde du commerce extérieur contribue positivement à l’évolution du PIB (+0,4 point après -0,6 point).
Les variations de stocks des entreprises contribuent pour -0,2 point à la croissance du PIB (après +0,6 point au trimestre précédent).
L’estimation de la croissance est inchangée au premier trimestre
Sur le premier trimestre 2010, l’estimation de la croissance du PIB est inchangée par rapport à la précédente publication. Elle est en revanche légèrement révisée à la hausse au quatrième trimestre 2009, à +0,6 % au lieu de +0,5 %. Les révisions intègrent notamment celles des indices de production industrielle, ainsi que celles de la balance des paiements sur les flux d’échanges extérieurs de services.

Équilibre Emploi – Ressources:

PIB   = Consommation Finale des Ménages + FBCF + (Exportations – Importations) +/- Variations de Stock

Le PIB ne doit pas être confondu avec le PIB / h (que l’on utilise parfois comme indicateur de croissance, mais qui prend en compte la démographie).


Document 3 : Comparaison des PIB et PIB /h

Economies PIB
GDP (current US $) (millions) 2006
Nombre d'Habitants
(millions) 2006
PIB/Habitant
Chine2644.71311.82,01
France2248.161.336,67
Allemagne2896.982.435,15
Royaume-Uni2377.060.639,22
Etats-Unis13163.9299.443,96
UEM ou Zone Euro10636.4316.733,58
Monde48461.96538.17,41

Le PIB/habitant, c’est-à-dire le revenu moyen par habitant mesure le niveau de vie.


Expansion: phase d’augmentation du PIB de court terme

Dépression: baisse du PIB à  long terme

Récession: faible taux de croissance ou baisse du PIB de court terme

Crise: retournement du cycle = passage d’une période de croissance à  une période de dépression, voire récession.



Les limites du PIB

On peut mettre en évidence trois grandes limites du PIB en tant qu’indicateur de croissance :

->Des difficultés de comparaison entre les pays

Lorsque l’on compare les PIB entre différents pays on se retrouve confronté à deux difficultés :

  • Tout d’abord les deux PIB ne sont pas exprimés dans la même devise et il faut donc tenir compte du taux de change entre les deux devises afin de pouvoir faire la comparaison.
  • Ensuite au-delà du taux de change, le niveau des prix n’est pas le même dans les deux pays ce qui veut dire que même pour deux pays qui ont le même monnaie la comparaison est biaisée car le pouvoir d’achat de la monnaie n’est pas le même dans chacun des pays du fait de la différence des prix.

Pour tenir compte de cela on calcule le PIB en parité de pouvoir d’achat (PPA) en corrigeant la donnée en utilisant un taux de change fictif qui permet de rendre équivalent le prix des marchandises dans les pays que l’on veut comparer.


Document 4 : Comparaison des PIB en 2009

Le PIB ne comptabilise pas toutes les activités productives

  • Le PIB ne comptabilise qu’une partie de la production non marchande
  • Le PIB ne comptabilise pas la production domestique (bénévolat, activité domestique)
  • Le PIB ne comptabilise pas la production issue de l’économie sous-terraine (économie informelle : illégale et/ou non déclarée). Il existe des estimations.

Il est à noter que dans certaines économies (Afrique, Amérique latine, pays de l’Est) ces différentes activités productives prennent de l’importance et leur non prise en compte par le PIB vient sous estimer la richesse créée dans l’économie concernée.


Le PIB ne tient pas compte des externalités qu’elles soient négatives ou positive

Ainsi le PIB va comptabiliser positivement des activités qui sont destructrice de ressources naturelles, voire même ajouter à cela la richesse créée pour réparer les dégâts occasionnés par cette activité.

A l’inverse le PIB ne comptabilise pas les externalités positives.

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