2.3 Chômage : quelles sont ses différentes formes ?

On distingue trois grandes formes de chômage :

  • Le chômage frictionnel : c’est la part du chômage qui est incompressible. Ce la correspond au chômage qui est dû au mouvement de main d’œuvre passant d’une entreprise à l’autre, d’une région à une autre, d’une profession à une autre. La période de chômage correspond alors à la période de prospection entre deux emplois.
  • Le chômage conjoncturel : c’est le chômage qui résulte d’un ralentissement temporaire de l’activité économique et/ou des fluctuations de la demande.
  • Le chômage structurel : c’est un type de chômage qui est dû à un déséquilibre profond et durable du marché du travail, provenant des changements de structures dans le domaine de la démographie (ex : très forte augmentation de la population active), et/ou de la production (nouvelle façon de produire qui demande de nouvelles qualifications qui ne sont pas présentes sur le marché du travail)
2.2 Chômeurs : qui sont-ils ?

2.2 Chômeurs : qui sont-ils ?









  • Tous les individus n’ont pas les mêmes risque face chômage :les jeunes, les femmes, les peu diplômés,… sont plus touchés par le chômage
  • Les circonstances d’entrée au chômage peuvent également varier

Répartition des chômeurs selon les circonstances de recherche d’emploi


Moyenne 2006

Ensemble


Femmes

Hommes


N’a jamais exercé d’activité professionnelle régulière

7,1

5,1

6,2

Fin d’emploi à durée limitée

44,2

42,0

43,2

Démission

14,3

8,1

11,3

Rupture du contrat pour maladie ou invalidité

3,9

5,1

4,5

Licenciement

25,4

32,1

28,5

Autres circonstances

3,0

6,2

4,5

Circonstance inconnue

2,1

1,4

1,8

Ensemble

100,0

100,0

100,0

Note : Résultats en moyenne annuelle.
Champ : France métropolitaine, chômeurs au sens du BIT, âgés de 25 à 64 ans.

” La France en faits et en chiffres”

2.1 Le chômage : Qu’est-ce que c’est ?

2.1 Le chômage : Qu’est-ce que c’est ?

 

En France on dispose de 2 grandes sources d’informations pour identifier le nombre de chômeurs : les demandeurs d’emplois comptabilisés par l’ANPE et les statistiques du chômage tirées de l’enquête emploi de l’INSEE qui se rapproche de la définition du Bureau International du Travail (BIT). Ces deux sources d’informations peuvent données des informations légèrement différentes car elles ne reposent pas sur les mêmes conventions en ce qui concerne les conditions pour être comptabilisé comme chômeur.

La méthode de calcul de l’INSEE (mesure des personnes sans emploi à la recherche d’un emploi-PSERE-)

L’enquête emploi de l’INSEE se base sur les critères conventionnels du BIT à savoir qu’un chômeur doit répondre à 4 critères :

  1. être sans emploi (même pas une heure lors de la semaine d’enquête)
  2. être en âge de travailler (+ de 15 ans)
  3. être effectivement à la recherche officielle d’un emploi (pouvoir justifier de démarches de recherches)
  4. être disponible sous 15 jours pour occuper un emploi

 

Remarque : cette définition du chômage exclue toutes les personnes qui sont en situation de sous emploi et tous les chômeurs découragés. Cela entraîne l’existence de ce qu’on l’on appelle un halo du chômage, c’est-à-dire un ensemble de personnes qui ne sont pas dans les statistiques officielles du chômage mais dont la situation effective s’en rapproche.

A partir des statistiques BIT on calcule des taux de chômage qui permettent de comparer le nombre de chômeurs à l’ensemble des actifs et ainsi connaître la part relative qu’ils représentent. (chômeur d’1 catégorie/ actifs de la catégorie)

 

La méthode de comptabilisation de Pôle emploi (mesure des demandeurs d’emplois en fin de mois –DEFM-)

Pôle Emploi recense le nombre de chômeurs en utilisant ses propres critères. Elle distingue les demandeurs d’emploi en fonction de leur disponibilité et du type d’emploi recherché, ce qui lui permet de les répartir en 8 catégories de DEFM :

Catégorie 1 : personnes sans emploi immédiatement disponibles, tenues d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi, à la recherche d’un emploi à durée indéterminée à temps plein ;
Catégorie 2
:  personnes sans emploi immédiatement disponibles, tenues d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi, à la recherche d’un emploi à durée indéterminée à temps partiel ;
Catégorie 3
: personnes sans emploi immédiatement disponibles, tenues d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi, à la recherche d’un emploi à durée déterminée, temporaire ou saisonnier ;
Catégorie 4
: personnes sans emploi non immédiatement disponibles, non tenues d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi, à la recherche d’un emploi
Catégorie 5
: personnes pourvues d’emploi à la recherche d’un autre emploi ;
Catégorie 6
: personnes sans emploi non immédiatement disponibles, tenues d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi, à la recherche d’un emploi à durée indéterminée à temps plein ;
Catégorie 7
: personnes sans emploi non immédiatement disponibles, tenues d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi, à la recherche d’un emploi à durée indéterminée à temps partiel ;
Catégorie 8
: personnes sans emploi non immédiatement disponibles, tenues d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi, à la recherche d’un emploi à durée déterminée, temporaire ou saisonnier ;

 

Remarques :

  • Pour être considéré comme sans emploi pour Pôle Emploi il faut avoir exercé une activité moins de 78H le mois précédent. (vision plus large que le BIT)
  • Les statistiques officielles de Pôle Emploi  font mention de la catégorie 1 des DEFM

 

La comparaison entre les deux méthodes :

  • Certains chômeurs présents dans les statistiques du BIT seront absent des statistiques de l’ANPE : tous ceux qui recherchent un emploi sans être inscrit à l’ANPE et si l’on tient compte du fait que c’est la catégorie qui sert de référence, toutes les personnes qui sont à le recherche d’un emploi atypique
  • A l’inverse certains chômeurs présents dans les statistiques de l’ANPE sont absents de celles du BIT : tous ceux qui sont considérés come occupant un emploi car ils ont exercé au moins une activité de moins de 78h durant la semaine de référence (le sous emploi).

 

=>Ceci tend également à montrer que l’évolution des taux de chômage ne dépend pas uniquement de facteurs économiques mais également de l’évolution dans les méthodes de comptabilisation des chômeurs, d’où toutes les polémiques concernant les statistiques du chômage.

Exemple : le fait que les contrôles de Pôle Emploi soient plus stricts entraine un certain nombre de radiation des listes que l’on retrouve dans les statistiques du chômage sans que la situation effective des individus ait changée.