2.4-Citoyenneté et intégration nationale

a)Identité nationale et cohésion sociale

La nation française s’est construite avec la démocratie. L’intégration par la nation passe par la construction d’une communauté de citoyens. L’intégration nationale n’est pas forcément une intégration sociale et une non-intégration nationale n’empêche pas une intégration sociale.

La citoyenneté :

sens juridique : avoir des droits (civils et politiques) et des obligations (devoirs, respect des lois).

sens politique : donner une responsabilité politique aux individus en les rendant citoyens c’est-à-dire voter et créer une communauté au delà de la diversité d’opinions.

Le concept de citoyenneté permet de gérer la diversité des hommes dans une démocratie et de séparer les sphères publiques er privées en France.

La citoyenneté a pour vocation de s’étendre à tous les individus (tendance à l’universalisation).Toutes les sociétés contemporaines vont déterminer des règles d’obtention du statut citoyen.

La nation : une entité qui peut être constituée d’une certaine hétérogénéité culturelle. Il faut que les individus se reconnaissent dans un projet politique commun pour qu’il y ait une unité politique (ex : Mayotte)

L’intégration nationale se distingue de l’intégration sociale des étrangers c’est-à-dire de la place la société est prête à accorder aux non nationaux. On oppose le modèle Français d’intégration nationale par assimilation à l’intégration par la diversité culturelle.

b) Comment favoriser l’intégration nationale : le multiculturalisme solution ou facteur de communautarisme ?

Multiculturalisme : présence de plusieurs cultures. Toute nation est finalement formée par des populations différentes de par leurs cultures, leurs milieux sociaux leurs religions et origines régionales.

Communautarisme : replis de ses cultures dans des formes de communautés qui vont exprimer des intérêts spécifiques et dont les représentants vont négocier avec les pouvoirs publiques pour pouvoir bénéficier de droits particuliers.

Par exemple, aux Etats-Unis le communautarisme est reconnu dans le projet politique car les communautés ethniques ont pu négocier des droits spécifiques, à l’inverse du projet politique de la nation française qui est un projet d’intégration par l’égalité juridique universelle.

La question du communautarisme se pose en France par rapport à l’existence d’inégalités sociales plus fortes dans certaines communautés ce qui justifierait que certains groupes minoritaires réclament certains droits spécifiques pour compenser ces inégalités

2.2 Le travail : une instance essentielle à l’intégration sociale.

a)Pourquoi le travail permet-il de s’intégrer ?

Aujourd’hui le travail est avant tout une activité rémunérée. Mais il permet aussi des relations avec les autres, la formation de groupes de pairs, la coopération. Le travail permet de rentrer dans la consommation et donne accès aux demandes sociales (allocation chômage). Il donne donc un statut social (= place qu’un individu occupe dans un système social).

Pour Serge Paugam, le travail est nécessairement dans la satisfaction des individus dans trois dimensions :

homo-faber : épanouissement de l’homme dans l’acte de produire.

homo-sociologicus : reconnaissance par les autres du travail effectué

homo-economicus : satisfaction de la rétribution monétaire du travail

b) les évolutions du monde du travail fragilisent son rôle intégrateur.

La flexibilité-précarité :

Elles entrainent une moindre reconnaissance sociale, un statut peu valorisé. Cela entraine un affaiblissement des liens sociaux. De plus les revenus sont bas les individus ont moins accès à la consommation et ils ont plus de difficultés à accéder aux demandes sociales. Les jeunes sont les plus touchés par la précarité et la flexibilité. La précarité affaiblit donc le collectif au sein des entreprises, elle est une des causes de la crise du syndicalisme.

La hausse du chômage et son allongement :

La société connait aujourd’hui une hausse du chômage en plus d’un noyau dur du chômage. Ceci est un facteur d’exclusion sociale.

Chômage = perte de statut social = baisse revenu = baisse consommation = risque de perte de logement, de demande sociale = risque d’exclusion sociale.

La montée de l’individualisme a augmenté l’importance de la place de l’épanouissement personnel dans la hiérarchie des valeurs, cela ne signifie pas pour autant que le travail ait disparu des valeurs. Par contre, l’individu a aujourd’hui plus tendance à donner de l’importance à l’épanouissement personnel qu’il trouve dans son travail qu’à l’utilité sociale de son emploi. Ainsi, plus la différence est grande entre le travail tel qu’il est vécu et la représentation qu’a l’individu d’un travail épanouissant, moins le travail jouera sa fonction d’intégration sociale (risque de déclassement professionnel et social)

2.1 la famille est-elle une instance d’intégration en crise ?

a) Depuis quelques temps la famille a connu quelques transformations :

– hausse familles monoparentales

– hausse de divorces (environ 1 mariage sur 3 finit par un divorce)

– hausse nombres de familles recomposées

– hausse union libre (pacs, concubinage)

– baisse natalité durant la fin du 20 eme siècle, puis reprise de la natalité à partir des années 2000

b) ces transformations remettent-elles en cause son rôle intégrateur ?

Au premier abord ces transformations récentes de la famille peuvent être interprétées comme une crise de l’intégration familiale dont découlerait une baisse du lien social car la structure sociale serait instable. De plus la hausse de la délinquance juvénile, de l’incivilité serait dû au fait que la famille n’assume plus son rôle socialisateur.

Cependant la famille joue un rôle important dans la socialisation primaire donc dans l’intégration sociale. De plus, l’apparition de nouvelles formes de famille permet et engendre de nouveaux types de liens. Enfin la hausse de l’espérance de vie permet de renforcer les liens intergénérationnels (grands-parents, arrière grands-parents).

En conclusion, la montée de l’individualisme fait que l’individu dans sa famille recherche plus son épanouissement personnel, ce qui rend les liens plus précaires. Mai cela correspond aussi à la démocratie, au refus de mettre sa vie sous la contraintes sociale, mais pas forcement un affaiblissement du lien social. La famille semble partager de plus en plus son rôle intégrateur avec les amis et le travail.