3.2  Conflits et recherche d’une régulation de la mondialisation

3.2 Conflits et recherche d’une régulation de la mondialisation

Attention, ceci est l’ancien programme de Terminale. Il n’est plus en vigueur aujourd’hui, cependant certaines connaissances peuvent encore être utiles. N’hésitez pas à posez vos questions.

A) Mondialisation et difficultés de régulation

Du GATT à l’OMC

Lors de sa création en 1947, le GATT est un simple accord dans lequel les pays se mettent d’accord :

  • pour baisser progressivement les tarifs douaniers (chaque étape correspond à un « round » le dernier étant l’Uruguay Round de 86 à93) : ainsi, les tarifs douaniers ont été divisés par 10 en 50 ans.
  • pour s’entendre sur un code de bonne conduite qui prend la forme de
    • La clause de la nation la plus favorisée, l’interdiction de barrières non tarifaires et l’interdiction du dumping.
    • Presque tous les pays du monde ont finalement adhéré au GATT, mais celui-ci n’avait aucun pouvoir de coercition.

En 1995, le GATT devient l’OMC, qui a comme objectif de favoriser la prévisibilité et la liberté des échanges. Il s’occupe aussi de régler les conflits commerciaux entre les Etats. La nouveauté est qu’il possède un pouvoir de sanctions financières pour les pays ne respectant pas les règles de l’OMC. Un état peut aussi avoir recours devant l’OMC pour demander des sanctions pour un pays qui aurait par exemple accorder des subventions publiques à certains secteurs.

Le cycle actuel de négociations à l’OMC s’appelle le « cycle de Doha » : il n’a pas encore abouti car les négociations buttent sur les échanges de certains services et certaines productions agricoles (que les PDEM veulent protéger au nom de l’autarcie alimentaire et que les PED voudraient voir moins aidées pour avoir une chance de rentre dans la compétition internationale).

Devant cet échec des négociations multilatérales, les pays augmentent les accords bilatéraux (hors OMC) : aujourd’hui 40% des échanges commerciaux mondiaux sont régis par des accords bilatéraux.

Remarque : il existe un autre organisme qui s’occupe des échanges commerciaux à l’échelle internationale : c’est la CNUCED conférence des nations unies pour le commerce et le développement, qui promeut une vision moins libérale et plus orienter vers un développement durable et plus égalitaire pour les PED.

Le FMI et la banque mondiale

Le FMI et la banque mondiale jouent un rôle majeur dans la définition des principes régissant la distribution des aides financières.

Le FMI est crée en 1945 par les accords de Bretton Woods comme la banque mondiale. Il devient un organisme bancaire international participant à la création de moyens de paiement lors de crise financière internationale, en particulier auprès des PED. La banque mondiale est aussi un organisme prêteur, c’est la principale institution d’aide au développement, en particulier dans l’aide à la reconstruction et dans le fiancement de grands projets d’équipement.

Ces organismes internationaux ne prêtent que sur conditions, en particulier l’exigence de réformes politiques et économiques structurelles, en poussant à la libéralisation des marchés. Cela se traduit concrètement par des politiques d’austérité : réduction de l’intervention de l’Etat, baisse du nombre de fonctionnaires, réduction des services publics, privatisations, hausse des prix,…. D’autant plus douloureux que  cela se passe dans des pays déjà très pauvres. Dans certains pays, la banque mondiale a incité les pays à favoriser la production à l’exportation, ce qui a pu se traduire par un appauvrissement à cause de la dégradation des termes de l’échange mais aussi parce que cela s’est fait au détriment des cultures vivrières locales.

Ces politiques d’inspiration libérale, si elles ont permis à certains pays de se développer  ou de désendetter, n’ont pas permis aux plus pauvres de mieux rembourser leurs dettes, voire les ont davantage appauvris

B) Quelle régulation pour l’économie mondiale ?

A-t-on besoin des instances internationales pour réguler l’économie mondiale, et si oui, comment y représentés égalitairement tous les pays, comment éviter l’hégémonie américaine ou plus généralement  la domination des grandes puissances économiques, comment promouvoir un libre-échange qui se fasse aussi au bénéfice des plus pauvres, la vision libérale de l’échange internationale est-elle vraiment la mieux adaptée  et est-elle adaptée à tous les pays ?

Les grandes instances internationales ont poussé à la dérégulation des économies, laissant alors le soin au marché de réguler l’économie mondiale (responsabilité dans les crises actuelles ?)

Le problème n’est donc pas tant la mondialisation mais plutôt sa gouvernance, et aussi l’harmonisation des politiques internationales en matière de normes économiques, sociales, mais aussi environnementales (ex Kyoto)

Depuis les années 2000, on assiste à la formation d’une société civile mondiale qui tente d’opposer une autre vision de la mondialisation et de s’imposer comme des contre-pouvoirs (consommateurs : commerce équitable, associations : mouvement altermondialiste, ONG dans l’action humanitaire et la logistique sur des projets écologiques). Cette autre vision des échanges est relayé à l’échelle de certains états qui à la fois revendiquent plus de pouvoirs dans les instances internationales, mais aussi la possibilité de négocier d’autres règles plus favorables aux PED ou plus équitables.

3.1 Vers une uniformisation culturelle mondiale?

3.1 Vers une uniformisation culturelle mondiale?

a) la mondialisation de la culture

=>L’homogénéisation de la culture au niveau mondial passe par plusieurs vecteurs :

  • de la mondialisation économique va résulter une homogénéisation de la consommation de biens et services sous l’effet du développement des FMN.
  • Les FMN vont aussi jouer un rôle non négligeable dans l’homogénéisation des modes d’organisation du travail (système capitaliste, division du travail)
  • les médias (TV et internet) ont également joué un rôle majeur : par la multiplication des échanges d’information, elle a favorisé la diffusion mondiale de l’uniformisation des musiques, des pratiques vestimentaires, des valeurs,…
  • par le développement des valeurs universelles, notamment par rapport aux droits de l’homme, à la démocratie, mais aussi dans une moindre mesure le libéralisme économique, en particulier par le biais des grandes instances internationales.

=>Les rapports culturels ne sont pas des rapports égaux, le risque est que, avec  cette multiplication des échanges culturels, se répandent une façon de vivre très largement marquée par la culture des économies dominantes et en particulier de l’économie américaine, qui parce qu’elle dispose d’une puissance économique supérieure puisse promouvoir une offre (culturelle, de biens et services ) prédominante , en particulier au niveau des industries du divertissement (séries télé, films, musique) et de quelques majors de l’alimentation. Les FTN oligopolistiques participent massivement à cette mondialisation culturelle.

Conclusion : La domination culturelle résulte en grande partie de la domination économique.

 

b) le maintien des spécificités socio-culturelles

Les normes et valeurs de la culture américaine ne sont cependant pas les seules à se diffuser : on assiste plutôt à une généralisation des échanges culturels de toutes les cultures vers d’autres cultures, avec des succès qui ne sont pas toujours d’origine américaine (ex la pizza, le reggae, le Rai, les dessins animés et les mangas)

Il n’y a donc pas de disparition des diversités culturelles mais plutôt une acculturation : changement  résultant des contacts des contacts avec des cultures différentes. Cette acculturation existe depuis le début de l’humanité : chaque culture a toujours été en perpétuelle construction. Les apports des autres cultures sont réinterprétés à la lumière de la culture d’accueil (ex hamburger ou vaudou)

Les modes de réaction de la culture d’accueil peuvent d’ailleurs se faire sous la forme de différentes réactions : comme l’acceptation partielle ou totale, réintégration à des éléments de la culture d’accueil ou des réactions négatives (ex rejet total intégrisme );  en fait les influences entre culture donneuse et culture receveuse sont souvent réciproque : on parle alors d’interpénétration  ou d’entrecroisement des cultures.

 

Remarque : l’homogénéisation culturelle peut parfois entraîner des revendications de différenciations identitaires à l’intérieur des pays : par exemple, dans les sociétés occidentales qui s’uniformisent sur beaucoup de normes et de valeurs, certains groupes vont revendiquer leur différence : on parle de communautarisme.

 

Conclusion : s’il y a aujourd’hui tendance à la mondialisation, elle n’est pas synonyme d’uniformisation. Le poids des EU peut laisser craindre un affaiblissement des autres cultures. Dans cette lutte d’influence économique et culturelle, certaines cultures résistent mieux que d’autres, certaines cultures sont plus menacées que d’autres . Les mouvements altermondialistes participent à cette lutte contre une hégémonie culturelle “la culture n’est pas une marchandise”.

2.2 Les FMN modèlent  la DIT

2.2 Les FMN modèlent la DIT

Les FMN ont un poids de plus en plus important dans les échanges internationaux, les échanges intra-firmes représentent plus de 30% du commerce mondial en 2004, 9,1% du PIB mondial et 57,4% des emplois. Ainsi les FMN ont un impact sur la forme et la logique des échanges, la structure des échanges s’expliquent plus par leurs stratégies que par les choix et la volonté des Etats.

Ce poids prépondérant des stratégies des firmes multinationales entraîne une série de questions.

 

A) La question des délocalisations et leurs effets sur l’emploi

     

    A1. Qu’est-ce qu’une délocalisation ?

    C’est la fermeture d’une unité de production dans un pays pour en ouvrir une dans un autre pays. (C’est un déménagement d’unité de production via un investissement direct à l’étranger).

    Donc pour que l’on puisse parler de délocalisation au sens strict il faut que la fermeture d’une unité de production soit le résultat d’un transfert de production d’un pas à l’autre.

     

    A2. Pourquoi délocaliser ?

    C’est parce qu’elle cherche à améliorer leur compétitivité (prix et hors prix) que les firmes vont délocaliser leur production.

    Recherche d’une meilleure compétitivité

    • En produisant dans les Etats où le coût de la main d’œuvre est moins élevé
    • En rapprochant la production des matières premières
    • En se rapprochant des marchés pour mieux répondre à la demande des consommateurs,…

     

    A3. Les effets contrastés sur l’emploi pour les pays subissant les délocalisations

    A court terme : effets directs plutôt néfaste pour l’emploi :

    • sur le niveau de l’emploi car les délocalisations entraînent des destructions importantes d’emplois
    • sur la qualité de l’emploi car les FMN mettent en concurrence les pays ce qui conduit à des pressions à la baisse sur le coût du travail (réduction des prestations sociales, remise en cause des acquis sociaux, pression à la baisse sur les salaires,…)

     

    A plus long terme les délocalisations peuvent avoir des effets plus positifs sur l’emploi

    • Une délocalisation en rationalisant la production et en réduisant les coûts peut permettre de sauvegarder une partie des emplois qui auraient disparaître dans le cas contraire. (Sauvegarde d’une partie des activités)
    • Les délocalisations peuvent permettre de restructurer la production vers des activités plus favorables aux Etats (recherche et développement, design, marketing,…). (// Processus de destruction créatrice)
    • Les FMN relocalisent une partie de la production dans les PDEM (majorité des IDE vont dans les  PDEM) ce qui est créateur d’emplois qualifiés

     

    Pb : Il y a un problème d’inadéquation entre les emplois détruits qui libèrent de la main d’œuvre peu qualifiée et les emplois créés qui nécessitent de la main d’œuvre qualifiée.

     

    De plus il faut rappeler que l’implantation des FMN peut être une source de développement pour les PED.

     

    B) FMN et spécialisation des Etats

    Les stratégies des FMN expliquent de plus en plus la spécialisation des Etats, même si ces derniers jouent encore un rôle au travers des politiques mises en place pour attirer les FMN.

     

    Les critères de localisation des FMN dépendent de l’étape de la production :

    • En amont  (QG, Recherche développement,..) : les FMN sont influencées par l’environnement du pays (stabilité politique, pole de compétitivité,…)
    • Production : les FMN vont chercher des coûts salariaux bas. Mais ce n’est pas forcément pour tous les types de production. Par exemple le cycle de vie du produit peut aussi influencer la localisation. Ainsi lorsque les produits ont un cycle de vie court cela nécessite une forte adaptation de la main d’œuvre qui doit pouvoir s’adapter à une production évolution souvent. Il s(agit de main d’œuvre plus qualifiée ce qui peut expliquer que ce type de production ne se localise pas dans les pays à bas salaires.
    • Aval (logistique, bureau commerciaux, service après vente,…) : les FMN vont être influencées par la taille du marché de la zone d’accueil.

     

    Ainsi les logique de localisation sont multiples et répondent à différents objectifs :

    • Une volonté de baisse des coûts de production (recherche de compétitivité prix) : Localisation nord/sud
    • Une volonté de rapprochement des marchés locaux (recherche de compétitivité hors prix) Localisation Nord/Nord

    Les phénomènes de délocalisations liés aux stratégies des FMN ne sont pas forcément liés à la concurrence des pays qui ont des coûts du travail plus faibles.

    Mais dans tous les cas ces stratégies de localisations conduisent à une mise en concurrence des pays qui cherchent à attirer les IDE cela conduit :

    • Au dumping salarial et fiscal (ex Irlande qui mène une politique d’exonération fiscale pour attirer les entreprises informatiques)
    • Politique de développement de pôles de compétitivité pour permettre aux FMN de bénéficier d’économie d’échelle externe
    • Politique d’amélioration des qualifications de la main d’œuvre
    • Aide à la recherche

     

    C) FMN et autonomie des Etats

      Le poids grandissant des FMN leur donnent un pouvoir important qui peut remettre en cause l’autonomie des Etats. (Le chiffre d’affaire de certaines FMN peut être plus important que le PIB des Etats).

       

      C1. Le poids des FMN réduit les marges de manœuvre des Etats

      Etant donnée la concurrence des Etats pour attirer les FMN, les politiques sont contraintes par les stratégies, les intérêts des FMN. Les politiques de l’emploi et les politiques sociales sont particulièrement touchées (modification de la législation du travail, évolution de la protection sociale,…)

       

      C2. Les FMN ont un pouvoir de décisions

      Au travers des groupes de pression les FMN prennent part aux décisions

      La construction de l’union européenne et son évolution a été largement influencée par les FMN.

      Les FMN deviennent  des collaborateurs dans la mise en place des règles internationales.

       

      Crédits photos d’illustration :carte issue de la version en

      ligne d’un article d’alternatives économiques, 2001.

      2.1 Le développement des FMN

      2.1 Le développement des FMN

      Attention, ceci est l’ancien programme de Terminale. Il n’est plus en vigueur aujourd’hui, cependant certaines connaissances peuvent encore être utiles. N’hésitez pas à posez vos questions.

      A) Mondialisation et difficultés de régulation

      Les firmes multinationales, que l’on appelle aussi les FTN sont des acteurs essentiels de la mondialisation.

      Les FTN sont des entreprises industrielles, commerciales ou financières, dont les produits sont vendus et surtout fabriqués dans plusieurs pays, selon la DIPP (division internationale du processus de production, c’est-à-dire production divisée entre les pays en fonction des avantages de chaque pays.) C’est l’exemple de Nike dans le dossier.

      A partir des 60s, les FTN se développent : à partir des 90s, il y a beaucoup moins de création de filières et de transplantation d’usines, mais plus souvent des opérations de fusion acquisition par lesquelles prend le contrôle d’une autre par acquisition de tout ou d’une partie de son capital (croissance extensive) ; permises par la libéralisation des marchés financiers qui facilitent les OPA et OPE. (voir tableau de dossier)

      Rappel : la mondialisation c’est l’échange de biens et services, mais aussi la circulation de capitaux : c’est eux qui ont le plus augmenté ces dernières années : on distingue les IDE= acquisition d’au moins 10% des actions ou des droits de vote dans l’entreprise ; des investissements de portefeuille, placement spéculatifs sur le marché des capitaux. (voir TD)

      Les pays industrialisés émettent + de 90% des IDE et en reçoivent 70%.

      Les échanges intra firmes représentent aujourd’hui 30% des échanges marchands (c’est-à-dire entre filiale et maison mère) ; les échanges avec au moins une FMN représentent 90% des échanges= la concurrence au niveau international est de plus en plus oligopolistique.

      Les stratégies des FMN sont soumises à 2 types de contraintes :

      1. Une exigence de rentabilité par rapport aux actionnaires et
      2. une exigence de compétitivité prix ou hors prix pour faire face à la concurrence.

      La compétitivité, c’est la capacité à résister à la concurrence, on peut la mesurer par les gains de parts de marché (entreprise, industrie ou pays).

      En fonction du produit et du marché, l’entreprise peut choisir une stratégie centrée sur

      • la compétitivité prix : capacité à résister à la concurrence par les prix, suppose uneaction sur les coûts de production, par exemple un délocalisation de la production ou un investissement à l’étranger où les coûts de production sont les plus bas.
      • la compétitivité hors prix ou structurelle : c’est une stratégie qui peut viser la différenciation de produits ou une action sur l’image de marque ou le service après-vente. Cette stratégie impose d’importantes en recherche-développement pour trouver des produits innovants.

       

      Credits photos : Image d’illustration tirée du court métrage “Logorama : le monde des marques”

      1.3 La division internationale du travail (DIT) laisse subsister des inégalités de   développement

      1.3 La division internationale du travail (DIT) laisse subsister des inégalités de développement

      La spécialisation prônée par les théories libérales du commerce international conduit à la spécialisation des Etats, ce qui entraîne une division du travail au niveau international ; Qui produit ? quoi ?

      La question qui se pose alors est de savoir si cette spécialisation est favorable aux Etats qui participent  aux échanges internationaux.

      DIT : Expression de la spécialisation des différents pays qui participent aux échanges internationaux.

      A) De l’ancienne à la nouvelle DIT

      La DIT évolue avec les transformations de l’économie des pays et avec le développement des échanges internationaux.

      On distingue traditionnellement deux périodes différenciant deux DIT :

      1 ) L’ancienne DIT : 1950-1970

      • PED (pays en développement) : spécialisation dans les produits de base, les produits bruts
      • PD (pays développés) : spécialisation dans les produits manufacturés
       Rem arque : Jusque là on peut relativiser l’existence d’une réelle DIT car les pays développés représentent une énorme majorité des échanges internationaux (plus de 70%)

      2 )La nouvelle DIT : après 1970

      L’époque est marquée par la montée en puissance des 4 dragons du sud est qui développent leur industrie (d’abord celles nécessitant beaucoup de main d’œuvre puis les autres, technique de remontée de filière). Cela entraîne une forte concurrence avec les pas développés qui doivent restructurer leur production vers des productions à haute intensité capitalistique.

      Il en résulte une nouvelle DIT :

      • PED : Produits à faible Valeur ajoutée qui nécessite beaucoup de main d’œuvre
      • PD : Produits à forte valeur ajoutée qui nécessite des hautes technologies (la recherche et l’innovation leur permet de garder des avantages comparatifs dans ces domaines)

      Remarque :

      • Les PED se dirigent de plus en plus vers des industries au contenu technologique plus élevé (ex : électronique) et remettent en cause l’hégémonie des pays développés.
      • Avec le développement des échanges intra-branche et le boom des firmes multinationales dont les stratégies dépassent la logique des frontières, la lecture du commerce international au travers de la division internationale devient moins pertinente au moins pour ce type d’échanges.

       

      B) Une insertion inégale dans la DIT

      ->Il ne suffit pas d’analyser la balance des paiements, il faut aussi analyser les termes de l’échange, et surtout l’évolution des termes de l’échange.

      Rappel :

      (évolution) les termes de l’échange= (indice du) prix des exportations/ (indice du prix) des importations.

      On peut accroître son excédent commercial en vendant les mêmes quantités de produits à l’étranger si le prix relatif à augmenter (ex pétrole, minerai, céréales) A l’inverse, on peut échanger toujours les mêmes quantités mais avec les prix des produits exportés qui diminuent ou qui augmentent moins vite que le prix des biens importés : il y a alors dégradation des termes de l’échange.

      C’est la situation qu’a connu et que connaît encore certains PED qui exportent des matières premières, notamment alimentaires.

       

      Entre 1948 et 2005 l’insertion dans le commerce international n’a pas été égalitaire, on peut mettre en évidence des perdants et des gagnants. Ainsi il semblerait que l’insertion dans le commerce international ne mettent pas fin aux inégalités, et qu’au contraire elle tend à les accentuer.

      En effet certains pays en particulier les pays d’Asie ont vu leur croissance économique exploser grâce au développement de leurs échanges internationaux (l’Asie représentait 14% des exportations en 1948 elle en  représente 27,4% aujourd’hui). A l’inverse les pays d’Afrique ont vu leur situation se dégrader (leur part dans les exportations est passé de 7,3% à 2,9%).

      On peut mettre en évidence le fait que les pays gagnants, les pays les plus dynamiques sont ceux spécialisés dans les produits dont la demande mondiale progresse le plus rapidement (pays d’Asie). Alors que la spécialisation d’autres pays du sud n’est pas pertinente au regard de l’évolution de la demande mondiale (Afrique et Amérique latine) d’autant plus que les termes de l’échange sont bien souvent désavantageux pour ce type de produits.

      En dehors de la spécialisation on peut mettre en évidence d’autres facteurs dans la qualité de l’insertion dans la DIT :

      – les politiques de l’Etat : dans les NPI les Etat ont mené des politiques actives de promotion des exportations, de développement d’infrastructures…

       

      1.2 L’ouverture internationale, source de croissance ?

      1.2 L’ouverture internationale, source de croissance ?

      a ) Les analyses libérales du commerce international

      Les théories du commerce international se sont développées au départ en réaction aux économistes mercantilistes du XVIIe siècle qui prônaient le protectionnisme (le stock d’or d’un pays étant sa source de richesse il faut éviter de le faire quitter le pays par le biais des importations). Il s’agit alors de montrer que les pays des intérêts réciproques à échanger avec les autres pays.

       

      A1/ A. Smith (1723-1790) et les avantages absolus

      Adam Smith

      Adam Smith

      1776 : « Recherche sur la nature et las causes de la richesse des nations »

      Il va appliquer sa logique générale de la main invisible au niveau international en montrant que les pays ont intérêt à spécialiser leur production et à échanger avec les autres pays (division du travail mais au niveau international).

      Les pays n’ont pas que des intérêts économiques à échanger, le commerce international permet de :

      • pacifier les rapports internationaux
      • favoriser la croissance des pays

      Logique de Smith : Les pays doivent se spécialiser dans la production des produits pour lesquels ils ont un avantage absolu par rapport aux autres pays. Un pays a un avantage absolu lorsque ses coûts de production sont plus faibles que ceux des autres pays grâce à une productivité du travail plus élevée. En se spécialisant ainsi, les pays disposent des produits au prix le plus bas. C’est pour cela qu’il est contre le protectionnisme, il faut libérer les échanges pour pouvoir obtenir les produits au meilleur prix (pas de droits de douanes).

       

      A2/ D. Ricardo (1772-1823) et les avantages comparatifs (ou relatifs)

      David Ricardo

      David Ricardo

      Ricardo va approfondir la logique de Smith en montrant que les pays ont intérêt à se spécialiser même s’ils n’ont pas d’avantages absolus. Pour lui il ne faut pas comparer les coûts absolus mais les coûts relatifs. Les pays ont intérêt à se spécialiser dans les produits pour lesquels ils sont relativement les plus efficaces ou les moins inefficaces. Ainsi même si de manière absolus ont est moins efficace on a quand même intérêt à se spécialiser.

      Doc 1 :Illustration (G. Mankiw) : Comparaison entre M. Jordan et Mr X..

      Il est très probable que M. Jordan soit à la fois plus efficace pour jouer au basket et pour tondre sa pelouse que Mr. X. (productivité plus grande, donc coût de production plus faible). Donc il a des avantages absolus pour les deux activités. Mais cela ne veut pas dire qu’il a intérêt à se spécialiser dans les deux activités et que l’autre n’a pas intérêt à se spécialiser dans une des deux activités. En effet le différentiel d’efficacité entre M. Jordan et Mr X. et sûrement plus important pour le basket que pour tondre la pelouse. Donc M. Jordan a intérêt à se concentrer sur le basket et à faire faire tondre sa pelouse par Mr. X qui pourra alors se spécialiser dans cette activité.

      Dans cette logique il faut se spécialiser pour les activités de production pour lesquelles ont est relativement les meilleurs ou les moins mauvais et ainsi tous les pays ont intérêt à échanger.

       

      A.3/ Le modèle HOS (Heckser-Ohlin-Samuelson)

      Paul Samuelson

      Paul Samuelson

      C’est une reformulation de la théorie de Ricardo, le modèle permet d’expliquer d’où viennent les avantages comparatifs.

      Ce modèle explique la spécialisation par les différences relatives d’abondance de facteurs de production qui vont influer sur les coûts de production relatifs.

      Les prix des produits qui nécessitent l’utilisation intensive d’un facteur de production abondant sont relativement moins élevés que les prix des produits qui nécessitent l’utilisation intensive d’un facteur de production rare.

      Donc les pays ont intérêt à se spécialiser dans la production des produits qui nécessitent relativement plus du facteur de production abondant (travail ou capital).

       

      Critique : le paradoxe de Léontiev

       

      Wassily_Leontief

      Wassily Leontief

      Léontiev va chercher à vérifier empiriquement le modèle HOS en s’appuyant sur les échanges des Etats-Unis.

      Il part du principe que le facteur le plus abondant aux Etats-Unis est le capital, sa spécialisation devrait donc aller vers des productions nécessitant relativement plus de capital. Or il montre que ce n’est pas le cas et que les Etats-Unis sont spécialiser relativement plus de travail.

      Explication : Il faut affiner la mesure du facteur abondant. En effet à intensité capitalistique identique, la productivité du travail est plus importante aux Etats-Unis, c’est donc bien le travail son facteur de production abondant.

       

      A.4 / Les nouvelles théories du commerce international

      Base : constat selon lequel le développement des échanges concerne particulièrement les échanges intra branches que jusque là les théories n’expliquent pas.

      Pourquoi ? Parce qu’elles raisonnent dans le cadre de la concurrence pure et parfaite et de rendements décroissants.

      Les nouvelles théories du commerce international vont raisonner dans le cadre de la concurrence imparfaite en prenant en compte en compte l’impact des économies d’échelle et des stratégies de différenciation des entreprises dans des marchés de plus en plus oligopolistiques.

      Remarque : ces théories raisonnent moins en termes d’intérêts des Etats mais plutôt en s’appuyant sur les intérêts des entreprises (on change de niveau d’analyse)

      On peut expliquer par deux facteurs le développement des échanges intra branche :

      1. Dans le cadre des rendements croissants les entreprises ont intérêt à étendre leurs marchés pour faire des économies d’échelle : en augmentant leur niveau de production elles réduisent leurs coûts unitaires de production. Donc elles ont intérêt à vendre à l’étranger pour augmenter leur échelle de production et ainsi faire des économies d’échelle. P. Krugman
      2. Les stratégies de différenciation des produits limitent la concurrence entre les firmes et les consommateurs font leur choix non plus en fonction du prix mais d’autres caractéristiques des produits, ce qui explique que dans une même branche on puisse avoir à la fois des produits nationaux et internationaux. (ex : secteur automobile) E. H Chamberlin
      Edward Hastings Chamberlin

      Edward Hastings Chamberlin

      paul_krugman

      Paul Krugman

       

       

      b) Les vertus contrastées du libre-échange

       

      B1/ La théorie libérale affirme que le libre échange est une condition de l’efficacité optimale de l’économie

      8 arguments en faveur du libre échange :

      1. Il permet d’exporter et d’importer des produits au meilleur prix, ce qui est favorable à une hausse du niveau de vie (produit moins cher) et donc à la croissance
      2. La spécialisation dans des secteurs où l’on possède des avantages comparatifs  permet d’utiliser de façon la plus efficace les facteurs de production disponibles dans le pays (gains de productivité)
      3. L’élargissement des marché que permet le libre échange permet de bénéficier d’économies d’échelle favorables à la baisse des prix et donc à une hausse de la demande
      4. L’échange international permet d’accroître la diversité des produits offerts (incitation à la consommation)
      5. Il permet d’éviter les risques de pénuries (matières énergétiques notamment)
      6. Il favorise la concurrence ce qui pousse à une amélioration de la compétitivité prix et hors prix
      7. Il permet de bénéficier de technologies étrangères indisponible dans le pays
      8. Il permet de favoriser l’accueil d’IDE qui peuvent favoriser la croissance et le développement du pays (transformation technologiques, formation de la population locale)

       

      B2/ Critiques des analyses libérales traditionnelles

      • L’échange international est inégal car toutes les spécialisations ne se valent pas (elles ne permettent pas toutes de dégager autant de VA) // Problématique des termes de l’échange
      • La spécialisation internationale peut conduire à la dépendance dans l’approvisionnement (ex : mat. Premières) ou dans les débouchés (café, banane,…). Cette dépendance peut fragiliser les pays qui y sont soumis.
      • Le choix des spécialisations appartient aux FMN qui échappent à la logique de l’intérêt particulier de chaque pays (//difficulté de contrôle par les Etats et les organisations supranationales)

      C / Arguments en faveur du protectionnisme

      Il est intéressant de voie qu’historiquement les périodes de libre échange sont minoritaires dans l’histoire des relations internationales.

      Quatre périodes peuvent être distinguées entre 1815 et 1913 :

      1. 1815-1846 : extension progressive du libre-échange au Royaume Uni (l’agriculture reste protégée par le vote de la « corn law » en 1815, mais en 1842, les droits de douane sur les produits manufacturés sont fortement réduits), protectionnisme dans le reste du monde.
      2. 1846-1860 : Libre-échangisme du Royaume Uni (abolition de la « corn law » en 1846, démantèlement des barrières douanières en 1860), protectionnisme du reste du monde.
      3. 1860-1880 : extension du libre échange entre les économies européennes (Traité de commerce franco-anglais en 1860), protectionnisme renforcé aux Etats-Unis suite à la Guerre de Sécession.
      4. 1880-1913 : retour et renforcement du protectionnisme en Europe Continentale (Loi Méline en France en 1892), libre-échange du Royaume Uni, et renforcement du protectionnisme aux Etats-Unis (taux moyen des droits de douane est porté à 57% en 1897).

       

      Au final, durant le XIXème siècle, le protectionnisme est davantage la règle que le libre-échange.

      Ainsi, à la fin du XIXème siècle, la croissance des échanges internationaux s’explique en partie par l’abaissement du coût du transport maritime (diffusion de la machine à vapeur).

       

      Protectionnisme : il désigne l’ensemble des mesures de politiques commerciales qui visent à empêcher ou à limiter la circulation des produits entre les nations. Il peut être explicite (droits de douanes, quotas) ou déguisé (autres discriminations non tarifaires).

       

      Droits de douane : taxes prélevées sur les importations. On distingue les DD ad valorem qui sont fixés en proportion de la valeur de la marchandise et les DD spécifiques qui correspondent à un montant unitaire fixe.

       

      Discriminations non tarifaires : obstacles aux importations qui ne sont pas des DD (quotas, normes sanitaires, etc.).

       

      Le protectionnisme éducateur

       

      Friedrich_List

      Friedrich List

      L’économiste allemand F. List participe en 1819 à la création  d’une association de négociants et de fabricants qui lance une pétition visant à la suppression des barrières douanières entre les Etats allemands. Cette campagne contribuera à la mise en place du Zollverein en 1834. Après un séjour aux Etats-Unis, où il observe et analyse le système protectionniste, List publie en 1841 son ouvrage Système national d’économie politique. Contre les thèses de l’école libérale anglaise, List met en évidence le fait que la concurrence ne peut être bénéfique qu’entre nations ayant un niveau de développement comparable. Il dénonce le comportement des britanniques qui, industrialisés plus précocement, plaident pour un libre échange qui pérenniserait leur domination. List se prononce pour la « protection des industries naissantes ». Au moment  où elles  apparaissent,  les “industries dans l’enfance” ne peuvent lutter à armes égales avec celles de pays à industrialisation plus avancée (qui réalisent des économies d’échelle). La libre compétition entre pays inégaux risque de  bloquer le développement du plus faible. Il importe donc de mettre les  “industries naissantes”  provisoirement à l’abri de la concurrence étrangère,  le temps nécessaire  pour  qu’elles acquièrent, grâce aux  économies d’échelle, la compétitivité indispensable à leur survie.

       

      Dans ce cadre, la protection, dont il affirme, la nécessité doit être:

      – limitée : des industries jeunes, trop abritées de la concurrence étrangère pourraient ne pas faire l’effort de productivité nécessaire.

      – provisoire: il ne faut pas créer des productions artificielles mais celles qui peuvent, une fois assurées, soutenir la concurrence.

       

      Ces mesures de protection sont justifiées par les obstacles, eux-mêmes provisoires que rencontre une industrie naissante:

      – l’inexistence d’une main-d’œuvre qualifiée qui se formera en même temps que l’industrie;

      – les habitudes prises par le consommateur qui n’abandonnera qu’à la longue le produit importé pour son analogue ou son substitut national;

      – l’insuffisance d'”économies internes” dans les productions à coût décroissant, aussi longtemps que les séries produites sont restreintes;

      – l’insuffisance aussi d'”économies externes”: une firme isolée, une industrie isolée dans une économie peu développée supportent un handicap. Il faudrait donc protéger aussi longtemps qu’une certaine dimension et une certaine diversité n’ont pas été atteintes.

       

      Protection des industries vieillissantes : M. Allais

       

      Maurice-Allais

      Maurice Allais

      Il faut protéger les industries vieillissantes pour leur permettre de se restructurer au se reconvertir ce qui n’est pas possible dans le cadre de la concurrence internationale. Cela est nécessaire pour éviter que ces industries disparaissent sans qu’il y ait de solutions pour les emplois ainsi détruits.

       

       

       

       

      J.M. Jeanneney : pour un nouveau protectionnisme

       

      Jean-Marcel Jeanneney

      Jean-Marcel Jeanneney

      Contexte de l’économie française à la fin des années 1970 :

      • stagflation
      • montée du chômage
      • hausse de la « contrainte extérieure » : l’ouverture internationale accroît la concurrence pour les entreprises domestiques (hausse des importations)
      • Faiblesse de la compétitivité des entreprises françaises

       

       

      Thèse défendue par J. M Jeanneney :

      • le système productif français doit nécessairement se reconvertir ;
      • le processus sera consommateur de temps ;
      • il faut protéger les entreprises le temps d’opérer la reconversion ;
      • pour des raisons d’ouverture, la politique de protection ne peut être nationale mais de « zone » (européenne) ;
      • pour des raisons de légitimité politique, la politique de protection doit être officielle (refus du protectionnisme déguisé : valorisation d’un système de taxes).

      -> Reprise de la thèse de List (qui s’est traduite par la mise en place du Zollverein en Allemagne à la fin du XIXème siècle) : protectionnisme temporaire et de zone.

       

      Politique commerciale stratégique

      Il ne s’agit pas exactement de protectionnisme mais de politiques des Etats visant à construire leurs avantages comparatifs en stimulant la compétitivité de certains secteurs jugés stratégiques (agriculture, aéronautique,…). Il peut s’agir de financement de la recherche, de politique de restructuration industrielle, de soutien à l’investissement, de politique favorisant la qualification de la main d’œuvre dans les secteurs stratégiques, de subventions,…

       

      Conclusion :  dossier 2 p.243

       

      Remarques : Les dangers du protectionnisme

      • Frein à la concurrence
      • Hausse des prix
      • Source de guerre commerciale
      • Réduction de la différenciation des produits
      • Frein à la recherche de compétitivité
      • Maintien des secteurs peu compétitifs au détriment d’autres secteurs