3.2 La rigidité des salaires est-elle responsable du chômage ?

3.2 La rigidité des salaires est-elle responsable du chômage ?

 

[ -> pix : Arthur Cecil Pigou]

 

a) Pour les néo-classiques, le travail est une marchandise comme une autre

, ce qui signifie qu’il s’échange sur un marché comme n’importe quel autre bien : l’offre et de la demande varie en fonction du prix.

 

-la demande émane des entreprises, plus le coût du travail est faible, plus la demande augmente ; ou plus exactement :

 

Tant que la productivité du travail (c’est-à-dire le supplément de productivité apporté par le dernier travailleur embauché) rapporte plus qu’il ne coûte, c’est-à-dire le salaire réel, alors l’entreprise demande plus de travail.

 

Pour les néo-classiques, la productivité marginale du travail est décroissante car quand la quantité de travail utilisée par l’entreprise augmente, la VA augmente de moins en moins.

La demande de travail augmente tant que la PMA>sal (car le profit est maximum quand PMA=sal)

 

-l’offre de travail émane des ménages, qui arbitre entre le temps de travail et le temps de loisirs. Ils n’acceptent de travailler davantage que si le salaire réel compense l’utilité marginale des loisirs (ou désutilité marginale du travail).

 

Le salarié compare l’utilité d’une heure supplémentaire de travail avec le coût d’opportunité d’une heure de loisirs. Pour les néo-classiques, l’effet substitution > à l’effet revenu, c’est-à-dire que les salariés préfèrent augmenter leur offre de travail pour consommer plus que se contenter de l’augmentation des salaires.

 

-C’est, comme sur un marché de biens et services, la variation du prix, c’est-à-dire du salaire qui établit l’équilibre entre l’offre et la demande qui va s’établir à un salaire d’équilibre pour une quantité d’équilibre.

 

-Pour les néo-classiques, le cadre de l’analyse est la cpp  et c’est la flexibilité des salaires qui doit permettre l’ajustement entre l’offre et la demande de travail :

une offre >à la demande de travail conduit à une baisse des salaires et une demande > à l’offre entraîne une augmentation du salaire jusqu’à égalisation de l’offre et de la demande de travail : tous ceux qui souhaitent être embauchés au salaire d’équilibre le sont et l’économie est en plein emploi.

 

b) Pour les néo-classiques, le chômage est dû essentiellement à la rigidité des salaires

->Pour Pigou, le chômage ne peut alors être qu’un chômage volontaire, c’est-à-dire résultat de la volonté, soit des ménages qui refuse de travailler plus (préfère les loisirs au supplément de salaire ou accepterait de travailler si le salaire augmentait)) soit des entreprises qui vont par exemple préférer substituer du capital au travail.

->Le déséquilibre ne peut donc être qu’un déséquilibre de courte durée (un chômage de « frottement »)au niveau micro-économique, ou alors, cela signifie qu’il y a des entraves au libre jeu du marché, à la concurrence pure et parfaite :

 

Le chômage involontaire durable serait alors de la responsabilité des institutions, qui empêchent la variation des coûts du travail.

->En effet, les néo-classiques du 20°siècle voient dans la composition du prix du travail, l’importance des cotisations sociales qui établit pour l’entreprise un coût du travail supérieur au niveau d’équilibre.

 

Cela a 3 effets néfastes :

 

-un effet-substitution :

les entreprises auraient tendance à substituer du capital, moins cher, au travail : les techniques de production deviendraient plus économes en travail et le contenu de la croissance en emploi reculerait.

 

-un effet-profit :

la hausse des salaires se seraient faite au détriment des profits ce qui à terme serait néfaste pour l’I et pour l’emploi.

 

-un effet-prix :

les salaires pèsent sur les coûts de production et donc sur les prix, ce qui peut à terme pénaliser la consommation donc la production et la compétitivité internationale.

 

-La solution au chômage serait donc la flexibilité à la baisse du coût du travail, c’est-à-dire à la fois la baisse des cotisations sociales et la flexibilité à la baisse des salaires (suppression du SMIC ?)

 

 

-Depuis 30 ans en France , les politiques de l’emploi sont aussi des politiques de baisse des charges sociales, par exemple sur des catégories ciblées (jeunes, non qualifiés, services à la personne,…) +1972 désindexation du SMIG de l’inflation = baisse de la part des revenus dans la VA

 

C) Critiques de l’analyse néo-classique

-Cependant, l’existence d’un chômage durable et massif dans toutes les économies de marché peut permettre de remettre en cause l’idée selon laquelle ce chômage n’est que le résultat d’un chômage volontaire.

 

-De plus, les conditions de la cpp semblent trop restrictives pour correspondre à la réalité du marché du travail :

->il est difficile de considérer le travail comme une marchandise comme une autre ; par exemple, il n’est pas vraiment homogène (un travailleur n’est pas identique à un autre travailleur, il existe d’ailleurs des discriminations à l’embauche liées au sexe, à l’origine, à l’âge, …)

->Le travail n’est pas non plus parfaitement mobile : par exemple, un individu n’acceptera pas nécessairement de changer de région pour son travail parce qu’il est propriétaire immobilier.

->l’analyse néo-classique est micro-économique : elle part du principe que le fonctionnement du marché du travail est indépendant de celui des autres marchés. Or, Keynes montrera que les marchés sont interdépendants.