3.2) De la pauvreté à l’exclusion sociale.

a) Qu’est ce que la pauvreté ?

Chaque société défini ses critères de pauvreté, c’est donc une vision subjective. Selon Simmel, on est pauvre quand la société nous définit comme tel en nous offrant une assistance.

Comment mesurer la pauvreté ?

  • Il y a une mesure économique :

pauvreté relative : c’est lorsqu’une personne à un revenu inférieure à 60%du R médian, ce qui ne lui permet pas d’accéder à un mode de vie normal. C’est une vision subjective.

pauvreté absolue : c’est un critère de pauvreté extrême, mesuré par un panier de biens et services absolument nécessaire dont la composition varie selon l’évolution des prix et la structure du ménage.

  • Il existe une mesure par l’Indicateur de Difficulté des Conditions de Vie

Il prend en compte le symptôme de pauvreté caractérisé par la privation lié aux conditions de vie difficile. C’est une vision plus large de la pauvreté.

La pauvreté regroupe des situations diverses.

  • Diversité selon la durée :

pauvreté traditionnelle : pauvreté de longue durée parfois sur plusieurs générations. Les pauvres deviennent un groupe social à part entière avec des liens sociaux fort et une culture propre.

pauvreté transitoire : de courte durée, liée à un événement particulier d’un ménage ou d’un individu. Elle peut toucher n’importe qui (1/3 des ménages français se disent avoir été touchés un jour).

  • Diversité selon l’ampleur et les conséquences

Paugam montre 3 facteurs qui influent sur l’ampleur et les conséquences de la pauvreté :

– l’état du marché du travail

– l’état du lien social

– l’état du système de protection social

Il en déduit 3 formes de pauvreté :

pauvreté intégrée : société avec forte cohésion sociale mais faible développement économique.

pauvreté marginale : société avec fort développement économique et forte protection sociale, la pauvreté ne concernant qu’une part faible de la population d’autant plus stigmatisée.

pauvreté disqualifiante : lien social fragile et difficulté sur le marché du travail (nouvelle pauvreté) qui font que tout individu peut tomber dans la pauvreté et être exclus, de part le lien social faible

a) La pauvreté, un processus qui peut conduire à l’exclusion sociale.

Le lien social est un facteur important comme rempart à la pauvreté. Une bonne intégration sociale offre plus de chance d’éviter de tomber dans la pauvreté.

Le risque est plus important quand l’intégration sociale est fragilisée. Il existe trois facteurs essentielles : – la situation familiale à rupture familiale

– la situation professionnelle à perte d’emploi

– le niveau d’étude à fragilité financière

+ Âge, les jeunes étant plus souvent touchés.

La pauvreté est une des causes explicatives de l’exclusion sociale, ce n’est pas la seule.

L’exclusion est un processus qui se fait au fur et à mesure.

La pauvreté peut être un handicap qui conduit à l’exclusion sociale.

Il existe 2 analyses :

  • Paugam : processus de disqualification sociale :

3 phases :

à fragilité : événement qui conduit à sentiment de déclassement de l’individu qui peut créer des tensions, un repli sur soi,…

à dépendance : découragement, acceptation de l’aide sociale

à rupture : accumulation de handicaps, marginalisation, lien social rompu

  • Castel : processus de désaffiliation

3 zones possibles :

à zone d’intégration : stabilité dans l’emploi, bonne relation familiale ou sociale,…

à zone de vulnérabilité : précarité dans emploi ou dans les relations sociales

à zone de désaffiliation sociale : liens sociaux rompus, isolement social

Cependant, la pauvreté n’est pas toujours facteur d’exclusion sociale pour plusieurs raisons :

– Les pauvres peuvent former un groupe social à part entière avec une forte cohésion sociale et une culture propre.

– La pauvreté est d’abord économique, ce qui signifie que les autres liens sociaux sont toujours présents et peuvent même être renforcés.

– L’impact de la pauvreté sur l’individu dépend du regard de la société.

3.1) Echec de socialisation et exclusion sociale.

Le dysfonctionnement des instances de socialisation crée un affaiblissement du lien social dans les sociétés contemporaines.

a) Qu’est ce que l’anomie ?

Pour Durkheim, il y a anomie quand l’évolution de la société produit une perte de valeurs et de repères collectifs.

Cela entraine un dérèglement de la société car il y a moins de contrôle social et une hausse de l’individualisme.

Pour Durkheim, le disfonctionnement des sociétés contemporaines est lié au fait qu’elles produisent de l’anomie. Cette anomie qui est elle-même lié au disfonctionnement des instances de socialisation.

b) Déviance, délinquance.

Définitions :

Déviance : Transgression d’une norme sociale et/ou juridique.

Délinquance : Transgression d’une norme juridique sanctionnée.

Comportement déviant : Conduite non conforme aux normes et valeurs d’une société.

Stigmatisation : processus de désignation d’une personne comme déviante.

Un comportement déviant peut être :

– un signe d’opposition (mouvements punk par exemple)

– lié à une intégration sociale insuffisante due à une socialisation incomplète.

Un comportement différent est-il toujours déviant ?

La transgression d’une norme n’est pas toujours une déviance. Elle le devient quand le groupe sanctionne, d’où la stigmatisation.

De plus, la déviance étant l’instauration d’une norme majoritaire à une époque, elle peut évoluer selon les périodes, les groupes, la société,…

Ex : les femmes avec des pantalons était déviantes dans les années 40, elles ne le sont plus aujourd’hui.

Il existe un lien entre la déviance, la délinquance et l’exclusion sociale.

La délinquance peut se mesurer mais ces chiffres posent problème car : – tout le monde ne porte pas plainte (par exemple il y a de plus en plus de plainte pour viols et incestes car les victimes osent plus souvent porter plainte, il n’y en a pas plus qu’avant).

– ils dépendent du travail des policiers et des politiques des services de polices (accent mis sur sécurité routière par ex).

Aujourd’hui, il existe un autre organisme pour travailler sur les chiffres de la délinquance à L’OND (Observatoire National de la Délinquance), qui utilise les chiffres de la police et réalise des enquêtes de victimation.

Les violences graves sont rares et augmentent peu, tout comme les violences aux personnes.

Cependant, il y a une forte hausse des vols, car il y a plus de biens à voler.

Il existe 2 types d’explication à la délinquance :

– C’est le résultat du dysfonctionnement des instances de socialisation (Durkheim)

-C’est un processus d’interaction, càd l’expression d’une violence symbolique de la société par les délinquants (ex : le vol qui est une frustration devant des biens de consommation auxquels les délinquants n’ont pas accès).

Quelles solutions à la délinquance ?

– réponse pénal

– réponse préventive, sociale

Pour Merton, la décision des individus face à une société détermine leurs places.

Il existe 5 comportements possibles :

conformisme : l’individu accepte les buts valorisés de la société et y accède par les moyens valorisés par la société

innovation : l’individu accepte les buts valorisés de la société mais y accède par des moyens non valorisés

ritualisme : l’individu n’accepte pas les buts valorisés de la société mais suit tout de même les buts valorisés

retrait : l’individu est d’accord avec les buts valorisés mais ne peut pas y accéder

rébellion : l’individu n’accepte ni les buts ni les moyens valorisés par la société.

Ici, seul le conformisme n’est pas un comportement qui conduit à la déviance ou la délinquance.