1.2 Comment devient-on membre d’une société?

a) La socialisation comme outil d’intégration sociale

Socialisation : Processus d’intériorisation des normes et des valeurs de la société à laquelle on appartient.

Elle permet aux individus de devenir membre de la société en obtenant un statut social spécifique auquel va correspondre un rôle.

Socialisation primaire : pendant l’enfance et qui va contribuer à structurer la personnalité du futur adulte. Elle est faite par la famille l’école, les groupes de pairs, les médias.

Socialisation secondaire : âge adulte, permet aux individus dont la personnalité est en grande partie constituée de s’intégrer à des institutions spécifiques ( partis politiques, travail)

Intégration sociale : processus par lequel un individu devient membre d’un groupe social ou d’une société.

Etre intégré = construire son identité + acquérir un statut social en participant aux activités.

Grace à la socialisation l’individu doit jouer un rôle social : ensemble des comportements que les autres attendent étant donné mon statut ( = position qu’occupe l’individu dans le groupe social et qui lui permet d’attendre des autres un comportement vis-à-vis de son statut ).

Il y a une interdépendance dans le rôle de la société et de l’individu : la société doit être capable de permettre aux individus de s’intégrer et les individus doivent être capables de s’intégrer. C’est le rôle des instances de socialisation.

b) Les dangers de la montée de l’individualisme

L’autonomie de l’individu prime sur les règles collectives. Il arrive de plus en plus à s’affranchir des normes imposées par les collectivités. La contrainte sociale est moins forte.

Cette montée aurait pour conséquence la perte d’emprise des institutions : famille, école…

La montée de l’individualisme et la désinstitutionalisation pourrait se mesurer par plusieurs indicateurs :

. Le taux d’abstention lors des élections

. La hausse des incivilités

. La crise du syndicalisme…

Cependant la montée de l’individualisme n’est pas universel ni forcément négative ( en Europe du Nord, l’identité collective reste encore très forte).

Elle reste fortement cantonnée à la sphère privée car dans la sphère publique, les règles collectives restent les contraintes dominantes.

1.1Qu’est-ce qui unit les individus appartenant à une même société?

a) Qu’est-ce que le lien social?

Lien social : ensemble des relations qui unissent les individus dans leur vie quotidienne et qui assurent la cohésion sociale.

Cohésion sociale : ce qui cimente et assure l’unité minimale d’un ensemble social. Ce qui permet aux membres d’une société de coexister et vivre ensemble.

Ces liens peuvent prendre différentes formes. On en distingue 3 :

Liens marchands / économiques : relation qui découle des échanges marchands.

Liens politiques : relation qui découle de l’exercice du pouvoir politique ( = capacité à influencer les décisions collectives )

Liens communautaires : relation qui découle d’une appartenance à une même communauté ( = famille)

La forme et l’importance de chaque type de lien évolue en même temps que la société.

Le lien social n’est pas quelque chose de naturel, il faut qu’il y ait un processus d’intégration sociale qui permette à un individu de faire partie de la société.

b) La force du lien social varie selon le type de sociétés

Il existe 2 types de société:

Traditionnelle

Moderne

E. Durkheim distingue 2 types de solidarité :

Dans les sociétés traditionnelles : la solidarité mécanique : les membres sont semblables et la collectivité est plus importante que l’individu.

Dans les sociétés modernes : la solidarité organique : les différences unissent les individus et leurs permettent d’êtres complémentaires. La conscience collective est moins forte au contraire de la conscience individuelle qui est très marquée. Dans les sociétés modernes c’est la division du travail ( les individus ont des fonctions différentes ) qui fait qu’ils sont interdépendants.

Pour Durkheim plus la contrainte sociale est forte, plus le lien social est fort. Donc dans les sociétés industrielles, avec le passage de la solidarité mécanique à la société organique, il y a un risque d’affaiblissement de la cohésion sociale liée à un affaiblissement du lien social.

Il y a alors un risque de désorganisation sociale: L’anomie.

Rq: les sociétés modernes sont caractérisées par un accroissement de la solidarité organique cependant les liens de type communautaires n’ont pas disparus.

F. Tönnies lui, distingue :

La communauté : Le regroupement d’individus ne découle pas de résonnement réfléchi mais de relation fondée sur l’affectif. Le groupe passe avant l’individu.

La société : Les relations sont plus impersonnelles. La volonté est réfléchie. Les liens sont plus abstraits et les buts sont personnels.

Pour F. Tönnies on est passé d’une communauté à une société.