1.3 La division internationale du travail (DIT) laisse subsister des inégalités de   développement

1.3 La division internationale du travail (DIT) laisse subsister des inégalités de développement

La spécialisation prônée par les théories libérales du commerce international conduit à la spécialisation des Etats, ce qui entraîne une division du travail au niveau international ; Qui produit ? quoi ?

La question qui se pose alors est de savoir si cette spécialisation est favorable aux Etats qui participent  aux échanges internationaux.

DIT : Expression de la spécialisation des différents pays qui participent aux échanges internationaux.

A) De l’ancienne à la nouvelle DIT

La DIT évolue avec les transformations de l’économie des pays et avec le développement des échanges internationaux.

On distingue traditionnellement deux périodes différenciant deux DIT :

1 ) L’ancienne DIT : 1950-1970

  • PED (pays en développement) : spécialisation dans les produits de base, les produits bruts
  • PD (pays développés) : spécialisation dans les produits manufacturés
 Rem arque : Jusque là on peut relativiser l’existence d’une réelle DIT car les pays développés représentent une énorme majorité des échanges internationaux (plus de 70%)

2 )La nouvelle DIT : après 1970

L’époque est marquée par la montée en puissance des 4 dragons du sud est qui développent leur industrie (d’abord celles nécessitant beaucoup de main d’œuvre puis les autres, technique de remontée de filière). Cela entraîne une forte concurrence avec les pas développés qui doivent restructurer leur production vers des productions à haute intensité capitalistique.

Il en résulte une nouvelle DIT :

  • PED : Produits à faible Valeur ajoutée qui nécessite beaucoup de main d’œuvre
  • PD : Produits à forte valeur ajoutée qui nécessite des hautes technologies (la recherche et l’innovation leur permet de garder des avantages comparatifs dans ces domaines)

Remarque :

  • Les PED se dirigent de plus en plus vers des industries au contenu technologique plus élevé (ex : électronique) et remettent en cause l’hégémonie des pays développés.
  • Avec le développement des échanges intra-branche et le boom des firmes multinationales dont les stratégies dépassent la logique des frontières, la lecture du commerce international au travers de la division internationale devient moins pertinente au moins pour ce type d’échanges.

 

B) Une insertion inégale dans la DIT

->Il ne suffit pas d’analyser la balance des paiements, il faut aussi analyser les termes de l’échange, et surtout l’évolution des termes de l’échange.

Rappel :

(évolution) les termes de l’échange= (indice du) prix des exportations/ (indice du prix) des importations.

On peut accroître son excédent commercial en vendant les mêmes quantités de produits à l’étranger si le prix relatif à augmenter (ex pétrole, minerai, céréales) A l’inverse, on peut échanger toujours les mêmes quantités mais avec les prix des produits exportés qui diminuent ou qui augmentent moins vite que le prix des biens importés : il y a alors dégradation des termes de l’échange.

C’est la situation qu’a connu et que connaît encore certains PED qui exportent des matières premières, notamment alimentaires.

 

Entre 1948 et 2005 l’insertion dans le commerce international n’a pas été égalitaire, on peut mettre en évidence des perdants et des gagnants. Ainsi il semblerait que l’insertion dans le commerce international ne mettent pas fin aux inégalités, et qu’au contraire elle tend à les accentuer.

En effet certains pays en particulier les pays d’Asie ont vu leur croissance économique exploser grâce au développement de leurs échanges internationaux (l’Asie représentait 14% des exportations en 1948 elle en  représente 27,4% aujourd’hui). A l’inverse les pays d’Afrique ont vu leur situation se dégrader (leur part dans les exportations est passé de 7,3% à 2,9%).

On peut mettre en évidence le fait que les pays gagnants, les pays les plus dynamiques sont ceux spécialisés dans les produits dont la demande mondiale progresse le plus rapidement (pays d’Asie). Alors que la spécialisation d’autres pays du sud n’est pas pertinente au regard de l’évolution de la demande mondiale (Afrique et Amérique latine) d’autant plus que les termes de l’échange sont bien souvent désavantageux pour ce type de produits.

En dehors de la spécialisation on peut mettre en évidence d’autres facteurs dans la qualité de l’insertion dans la DIT :

– les politiques de l’Etat : dans les NPI les Etat ont mené des politiques actives de promotion des exportations, de développement d’infrastructures…

 

1.2 L’ouverture internationale, source de croissance ?

1.2 L’ouverture internationale, source de croissance ?

a ) Les analyses libérales du commerce international

Les théories du commerce international se sont développées au départ en réaction aux économistes mercantilistes du XVIIe siècle qui prônaient le protectionnisme (le stock d’or d’un pays étant sa source de richesse il faut éviter de le faire quitter le pays par le biais des importations). Il s’agit alors de montrer que les pays des intérêts réciproques à échanger avec les autres pays.

 

A1/ A. Smith (1723-1790) et les avantages absolus

Adam Smith

Adam Smith

1776 : « Recherche sur la nature et las causes de la richesse des nations »

Il va appliquer sa logique générale de la main invisible au niveau international en montrant que les pays ont intérêt à spécialiser leur production et à échanger avec les autres pays (division du travail mais au niveau international).

Les pays n’ont pas que des intérêts économiques à échanger, le commerce international permet de :

  • pacifier les rapports internationaux
  • favoriser la croissance des pays

Logique de Smith : Les pays doivent se spécialiser dans la production des produits pour lesquels ils ont un avantage absolu par rapport aux autres pays. Un pays a un avantage absolu lorsque ses coûts de production sont plus faibles que ceux des autres pays grâce à une productivité du travail plus élevée. En se spécialisant ainsi, les pays disposent des produits au prix le plus bas. C’est pour cela qu’il est contre le protectionnisme, il faut libérer les échanges pour pouvoir obtenir les produits au meilleur prix (pas de droits de douanes).

 

A2/ D. Ricardo (1772-1823) et les avantages comparatifs (ou relatifs)

David Ricardo

David Ricardo

Ricardo va approfondir la logique de Smith en montrant que les pays ont intérêt à se spécialiser même s’ils n’ont pas d’avantages absolus. Pour lui il ne faut pas comparer les coûts absolus mais les coûts relatifs. Les pays ont intérêt à se spécialiser dans les produits pour lesquels ils sont relativement les plus efficaces ou les moins inefficaces. Ainsi même si de manière absolus ont est moins efficace on a quand même intérêt à se spécialiser.

Doc 1 :Illustration (G. Mankiw) : Comparaison entre M. Jordan et Mr X..

Il est très probable que M. Jordan soit à la fois plus efficace pour jouer au basket et pour tondre sa pelouse que Mr. X. (productivité plus grande, donc coût de production plus faible). Donc il a des avantages absolus pour les deux activités. Mais cela ne veut pas dire qu’il a intérêt à se spécialiser dans les deux activités et que l’autre n’a pas intérêt à se spécialiser dans une des deux activités. En effet le différentiel d’efficacité entre M. Jordan et Mr X. et sûrement plus important pour le basket que pour tondre la pelouse. Donc M. Jordan a intérêt à se concentrer sur le basket et à faire faire tondre sa pelouse par Mr. X qui pourra alors se spécialiser dans cette activité.

Dans cette logique il faut se spécialiser pour les activités de production pour lesquelles ont est relativement les meilleurs ou les moins mauvais et ainsi tous les pays ont intérêt à échanger.

 

A.3/ Le modèle HOS (Heckser-Ohlin-Samuelson)

Paul Samuelson

Paul Samuelson

C’est une reformulation de la théorie de Ricardo, le modèle permet d’expliquer d’où viennent les avantages comparatifs.

Ce modèle explique la spécialisation par les différences relatives d’abondance de facteurs de production qui vont influer sur les coûts de production relatifs.

Les prix des produits qui nécessitent l’utilisation intensive d’un facteur de production abondant sont relativement moins élevés que les prix des produits qui nécessitent l’utilisation intensive d’un facteur de production rare.

Donc les pays ont intérêt à se spécialiser dans la production des produits qui nécessitent relativement plus du facteur de production abondant (travail ou capital).

 

Critique : le paradoxe de Léontiev

 

Wassily_Leontief

Wassily Leontief

Léontiev va chercher à vérifier empiriquement le modèle HOS en s’appuyant sur les échanges des Etats-Unis.

Il part du principe que le facteur le plus abondant aux Etats-Unis est le capital, sa spécialisation devrait donc aller vers des productions nécessitant relativement plus de capital. Or il montre que ce n’est pas le cas et que les Etats-Unis sont spécialiser relativement plus de travail.

Explication : Il faut affiner la mesure du facteur abondant. En effet à intensité capitalistique identique, la productivité du travail est plus importante aux Etats-Unis, c’est donc bien le travail son facteur de production abondant.

 

A.4 / Les nouvelles théories du commerce international

Base : constat selon lequel le développement des échanges concerne particulièrement les échanges intra branches que jusque là les théories n’expliquent pas.

Pourquoi ? Parce qu’elles raisonnent dans le cadre de la concurrence pure et parfaite et de rendements décroissants.

Les nouvelles théories du commerce international vont raisonner dans le cadre de la concurrence imparfaite en prenant en compte en compte l’impact des économies d’échelle et des stratégies de différenciation des entreprises dans des marchés de plus en plus oligopolistiques.

Remarque : ces théories raisonnent moins en termes d’intérêts des Etats mais plutôt en s’appuyant sur les intérêts des entreprises (on change de niveau d’analyse)

On peut expliquer par deux facteurs le développement des échanges intra branche :

  1. Dans le cadre des rendements croissants les entreprises ont intérêt à étendre leurs marchés pour faire des économies d’échelle : en augmentant leur niveau de production elles réduisent leurs coûts unitaires de production. Donc elles ont intérêt à vendre à l’étranger pour augmenter leur échelle de production et ainsi faire des économies d’échelle. P. Krugman
  2. Les stratégies de différenciation des produits limitent la concurrence entre les firmes et les consommateurs font leur choix non plus en fonction du prix mais d’autres caractéristiques des produits, ce qui explique que dans une même branche on puisse avoir à la fois des produits nationaux et internationaux. (ex : secteur automobile) E. H Chamberlin
Edward Hastings Chamberlin

Edward Hastings Chamberlin

paul_krugman

Paul Krugman

 

 

b) Les vertus contrastées du libre-échange

 

B1/ La théorie libérale affirme que le libre échange est une condition de l’efficacité optimale de l’économie

8 arguments en faveur du libre échange :

  1. Il permet d’exporter et d’importer des produits au meilleur prix, ce qui est favorable à une hausse du niveau de vie (produit moins cher) et donc à la croissance
  2. La spécialisation dans des secteurs où l’on possède des avantages comparatifs  permet d’utiliser de façon la plus efficace les facteurs de production disponibles dans le pays (gains de productivité)
  3. L’élargissement des marché que permet le libre échange permet de bénéficier d’économies d’échelle favorables à la baisse des prix et donc à une hausse de la demande
  4. L’échange international permet d’accroître la diversité des produits offerts (incitation à la consommation)
  5. Il permet d’éviter les risques de pénuries (matières énergétiques notamment)
  6. Il favorise la concurrence ce qui pousse à une amélioration de la compétitivité prix et hors prix
  7. Il permet de bénéficier de technologies étrangères indisponible dans le pays
  8. Il permet de favoriser l’accueil d’IDE qui peuvent favoriser la croissance et le développement du pays (transformation technologiques, formation de la population locale)

 

B2/ Critiques des analyses libérales traditionnelles

  • L’échange international est inégal car toutes les spécialisations ne se valent pas (elles ne permettent pas toutes de dégager autant de VA) // Problématique des termes de l’échange
  • La spécialisation internationale peut conduire à la dépendance dans l’approvisionnement (ex : mat. Premières) ou dans les débouchés (café, banane,…). Cette dépendance peut fragiliser les pays qui y sont soumis.
  • Le choix des spécialisations appartient aux FMN qui échappent à la logique de l’intérêt particulier de chaque pays (//difficulté de contrôle par les Etats et les organisations supranationales)

C / Arguments en faveur du protectionnisme

Il est intéressant de voie qu’historiquement les périodes de libre échange sont minoritaires dans l’histoire des relations internationales.

Quatre périodes peuvent être distinguées entre 1815 et 1913 :

  1. 1815-1846 : extension progressive du libre-échange au Royaume Uni (l’agriculture reste protégée par le vote de la « corn law » en 1815, mais en 1842, les droits de douane sur les produits manufacturés sont fortement réduits), protectionnisme dans le reste du monde.
  2. 1846-1860 : Libre-échangisme du Royaume Uni (abolition de la « corn law » en 1846, démantèlement des barrières douanières en 1860), protectionnisme du reste du monde.
  3. 1860-1880 : extension du libre échange entre les économies européennes (Traité de commerce franco-anglais en 1860), protectionnisme renforcé aux Etats-Unis suite à la Guerre de Sécession.
  4. 1880-1913 : retour et renforcement du protectionnisme en Europe Continentale (Loi Méline en France en 1892), libre-échange du Royaume Uni, et renforcement du protectionnisme aux Etats-Unis (taux moyen des droits de douane est porté à 57% en 1897).

 

Au final, durant le XIXème siècle, le protectionnisme est davantage la règle que le libre-échange.

Ainsi, à la fin du XIXème siècle, la croissance des échanges internationaux s’explique en partie par l’abaissement du coût du transport maritime (diffusion de la machine à vapeur).

 

Protectionnisme : il désigne l’ensemble des mesures de politiques commerciales qui visent à empêcher ou à limiter la circulation des produits entre les nations. Il peut être explicite (droits de douanes, quotas) ou déguisé (autres discriminations non tarifaires).

 

Droits de douane : taxes prélevées sur les importations. On distingue les DD ad valorem qui sont fixés en proportion de la valeur de la marchandise et les DD spécifiques qui correspondent à un montant unitaire fixe.

 

Discriminations non tarifaires : obstacles aux importations qui ne sont pas des DD (quotas, normes sanitaires, etc.).

 

Le protectionnisme éducateur

 

Friedrich_List

Friedrich List

L’économiste allemand F. List participe en 1819 à la création  d’une association de négociants et de fabricants qui lance une pétition visant à la suppression des barrières douanières entre les Etats allemands. Cette campagne contribuera à la mise en place du Zollverein en 1834. Après un séjour aux Etats-Unis, où il observe et analyse le système protectionniste, List publie en 1841 son ouvrage Système national d’économie politique. Contre les thèses de l’école libérale anglaise, List met en évidence le fait que la concurrence ne peut être bénéfique qu’entre nations ayant un niveau de développement comparable. Il dénonce le comportement des britanniques qui, industrialisés plus précocement, plaident pour un libre échange qui pérenniserait leur domination. List se prononce pour la « protection des industries naissantes ». Au moment  où elles  apparaissent,  les “industries dans l’enfance” ne peuvent lutter à armes égales avec celles de pays à industrialisation plus avancée (qui réalisent des économies d’échelle). La libre compétition entre pays inégaux risque de  bloquer le développement du plus faible. Il importe donc de mettre les  “industries naissantes”  provisoirement à l’abri de la concurrence étrangère,  le temps nécessaire  pour  qu’elles acquièrent, grâce aux  économies d’échelle, la compétitivité indispensable à leur survie.

 

Dans ce cadre, la protection, dont il affirme, la nécessité doit être:

– limitée : des industries jeunes, trop abritées de la concurrence étrangère pourraient ne pas faire l’effort de productivité nécessaire.

– provisoire: il ne faut pas créer des productions artificielles mais celles qui peuvent, une fois assurées, soutenir la concurrence.

 

Ces mesures de protection sont justifiées par les obstacles, eux-mêmes provisoires que rencontre une industrie naissante:

– l’inexistence d’une main-d’œuvre qualifiée qui se formera en même temps que l’industrie;

– les habitudes prises par le consommateur qui n’abandonnera qu’à la longue le produit importé pour son analogue ou son substitut national;

– l’insuffisance d'”économies internes” dans les productions à coût décroissant, aussi longtemps que les séries produites sont restreintes;

– l’insuffisance aussi d'”économies externes”: une firme isolée, une industrie isolée dans une économie peu développée supportent un handicap. Il faudrait donc protéger aussi longtemps qu’une certaine dimension et une certaine diversité n’ont pas été atteintes.

 

Protection des industries vieillissantes : M. Allais

 

Maurice-Allais

Maurice Allais

Il faut protéger les industries vieillissantes pour leur permettre de se restructurer au se reconvertir ce qui n’est pas possible dans le cadre de la concurrence internationale. Cela est nécessaire pour éviter que ces industries disparaissent sans qu’il y ait de solutions pour les emplois ainsi détruits.

 

 

 

 

J.M. Jeanneney : pour un nouveau protectionnisme

 

Jean-Marcel Jeanneney

Jean-Marcel Jeanneney

Contexte de l’économie française à la fin des années 1970 :

  • stagflation
  • montée du chômage
  • hausse de la « contrainte extérieure » : l’ouverture internationale accroît la concurrence pour les entreprises domestiques (hausse des importations)
  • Faiblesse de la compétitivité des entreprises françaises

 

 

Thèse défendue par J. M Jeanneney :

  • le système productif français doit nécessairement se reconvertir ;
  • le processus sera consommateur de temps ;
  • il faut protéger les entreprises le temps d’opérer la reconversion ;
  • pour des raisons d’ouverture, la politique de protection ne peut être nationale mais de « zone » (européenne) ;
  • pour des raisons de légitimité politique, la politique de protection doit être officielle (refus du protectionnisme déguisé : valorisation d’un système de taxes).

-> Reprise de la thèse de List (qui s’est traduite par la mise en place du Zollverein en Allemagne à la fin du XIXème siècle) : protectionnisme temporaire et de zone.

 

Politique commerciale stratégique

Il ne s’agit pas exactement de protectionnisme mais de politiques des Etats visant à construire leurs avantages comparatifs en stimulant la compétitivité de certains secteurs jugés stratégiques (agriculture, aéronautique,…). Il peut s’agir de financement de la recherche, de politique de restructuration industrielle, de soutien à l’investissement, de politique favorisant la qualification de la main d’œuvre dans les secteurs stratégiques, de subventions,…

 

Conclusion :  dossier 2 p.243

 

Remarques : Les dangers du protectionnisme

  • Frein à la concurrence
  • Hausse des prix
  • Source de guerre commerciale
  • Réduction de la différenciation des produits
  • Frein à la recherche de compétitivité
  • Maintien des secteurs peu compétitifs au détriment d’autres secteurs
1.1 Les échanges internationaux et leur mesure

1.1 Les échanges internationaux et leur mesure

Introduction : la simultanéité du développement des échanges et du développement économique conduit à poser la question de l’existence d’un lien entre commerce internationale et croissance. Pourtant, les formes actuelles de l’ouverture internationale peuvent aussi affecter la cohésion sociale et faire obstacle au développement dans certains pays. Les stratégies de croissance et les nouvelles modalités de financement de l’activité économique ont aussi donné naissances à de nouveaux acteurs et à de nouveaux enjeux de la mondialisation.

1.1 Les échanges internationaux et leur mesure

a) Progression et diversité des échanges internationaux

Depuis la fin de la 2° guerre mondiale on constate un essor rapide des échanges qui se manifeste par une diversité croissante et par une transformation de leur structure.

Si, historiquement, les échanges internationaux ont d’abord porté sur les marchandises, ces 30 dernières années ce sont surtout les échanges de services et les mouvements de capitaux qui occupent une place prépondérante dans les échanges internationaux.

Les échanges de services représentent environ 20% des échanges mondiaux (S financiers, NTIC, télécom). L’essor des flux de capitaux est lié à la dérèglementation, à la multiplication des innovations financières et  aux stratégies des FMN (le tout grâce aux NTIC).

Depuis 1950, les échanges internationaux ont été multipliés par 20 alors que le PIB mondial ne l’a été que par 6 : il faut alors bien distinguer ce qui relève des échanges, du commerce de ce qui relève de la production.

L’explosion des échanges commerciaux est la 1° manifestation de la mondialisation et se traduit par une ouverture croissante des pays et en particulier de la France.

Rappel : taux d’ouverture : (X+M/2)/PIB x100 (en F=25%)

La mondialisation engendre une interdépendance des économies parce que chaque zone a tendance à se spécialiser  dans un double mouvement de tripolarisation (vision géographique par rapport aux 3 continents) et de régionalisation (accords commerciaux entre des blocs avec augmentation des échanges intra blocs)

Remarque :

Il faut bien distinguer :

-Internationalisation : développement des relations économiques entre les différentes nations : internationalisation des échanges de biens et services et des échanges de capitaux.

-Mondialisation qui correspond à trois processus concomitants :

  1. l’internationalisation des biens, services et capitaux
  2. la mobilité internationale des facteurs de production, et plus particulièrement des capitaux (qu’on appelle la globalisation financière)
  3. le processus d’interpénétration  croissante des économies nationales (donc d’effacement progressif des frontières, d’affaiblissement des régulations nationales, et de déterritorialisation des activités économiques)

-Globalisation :C’est le fait que de plus en plus les phénomènes ont des dimensions mondiales et doivent donc être analysés et traités à un niveau global, planétaire. En économie, ce terme est assez proche de celui de mondialisation.

-Globalisation financière : dossier 4 p.271. La globalisation financière peut être définie comme un processus d’interconnexion des marchés de capitaux aux niveaux national et international, conduisant à l’émergence d’un marché unifié de l’argent à l’échelle planétaire

 

b) Les échanges internationaux sont mesurés par la balance des paiements

La balance des paiements retrace l’ensemble des «échanges économiques réalisés pendant un an entre les résidents et les non-résidents (attention différent du concept de nationalité) à travers 3 comptes :

  1. Compte des transactions courantes :
    • échange de biens (balance commerciale)
    • échange de services
    • échange de revenus (revenus obtenus grâce aux IDE)
    • transferts courants (vers les ONG ou UE par ex)
  2. Compte financier :
    • flux de capitaux (IDE)
    • I de portefeuille
    • flux de devises et autres
  3. Compte de capitaux :
    • achat ou vente de brevet

Remarque : La balance des paiements est toujours équilibrée, car si les entrées sont inférieures aux sorties et qu’un solde est déficitaires on le compense en écrivant un solde du côté des entrée. (voir tableau A P.278).

 

c) Le marché des changes, une nécessité pour les échanges internationaux

->Il existe un lien entre l’évolution des taux de change et l’évolution de la balance des paiements

-de la balance vers le taux de change

Si les exportations européennes sont supérieures aux importations, la demande d’euros sera supérieure à l’offre d’euros et le taux de change de l’euro va augmenter.

Ou si X<M => D<O =>baisse de l’euro

Il faut cependant noter aussi l’importance du taux d’intérêt (si le différentiel est favorable à l’euro, celui-ci va s’apprécier malgré le déficit de la balance des transactions courantes.

-des taux de change vers la balance

Doc 1 : Courbe en J

Cette courbe exprime l’évolution du solde de la balance commerciale après la dévaluation d’une monnaie nationale.
Dans un premier temps, la balance commerciale se dégrade car les flux du commerce extérieur n’ont pas eu le temps de se modifier : les importations restent au même niveau alors que leur prix s’élève.
Après un certain délai (environ six mois), le solde s’améliore car les exportations augmentent en volume et les importations baissent en volume.
L’effet prix est immédiat, il dégrade le solde commercial, l’effet quantité vient ensuite et permet de rendre efficace la dévaluation sous réserve que cet effet quantité se produise bien (il faut que les quantités s’ajustent aux variations de prix ce qui n’est pas garanti).

La hausse du taux de change de l’euro fait :

-baisser les exportations en volume (les produits européens à l’étranger sont plus chers)

Augmenter les exportations en valeur (on vend moins d’Airbus, mais ils permettent d’acheter plus de pétrole)

-augmenter les importations en volume (les produits américains sont moins chers)

Baisser les importations en valeur (le pétrole coûte moins cher) Cela dépend de l’élasticité-prix de la demande .

-le solde en volume se détériore, mais le solde en valeur peut augmenter.

-Aujourd’hui en Europe, surtout en France, l’effet prix est inférieur à l’effet volume, c’est-à-dire que les quantités exportées diminuent plus que leur valeur  n’augmente ; et les quantités importées augmentent plus en volume qu’elles ne diminuent en valeur (sous l’effet d’un taux de change plus favorable).