1.1 Les échanges internationaux et leur mesure

1.1 Les échanges internationaux et leur mesure

Introduction : la simultanéité du développement des échanges et du développement économique conduit à poser la question de l’existence d’un lien entre commerce internationale et croissance. Pourtant, les formes actuelles de l’ouverture internationale peuvent aussi affecter la cohésion sociale et faire obstacle au développement dans certains pays. Les stratégies de croissance et les nouvelles modalités de financement de l’activité économique ont aussi donné naissances à de nouveaux acteurs et à de nouveaux enjeux de la mondialisation.

1.1 Les échanges internationaux et leur mesure

a) Progression et diversité des échanges internationaux

Depuis la fin de la 2° guerre mondiale on constate un essor rapide des échanges qui se manifeste par une diversité croissante et par une transformation de leur structure.

Si, historiquement, les échanges internationaux ont d’abord porté sur les marchandises, ces 30 dernières années ce sont surtout les échanges de services et les mouvements de capitaux qui occupent une place prépondérante dans les échanges internationaux.

Les échanges de services représentent environ 20% des échanges mondiaux (S financiers, NTIC, télécom). L’essor des flux de capitaux est lié à la dérèglementation, à la multiplication des innovations financières et  aux stratégies des FMN (le tout grâce aux NTIC).

Depuis 1950, les échanges internationaux ont été multipliés par 20 alors que le PIB mondial ne l’a été que par 6 : il faut alors bien distinguer ce qui relève des échanges, du commerce de ce qui relève de la production.

L’explosion des échanges commerciaux est la 1° manifestation de la mondialisation et se traduit par une ouverture croissante des pays et en particulier de la France.

Rappel : taux d’ouverture : (X+M/2)/PIB x100 (en F=25%)

La mondialisation engendre une interdépendance des économies parce que chaque zone a tendance à se spécialiser  dans un double mouvement de tripolarisation (vision géographique par rapport aux 3 continents) et de régionalisation (accords commerciaux entre des blocs avec augmentation des échanges intra blocs)

Remarque :

Il faut bien distinguer :

-Internationalisation : développement des relations économiques entre les différentes nations : internationalisation des échanges de biens et services et des échanges de capitaux.

-Mondialisation qui correspond à trois processus concomitants :

  1. l’internationalisation des biens, services et capitaux
  2. la mobilité internationale des facteurs de production, et plus particulièrement des capitaux (qu’on appelle la globalisation financière)
  3. le processus d’interpénétration  croissante des économies nationales (donc d’effacement progressif des frontières, d’affaiblissement des régulations nationales, et de déterritorialisation des activités économiques)

-Globalisation :C’est le fait que de plus en plus les phénomènes ont des dimensions mondiales et doivent donc être analysés et traités à un niveau global, planétaire. En économie, ce terme est assez proche de celui de mondialisation.

-Globalisation financière : dossier 4 p.271. La globalisation financière peut être définie comme un processus d’interconnexion des marchés de capitaux aux niveaux national et international, conduisant à l’émergence d’un marché unifié de l’argent à l’échelle planétaire

 

b) Les échanges internationaux sont mesurés par la balance des paiements

La balance des paiements retrace l’ensemble des «échanges économiques réalisés pendant un an entre les résidents et les non-résidents (attention différent du concept de nationalité) à travers 3 comptes :

  1. Compte des transactions courantes :
    • échange de biens (balance commerciale)
    • échange de services
    • échange de revenus (revenus obtenus grâce aux IDE)
    • transferts courants (vers les ONG ou UE par ex)
  2. Compte financier :
    • flux de capitaux (IDE)
    • I de portefeuille
    • flux de devises et autres
  3. Compte de capitaux :
    • achat ou vente de brevet

Remarque : La balance des paiements est toujours équilibrée, car si les entrées sont inférieures aux sorties et qu’un solde est déficitaires on le compense en écrivant un solde du côté des entrée. (voir tableau A P.278).

 

c) Le marché des changes, une nécessité pour les échanges internationaux

->Il existe un lien entre l’évolution des taux de change et l’évolution de la balance des paiements

-de la balance vers le taux de change

Si les exportations européennes sont supérieures aux importations, la demande d’euros sera supérieure à l’offre d’euros et le taux de change de l’euro va augmenter.

Ou si X<M => D<O =>baisse de l’euro

Il faut cependant noter aussi l’importance du taux d’intérêt (si le différentiel est favorable à l’euro, celui-ci va s’apprécier malgré le déficit de la balance des transactions courantes.

-des taux de change vers la balance

Doc 1 : Courbe en J

Cette courbe exprime l’évolution du solde de la balance commerciale après la dévaluation d’une monnaie nationale.
Dans un premier temps, la balance commerciale se dégrade car les flux du commerce extérieur n’ont pas eu le temps de se modifier : les importations restent au même niveau alors que leur prix s’élève.
Après un certain délai (environ six mois), le solde s’améliore car les exportations augmentent en volume et les importations baissent en volume.
L’effet prix est immédiat, il dégrade le solde commercial, l’effet quantité vient ensuite et permet de rendre efficace la dévaluation sous réserve que cet effet quantité se produise bien (il faut que les quantités s’ajustent aux variations de prix ce qui n’est pas garanti).

La hausse du taux de change de l’euro fait :

-baisser les exportations en volume (les produits européens à l’étranger sont plus chers)

Augmenter les exportations en valeur (on vend moins d’Airbus, mais ils permettent d’acheter plus de pétrole)

-augmenter les importations en volume (les produits américains sont moins chers)

Baisser les importations en valeur (le pétrole coûte moins cher) Cela dépend de l’élasticité-prix de la demande .

-le solde en volume se détériore, mais le solde en valeur peut augmenter.

-Aujourd’hui en Europe, surtout en France, l’effet prix est inférieur à l’effet volume, c’est-à-dire que les quantités exportées diminuent plus que leur valeur  n’augmente ; et les quantités importées augmentent plus en volume qu’elles ne diminuent en valeur (sous l’effet d’un taux de change plus favorable).