“Le mur modifie la représentation de l’autre”

“Le mur modifie la représentation de l’autre”

Partout dans le monde, des murs se sont dressés le long de frontières, devenant parfois le symbole de certains conflits, souvent gelés. Corées, Cachemire, Chypre, Israël/Palestine, les exemples sont nombreux, bien que tous différents. Frédéric Niel, journaliste et auteur de “Contre les murs” (éd. Bayard), nous livre son analyse sur les enjeux et conséquences de ces constructions de fer et de béton, qui séparent les territoires et les esprits.

Pour lire la suite de cet article, je vous invite à cliquer ici : Le monde – Idées.

Ceriscope – Frontières

Ceriscope – Frontières

SciencePo lance un nouveau magazine en ligne : Ceriscope. Première coïncidence : leur premier numéro sort à quelques semaines de l’hexaconcours. Deuxième coïncidence : il traite d’un thème particulier, celui des frontières…

Je n’ai pas encore pu parcourir les articles, mais n’hésitez pas à y jeter un coup d’oeil.

Le Ceriscope est une nouvelle publication en ligne du Centre d’études et de recherches internationales (CERI) réalisée en partenariat avec l’Atelier de cartographie de Sciences Po. Parution dynamique centrée sur un enjeu international, elle sera consacrée chaque année à un sujet différent. Les contributions mises en ligne seront actualisées et de nouvelles publications viendront les développer et les enrichir au fil du temps.

Le Ceriscope s’inscrit dans la politique d’édition en ligne dans laquelle le CERI a choisi de s’investir. Sous la direction de Christian Lequesne, il rassemble des chercheurs et des experts internationalement reconnus qui traitent des enjeux mondiaux et des questions internationales au sens large à partir des différents axes de recherches du CERI.

Réalisation collective, le Ceriscope offre une analyse qui s’appuie sur de multiples supports : textes, cartes, graphiques, photographies, diaporamas et vidéos. Il permet également une navigation transversale par thème ou aire culturelle (espaces) dans la lignée des problématiques traditionnelles du CERI mais également une recherche avancée par mots-clés, type de document et auteur. Voir en ligne

COURS DE PREPARATION A L’HEXACONCOURS DES IEP 2011 – THEME : L’ARGENT

COURS DE PREPARATION A L’HEXACONCOURS DES IEP 2011 – THEME : L’ARGENT

Cours très complet sur l’argent proposé par Mme Martin.

INTRODUCTION : Dans le langage courant, nous disons couramment « argent » pour dire « monnaie », parce que pour nous, la monnaie par excellence reste la pièce de monnaie frappée.
Définition :La monnaie est une réalité composite faite de biens différents qui joue le rôle de monnaie (et pas forcément toujours un métal, encore moins « l’argent »). Pour être monnaie, un bien doit être un bien durable, facile à conserver, il doit être divisible, capable d’acquérir de la valeur, il doit se présenter en unité légale (voir « les fonctions de la monnaie ») =>La monnaie n’est pas une marchandise comme une autre (voir les débats théoriques à ce sujet) car elle ne s’élimine pas dans la circulation. Elle devient alors désirer pour elle-même, elle est la forme suprême de richesses.

1. Aux origines de la monnaie (retour au sommaire)

Les premières monnaies identifiées par les ethnologues sont des monnaies qualifiées de primitives, car comme les sociétés auxquelles elles appartiennent elles sont sans écriture et /ou sans état. Ce sont des monnaies chargée d’un sens symbolique, sacré qui ne sont ni d’or, ni d’argent et ne portent aucune inscription de valeur ou de signe du souverain émetteur (ex : coquillages). La naissance de la monnaie métallique est datée environ du 4°siècle avant JC en Asie Mineure (en Lydie), puis on la retrouve chez les Perses, les Grecs, les Gaulois, etc… Pourquoi la monnaie a été crée :

  • L’explication la plus courante (avancée par Aristote et A.Smith) serait que la monnaie a été inventée pour remédier aux inconvénients du troc et ainsi faciliter les échanges en réduisant leur coût. Pourtant, les premières monnaies avaient des unités monétaires très élevées ce qui contredit l’idée qu’elle ait pu servir aux échanges locaux et quotidiens.
  • La monnaie serait un garant du fonctionnement efficace du marché ; cela correspond à l’explication traditionnelle de la théorie classique de la neutralité de la monnaie, simple moyen d’échange
  • La monnaie serait liée aux phénomènes étatiques : la monnaie apparaît comme un attribut des états souverains. En France, le pouvoir de frapper la monnaie va devenir l’instrument d’installation du pouvoir unique du souverain royal. Cette explication n’est cependant valable que pour les sociétés occidentales.
  • La monnaie aurait été crée pour solder les dettes et instaurer plus d’anonymat dans les échanges (à l’inverse des sociétés primitives ou du crédit qui n’est pas anonyme et où les rapports sociaux sont plus de personne à personne) (Marx)

2. Formes et fonctions de la monnaie (retour au sommaire) 2.1 Formes de la monnaie (retour au sommaire)

Définition économique : au sens strict, la monnaie représente l’ensemble des moyens de paiement dont disposent les agents économiques pour régler leurs transactions. Remarque : il faut bien distinguer monnaie et instrument de paiement (ex : chèques)
Les formes de la monnaie actuelles sont la monnaie divisionnaire, la monnaie fiduciaire et la monnaie scripturale. Les NTIC ont facilité le développement de la monnaie électronique. Pour mener leur politique monétaire, les autorités monétaires cherchent à mesurer la monnaie en circulation en utilisant les agrégats monétaires. Les agrégats monétaires :

  • M1 : billets +dépôts à vue (agrégat monétaire étroit)
  • M2 : M1+dépôts à CT (agrégat intermédiaire)
  • M3 : M2+OPCVM, SICAV, FCP(=instruments monétaires négociables) (masse monétaire au sens large)

Avec le développement des innovations financières, il est aujourd’hui difficile de faire la distinction entre monnaie (M1) et actifs financiers liquides parce que facilement transformables en moyens de paiement (M2 et M3) et qui ont un rendement financier significatif. Le patrimoine financier des ménages a fortement augmenté ces dernières années (multiplié par 3 entre 1990 et 2007 alors que les revenus n’ont même pas été multipliés par 2) ; il s’est aussi transformé en actifs moins liquides c’est-à-dire que la préférence va aujourd’hui vers les placements de long terme et à haut rendement car il y a une baisse de l’inflation, des taux d’intérêt, plus d’innovation , une nécessité de financer les retraites et une hausse du chômage qui fait augmenter l’épargne de précaution. 2.2 Fonctions de la monnaie (retour au sommaire) -Fonctions économiques

Aristote +classiques : intermédiaire des échanges, unité de compte (=étalon de valeur) et réserve de valeur (thésaurisation)

Marx, WS. Jevons : moyen de paiement (et non échange c’est-à-dire sans contrepartie, par ex l’impôt)

Keynes : la demande spécifique de monnaie des agents exprime leur « préférence pour la liquidité ». Les agents économiques recherchent la monnaie pour faire face à l’incertitude. La monnaie en tant qu’instrument de réserve est un « lien entre le présent et l’avenir »

La monnaie a un pouvoir libératoire : dans le sens où tout paiement est opéré pour se libérer d’une dette ; La monnaie a cours légal, c’est-à-dire que nul ne peut la refuser pour le paiement de ce qui est dû. La monnaie n’est donc pas qu’un instrument de libération, c’est aussi un instrument d’acquisition.   -Fonctions sociales

Michel Aglietta

Michel Aglietta

Pour M.Aglietta : « la monnaie est un langage ». D’une manière plus générale pour les économistes institutionnalistes, la monnaie est un rapport social et un instrument de pouvoir (A.Orléan). Par exemple, le recensement censitaire de la Rome Antique définissait la hiérarchie sociale. Aujourd’hui, la position sociale d’un individu dans notre société est grandement déterminée par sa richesse. Ainsi, on peut dire que la monnaie est une institution sociale qui permet de réguler les relations sociales.     La monnaie peut aussi être considérée comme un bien public car elle rend des services de nature collective. On peut reprendre l’exemple de la monnaie unique européenne : l’euro apparait comme un vecteur d’intégration sociale à l’échelle européenne ; il participe à la construction d’une identité européenne.   3. La création monétaire (retour au sommaire)Les principaux instruments de création monétaire sont :

  • Les crédits accordés par les banques
  • L’émission de Bons du Trésor (=achat de créances par le Trésor Public)
  • Les réescomptes de la Banque Centrale
  • Lorsque les exportations sont supérieures aux importations

Les limites de la création monétaire Les banques ne peuvent accorder autant de crédit qu’elles le veulent : elles doivent détenir un minimum de liquidités en Monnaie Banque Centrale.   La circulation monétaireLa vitesse de circulation de la monnaie dépend des activités de production, de consommation et d’épargne. Les comportements économiques des agents vont déterminer les variations de la vitesse de circulation de la monnaie :

  • Les banques qui créent de la monnaie
  • Les entreprises qui l’empruntent
  • Les ménages qui la dépensent et l’épargnent
  • L’Etat qui cherche à financer le déficit public
  • L’extérieur en fonction des exportations/importations, et des prêts/emprunts avec des agents économiques extérieurs

4. Les théories monétaires (retour au sommaire)On oppose traditionnellement :

  • Les théories de la valeur marchandise (Aristote, Marx)
  • Les théories de la monnaie-signe(Locke, Law, Hume, Montesquieu)
Aristote

Aristote

Aristote : la monnaie est une marchandise comme une autre qui a été retenue comme intermédiaire des échanges.

Chrématistique : La chrématistique (de chrèmatistikos, qui concerne la gestion ou la négociation des affaires et plus particulièrement les affaires d’argent; ta chrèmata, les richesses ou deniers) est une notion créée par Aristote pour décrire la pratique visant à l’accumulation de moyens d’acquisition en général, plus particulièrement de celui qui accumule la monnaie pour elle-même et non en vue d’une fin autre que son plaisir personnel (définition wikipedia). Aristote condamne cette attitude.

Karl Marx

Karl Marx

Marx (1818-1883): La monnaie est une marchandise comme une autre : la valeur de l’or dépend du temps de travail pour l’extraire et l’or permet d’exprimer la valeur relative des autres marchandises. Pour Marx, la circulation des marchandises est cependant impensable en l’absence de monnaie et la reproduction du capital implique le passage cyclique par la forme argent car le circuit capitaliste est un circuit monétaire. (Marx réfute la loi de JB Say)

Classiques, néo-classiques, monétaristes : la monnaie est un nième bien dont le rôle particulier est d’être une unité de compte.   Théories de la monnaie signe : l’or et l’argent sont une richesse de fiction (ou de signe), elle ne fait que prendre la place des biens   On peut aussi opposer :les théories qui défendent que la monnaie est neutre, que c’est un « voile» : (classiques, néo-classiques et monétaristes) :

John Stuart Mill

JS Mill(1806-1873), JB Say (1767-1832) : les produits s’échangent contre les produits (l’offre=la demande), la monnaie n’est qu’un intermédiaire des échanges (elle est neutre) ; elle n’est pas désirée pour elle-même, mais pour les produits qu’elle permet d’acquérir. Seule compte l’économie réelle, la dimension monétaire n’en est que le reflet momentané et la monnaie ne modifie pas le fonctionnement de l’économie réelle.

Léon Walras

Léon Walras

Léon Walras (1834-1910): la monnaie est « un voile » : peu importe le niveau général des prix, seuls comptent les prix relatifs.

les théories keynésiennes qui pensent que la monnaie influence la production et organise les règles du jeu entre les agents économiques :

John Maynard Keynes
John Maynard Keynes           (1883-1946)

Remarques : les thèses monétaristes vont s’opposer ouvertement à la politique keynésienne :

Irving Fisher

Irving Fisher

I.Fisher(1867-1947) : Il défend la théorie quantitative de la monnaie (déjà pressentie par D.Hume (1711-1776) et D.Ricardo (1772-1823) pour qui le pouvoir d’achat de la monnaie est inversement proportionnel à la quantité de monnaie émise) dans sa célèbre équation quantitative :

MV=PT où la masse monétaire en circulation (M) va déterminer le niveau des prix (P) puisque, pour lui, la vitesse de circulation de la monnaie est une constante (V) et tant que le volume de transactions ne varie pas (T).

Johan Gustaf Knut Wicksell

Johan Gustaf Knut Wicksell

Wicksell(1851-1926) prolongera cette analyse en montrant qu’il existe un taux d’intérêt naturel qui équilibre l’offre et la demande de monnaie.

Friedrich August von Hayek

Friedrich August von Hayek

F.Hayek(1899-1992) tiendra même les politiques keynésiennes responsables des crises économiques, ou plus exactement l’utilisation de la monnaie comme instrument de politique économique ; pour lui, la monnaie n’est pas neutre parce que l’offre de crédit est élastique et parce que les banques sont incapables de réguler les crédits. Ainsi, l’offre de monnaie excédentaire est responsable des crises et de l’instabilité économique et la solution se trouve dans une offre de monnaie constante.

La théorie de la « préférence pour la liquidité » keynésienne :

Les agents économiques recherchent la monnaie pour faire face à l’incertitude :

  • par rapport à l’avenir
  • par rapport à la synchronisation de leurs recettes et de leurs dépenses
  • par rapport à l’évolution des prix des actifs risqués

La monnaie est l’actif le moins risqué mais c’est aussi celui qui a le rendement le plus faible. Il est accepté par les agents parce que c’est celui qui a le « rendement d’usage » le plus important.

Il y a trois motifs de détention d’encaisses monétaires pour Keynes :

  • le motif de transaction
  • le motif de précaution
  • le motif de spéculation (arbitrage entre monnaie et autres actifs financiers)

5. Les politiques monétaires (retour au sommaire)

Les objectifs intermédiaires de la politique monétaire sont soit des objectifs quantitatifs, soit des objectifs de taux d’intérêt, soit des objectifs de change.

Les instruments de la politique monétaire sont :

  • Soit des instruments de contrôle direct de la quantité de monnaie en circulation : tel que l’encadrement des crédits, qui n’est plus utilisé aujourd’hui
  • Soit des instruments indirects : une action sur le taux d’intérêt directeur, une action sur le marché c’est-à-dire sur l’offre ou la demande de monnaie, et une action sur le taux de refinancement et de réserves obligatoires des banques.

Triangle d’incompatibilité de Mundell : un pays ne peut avoir simultanément une libre circulation des capitaux, une parité fixe et une libre politique monétaire.

C’est le cas de l’Europe qui selon Mundell n’est pas une Zone Monétaire Optimale : zone qui rassemble des pays où il y a une mobilité des facteurs de production et une flexibilité des prix qui permettent d’éviter les chocs asymétriques. Dans l’UEM, ce sont les politiques budgétaires qui doivent remplir ce rôle.

Triangle d’incompatibilité de Mundell

Triangle d’incompatibilité de Mundell

-La politique monétaire keynésienne est plutôt expansionniste : pour lui l’augmentation de la monnaie en circulation passe par la baisse des taux d’intérêt (et éventuellement par l’augmentation de la dette publique) qui va générer des crédits supplémentaires demandés par les entreprises et les ménages. Comme pour Keynes, tout supplément d’investissement se fait par crédit (et non par épargne), la baisse des taux d’intérêt va être bénéfique à la relance de la demande car elle va entrainer une hausse de l’investissement privé et public et une hausse de la consommation. Cette politique a été largement utilisée pendant les 30 Glorieuses, mais aussi plus récemment aux Etats-Unis.

Les monétaristes vont critiquer les effets inflationnistes de la politique monétaire keynésienne. Pour eux, la monnaie est neutre et il ne sert à rien de l’utiliser comme instrument de politique économique car elle ne fera que déséquilibrer l’économie en créant de l’inflation, en provoquant un surendettement des agents, et en générant des comportements d’anticipations inflationnistes entraînant les économies dans une spirale infernale de hausse permanente des prix.

6. La monnaie au cœur de la finance moderne (retour au sommaire)

Le marché monétaire, c’est la marché des capitaux à court terme et à moyen terme (inclus le marché interbancaire).

Le marché financier correspond aux marchés des capitaux à long terme.

Jusqu’aux années 1980, le système financier français est contrôlé par l’Etat (on parle d’économie d’endettement administrée) :

  • Toutes les activités financières passent par le Trésor Public
  • Les banques nationalisées représentent 87% des dépôts et 76% des crédits
  • Les taux d’intérêt sont administrés
  • Les crédits sont encadrés et sont le principal instrument de la politique monétaire.

A partir des années 1980, on assiste au développement des marchés de capitaux (on parle d’économie de marché financière libéralisée) :

  • Création d’un marché unique (avec 2 compartiments un marché interbancaire et un marché monétaire élargi, dont un marché des produits dérivés-Euronext- pour se couvrir contre le risque de variations des cours des titres).
  • Libéralisation : privatisation des banques, déréglementation, suppression de l’encadrement du crédit, etc.

On parle de « mobiliérisation » ou de « marchéisation », pour caractériser la place croissante aujourd’hui faite au financement par émission de titres pour les entreprises et par l’Etat (la dette publique est essentiellement constituée des Bons du Trésor et d’obligations à long terme)

On parle aussi de désintermédiation financière pour illustrer le fait que les agents se financent de plus en plus directement sur les marchés financiers. En fait, il s’agit plutôt de nouvelles formes d’intermédiations financières, dans le sens où les banques participent toujours au financement de l’économie mais de plus en plus par l’achat de titres (« mobiliérisation » des bilans bancaires)

-La dimension internationale

Le marché des changes est un marché planétaire unique qui fonctionne en continu et qui est quasiment non réglementé. Les autorités monétaires interviennent sur ce marché pour réguler les fluctuations ou éventuellement pour réglementer les opérations de change.

La plupart des opérations de change sont la contrepartie d’opérations financières, c’est-à-dire d’achats et de ventes de titres étrangers.

Le marché des changes ne doit pas être confondu avec les marchés internationaux de capitaux qui regroupent les opérations de prêts et d’emprunts effectués dans les différentes monnaies.

Les 3 fonctions principales du SMI :

  • assurer l’échange et la circulation des monnaies : convertibilité des monnaies et régime de change (flottants, fixes)
  • permettre l’ajustement de la balance des paiements (parfois à la demande du FMI) : l’équilibre des comptes extérieurs peut être obtenu par la modification des taux de change ou des mesures de politique économique
  • assurer l’alimentation en liquidités internationales : les liquidités internationales sont les réserves détenues par les Banques centrales : elles se composent d’or, de devises et des Droits de Tirages Spéciaux, qui sont des lignes de crédit dont disposent les Etats auprès du FMI. Elles sont utilisées pour agir sur le taux de change et  financer le déséquilibre de la balance des paiements.

Aujourd’hui le SMI est largement  régulé par les mécanismes de marché avec un système de change flottant et des capitaux circulant librement.

-GLOBALISATION FINANCIERE

C’est l’absence de frontières dans la libre circulation des capitaux (investissements et devises) caractérisés par une dérèglementation des marchés et par une internationalisation des échanges financiers. Cette expression signifie aussi que les phénomènes financiers ont de plus en plus des effets « globaux » c’est-à-dire à l’échelle planétaire (ex crise financière mondiale).

Avec la « globalisation financière », on assiste au développement des opérations transfrontalières, qui se caractérisent aussi par un développement des opérations de fusions acquisitions à l’échelle internationale et au rôle de plus en plus important sur ces marchés des « zinzins » : investisseurs institutionnels (par exemple, les fonds de pension ou les Hedges funds) qui placent des sommes colossales à la fois dans des placements financiers traditionnels mais aussi dans le rachat d’entreprises . Les placements en devises sont courant et se font là où le taux d’intérêt est le plus élevé. Leur rendement est d’autant plus haut que le taux de change des monnaies s’apprécie.

Les 3 défis de la globalisation financière :

1) les innovations financières :

Les produits dérivés sont des instruments qui permettent de fournir une couverture contre les variations des taux d’intérêt et des taux de change (ex CDS ou CDO : collaterized debt obligations). Ils peuvent amplifier la crise financière car ils relèvent de multiples porteurs, peuvent transférer les risques à d’autres agents et sont utilisés par les spéculateurs pour prendre position sur des monnaies. De plus, ils rendent inefficaces les politiques monétaires puisqu’ils protègent contre les variations des taux.  Les banques centrales peuvent intervenir sur les marchés avec leurs réserves d’or et de change pour ralentir l’appréciation ou la dépréciation de leur monnaie, mais les sommes sont souvent insuffisantes face à la dimension actuelle des marchés des changes.

Le développement de la monnaie électronique, permis par les NTIC a engendré une désintermédiation financière et des problèmes de sécurité de paiement. De plus, ces systèmes informatiques rendent les actifs très liquides, proche de la monnaie et peuvent biaiser les objectifs intermédiaires des autorités monétaires sur les agrégats monétaires.

2)    La recherche de crédibilité par rapport au marché

Les agences de notation évaluent aujourd’hui l’efficacité des politiques économiques et déterminent ainsi la confiance des marchés dans l’économie d’un pays et donc les taux d’intérêt auxquels l’Etat pourra emprunter. Le marché apparaît donc comme un « gendarme » des Etats.

3)    Assurer la stabilité du système bancaire et financier

La crise financière de 2008-2009 a montré que la libéralisation et la globalisation sont un risque fort d’instabilité financière des banques et des états. Un système de surveillance bancaire  (ratio Cook ou ratio de solvabilité international) a été mis en place pour obliger les banques internationales à disposer d’un montant de fonds propres égal au moins 8%  de leurs créances pour pallier au risque systémique (faillite bancaire en chaîne).

L’UE cherche une meilleure manière d’encadrer les Etats qui ne respectent plus depuis longtemps les critères du Pacte de Stabilité et dont il faut pourtant encadrer les politiques économiques dans la zone euro.

La crise financière provient du développement des innovations financières qui ont diffusé le risque à l’internationale. Tous les investisseurs avaient placé plus ou moins directement leur argent dans des créances dites « pourries », c’est-à-dire qui, si elles bénéficiaient de taux d’intérêt très élevé, c’est parce qu’elles avaient un fort risque de non remboursement. La crise financière est aussi sans doute une crise de surendettement, en particulier en Europe, où certains Etats ont bénéficié d’emprunts peu chers, jusqu’à la perte de confiance des marchés qui les obligent aujourd’hui à payer une surprime d’intérêt et à avoir recours au Fonds de Solidarité Européen pour financer leur dette.

7. La «guerre des monnaies» (retour au sommaire)

La crise financière provient aussi des grands déséquilibres internationaux : d’un côté les gros déficits américains et de l’autre les excédents commerciaux des pays émergents et surtout de la Chine. Les pays émergents ont choisi le $ comme monnaie d’ancrage (à faible taux de change) pour soutenir leurs exportations et en échange ils financent avec leurs excédents le déficit public américain.

Les Etats-Unis, comme la plupart des pays de l’OCDE possède un système de change flottant, c’est-à-dire soumis aux forces du marché ; alors que dans les pays émergents ces taux sont largement manipulés. Par exemple, en Chine, le Yuan est uniquement utilisé localement, ce n’est pas une monnaie d’échange internationale (c’est le Renminbi) et l’Etat contrôle étroitement son marché des changes avec un taux fixe essentiellement ancré au $, donc qui baisse avec lui.

Conséquences : Le déficit public américain est essentiellement financé par les excédents d’épargne des pays émergents : s’ils décidaient d’aller vers des placements à plus haut rendement de manière massive et soudaine cela pourrait menacer toute l’économie américaine (et donc mondiale)

Solutions : Pour bien faire, il faudrait que les américains se mettent à épargner davantage (ou à s’endetter moins, ménages et Etat) ; la Chine devrait chercher à relancer son marché intérieur ce qui ferait augmenter les importations en Chine et réduirait les excédents. En attendant, le risque est que pour limiter les déficits commerciaux certains pays occidentaux mettent en place des mesures douanières pour limiter les importations de produits chinois, ce qui pourrait transformer cette « guerre des monnaies » en « guerre commerciale »

8. L’argent, valeur centrale de la société capitaliste (retour au sommaire)

La monnaie apparaît comme la récompense suprême de la réussite individuelle : (reflet de l’individualisme) et  comme le moteur de la croissance capitaliste.

L’argent se retrouve aussi aujourd’hui au cœur de la spéculation financière,  et donc responsable de la « crise » (Allez voir F.Lordon, bien sûr !!)

Frédéric Lordon

Frédéric Lordon (1962)

La tendance néolibérale légitime la réduction de l’imposition des plus riches (par exemple, en France le bouclier fiscal) Cette idéologie est renforcée par l’ouverture des frontières à la libre circulation des capitaux (la globalisation financière est une menace pour l’Etat qui risque à trop imposer l’évasion fiscale des entreprises et des ménages). Quel système d’imposition est alors légitime face à quelles valeurs ?

L’argent est aussi un instrument de pouvoir dans la société capitaliste :

  • Pouvoir économique (inégalités économiques et sociales générées par l’absence d’argent)
  • Pouvoir politique (il faut de l’argent pour faire de la politique, malgré l’existence en France de subventions publiques ; c’est encore plus vrai aux EU)

Pouvoir politique et économique : voir les affaires récentes (Bettencourt, etc…), Pouvoir des medias :il n’y a qu’à voir  la concentration des medias aux mains de quelques riches entrepreneurs et leur alliance avec les politiques.

9. La monnaie et les frontières (retour au sommaire)

Au cours de l’histoire, la monnaie semble faire partie de la souveraineté politique. Pourtant, aujourd’hui le territoire monétaire ne correspond pas toujours au territoire politique.

L’exemple type est celui de l’euro car à la fois cette monnaie dépasse les frontières des états-nations, mais en même temps elles ne recoupent pas les frontières de l’Union Européenne puisque seulement 16 pays sur 27 l’ont adopté. Elle n’en reste pas moins un projet politique, l’union monétaire devant être un moyen d’unité politique.

L’exemple du dollar est différent : cette monnaie à usage international dépasse les frontières (comme au temps de l’étalon-or). De la même manière aujourd’hui certains pays ou zones frontalières acceptent deux monnaies de règlement.

Aujourd’hui, dans la zone euro, l’absence de possibilité d’utiliser la politique monétaire comme instrument de politique économique peut apparaître comme une perte d’indépendance en matière de politique économique (« contrainte monétaire ») (les souverainistes ont d’ailleurs intégré le retour à la monnaie nationale dans leur programme).

En même temps, l’ensemble des monnaies sont liées dans le Système monétaire International. Dans la mondialisation, le cours des monnaies dépend de plus en plus du niveau des échanges extérieurs et du solde des balances extérieures. Les Etats-Unis ne pourront maintenir indéfiniment le taux de change du dollar si bas sans menacer l’ensemble du système monétaire international. De même, le taux de change du Yuan, s’il est aujourd’hui une arme économique, ne peut ignorer les grands déséquilibres internationaux.

L’indépendance des banques centrales permet de dépasser la dimension nationale de la monnaie, utilisée de plus en plus par des non-résidents : les banques centrales coopérant à l’échelle internationale forment une nouvelle forme de « gouvernance monétaire »mondiale.

La monnaie  a toujours été fortement liée aux frontières des états. Elle l’est aujourd’hui beaucoup moins dans le contexte de mondialisation financière.

SUJETS  POSSIBLES COMMUNS AUX DEUX THEMES (retour au sommaire)

  1. L’argent n’a-t-il pas de frontières ?
  2. La libéralisation des échanges de capitaux
  3. Mondialisation économique et globalisation financière

BIBLIOGRAPHIE (retour au sommaire):

-« Mais où va l’argent ? », MLDuboin, ed° du Sextant, 2007.

-« Aux origines de la monnaie », sous la dir°A.Testart, ed°Errance, 2001.

-« La monnaie et ses mécanismes », D.Plihon, Repères, La Découverte, 2008.

-« Une histoire des théories monétaires par les textes », C.Tutin, Flammarion, 2009.

-F.Lordon, « Jusqu’à quand ? », Raison d’agir Eds, oct.2008.

-Problèmes économiques, 19 janvier 2011.

  –Pour tout ce qui concerne les formes de la monnaie et la politique monétaire, on peut se référer au « Dictionnaire économique et social », JYCapul, O.Garnier, Hatier.Pour ce qui concerne les théories monétaires, on peut se référer à « l’histoire des pensées économiques, les fondateurs », Sirey, 1988.

La chanson du dimanche : l’argent ne fait pas le bonheur

La chanson du dimanche : l’argent ne fait pas le bonheur

Pour les Parisiennes la cause est donc entendue, l’argent fait bien le bonheur. Elles en veulent pour preuve tout ces choses que l’on peut faire avec de l’argent. L’argent nous permet de faire des choses, faire ces choses nous rend heureux, l’argent fait donc le bonheur. Rien à redire ?

Qu’est-ce que ces Parisiennes entendent par “bonheur”, quelle image nous en proposent-elles ? Et que veulent-elles dire lorsqu’elles semblent prétendre que l’argent fait le bonheur ?


Les Parisiennes – L’argent ne fait pas le bonheur par Salut-les-copains

LES FRONTIERES ECONOMIQUES, CULTURELLES ET POLITIQUES

COURS DE PREPARATION AU CONCOURS IEP PROVINCE 2011

THEME :LES FRONTIERES

 

INTRODUCTION :

Les frontières, qui peuvent se définir comme des limites entre deux choses (et plus précisément entre deux Etats puisqu’elles sont l’essence de la délimitation d’un Etat), peuvent être de différentes natures : géographiques, politiques, culturelles, économiques (une forme de frontières déterminant globalement les autres formes, mais pas toujours).

 

Nous aborderons ici trois grands axes :

1)    Les frontières économiques :

a)    Le processus actuel d’internationalisation des échanges…

b)   S’appuie sur les théories du libre-échange

c)    Mais on assiste à une renaissance des thèses protectionnistes

 

2)   Les frontières culturelles :

a)    La mondialisation engendre t’elle l’émergence d’une culture mondiale, c’est-à-dire l’uniformisation des normes et des valeurs à l’échelle planétaire ?

b)   Immigration, émigration : la circulation des personnes et l’identité nationale

 

3)   Les frontières politiques : vers une gouvernance mondiale ?

 

Attention, ce cours ne constitue qu’un ensemble de réflexions partielles et ne peut en aucun cas constituer un minimum nécessaire pour un travail de préparation à l’Hexaconcours. Il doit être obligatoirement complété par un grand nombre d’autres lectures.

 

 

1)  Les frontières économiques :

 

a)    Le processus actuel d’internationalisation des échanges…

 

         –Internationalisation : développement des relations économiques entre les différentes nations : internationalisation des échanges de biens et services et des échanges de capitaux.

 

 

 

         –Mondialisation :

Elle correspond à trois processus concomitants :

-l’internationalisation des biens, services et capitaux

-la mobilité internationale des facteurs de production, et plus particulièrement des capitaux (qu’on appelle la globalisation financière)

-le processus d’interpénétration  croissante des économies nationales (donc d’effacement progressif des frontières, d’affaiblissement des régulations nationales, et de déterritorialisation des activités économiques)

 

            –Globalisation :

        C’est le fait que de plus en plus les phénomènes ont des dimensions mondiales et doivent donc être analysés et traités à un niveau global, planétaire.

        EX cyber délinquance, préservation environnement, crise financière (on parle alors de globalisation financière

        En économie, ce terme est assez proche de celui de mondialisation.

         

=>Depuis la fin de la 2° guerre mondiale on constate un essor rapide des échanges qui se manifeste par une diversité croissante et par une transformation de leur structure.

        Si, historiquement, les échanges internationaux ont d’abord porté sur les marchandises, ces 30 dernières années ce sont surtout les échanges de services et les mouvements de capitaux qui occupent une place prépondérante dans les échanges internationaux.

        Les échanges de services représentent environ 20% des échanges mondiaux (S financiers, NTIC, télécom). L’essor des flux de capitaux est lié à la dérèglementation, à la multiplication des innovations financières et  aux stratégies des FMN (le tout grâce aux NTIC).

        Depuis 1950, les échanges internationaux ont été multipliés par 20.

        L’explosion des échanges commerciaux est la 1° manifestation de la mondialisation et se traduit par une ouverture croissante des pays et en particulier de la France.

         

=>Les firmes multinationales, que l’on appelle aussi les FTN sont des acteurs essentiels de la mondialisation.

Les FTN sont des entreprises industrielles, commerciales ou financières, dont les produits sont vendus et surtout fabriqués dans plusieurs pays, selon la DIPP (division internationale du processus de production, c’est-à-dire production divisée entre les pays en fonction des avantages de chaque pays.)

A partir des 60s, les FTN se développent. 

 Rappel : la mondialisation c’est l’échange de biens et services, mais aussi la circulation de capitaux : c’est eux qui ont le plus augmenté ces dernières années : Les pays industrialisés émettent + de 90% des IDE et en reçoivent 70%.

 

Les échanges intra firmes représentent aujourd’hui 30% des échanges marchands (c’est-à-dire entre filiale et maison mère) ; les échanges avec au moins une FMN représentent 90% des échanges.

 

         

b)    La théorie libérale affirme que le libre échange est une condition de l’efficacité optimale de l’économie.

 

Adam Smith, dans Essai sur la nature et les causes de la richesse des nations, ouvrage publié en 1776, annonce l’apparition de la « République mercantile universelle » — autrement dit, un monde sans frontière marchande. Ce qui caractérise cette dernière, et qui en même temps fait de Smith le premier théoricien libéral au sens économique du terme, c’est qu’elle est supposée apparaître d’elle-même, sans que les hommes aient à établir des traités ou des pactes quelconques : la théorie de la « main invisible » suppose en effet qu’il existe dans la sphère mercantile internationale ce qu’on pourrait appeler un “ordre immanent”, équivalent économique de l’ordre divin dans la nature. Smith tient d’ailleurs à maintenir le parallèle entre économie et nature, comme lorsqu’il cherche à découvrir les « lois naturelles du développement des richesses » qui permettront d’instaurer un ordre économique mondial satisfaisant pour tous.

Cette analyse du « laissez-passer » défendue par l’ensemble des classiques et néo-classiques sera à la base de tout le libre-échange mis en place surtout à partir de 1950 notamment à travers les grandes instances internationales.

 

 

Arguments en faveur du libre échange :

 

Le libre-échange permettrait :

– d’échanger à des prix plus bas (car les pays se spécialiseraient là où ils sont le plus efficaces),

-d’accroître la diversité des produits,

-d’éviter les risques de pénurie,

ce qui serait favorable à la croissance économique et à la hausse des niveaux de vie.

 

 

 

Critiques du libre-échange

L’échange international est inégal car toutes les spécialisations ne se valent pas et la spécialisation internationale peut conduire à la dépendance dans l’approvisionnement (ex : mat. Premières) ou dans les débouchés (café, banane,…). Cette dépendance peut fragiliser les pays qui y sont soumis.

Les économies nationales peuvent parfois avoir besoin d’être protégées.

 

 

c)    Mais on assiste à une renaissance des thèses protectionnistes

 

 

   Protectionnisme : il désigne l’ensemble des mesures de politiques commerciales qui visent à empêcher ou à limiter la circulation des produits entre les nations. Il peut être explicite (droits de douanes, quotas) ou déguisé (autres discriminations non tarifaires).

 

Ainsi, les frontières économiques sont donc soient des barrières tarifaires, soient des barrières non tarifaires (frontières financières, frontières réglementaires)

Droits de douane : taxes prélevées sur les importations. On distingue les DD ad valorem qui sont fixés en proportion de la valeur de la marchandise et les DD spécifiques qui correspondent à un montant unitaire fixe.

 

Discriminations non tarifaires : obstacles aux importations qui ne sont pas des DD (quotas, normes sanitaires, etc.).

          

 

Il est intéressant de voie qu’historiquement les périodes de libre échange sont minoritaires dans l’histoire des relations internationales.

                  Quatre périodes peuvent être distinguées entre 1815 et 1913 :

      1815-1846 : extension progressive du libre-échange au Royaume Uni (l’agriculture reste protégée par le vote de la « corn law » en 1815, mais en 1842, les droits de douane sur les produits manufacturés sont fortement réduits), protectionnisme dans le reste du monde.

1846-1860 : Libre-échangisme du Royaume Uni (abolition de la « corn law » en 1846, démantèlement des barrières douanières en 1860), protectionnisme du reste du monde.

      1860-1880 : extension du libre échange entre les économies européennes (Traité de commerce franco-anglais en 1860), protectionnisme renforcé aux Etats-Unis suite à la Guerre de Sécession.

      1880-1913 : retour et renforcement du protectionnisme en Europe Continentale (Loi Méline en France en 1892), libre-échange du Royaume Uni, et renforcement du protectionnisme aux Etats-Unis (taux moyen des droits de douane est porté à 57% en 1897).

ð Au final, durant le XIXème siècle, le protectionnisme est davantage la règle que le libre-échange.

ð Ainsi, à la fin du XIXème siècle, la croissance des échanges internationaux s’explique en partie par l’abaissement du coût du transport maritime (diffusion de la machine à vapeur).

Il faut attendre la fin de la 2°guerre mondiale pour que le libre-échange sorte du cadre des rapports avec les colonies et engendre des accords entre les Etats à travers des instances internationales telles le GATT, qui deviendra l’OMC et, bien sûr, dans le cadre de la mise en place des zones de libre-échange : CEE, Mercosur, Alena,…

 

Arguments en faveur du protectionnisme :

 

-Le protectionnisme éducateur

L’économiste allemand F. List participe en 1819 à la création  d’une association de négociants et de fabricants qui lance une pétition visant à la suppression des barrières douanières entre les Etats allemands. Cette campagne contribuera à la mise en place du Zollverein en 1834. Après un séjour aux Etats-Unis, où il observe et analyse le système protectionniste, List publie en 1841 son ouvrage Système national d’économie politique. Contre les thèses de l’école libérale anglaise, List met en évidence le fait que la concurrence ne peut être bénéfique qu’entre nations ayant un niveau de développement comparable. Il dénonce le comportement des britanniques qui, industrialisés plus précocement, plaident pour un libre échange qui pérenniserait leur domination. List se prononce pour la « protection des industries naissantes ». Au moment  où elles  apparaissent,  les “industries dans l’enfance” ne peuvent lutter à armes égales avec celles de pays à industrialisation plus avancée (qui réalisent des économies d’échelle). La libre compétition entre pays inégaux risque de  bloquer le développement du plus faible. Il importe donc de mettre les  “industries naissantes”  provisoirement à l’abri de la concurrence étrangère,  le temps nécessaire  pour  qu’elles acquièrent, grâce aux  économies d’échelle, la compétitivité indispensable à leur survie.

 

 

 

 

 

-Protection des industries vieillissantes :

Pour Maurice Allais (1911-2010), il faut protéger les industries vieillissantes en France (par exemple, la sidérurgie) pour leur permettre de se restructurer ou de se reconvertir ce qui n’est pas possible dans le cadre de la concurrence internationale. Cela est nécessaire pour éviter que ces industries disparaissent sans qu’il n’y ait de solutions pour les emplois ainsi détruits.

 

-J.M. Jeanneney : pour un nouveau protectionnisme

http://centre-histoire.sciences-po.fr/archives/fonds/jean_marcel_jeanneney.html

 

Le système productif français doit nécessairement se reconvertir et ce  processus sera consommateur de temps ; il faut protéger les entreprises le temps d’opérer la reconversion. Pour des raisons d’ouverture, la politique de protection ne peut être nationale mais que de « zone » (européenne) ;et, pour des raisons de légitimité politique, la politique de protection doit être officielle (refus du protectionnisme déguisé : valorisation d’un système de taxes).

 

 

-Politique commerciale stratégique 

Certains Etats peuvent justifier un protectionnisme pour stimuler la compétitivité de certains secteurs jugés stratégiques (agriculture, aéronautique,…). Il peut s’agir de financement de la recherche, de politique de restructuration industrielle, de soutien à l’investissement, de politique favorisant la qualification de la main d’œuvre dans les secteurs stratégiques, de subventions, de la politique d’exception culturelle.

 

 

 Les dangers du protectionnisme

      Frein à la concurrence

      Hausse des prix

      Source de guerre commerciale

      Réduction de la différenciation des produits

      Frein à la recherche de compétitivité

      Maintien des secteurs peu compétitifs au détriment d’autres secteurs

 

Le retour du protectionnisme  ( entre l’UE et le reste du monde) ?

-pour éviter le dumping social (pression à la baisse des salaires, déflation salariale)

-pour éviter le dumping fiscal

-pour éviter les délocalisations et leur impact sur l’emploi

-pour éviter la disparition du tissu industriel (argument de la protection des industries)

-pour respecter nos valeurs, nos choix politiques (pour la culture ou pour l’agriculture : pas de viande aux hormones, pas d’OGM)

 

 

2)  Les frontières culturelles :

 

a)    La mondialisation engendre t’elle l’émergence d’une culture mondiale, c’est-à-dire l’uniformisation des normes et des valeurs à l’échelle planétaire ?

 

 La question que nous allons nous poser est de savoir est-ce qu’on va vers une uniformisation culturelle mondiale, c’est-à-dire vers une suppression des frontières culturelles? La mondialisation est-elle un phénomène récent ?

Le libre-échange crée t’il une forme particulière (historique) de mondialisation ?

 

 

->la mondialisation de la culture

 

Définition de mondialisation culturelle :

Internationalisation des échanges culturels + émergence d’une culture mondiale (normes, valeurs, pratiques sociales à l’échelle internationale).

Echanges culturels= échanges de biens et de services, donc diffusion aussi de normes et de valeurs (par ex, informations, divertissements, films, jeux, les FMN dans l’organisation du travail).

Ambiguïté de la définition de biens culturels : il s’agit d’un bien (mais il peut s’agir aussi d’une production immatérielle ex musique) porteur de culture c’est-à-dire de normes et de valeurs. En même temps un bien « classique » est aussi porteur de culture (consommer fast food …)

 

 

=>L’acculturation est un phénomène inhérent aux sociétés humaines

 L’ acculturation existe depuis le début de l’humanité : chaque culture a toujours été  et est toujours en perpétuelle construction. Dans le monde romain, lors des guerres de religions, dans l’impérialisme, on cherche à imposer au-delà des frontières, à d’autres cultures, des normes et des valeurs que l’on pense « universelles »

 

 

 

L’homogénéisation de la culture au niveau mondial passe par plusieurs vecteurs :

 

-par la mondialisation des échanges de matières premières, de produits manufacturés, de capitaux, de services (mondialisation économique)

 

-par les FMN qui sont des acteurs essentiels de la mondialisation économique, mais qui participe aussi à  l’homogénéisation des normes et des valeurs (medias, publicité, mode d’organisation du travail)

 

-par les medias (TV, ciné, internet,…) qui jouent un rôle majeur :

        -dans la diffusion et l’uniformisation des musiques, films,… (biens culturels)

        -dans la multiplication des échanges d’information

      -dans la diffusion des normes et des valeurs (« village planétaire »  McLuhan)

 

 

-par le développement des valeurs universelles, notamment par rapport aux droits de l’homme, à la démocratie, mais aussi dans une moindre mesure le libéralisme économique, en particulier par le biais des grandes instances internationales.

 

 

=>la fabrication de produits culturels mondialisés (la marchandisation de la culture) conduit à un appauvrissement de la culture (nivellement, homogénéisation)

 

 

=> cette homogénéisation risque de se faire sous la domination américaine qui de domination économique peut se transformer en domination culturelle

(1°PIB mondial, 7 des 10 1°FMN, 44%des prix Nobel toutes disciplines confondues)

Conclusion : La domination culturelle résulte en grande partie de la domination économique

 

 

 

 

 

-> le maintien des spécificités socio-culturelles : « L’humanité : une machine à fabriquer des différences »

 

 

 Les normes et valeurs de la culture américaine ne sont pas les seules à se diffuser : on assiste plutôt à une généralisation des échanges culturels de toutes les cultures vers d’autres cultures, avec des succès qui ne sont pas toujours d’origine américaine (ex la pizza, le reggae, le Rai, les dessins animés et les mangas).

 

Il n’y a donc pas de disparition des diversités culturelles mais plutôt une acculturation : changement  résultant des contacts des contacts avec des cultures différentes. Cette acculturation existe depuis le début de l’humanité : chaque culture a toujours été en perpétuelle construction. Les apports des autres cultures sont réinterprétés à la lumière de la culture d’accueil (ex hamburger  « tartiflette » ou vaudou)

 

Les modes de réaction de la culture d’accueil peuvent d’ailleurs se faire sous la forme de différentes réactions : comme l’acceptation partielle ou totale, réintégration à des éléments de la culture d’accueil ou des réactions négatives (ex communautarisme ).

 

Or, l’acculturation peut se traduire par :

-de l’assimilation : le groupe dominé accepte et intègre les valeurs du groupe dominant.

 -une déculturation : acculturation imposée et assimilation forcée.

-ou par un ethnocide, c’est-à-dire destruction de la culture du groupe dominé  L’acculturation peut aussi se traduire par du syncrétisme culturel (métissage)

 

 

En fait les influences entre culture donneuse et culture receveuse sont souvent réciproque : on parle alors d’interpénétration  ou d’entrecroisement des cultures.

 

Remarque : L’acculturation peut se traduire par une contre-acculturation c’est-à-dire un rejet de la culture nouvelle et par réaction un repli identitaire, national et/ou communautaire : l’homogénéisation culturelle peut parfois entraîner des revendications de différenciations identitaires à l’intérieur des pays : par exemple, dans les sociétés occidentales qui s’uniformisent sur beaucoup de normes et de valeurs, certains groupes vont revendiquer leur différence : on parle de communautarisme.

 

Conclusion : s’il y a aujourd’hui tendance à la mondialisation, elle n’est pas synonyme d’uniformisation. Le poids des EU peut laisser craindre un affaiblissement des autres cultures. Dans cette lutte d’influence économique et culturelle, certaines cultures résistent mieux que d’autres, certaines cultures sont plus menacées que d’autres . Les mouvements altermondialistes participent à cette lutte contre une hégémonie culturelle :  « la culture n’est pas une marchandise « 

Malgré l’entrecroisement des cultures, et même si on mange de la pizza en Italie, en France comme aux EU, chaque pays garde des spécificités culturelles (il existe une culture typique française, mais qui est en perpétuelle construction)

 

Il n’y a pas d’homogénéisation culturelle parce que :

-à l’intérieur des pays , il subsiste de fortes inégalités d’accès à la culture.

-à l’échelle internationale, tous les pays ne bénéficient pas de la mondialisation (ex fracture numérique          

 

 

ð  La mondialisation n’est pas un phénomène récent, mais la mondialisation économique actuelle se caractérise par sa forme économique. Les rapports culturels ne sont pas des rapports égaux, le risque est que, avec  cette multiplication des échanges culturels, se répandent une façon de vivre très largement marquée par la culture des économies dominantes et en particulier de l’économie américaine, qui, parce qu’elle dispose d’une puissance économique supérieure puisse promouvoir une offre (culturelle, de biens et services ) prédominante , en particulier au niveau des industries du divertissement (séries télé, films, musique) et de quelques majors de l’alimentation.

 

 

 

Remarque :

 La mondialisation culturelle n’est pas forcément un phénomène négatif. Pour Amartya Sen, la mondialisation  apporte un métissage fécond ; c’est aussi le partage des connaissances et des valeurs qui permettront de faire progresser le développement humain partout dans le monde .

 

 

 

 

 

.

b)   Immigration, émigration : la circulation des personnes et l’identité nationale

 

Vers un monde sans frontière ?

 Le monde est déjà sans frontière pour les plus riches, qui non seulement peuvent faire circuler leurs capitaux librement, mais aussi  peuvent eux-mêmes circuler comme ils veulent : tourisme, résidence secondaire à l’étranger,…Il n’y a  aucune difficulté pour un américain d’immigrer en France ou pour un Français de s’établir au Maroc.

Les frontières sont donc un filtre (R.Debray) des plus pauvres : ceux des pays du Sud qui ne sont pas autorisés à rentrer dans les pays riches, sauf dans un circuit illégal qui renforcera les possibilités d’exploitation)  (comme l’emploi des clandestins pour des tâches ingrates à moindre frais.)

 Mais même à l’intérieur d’un espace de libre circulation qu’est l’UE, certains doivent déroger à la règle car trop pauvres (Roumains, Bulgares). Sans parler des Roms, peuple nomade qui symbolise la non reconnaissance des frontières.

 

3)  Les frontières politiques : vers une gouvernance mondiale ?

Quelle régulation pour l’économie mondiale ?

Le premier penseur à avoir énoncé une théorie politique explicitement universaliste fut probablement Kant, dans l’Idée d’une histoire universelle du point de vue cosmopolitique, article paru en 1784. A partir de l’idée classique selon laquelle « la nature ne fait rien en vain », et remarquant que la raison humaine profite davantage à la collectivité qu’aux individus, Kant déduit que la nature a voulu que les dispositions humaines ne parviennent à leur plein développement que dans une société qui sera, d’une part, la plus libre qui soit, et d’autre part la plus sûre et la mieux protégée, afin que les rivalités entre les hommes se transforment en émulation. Mais si l’on s’en tient à une société “parfaite” parmi d’autres moins parfaites, on retrouvera entre ces sociétés la même dangereuse rivalité que la loi a réussi à canaliser dans la société “parfaite”. Il faut donc établir une législation entre les sociétés elles-mêmes, ce qui revient, au bout du compte, à instituer un corps politique mondial. Kant formule ainsi « l’espoir qu’après maintes révolutions et maints changements, finalement, ce qui est le dessein suprême de la nature, un « État cosmopolitique universel arrivera un jour à s’établir. »

La Révolution française fut un important facteur d’émancipation de la conscience “mondialiste”. Ainsi Condorcet, dans son Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, œuvre achevée en 1793, se déclare favorable à une « République fédérale, universelle et fraternelle », dont les inspirateurs et les guides seraient les « peuples les plus éclairés, les plus libres, les plus affranchis de préjugés, tels que les Français et les Anglo-Américains ». Mais il ne s’agit plus là d’un projet impérialiste : « Nos espérances sur l’état à venir de l’espèce humaine peuvent se réduire à ces trois points importants : la destruction de l’inégalité entre les nations ; les progrès de l’égalité dans un même peuple ; enfin, le perfectionnement réel de l’homme. » Les frontières que veut supprimer Condorcet sont donc celles de l’inégalité.

Au XIXème siècle, une tentative originale d’unification de l’humanité, donc de suppression des frontières — il s’agit ici de frontières idéologiques, et non politico-géographiques — vit le jour avec Auguste Comte. En 1849, il fonda « l’Église universelle de la religion de l’Humanité », qui possède dogmes et rites, fixés dans le Catéchisme positiviste, paru en 1852. Le mot d’ordre de la religion de l’Humanité est triple : « L’Amour pour principe ; l’Ordre pour base ; et le Progrès pour but ». Par ailleurs, Comte distingue dans sa religion trois éléments propres à l’homme : les pensées, élaborées par la philosophie ; les sentiments, dont s’occupe la poésie ; les actes, légiférés par la politique. Mais il faut remarquer que tout cet appareil théorique n’a de sens pour Comte que par la « socialité essentiellement spontanée de l’espèce humaine ». Autrement dit, l’humanité tend d’elle-même à s’unifier ; la religion positiviste ne crée pas artificiellement un lien entre les hommes, elle apporte un cadre rigoureux à une tendance “naturelle” de l’homme : la socialisation.

Le socialisme de Karl Marx inspira et continue d’inspirer diverses formes d’universalisme. Sans rentrer dans le détail de la doctrine, on peut se référer à la Ière Internationale ou « Association internationale des travailleurs » qui voit le jour en 1864. Le principe fondateur de cette organisation peut bien être considéré comme un monde sans frontière, ou plus précisément un monde “par-dessus” les frontières : le prolétariat, avant de devenir l’autorité politique suprême, doit s’unir à l’échelle internationale, puisqu’il est exploité à l’échelle nationale et, surtout, parce que les intérêts de tous les prolétaires sont identiques. Le patriotisme, et plus encore le nationalisme, ne peuvent être pour Marx que des théories bourgeoises, auxquelles aucun prolétaire ne peut adhérer ; de là le fameux mot d’ordre : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » De nombreux conflits idéologiques entre divers courants se réclamant du marxisme auront lieu à la fin du XIXème et au cours du XXème siècle, dont le point culminant sera la création, en 1938, de la IVème Internationale par Trotski. Celui-ci estima que Staline, partisan du socialisme dans un seul pays, avait trahi les idéaux marxistes. Le trotskisme revendique ainsi sa fidélité aux ambitions originelles de Marx,

 

 

 

A-t-on besoin des instances internationales pour réguler l’économie mondiale, et si oui, comment y représentés égalitairement tous les pays, comment éviter l’hégémonie américaine ou plus généralement  la domination des grandes puissances économiques, comment promouvoir un libre-échange qui se fasse aussi au bénéfice des plus pauvres, la vision libérale de l’échange internationale est-elle vraiment la mieux adaptée  et est-elle adaptée à tous les pays ?

 

Le problème n’est donc pas tant la mondialisation mais plutôt sa gouvernance, et aussi l’harmonisation des politiques internationales en matière de normes économiques, sociales, mais aussi environnementales (ex Kyoto).

Au lendemain de la 2°guerre mondiale sont crées toutes les grandes instances internationales, le GATT (accords de Bretton Woods) qui deviendra l’OMC, l’organisme qui négocie à l’échelle multilatérale des accords de libre-échange, le FMI et la Banque mondiale, organismes financeurs mais aussi régulateurs. On peut aussi rappeler l’existence des « G », G6 crée en 1973 à la suite du choc pétrolier (Etats-Unis,  Royaume-Uni, Allemagne de L’Ouest,  Japon, France et Italie) : le G6 est plutôt un club des puissances occidentales puisque l’URSS n’en fait pas parti.

Incontestablement, le G20 représente mieux le monde d’aujourd’hui que le G8 qui paraissait comme une sorte d’anomalie représentant un monde qui n’existe plus.

¨      Le G8 représente 13% de la population mondiale et 46% du PIB
¨      Le G20 représente 61% de la population mondiale et 80 % du PIB

Mais on ne peut que constater la terrible absence de l’Afrique représentée seulement par la seule Afrique du Sud. Même si le continent Noir est présent par l’intermédiaire de l’AUC (African Union Commission) en tant qu’observateur tout comme l’Asean. Ironie de l’histoire, L’Afrique du Sud était au ban des nations il y a seulement une vingtaine d’années pour sa politique d’Apartheid.L’autre grand absent lorsque l’on observe la liste des pays classés selon leur puissance économique est l’Espagne. La Pologne qui se situe à la 20e position de ce classement devrait aussi logiquement en être. Tout comme l’Iran (17e). En revanche l’Arabie Saoudite, l’Argentine et l’Afrique du Sud ne devrait en faire partie.

De même, les enceintes internationales comme le FMI et la Banque mondiale sont dominées par les principales puissances occidentales.

A titre d’exemple, le Royaume-Uni et ses 60 millions d’habitants détiennent 4,86% des droits de vote au conseil des gouverneurs du FMI, loin derrière les Etats-Unis (16,77%) mais devant la Chine (3,66%) et l’Inde (1,89%), qui dépassent chacun le milliard d’habitants.

En avril 2008, le conseil des gouverneurs du FMI avait adopté un projet de réforme de sa structure de gouvernance afin de réaligner les quotes-parts et la répartition des votes de ses 185 pays membres sur leur poids et leur rôle respectif dans l’économie mondiale.

Les pays du G20 ont accepté de renforcer le poids des pays émergents au sein du Fonds monétaire international (FMI) en transférant 5% des droits de vote de l’institution vers les pays émergents qui y sont moins représentés.

La Chine, la Corée du Sud et la Turquie devraient être les principaux bénéficiaires de ce rééquilibrage décidé pour que le tour de table du FMI reflète mieux le poids des différents pays dans l’économie mondiale, a-t-on indiqué de source française.

A l’inverse, les Européens “sur-représentés”, à savoir la Grande-Bretagne, la France et la Belgique, devraient perdre une partie de leurs quotas.

 

Depuis les années 2000, on assiste à la formation d’une société civile mondiale qui tente d’opposer une autre vision de la mondialisation et de s’imposer comme des contre-pouvoirs (consommateurs : commerce équitable, associations : mouvement altermondialiste, ONG dans l’action humanitaire et la logistique sur des projets écologiques). Cette autre vision des échanges est relayée à l’échelle de certains états qui à la fois revendiquent plus de pouvoirs dans les instances internationales, mais aussi la possibilité de négocier d’autres règles plus favorables aux PED ou plus équitables.

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE : (absolument non exhaustive)

 

Les enjeux de la mondialisation, collectif, ed° Repères La découverte, 2007.

 

Joseph Stiglitz, « Un autre monde », Fayard Poche, 2006.

Amartya Sen, « Un nouveau modèle économique. Développement, justice, liberté. » Odile Jacob, 2000.

D.Cohen, « la mondialisation et ses ennemis », Hachette, 2005.

L.Carroué, C.Ruiz, D.Collet, « La mondialisation », Bréal, 2009

J.Bové « Le monde n’est pas une marchandise », La Découverte, 2000.

 

P.Dardot, C.Laval, « La nouvelle raison du monde », La Découverte, 2009.

 

Articles de Presse :

 

« Une nouvelle loi vient durcir la politique migratoire »,  E.Vincent,  Le Monde, 28/09 /10

« Le système monétaire au centre des travaux du G20 » E.Faujas, Le monde, 20 /02 /11

«Le retour du protectionnisme et la fureur de ses ennemis », J.Sapir, Le Monde Diplomatique,  mars 2009. 

« Vers une gouvernance mondiale? » Christian Lequesne, Alternatives Internationales Hors-série n° 007 – décembre 2009

Conférence A.deBenoist : « Europe et mondialisation »

De nombreux numéros de la revue « Problèmes économiques »

Prépa Sciences Po : Les frontières – Le Grand-Nord

Prépa Sciences Po : Les frontières – Le Grand-Nord

-Étude rapide de la situation géostratégique et géopolitiques du Grand-Nord-

“Le plus intéressant dans les cartes, ce sont les espaces vides, car c’est là que ça va bouger”, Joseph Conrad.

Adieu phoques, baleines, poissons, ours blancs! Bonjour aux nouveaux arrivants, aux pionniers, aux intéressés, aux acteurs économiques de demain, …

 

La région du Grand-Nord est l’enjeu de nouvelles problématiques sur le plan économique, environnemental et stratégique. Cette région est l’objet de toutes les attentions de la part des puissances régionales et/ou mondiales possessionnées –qui disposent d’un territoire- dans la région de l’Océan Arctique. La fonte des glaces notamment change la donne au niveau économique :

  • Ouverture de nouvelles voies maritimes pour rallier l’Asie et l’Europe qui représentent un gain d’environ 8000 km par rapport aux passages classiques par le canal de Suez.
  • Possibilités nouvelles d’exploitation d’hydrocarbures -Gaz naturel (30% des réserves mondiales estimées) et Pétrole (11% des réserves mondiales estimées)
  • Accessibilité des fonds marins regorgeant de métaux rares.

Doc 1 : Carte de la région Arctique

L’intérêt économique nouveau pour cette région attire toutes les convoitises. Sans mauvais jeu de mots, il se pourrait que le Grand-Nord devienne dans les années à venir le “point chaud” du globe.

Ces considérations économiques, mais aussi les enjeux stratégiques de la dissuasion nucléaire et de la sécurité environnementale, obligent les États à repenser leur engagement dans cette région.

Bien que la puissance américaine soit présente dans cette région depuis un demi-siècle (base militaire de Thulé), que l’URSS avait aussi fait du front polaire arctique un objet essentiel de sa stratégie de dissuasion nucléaire, on aurait pu penser que cet espace soit délaissé à la fin de la guerre froide pour une orientation des politiques de défenses sur d’autres points du globe.

Cependant, la recherche de nouvelles perspectives de développement, la volonté de pourvoir à sa propre sécurité énergétique, et de contrôler les points de passage stratégiques entraînent les acteurs de cette région dans une course à l’appropriation de l’espace vide, inexploré.

Et cela se traduit notamment par la recherche et la redéfinition de nouvelles frontières maritimes sous l’Arctique. La Russie, les États-Unis (par l’Alaska), le Canada, la Norvège, le Danemark, le Groenland (région autonome danoise) et l’Islande ont intérêt à vite redéfinir leurs frontières maritimes pour exploiter au maximum les ressources du Grand-Nord, régir le passage des voies commerciales dans leurs eaux, disposer d’un atout stratégique militaire, exploiter les ressources poissonnières, extraire des hydrocarbures …

La problématique des frontières s’articule ainsi non seulement par celle des frontières terrestres, mais aussi à travers la bataille qui se joue pour la définition des frontières maritimes, la plupart du temps invisibles sur les cartes.

Par exemple, dans le cas du Grand-Nord, les États en présence bénéficient de leurs droits issus de la Convention de Montego Bay (1992, Jamaïque) qui leur réserve une bande de 200 miles marins le long de leur côte représentant une Zone économique exclusive (ZEE). Mais ils en veulent plus, et comptent bien s’approprier des zones maritimes qui jusque-là étaient des zones maritimes internationales (ou Haute Mer). Ils demandent en effet aux organisations internationales et notamment au Conseil de l’Arctique de reconnaître une plus large bande de territoire au regard de la continuité physique des fonds sous-marins par rapport au bloc continental auquel ils appartiennent. Cette demande se fait autour de la dorsale de Lomonossov. La Norvège a eu gain de cause et la Russie qui voit son dossier toujours en cours d’étude par les instances internationales.

Doc 2 : Les revendications Russes

Le territoire ainsi récupéré par la Norvège dans la Mer de Barents lui permet de revoir à la hausse ses ambitions économiques, stratégiques et régionales. Bien que rien n’ait changé sur les cartes, les frontières juridiques issues du droit de la mer ayant été étendues, la place de la Norvège a été nettement améliorée dans l’imbroglio géostratégique régional.

 

Doc 3 : La fonte des glaces et l’ouverture de nouvelles voies commerciales

 

La définition des zones maritimes est donc un point sensible des échanges au vu des échanges mondiaux qui pourraient bien passer par là dès demain.

 

Quels avantages à définir le plus largement possible une zone maritime ?

-La zone maritime russe, canadienne, danoise, norvégienne ou américaine, donne une priorité d’exploitation des fonds marins, des réserves de poisson, et contrôle du commerce maritime passant dans cette zone accompagné de taxes portuaires élevées pour les ravitaillements.

 

Pourquoi les États-Unis veulent une route maritime Nord-Est sous statut international ?

– Cela permettrait un développement du commerce mondial par cette voie, ainsi qu’une accélération des échanges. Mais qui dit bâtiments commerciaux civils dit aussi présence d’une flotte militaire stationnée dans cette zone. Cela permet également des opérations de protection, de renseignement et de détection radar des bâtiments militaires étrangers. L’ouverture de nouvelles voies maritimes bouleverse non seulement l’économie mondiale, mais aussi l’échiquier géopolitique mondial.

 

Que font les différents États pour justifier leur présence ?

-Août 2007: les Russes plantent un drapeau sous le Pôle-Nord : «Prouesse technique», «action symbolique» mais aussi et surtout signe fort envoyé aux puissances du Grand Nord. Vladimir Poutine remilitarise le front polaire, investit dans les ports en eau profonde et notamment celui de Mourmansk (volonté de créer le pont de l’Arctique entre Mourmansk et la baie d’Hudson au Canada).

-Un mois plus tard, le Canada organise le plus grand exercice militaire de son histoire et prévoit la construction d’une base militaire ouverte sur l’espace arctique.

-De son côté les États-Unis continuent les exercices militaires en conditions extrêmes sous la banquise avec des sous-marins nucléaires lanceur d’engin (SNLE) et sous-marin nucléaire d’attaque (SNA), perfectionnent leurs radars longue portée – peut-être devraient-ils aussi penser aux radars directs une collision est si vite arrivée …- .

-L’UE tente aussi de tirer son épingle du jeu et propose pour la énième fois des conditions avantageuses à la Norvège pour qu’elle accepte un accord de coopération  économique et stratégique, voire une adhésion pure et simple. C’est un des acteurs qui met en avant la sauvegarde de l’environnement, mais cette question semble plutôt superflue car l’intérêt économique prime et la Raison d’État aura raison du climat.

-La Norvège multiplie les déclarations d’intention aux grandes puissances. Elle est et sera un acteur incontournable de la course au Grand-Nord : qui sera le plus offrant ?

 

La bataille  du Grand Nord a commencé …

 

Quelques pistes pour approfondir le sujet -si le coeur vous en dit- :

Clôture de la 4ème année polaire internationale (partie sur la gouvernance des deux pôles), rapports de l’OPECST, 2009.

Un colloque “mignon”, avec des personnalités. Mais bon, pas beaucoup de perspectives géostratégiques. Réflexions sur l’environnement, le réchauffement climatique et l’avenir des deux pôles. À noter la présence du scientifique Jean Malaurie très calé sur le sujet. Texte disponible en ligne : http://www.college-de-france.fr/media/evo_cli/UPL2474_CR_API_2009.pdf

 

 

Amiral BESNAULT, Géostratégie de l’Arctique, bibliothèque stratégique, 1992.

De la géostratégie pure et dure. Une analyse poussée de l’environnement arctique. Présnetation des enjeux et défis majeurs pour les armées en terrain hostile: conséquences d’un possible réchauffement sur les structures militaires; impact du froid sur les armées, les matériels, les armes et les soldats; effets du manteau nival sur la furtivité, les déplacements, les stratégie aérienne, … l’Amiral Besnault a aussi dessiné quelques cartes au fur et à mesure de ses explications : attention, il vous faudra du courage pour les décoder.

 

 

DU CASTEL Viviane, Le Grand Nord, un nouvel enjeu très courtisé, «L’exemple de la mer de Barents, Norvège» L’Harmattan, 2010.

Ouvrage très complet qui regorge de données chiffrées. C’est aussi un des plus récent sur le sujet. L’auteur par d’une étude de cas  -la Norvège et son influence sur la mer de Barents- pour élargir par la suite sur l’action des grandes puissances impliquées dans cette région. Très bon livre !

 

 

LABEVIÈRE Richard, THUAL François, La bataille du Grand Nord a commencé, Perrin, 2008.

Ouvrage complet qui reprend très bien les grandes problématiques actuelles. Ouvrage clair qui a le mérite d’être accompagné de cartes thématiques très bien faites. On arrive grâce au recoupement de ces différentes cartes à avoir une vision globale des enjeux de la région.

Interview de Richard Labevière co-auteur de cet ouvrage : http://www.affaires-strategiques.iris-france.org/spip.php?article423

 

 

Quelques sites aussi :

http://www.lemonde.fr/planete/infographie/2009/05/14/la-course-a-l-arctique_1192680_3244.html : résumé de la situation par des cartes interactives.

http://cartographie.sciences-po.fr/ : de très très bonnes cartes qui peuvent vous servir pour tous les sujets que vous aurez à traiter quelque soit la région géographique.

http://www.ifri.org/ : l’institut français des relations internationales.

http://www.affaires-strategiques.info/

http://www.cairn.info/

http://www.persee.fr/

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