3.4 Les nouvelles théories du marché du travail: d’autres explications possibles du déséquilibre du marché du travail

3.4 Les nouvelles théories du marché du travail: d’autres explications possibles du déséquilibre du marché du travail

->A partir des années 1970, certaines théories essaient de dépasser les clivages néo-classiques et keynésiens et propose une analyse plus complète du chômage. E.Malinvaud, avec sa théorie du déséquilibre, rend compte de la coexistence de deux types de chômage (involontaires)

un chômage de type keynésien, dû à l’insuffisance de la demande sur le marché des biens et services (les entreprises sont prêtes à produire plus mais elles ne trouvent pas de débouchés) et à une insuffisance de la demande de travail (les travailleurs se présentent sur le marché du travail, mais ils ne trouvent pas d’emplois)

C’est alors l’insuffisance de l’activité économique qui expliquerait l’existence d’un chômage et une politique de soutien à l’activité économique permettrait de réduire les déséquilibres.

un chômage de type classique, dû à une insuffisance de la rentabilité du capital qui détermine une offre sur le marché de biens et services inférieure à la demande.(sur le marché du travail, c’est la demande de travail qui émane des entreprises qui est supérieure à l’offre). Cette situation est due au fait que les entreprises ont des capacités de production insuffisante pour répondre à cette demande car elles estiment qu’un niveau de production plus élevé ne serait pas rentable. Dans ce cas, une politique de soutien à la demande ne serait pas rentable car elle accroîtrait le déséquilibre c’est-à-dire l’excès de demande sur le marché des biens et services

 

->Les économistes néo-classiques contemporains, conscients des critiques keynésiennes ont proposé d’autres explications possibles de l’existence d’un marché du travail en déséquilibre durable, c’est-à-dire, pourquoi des agents économiques peuvent s’entendre sur des salaires différents du salaire d’équilibre, tout en étant rationnels.

 

-la 1°raison est que cette stratégie peut résulter d’un contrat implicite (théorie des contrats implicites) entre un salarié et un employeur, dont le but est de limiter l’incertitude pour les deux parties : les entreprises garantissent des salaires stables indépendamment du salaire que fixerait le marché qui varierait tous les mois. La rigidité des salaires proviendrait alors de ce contrat et il pourrait arriver que ce salaire soit supérieur au salaire d’équilibre, ce qui expliquerait l’existence d’un chômage.

 

-La 2° raison est que l’intérêt pour une entreprise d’offrir un salaire supérieur au salaire d’équilibre est que cela aurait un effet sur la productivité car il va faire baisser le turnover, il va motiver les salariés et attirer les salariés les plus qualifiés.

Le salaire d’efficience (théorie du salaire d’efficience) serait un salaire optimal qui offre la meilleure combinaison entre coût du travail et productivité du travail. Comme ce salaire est plutôt supérieur au salaire d’équilibre, il y a un excès d’offre de travail sur la demande.

 

-la 3° raison est qu’il y aurait sur le marché des salariés qui exigeraient des salaires élevés car ils connaissent les coûts du turn-over et les coûts d’embauche de nouveaux salariés par les entreprises. Ces insiders, en demandant un salaire supérieur au salaire d’équilibre, ne laisseraient pas la possibilité aux outsiders d’accéder au marché du travail (chômage).