3.2  Conflits et recherche d’une régulation de la mondialisation

3.2 Conflits et recherche d’une régulation de la mondialisation

Attention, ceci est l’ancien programme de Terminale. Il n’est plus en vigueur aujourd’hui, cependant certaines connaissances peuvent encore être utiles. N’hésitez pas à posez vos questions.

A) Mondialisation et difficultés de régulation

Du GATT à l’OMC

Lors de sa création en 1947, le GATT est un simple accord dans lequel les pays se mettent d’accord :

  • pour baisser progressivement les tarifs douaniers (chaque étape correspond à un « round » le dernier étant l’Uruguay Round de 86 à93) : ainsi, les tarifs douaniers ont été divisés par 10 en 50 ans.
  • pour s’entendre sur un code de bonne conduite qui prend la forme de
    • La clause de la nation la plus favorisée, l’interdiction de barrières non tarifaires et l’interdiction du dumping.
    • Presque tous les pays du monde ont finalement adhéré au GATT, mais celui-ci n’avait aucun pouvoir de coercition.

En 1995, le GATT devient l’OMC, qui a comme objectif de favoriser la prévisibilité et la liberté des échanges. Il s’occupe aussi de régler les conflits commerciaux entre les Etats. La nouveauté est qu’il possède un pouvoir de sanctions financières pour les pays ne respectant pas les règles de l’OMC. Un état peut aussi avoir recours devant l’OMC pour demander des sanctions pour un pays qui aurait par exemple accorder des subventions publiques à certains secteurs.

Le cycle actuel de négociations à l’OMC s’appelle le « cycle de Doha » : il n’a pas encore abouti car les négociations buttent sur les échanges de certains services et certaines productions agricoles (que les PDEM veulent protéger au nom de l’autarcie alimentaire et que les PED voudraient voir moins aidées pour avoir une chance de rentre dans la compétition internationale).

Devant cet échec des négociations multilatérales, les pays augmentent les accords bilatéraux (hors OMC) : aujourd’hui 40% des échanges commerciaux mondiaux sont régis par des accords bilatéraux.

Remarque : il existe un autre organisme qui s’occupe des échanges commerciaux à l’échelle internationale : c’est la CNUCED conférence des nations unies pour le commerce et le développement, qui promeut une vision moins libérale et plus orienter vers un développement durable et plus égalitaire pour les PED.

Le FMI et la banque mondiale

Le FMI et la banque mondiale jouent un rôle majeur dans la définition des principes régissant la distribution des aides financières.

Le FMI est crée en 1945 par les accords de Bretton Woods comme la banque mondiale. Il devient un organisme bancaire international participant à la création de moyens de paiement lors de crise financière internationale, en particulier auprès des PED. La banque mondiale est aussi un organisme prêteur, c’est la principale institution d’aide au développement, en particulier dans l’aide à la reconstruction et dans le fiancement de grands projets d’équipement.

Ces organismes internationaux ne prêtent que sur conditions, en particulier l’exigence de réformes politiques et économiques structurelles, en poussant à la libéralisation des marchés. Cela se traduit concrètement par des politiques d’austérité : réduction de l’intervention de l’Etat, baisse du nombre de fonctionnaires, réduction des services publics, privatisations, hausse des prix,…. D’autant plus douloureux que  cela se passe dans des pays déjà très pauvres. Dans certains pays, la banque mondiale a incité les pays à favoriser la production à l’exportation, ce qui a pu se traduire par un appauvrissement à cause de la dégradation des termes de l’échange mais aussi parce que cela s’est fait au détriment des cultures vivrières locales.

Ces politiques d’inspiration libérale, si elles ont permis à certains pays de se développer  ou de désendetter, n’ont pas permis aux plus pauvres de mieux rembourser leurs dettes, voire les ont davantage appauvris

B) Quelle régulation pour l’économie mondiale ?

A-t-on besoin des instances internationales pour réguler l’économie mondiale, et si oui, comment y représentés égalitairement tous les pays, comment éviter l’hégémonie américaine ou plus généralement  la domination des grandes puissances économiques, comment promouvoir un libre-échange qui se fasse aussi au bénéfice des plus pauvres, la vision libérale de l’échange internationale est-elle vraiment la mieux adaptée  et est-elle adaptée à tous les pays ?

Les grandes instances internationales ont poussé à la dérégulation des économies, laissant alors le soin au marché de réguler l’économie mondiale (responsabilité dans les crises actuelles ?)

Le problème n’est donc pas tant la mondialisation mais plutôt sa gouvernance, et aussi l’harmonisation des politiques internationales en matière de normes économiques, sociales, mais aussi environnementales (ex Kyoto)

Depuis les années 2000, on assiste à la formation d’une société civile mondiale qui tente d’opposer une autre vision de la mondialisation et de s’imposer comme des contre-pouvoirs (consommateurs : commerce équitable, associations : mouvement altermondialiste, ONG dans l’action humanitaire et la logistique sur des projets écologiques). Cette autre vision des échanges est relayé à l’échelle de certains états qui à la fois revendiquent plus de pouvoirs dans les instances internationales, mais aussi la possibilité de négocier d’autres règles plus favorables aux PED ou plus équitables.

3.1 Vers une uniformisation culturelle mondiale?

3.1 Vers une uniformisation culturelle mondiale?

a) la mondialisation de la culture

=>L’homogénéisation de la culture au niveau mondial passe par plusieurs vecteurs :

  • de la mondialisation économique va résulter une homogénéisation de la consommation de biens et services sous l’effet du développement des FMN.
  • Les FMN vont aussi jouer un rôle non négligeable dans l’homogénéisation des modes d’organisation du travail (système capitaliste, division du travail)
  • les médias (TV et internet) ont également joué un rôle majeur : par la multiplication des échanges d’information, elle a favorisé la diffusion mondiale de l’uniformisation des musiques, des pratiques vestimentaires, des valeurs,…
  • par le développement des valeurs universelles, notamment par rapport aux droits de l’homme, à la démocratie, mais aussi dans une moindre mesure le libéralisme économique, en particulier par le biais des grandes instances internationales.

=>Les rapports culturels ne sont pas des rapports égaux, le risque est que, avec  cette multiplication des échanges culturels, se répandent une façon de vivre très largement marquée par la culture des économies dominantes et en particulier de l’économie américaine, qui parce qu’elle dispose d’une puissance économique supérieure puisse promouvoir une offre (culturelle, de biens et services ) prédominante , en particulier au niveau des industries du divertissement (séries télé, films, musique) et de quelques majors de l’alimentation. Les FTN oligopolistiques participent massivement à cette mondialisation culturelle.

Conclusion : La domination culturelle résulte en grande partie de la domination économique.

 

b) le maintien des spécificités socio-culturelles

Les normes et valeurs de la culture américaine ne sont cependant pas les seules à se diffuser : on assiste plutôt à une généralisation des échanges culturels de toutes les cultures vers d’autres cultures, avec des succès qui ne sont pas toujours d’origine américaine (ex la pizza, le reggae, le Rai, les dessins animés et les mangas)

Il n’y a donc pas de disparition des diversités culturelles mais plutôt une acculturation : changement  résultant des contacts des contacts avec des cultures différentes. Cette acculturation existe depuis le début de l’humanité : chaque culture a toujours été en perpétuelle construction. Les apports des autres cultures sont réinterprétés à la lumière de la culture d’accueil (ex hamburger ou vaudou)

Les modes de réaction de la culture d’accueil peuvent d’ailleurs se faire sous la forme de différentes réactions : comme l’acceptation partielle ou totale, réintégration à des éléments de la culture d’accueil ou des réactions négatives (ex rejet total intégrisme );  en fait les influences entre culture donneuse et culture receveuse sont souvent réciproque : on parle alors d’interpénétration  ou d’entrecroisement des cultures.

 

Remarque : l’homogénéisation culturelle peut parfois entraîner des revendications de différenciations identitaires à l’intérieur des pays : par exemple, dans les sociétés occidentales qui s’uniformisent sur beaucoup de normes et de valeurs, certains groupes vont revendiquer leur différence : on parle de communautarisme.

 

Conclusion : s’il y a aujourd’hui tendance à la mondialisation, elle n’est pas synonyme d’uniformisation. Le poids des EU peut laisser craindre un affaiblissement des autres cultures. Dans cette lutte d’influence économique et culturelle, certaines cultures résistent mieux que d’autres, certaines cultures sont plus menacées que d’autres . Les mouvements altermondialistes participent à cette lutte contre une hégémonie culturelle “la culture n’est pas une marchandise”.