3.3 Pour Keynes, le niveau de l’emploi est avant tout déterminé par les anticipations des entrepreneurs et le chômage est essentiellement dû à l’insuffisance  de la demande

3.3 Pour Keynes, le niveau de l’emploi est avant tout déterminé par les anticipations des entrepreneurs et le chômage est essentiellement dû à l’insuffisance de la demande

-Dans les années 1930, l’existence d’un chômage massif et durable va amener Keynes à remettre en cause la théorie néo-classique.

 

a)    Pour Keynes, le travail n’est pas une marchandise comme une autre : et en particulier, le salaire n’est pas un prix comme un autre, c’est avant tout un moyen de subsistance.

Le marché du travail n’est pas un marché comme un autre, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de marché du travail au sens néo-classique pour Keynes :

il n’y aurait pas de lien entre l’offre de travail et le salaire réel car il n’y a aucune raison que les acteurs économiques connaissent le niveau de l’inflation. Le salaire n’aurait pas non plus d’influence sur la demande de travail qui dépendrait de l’anticipation de la demande de biens et services.

-En effet, pour Keynes, les marchés sont interdépendants, son analyse se fait sous forme de circuit et  c’est le marché des biens et services qui va déterminer le niveau de l’emploi (notez que Keynes préfère parler de niveau d’emploi que de demande  de travail)

 

b) l’emploi est avant tout déterminé par les anticipations des entreprises :

La demande anticipée (dit « demande effective » dans le langage keynésien) va déterminer le niveau de la production et donc l’utilisation des facteurs de production c’est-à-dire le niveau de l’emploi (et de l’investissement).

Si les entreprises ont une demande supplémentaire à satisfaire, elles embaucheront pour atteindre le niveau de production nécessaire, quelque soit le niveau des salaires.

 

-Or, il n’y a aucune raison que ce niveau d’emploi corresponde au plein-emploi.

 

-la baisse des salaires prônée par les néo-classiques conduit donc plutôt à une baisse de la demande de biens et services adressée aux entreprises et à une hausse du chômage, car le niveau de l’emploi détermine à son tour un certain niveau de revenu qui détermine à nouveau de la consommation et donc de la production.

 

– Pour résoudre le chômage, il faudrait donc, pour Keynes, relancer l’économie, c’est-à-dire relancer la demande (la consommation et l’investissement), par exemple par une augmentation des revenus.

 

-l’analyse keynésienne correspond bien à la situation économique des années 1930. Sa mise en application concrète correspond à la politique salariale fordiste.

 

c) Critiques de l’analyse keynésienne

Cependant, les politiques keynésiennes se sont révélées inflationnistes. Voir Courbe de Philips : il y a incompatibilité entre objectif de plein-emploi et celui de faible inflation.

-Attention, l’analyse keynésienne repose sur un certain nombre de conditions restrictives :

-la consommation dépend non seulement du revenu mais aussi de la propension moyenne à consommer et des taux d’intérêt.

-L’investissement dépend non seulement des anticipations de la production mais aussi de l’efficacité marginale du capital>taux d’intérêt (TRE TRF)

-Keynes part du principe que le supplément de revenu n’est pas épargner (fuite du circuit)

-Keynes part du principe que le supplément d’investissement est financé par crédit (baisse taux=>hausse de l’I)