3.3. La réduction des inégalités est-elle économiquement efficace ?

Idée de plan :

1. Il faut réduire les inégalités car trop d’inégalités peuvent être néfastes à l’économie

1.1. L’existence de fortes inégalités restent contraire à l’idéal démocratique

conséquences économiques et sociales

A) L’inégalité quand elle est injuste décourage l’effort

B) Quand les inégalités sont trop fortes, elles risquent de générer des

intérêts divergents entre les groupes sociaux et donc des conflits

sociaux

1.2. Trop d’inégalités peuvent faire baisser l’inégalité économique

A) La multiplication des conflits sociaux entraîne une baisse de la

productivité générale des facteurs

B) Une instabilité sociale peut provoquer un ralentissement de la

consommation et de l’investissement et donc de la croissance

économique

1.3. Les politiques sociales ont ainsi permis en réduisant les inégalités de soutenir la croissance économique

A) Les stabilisateurs automatiques (Keynes)

B) (Loi de Keynes) Les politiques sociales s’appliquent aux plus pauvres et ce sont eux qui ont la plus grande propension à consommer

2. Non, la réduction des inégalités n’est pas économiquement efficace. Il ne faut pas chercher à réduire les inégalités car elles sont favorables à l’économie

2.1. Pour les libéraux, les inégalités peuvent être justes

A) Les inégalités sont la justification des efforts fournis

B) Elles donnent des informations au marché

2.2. Les inégalités sont un gage d’efficacité économique

A) Le prix est la variable d’ajustement entre l’offre et la demande

B) Optimum de Pareto : Situation dans laquelle les conditions de certains individus ne peuvent pas être améliorées sans détériorer celles des autres

2.3. Les politiques de baisse d’inégalités entraînent une baisse de la croissance

A) Les minimas sociaux : trappes à inactivités

B) Les prélèvements obligatoires désincitent l’initiation individuelle

3.2. Les inégalités sont-elles justes ?

a) Toutes les inégalités ne sont pas injustes

_Les inégalités liées à des différences de mérite ne sont pas injustes

_On peut accepter des inégalités si elles ont pour but de réduire d’autres inégalités / si c’est pour tenir compte de situations différentes initiales

On ne recherche plus l’égalité mais la justice sociale/l’équité

Une situation est équitable si le degré d’inégalité et les formes qu’elles prennent sont considérés comme étant justes.

La notion d’équité n’est pas une notion objective, elle dépend du critère de justice sociale sur lequel on se repose.

Les grands principes de justice sociale

_L’utilité ou le bien-être de l’ensemble de la société :

Une société est juste lorsqu’elle permet de réaliser le bien-être des individus qui la composent. Une situation inégalitaire sera juste si elle permet le plus grand bien-être dans la société dans son ensemble.

2 critiques à cette vision :

– la notion de bien-être est subjective

– c’est une vision qui a une logique globale donc si les désavantages de certains ont moins importants que les avantages des autres, c’est une situation globalement juste.

_Le mérite :

Une situation est juste, la répartition des richesses est juste si elle reflète les différents niveaux de mérite, d’efforts fournis pour parvenir à cette situation.

Critique de cette vision : là aussi la notion de mérite est subjective.

L’équité selon J.Rawls :

Hypothèse de départ est situation fictive : voile d’ignorance.

Trois grands principes : (du plus important au moins important)

– principe d’égalité liberté : il faut que les libertés fondamentales soient assurés pour tous (ex : expression, entreprendre, circulation…)

– principe d’égalité des chances : les personnes ayant le même talent doivent avoir la même possibilité d’accéder à des positions sociales identiques.

– principe de différences : une inégalité est juste si elle permet de favoriser les plus défavorisés (parallèle avec les politiques de discriminations positives)

La vision libérale

F. Hayek est libéral (l’état n’a pas à intervenir car le marché est le plus efficace pour coordonner les actions)

Même si le marché entraîne des situations inégalitaires on ne doit pas s’en occuper car ce qui est le plus important c’est qu’une société soit efficace pour assurer les besoins des individus. Il faut donc laisser faire le marché.

b) Le jugement de la société sur les inégalités influent sur l’intervention de l’état

En France, la conception de justice sociale a beaucoup évolué.

Au 18ème siècle, la question de justice sociale ne se pose même pas, il est « interdit d’être pauvre ».

Au 19ème siècle, il y a les premiers socialistes français. L’idée de justice sociale en politique va se construire au cours du 20ème siècle.

A partir de 1946, construction d’un état providence, qui fonctionne bien pendant les 30 Glorieuses avec des politiques sociales.

Mais la crise économique amène les politique à repenser l’efficacité de l’état au regard de l’idéal égalitaire.

On assiste depuis quelques temps au développement de certains droits subjectifs. Il s’agit des droits à la personne, permettant notamment de réparer une situation individuelle jugée intolérable, en demandant à la solidarité nationale une réparation, principalement sous la forme d’une prestation compensatoire. On peut penser par exemple aux handicapés, qui du fait de leur situation, bénéficient d’un droit au travail aménagé, ou d’allocations spécifiques. Cette tendance au développement des droits subjectifs au nom de la justice sociale est parfaitement légitime. Elle s’accompagne cependant aujourd’hui de deux dérives possibles:

Cela peut faire que l’Etat soit perçu comme un justiciable que le citoyen peut assigner en justice, pour obtenir une réparation de son préjudice ressenti, s’il estime que la responsabilité nationale est engagée (via les cours européennes de justice notamment).

Cela peut aussi participer d’une forme de “découpage en tranche” de la solidarité nationale, en amoindrissant la vision collective de la justice sociale.

De plus en plus de services publics sont payants et il y a l’apparition de lois sur les discriminations positives (ZEP, quotas).

3.1. Les inégalités remettent-elles l’idéal démocratique en cause?

a) L’idéal démocratique : la fin des inégalités

La notion d ‘égalité regroupe trois sens :

Égalité des droits (devant la loi) : tout le monde a les mêmes droits et les mêmes contraintes juridiques

Égalité des chances : Tous les individus doivent pouvoir disposer de chances égales pour accéder aux différentes positions sociales

Égalité de situations/égalité réelle : tout le monde a la même situation


Qu’appelle t-on l’idéal démocratique ?

A.Tocqueville : Société dans laquelle on va avoir une tendance à l’égalisation des conditions. De plus en plus d’égalité des droits entraînent de plus en plus d’égalité des chances. L’origine sociale doit avoir de moins en moins un impact sur la condition sociale.

Derrière l’idée d’idéal démocratique, il n’y a pas la disparition totale des inégalités donc on a une société dans laquelle la mobilité sociale est possible et cette mobilité doit conduire à une baisse des inégalités de situation.

b) Qu’en est-il aujourd’hui dans notre démocratie ?

Égalité des droits : c’est un processus qui a commencé avec la Déclaration des droits de l’Homme mais qui est en perpétuelle construction (droit de vote des femmes par exemple…) et qui peut encore être amélioré (avec le droit de vote des étrangers par exemple…)

Égalité des chances : il subsiste, même si elles sont réduites, des inégalités des chances importantes. Tous les individus n’ont pas les mêmes chances d’accéder à différentes positions sociales. Cela dépend de leur origine sociale (tables de mobilité), du sexe, de l’âge.

Doit-on mettre en place des mesures de discrimination positives ?

Discrimination positive : donner plus à ceux qui ont moins

Égalité des situations : oui il y a une baisse des inégalités au niveau du 20ème siècle mais l’égalité des situations est loin d’être respectée. Pour Tocqueville il est impossible de respecter les inégalités de situations, il faut plutôt chercher à respecter l’égalité des relations sociales (prestige social). Les sociétés démocratiques acceptent l’existence d’inégalités quand elles leur semblent justifiées (basées sur la méritocratie)