2.2 Explications: une mobilisation moins forte du fait du déclin de l’identité ouvrière et de la montée de l’individualisme

a) mutations du monde du travail et déclin du mouvement ouvrier.

Évolution de la structure de l’appareil productif: tertiarisation + désindustrialisation => défavorable au mouvement ouvrier
Baisse de la PCS ouvrière => Baisse des syndicats. De plus la tertiarisation n’a pas compensé le mouvement ouvrier.
Secteur tertiaire: + de petites entreprises => mobilisation et syndicalisme – important. Identité collective est peu ou pas du tout développée (activité très diversifiée dans le secteur tertiaire que ne favorise pas la conscience de classe).

Évolution de la gestion de la main d’œuvre =>précarisation du travail, recours massif à la sous-traitance, chômage
=>défavorable à l’identité de groupe

b)Les mutations de la société: causes externes au monde du travail.


Evolution de la gestion des syndicats=>institutionnalisation des syndicats (éloignement des responsables syndicaux des ouvriers)

Hausse des niveaux de vie => développement des classes moyennes => affaiblissement identité collective.

Montée de l’individualisme, valeur qui semble propre à la classe ouvrière. Individus considèrent qu’ils n’ont pas intérêt à se mobiliser, de plus les syndicats ont un mode de fonctionnement collectif=>tous les salariés bénéficient des avantages obtenus par les syndicats.


2.1. Le constat: une réduction du nombre de conflits du travail et des syndicats moins puissants.

Le mouvement ouvrier est caractérisé par deux éléments :

  • Les conflits desquels il est à l’origine sont centrés sur le monde du travail

  • Le mouvement est institutionnalisé au travers d’un acteur central, les syndicats


a)Un recul des conflits du travail.

Les conflits sont de moins grande ampleur, ils sont plus localisés, le type de revendications a changé

Les conflits du travail sont de plus en plus restreints à une catégorie de salariés, il y a moins de grand rassemblement autour d’objectifs communs sur les conditions de travail et de plus en plus de conflits catégoriels (cheminots, enseignants, salariés de la sidérurgie, ou salariés de telle entreprise)

Les revendications portent sur les salaires et les questions de l’emploi et moins sur les conditions de travail.

b)Un affaiblissement des syndicats.

On observe une chute du taux de syndicalisation, il est trois fois moins important en 2005 (8% des salariés sont affiliés à un syndicat) qu’en 1950 (25% des salariés étaient affiliés à un syndicat).

Là encore on peut mettre en évidence 3 phases dans ce processus :

  • 1950-1965 : première phase de désyndicalisation des salariés, la syndicalisation est 1,5 fois moins élevée en 1965 par rapport à 1950

  • 1965-1980 : phase de faible augmentation puis de stabilisation de la syndicalisation, 18% des salariés sont syndiqués

  • 1980-2005 : nouvelle phase de désyndicalisation, le taux passe de 18% à 8% il est donc 2,25 fois moins élevé en 2005 par rapport à 1980

Cependant la situation n’est pas la même selon les caractéristiques des salariés, on remarque que le taux de syndicalisation dépend :

  • Du statut du salarié : les salariés du secteur public sont plus syndiqués que les salariés du secteur privé (sécurité de l’emploi qui réduit le risque)

  • Du type de contrat : les salariés qui ont un emploi précaire sont moins syndiqués

  • De la taille de l’entreprise : Les salariés sont plus syndiqués dans les grandes entreprises

La situation de syndicats en France est paradoxale : en effet la présence syndicale est assez forte (35% des salariés sont dans une organisation productive où il y a une présence syndicale) mais le taux de syndicalisation est faible.

Là encore la présence salariale dépend des caractéristiques de vues plus haut mais dans tous les cas la présence salariale est plus forte que le taux de syndicalisation.

La structure syndicale existe mais il y a peu d’adhérents et encore moins de militants (participation active au syndicat).

Cet affaiblissement des syndicats est défavorable aux salariés car les négociations se font de plus en plus au niveau local, et ainsi les salariés ont moins de poids dans le rapport de force. Les accords d’entreprise sont en général moins favorables que les accords de branches et c’est d’autant plus le cas dans les petites entreprises.

On peut nuancer cette analyse en mettant en avant que le rôle des syndicats reste très important notamment du fait de l’évolution de leur action.

Ils ont un rôle important dans les négociations collectives, dans la gestion des institutions du travail (assedic,…). Ils sont aussi actifs en ce qui concerne les formes de conflits du travail alternatives à la grève.