2.2 Le progrès technique engendre de la croissance, du développement et du changement social

a) Le progrès technique engendre des gains de productivité

Les 4 utilisations des gains de productivité :

  • – baisse des prix (car il y a baisse des coûts de production unitaires) à hausse de la demande (car il y a hausse du pouvoir d’achat) à hausse de la production donc croissance.
  • – baisse du temps de travail (qui peut favoriser la croissance si cela entraîne une de la consommation de loisirs) à favorise le développement (bien-être).
  • – hausse des profits à hausse des investissements donc favorise la croissance.
  • – hausse des salaires à relance de la consommation donc de la croissance.

L’entreprise peut choisir ces 4 utilisations en même temps.

b) Le progrès technique engendre la transformation des structures de production

Les nouveaux produits et procédés de production issus des innovations (PT) vont remplacer les anciens = processus de destruction créatrice.

Donc le PT va influencer l’évolution sectorielle : la deuxième révolution industrielle qui a favorisé l’automatisation des secteurs primaires et secondaires a permis de libérer des travailleurs pour le secteur tertiaire. Le secteur tertiaire est un secteur qui regroupe beaucoup d’emplois aujourd’hui mais n’utilise que peu de capital. Cela peut expliquer le ralentissement de la croissance de la productivité aujourd’hui, étant donné que tout ce qui relève des services à la personne ne peuvent pas connaître d’éternels gains au niveau de la productivité. En revanche, avec les NTIC, les services tels que les banques et assurances peuvent connaître de forts gains de productivité grâce à l’informatisation du tertiaire.

Le PT est souvent présenté comme la cause principale du chômage. En effet à court terme, le PT (surtout innovations de procédé) peut détruire directement des emplois. Mais à long terme, au niveau macro-économique, le PT est indirectement créateur d’emplois.

c) Le progrès technique est à l’origine d’un réaménagement perpétuel du territoire

PT à industrialisation à exode rural (= urbanisation) à modification de la géographie humaine et économique.

PT à industrialisation (dans les usines) à urbanisation à changement social.

Ce changement social peu être positif ou négatif. Positif dans le sens où le développement des villes permet le développement d’activités et de services donc favorise la croissance donc l’amélioration des conditions de vie et un changement dans les normes et valeurs (ex : lois de décentralisation qui donne + de pouvoir aux collectivités locales dans les grandes villes). Ce changement social peut être négatif lorsque la croissance provenant du PT n’entraîne pas l’améliorations des infrastructures (dans PED) et fait apparaître des villes ou des centres économiques modernes à coté de quartiers très pauvres (ex : Mexico).

d) L’exemple de la nouvelle économie (NTIC)

Caractéristiques de la nouvelle économie (universelle, globale et qui s’inscrit dans la mondialisation) :

  • – nouvelles matières premières (information sous forme numérique)
  • – nouvelle source d’énergie (électronique et informatique)
  • – nouveau moyen de transport (Internet)
  • – qui a beaucoup de coûts fixes et beaucoup de capital fixe
  • – qui a peu de coûts variables (consommations intermédiaires)

Développement en réseau favorisé à économies d’échelle.

L’utilisation des TIC à hausse de la productivité du capital mais aussi la productivité globale des facteurs (= ce que l’on a produit par rapport à la valeur des facteurs de production utilisés).

La diffusion des TIC à profite aux travailleurs qualifiés (car leur productivité voire même leur rémunération va augmenter) au détriment des salariés non qualifiés = fracture numérique.

Marché des TIC = marché particulier car les vendeurs détiennent souvent le monopole (grâce aux brevets), les pays pauvres ont donc peu de chance de développer ces nouvelles technologies même si des accords ont été signés en 2007 pour le transfert des technologies des pays développés aux PED.

CONCLUSION

PT = facteur de croissance et de développement si les institutions et les idéologies de la société acceptent les changements qu’il engendre. Mais il y a depuis toujours des exclus du PT.

Gains de productivité = indicateur du PT mis en oeuvre dans une entreprise.

2.1 Progrès technique et innovation

a) Définition

Progrès technique (PT) = ensemble des améliorations apportées aux façons de produire (innovations de procédé + innovations organisationnelles), et aux produits (Innovations de produit).

Innovation = application économique et/ou commerciale réussie d’une invention (idée nouvelle).

À L’ensemble des innovations peut être un indicateur du PT.

Innovations = PT = améliorations

Des produits (existants ou nouveaux)

Des façons de produire

Avec des innovations organisationnelles

Avec des innovations de procédé

Avec des innovations de produits

b) Les différentes sortes d’innovation :

Innovation de produit = un produit amélioré ou un produit nouveau.

Innovation de procédé (process) = nouvelle technique de fabrication ou de commercialisation des produits (ex : nouvelles machines).

Innovation organisationnelle = nouvelle organisation de la production, du travail dans l’entreprise (ex : travail à la chaîne).

Innovations radicales = innovations majeures, de grande ampleur qui vont entraîner des grappes d’innovations mineures, ou innovations incrémentales.

c) Le rôle des innovations majeures (Schumpeter) :

– Pour Schumpeter, les innovations expliquent les cycles économiques de long terme. Comme elles sont indépendantes elles expliquent les ruptures dans les cycles. Mais seules les innovations majeures comptent vraiment et modifient la fonction de production. Une multitude d’innovations mineures découlent en cascade des innovations majeures

– Pour Schumpeter, l’entrepreneur à un rôle important puisqu’il prend le risque d’innover. Au début, l’entrepreneur innovateur est dans une situation privilégiée car l’innovation le place en situation de monopole. Il peut ainsi vendre son innovation plus chère pour rembourser ses dépenses en R&D (recherche fondamentale et appliquée qui aboutit à des découvertes scientifiques, que l’on appelle innovations lorsqu’elles ont une application économique).

– Les prix de vente dans les entreprises innovatrices vont pouvoir être supérieurs aux prix de la concurrence pure et parfaite (on appelle cela la rente de monopole). Les entreprises vont augmenter leurs profits. Cela va attirer des entreprises imitatrices à quand l’innovation se diffuse, la concurrence augmente et les prix baissent.

Cela participe à la consommation de masse et améliore les modes de vie mais cela fait aussi disparaître les entreprises les moins rentables (donc licenciements).

Mais ceci est positif pour Schumpeter car cela libère des facteurs de production pour participer à d’autres innovations.

Pour Schumpeter, l’innovation est un processus de « destruction créatrice » càd que l’innovation va créer de nouvelles industries mais aussi en détruire d’autres qui seront devenues obsolètes.