PARTIE 5 – CHAPITRE 2 : QUELLES SONT LES CONSEQUENCES POUR L’EMPLOI ?

PARTIE 5 – CHAPITRE 2 : QUELLES SONT LES CONSEQUENCES POUR L’EMPLOI ?

Notion abordée dans ce cours :

Flexibilité du marché du travail, taux de chômage, taux d’emploi, qualification, demande anticipée, salariat, précarité, pauvreté.
Afin de montrer que la diversité des formes et des analyses du chômage explique la pluralité des politiques, on analysera les politiques macroéconomiques de soutien de la demande globale pour lutter contre le chômage keynésien, les politiques d’allégement du coût du travail pour lutter contre le chômage classique, les politiques de formation et de flexibilisation pour réduire la composante structurelle du chômage.
On soulignera que les politiques de l’emploi sont aussi fondées sur la prise en compte du rôle du travail et de l’emploi dans l’intégration sociale. On se demandera en quoi ce lien entre travail et intégration sociale est fragilisé par certaines évolutions de l’emploi.
Acquis de première : chômage, productivité, demande globale, politique monétaire, politique budgétaire, rationnement.

Le taux d’emploi est la proportion de personnes disposant d’un emploi parmi celles en âge de travailler (15 à 64 ans). Le taux d’emploi reflète la capacité d’une économie à utiliser ses ressources en main-d’œuvre.

De nombreux économistes estiment que le taux d’emploi est une mesure plus pertinente que le taux de chômage pour évaluer la situation du marché du travail d’un pays. En effet, le taux de chômage, même défini selon la norme internationale du BIT, peut être modifié par différentes manipulations comptables (chômeurs catégorisés à tort comme handicapés, incitation au renoncement pour les demandeurs d’emploi en fin de droits,…) et particularismes locaux (faible participation des femmes,…).

Rappel : le chômage (personne active à la recherche d’un emploi) est calculé différemment selon les organismes.

Le taux de chômage mesure la part des chômeurs dans la population active.

1- La diversité des formes et des analyses du chômage explique la pluralité des politiques macro-économiques de lutte contre le chômage

 

1.1 – Lutter contre le chômage keynésien par des politiques de soutien de la demande

Pour Keynes, le chômage massif des années 1930 montre que le marché du travail n’arrive pas automatiquement à l’équilibre et qu’il peut y avoir un chômage involontaire qui s’explique par une insuffisance de la demande de biens et services. Le salaire n’aurait pas non plus d’influence sur la demande de travail qui dépendrait de l’anticipation de la demande de biens et services.

  • En effet, pour Keynes, les marchés sont interdépendants, son analyse se fait sous forme de circuit et  c’est le marché des biens et services qui va déterminer le niveau de l’emploi (notez que Keynes préfère parler de niveau d’emploi que de demande  de travail)
  • Comment se fixe le niveau de l’emploi selon Keynes ? L’emploi est avant tout déterminé par les anticipations des entreprises : la demande anticipée (dit « demande effective » dans le langage keynésien) va déterminer le niveau de la production et donc l’utilisation des facteurs de production c’est-à-dire le niveau de l’emploi (et de l’investissement).
  • Si les entreprises n’ont pas une forte demande à satisfaire, elles n’auront pas besoin de facteurs de production supplémentaire. Il n’y a pas de raison pour que leur embauche satisfaisant leur niveau de production nécessaire corresponde au niveau de plein-emploi. Selon Keynes, le chômage s’explique donc par une insuffisance de la demande effective (consommation et investissement) qui conduit les entreprises à anticiper une baisse de leur production et donc le volume de main d’œuvre nécessaire : le chômage est donc involontaire.
  • Pour résoudre le chômage, il faudrait donc, pour Keynes, relancer l’économie, c’est-à-dire relancer la demande. Pour lui, seul l’Etat peut suppléer la faiblesse de la demande en relançant l’investissement (hausse de l’investissement public et/ou baisse des taux d’intérêt) qui doit avoir un effet multiplicateur et/ou en relançant la consommation par une politique de redistribution des revenus avantageant les ménages ayant une forte propension à consommer (par exemple, aides sociales pour les plus pauvres) ou par une politique cherchant à créer des emplois (publics par exemple). La politique de relance keynésienne peut donc être une politique de relance budgétaire (en utilisant le budget de l’Etat, donc les dépenses publiques) ou une politique de relance monétaire (injection de monnaie dans l’économie ou en baissant les taux d’intérêt). Cette politique contra-cylcique engendre les anticipations optimistes des agents, qui va se traduire par des embauches supplémentaires et lançant ainsi l’économie dans le cercle vertueux de la croissance.
Remarque : dans une économie ouverte (non théorisée par Keynes), la relance de la demande peut aussi se faire par une hausse des exportations.
  • La politique de relance keynésienne : En réponse à la crise de 2008, tous les pays de l’OCDE ont mis en place des plans de relance. La principale difficulté de ces politiques réside dans leur financement. En période de récession, les recettes de l’Etat se réduisent déjà en même temps que ses dépenses augmentent : le niveau du déficit public ne permet donc pas la plupart du temps de mener les politiques de relance.

 

1.2 – Des politiques d’allègement du coût du travail pour lutter contre le chômage classique

-le coût salarial est-il trop élevé en France ?

Pour les néo-classiques, le chômage résulte d’un coût trop élevé du travail qui pénalise notamment l’emploi des moins qualifiés dont la productivité marginale est moins élevée que le coût du travail. L’existence d’un salaire minimum implique l’existence d’un prix-plancher supérieur au salaire d’équilibre. Par exemple, en France, l’existence d’un Smic supérieur au niveau du salaire d’équilibre expliquerait alors le chômage, d’autant plus que le coût du travail pour l’entreprise inclut aussi les cotisations sociales finançant la protection sociale, qui alourdissent considérablement le coût du travail.

 La rigidité à la baisse des salaires explique que l’offre de travail soit supérieure à la demande de travail (car les entreprises subissent un rationnement du facteur travail du fait de son coût) et que l’équilibre ne puisse se faire par le marché.

Le chômage classique s’explique donc par un coût du travail trop élevé qui dissuade les entreprises d’embaucher et les incite à substituer du capital au travail.

-Quels sont les effets sur l’emploi d’une baisse du coût du travail ?

La baisse du coût du travail doit surtout viser les emplois les moins qualifiés, pour lesquels le niveau de productivité marginale est le plus faible (les entreprises comparent le coût salarial unitaire avec la productivité).

Une baisse du coût du travail signifie une baisse des charges sociales et donc des recettes pour les administrations sociales de Sécurité sociale. La tentation est de la compenser par une augmentation des autres recettes fiscales : par exemple, la TVA.

 

1.3  – Lutter contre le chômage structurel par des politiques de formation et de flexibilisation

La persistance d’un chômage massif peut s’expliquer par l’inadéquation entre l’offre et la demande de travail (chômage structurel).

Les politiques de l’emploi peuvent donc chercher à agir soit sur l’offre, soit sur la demande de travail.

->D’une manière générale, les politiques de flexibilité du marché du travail sont des politiques d’inspiration libérale car la flexibilité du marché du travail doit permettre une meilleure rencontre de l’offre et de la demande de travail. Ce sont aussi des politiques de l’offre de biens et services (« politique de l’offre »), c’est à dire en faveur des entreprises qui cherche à agir sur la demande de travail.

-les différentes formes de flexibilité

Pour s’adapter aux fluctuations de la demande, les entreprises doivent avoir un système de production flexible. La flexibilité du marché du travail représente l’ensemble des mesures qui permettent aux entreprises d’adapter leur volume de travail aux évolutions de la demande. On distingue :

  • -la flexibilité externe : recours aux CDD, à la sous-traitance
  • -la flexibilité interne : variation du volume d’heures de travail
  • -la flexibilité fonctionnelle : variation des postes de travail auxquels sont affectés les salariés
  • -la flexibilité salariale : individualisation des rémunérations

->formation initiale, formation continue

Les politiques d’aide au retour à l’emploi, qui agissent sur la formation des chômeurs (comme celle qui soutiennent les revenus) sont plutôt des politiques de la demande (de biens et services), car elles sont en faveur des ménages. Elles cherchent à agir plutôt sur l’offre de travail

Le chômage structurel peut aussi provenir d’une inadéquation des qualifications des individus  (diplômes + expériences professionnelles) avec celles requises pour les emplois (capacités techniques requises par le poste), donc les politiques de formation initiées par l’Etat vont viser à améliorer la formation, afin de rendre les chômeurs (et même tous les actifs) employables.

 

CONCLUSION : Les politiques de l’emploi, ce sont toutes les interventions des pouvoirs publics sur le marché du travail. Les politiques actives sont les politiques de l’emploi qui ont pour objectif de soutenir l’emploi (créer des emplois ou empêcher leur destruction) ; les politiques passives sont les politiques de l’emploi qui ont pour objectif de limiter les effets néfastes du chômage (par le versement d’allocations, par exemple).

2 – Le travail, facteur d’intégration sociale

 

2.1 – Les politiques de l’emploi sont aussi fondées sur le rôle du travail dans l’intégration sociale

-le travail est un facteur d’intégration sociale parce qu’il a des fonctions sociales :

  •  il permet de créer des liens sociaux
  • il donne un rôle et un statut à un individu et lui permet de se construire une identité professionnelle et donc sociale (épanouissement). Par exemple, lorsqu’on analyse l’évolution du statut des femmes dans la société, on peut voir que l’acquisition d’une place sur le marché du travail a été pour elles fondamentale.

-le travail est un moyen d’apprendre la vie en société, de se sociabiliser : il structure le temps et l’espace, il construit un espace social permettant l’apprentissage de la vie avec les autres, la coopération et la collaboration des individus. Cet espace d’intégration peut se matérialiser dans l’existence de différentes instances (syndicats, comités d’entreprise, associations,..)

-le travail est un facteur d’intégration sociale parce qu’il a des fonctions économiques :

-le travail permet à l’individu de disposer de revenus primaires et de pouvoir ainsi participer à la société de consommation

-le travail permet à l’individu d’accéder à des droits sociaux (ex Sécu, allocations chômage) : le système de protection sociale étant financé par les cotisations sociales, il faut avoir travaillé pour pouvoir en bénéficier (système d’assurance sociale/ système d’aides sociales où les droits ne sont pas liés à la nécessité de cotisations.)

 

Serge Paugam présente le travail comme étant nécessaire à la satisfaction des besoins d’au moins trois dimensions des individus :

  1. l’épanouissement dans l’acte de travail lui-même (homo-faber)
  2. la satisfaction de la rétribution monétaire du travail (homo-oeconomicus)
  3. la reconnaissance par les autres du travail effectué (homo-sociologicus)

 

-Des politiques de l’emploi fondées sur le rôle du travail dans l’intégration sociale

Les politiques de l’emploi incluent des mesures pour renforcer la cohésion sociale en ciblant tout particulièrement les publics les plus fragiles pour favoriser leur retour à l’emploi.

1°exemple : le RSA : en permettant aux salariés les moins bien payés de continuer à percevoir un « RSA chapeau », cette aide sociale incite les bénéficiaires de minima sociaux à reprendre une activité, même minimale.

2°exemple :la flexécurité : une politique de l’emploi qui maintient le lien social

Les pays scandinaves ont fait le choix de la flexécurité (en conjuguant la flexibilité du marché du travail et la protection des salariés) qui se traduit par une mobilité forte des salariés, une indemnisation élevée et durable des chômeurs, un bon suivi des demandeurs d’emploi, …

 

2.2        Les évolutions de l’emploi peuvent fragiliser le lien entre travail et intégration sociale

Les évolutions de l’emploi sont l’augmentation et l’allongement de la durée du chômage, le développement de la précarité et de l’existence de travailleurs pauvres.

Le salariat n’est donc plus la norme d’emploi. Le salariat est le mode d’organisation du travail basé sur la rémunération de celui qui loue sa force de travail. En échange du travail effectué, le salarié reçoit une rémunération, identique tous les mois, ainsi que le financement de sa protection sociale. Pour montrer qu’une grande partie de la société est constituée de salariés et que des droits sont associés à ce statut, Robert Castel parle de société salariale.

Les politiques économiques de l’emploi sont déterminantes pour amortir les conséquences économiques de la baisse du taux d’emploi qui représente une baisse de recettes pour le système d’assurance sociale.

Elles sont aussi déterminantes pour amortir les conséquences sociales de l’exclusion d’un certain nombre d’individus du marché du travail.

-l’augmentation et l’allongement du chômage augmente le risque d’exclusion sociale (augmentation de la durée et existence d’un noyau dur) Le chômage engendre une baisse des revenus et donc une moindre possibilité de participer à la société de consommation : à long terme le chômage peut engendre une perte de logement, de droits sociaux et une rupture avec le reste de la société, un isolement social (par exemple, on a moins d’amis, pas les mêmes horaires que les autres, les chômeurs connaissent plus souvent le divorce,…)

-la précarité (situation d’emploi instable regroupant les CDD, l’intérim, les stages, les emplois aidés) et la flexibilité affaiblissent le lien social car elles entraînent une moindre reconnaissance sociale (emplois précaires, changeants, sentiment d’être interchangeable), des revenus plus faibles, des droits sociaux inférieurs,…Ceci touche en particulier les jeunes.

Les allers et retours entre travail et emploi, notamment chez les jeunes peut priver de la possibilité  de louer un logement, ne laissent pas le temps d’acquérir une expérience professionnelle suffisante et reconnue, donnant une identité professionnelle. Dans ces conditions, le travail n’est guère facteur d’intégration sociale.

-Aujourd’hui, le travail ne met plus non plus à l’abri de la pauvreté : environ 2 millions de personnes qui travaillent en France aujourd’hui ont un revenu inférieur à 60% du niveau de vie médian. Or la pauvreté est aussi un facteur d’exclusion sociale : elle ne permet pas de participer comme les autres à la société de consommation, elle peut priver de l’accès aux mutuelles complémentaires et peut amener à renoncer à se soigner et elle peut provoquer un certain isolement social.

-La détérioration des conditions de travail peut fragiliser le lien social

Les principes toyotistes du flux tendus et du travail collaboratif entraînent une pression sur les salariés (« implication contrainte ») qui rendent plus difficiles leurs conditions de travail. Le travail n’est alors plus forcément un lieu d’épanouissement personnel, mais peut devenir un lieu de harcèlement ou de tensions.

CONCLUSION : La place du travail, valeur centrale pour les occidentaux du 20° siècle se trouve ainsi modifiée. Aujourd’hui, dans les enquêtes d’opinion, la réussite professionnelle et familiale sont souvent mis sur un pied d’égalité par les hommes et les femmes. (J.Rifkin : la fin du travail) La montée de l’individualisme a augmenté l’importance de la place de l’épanouissement personnel dans la hiérarchie des valeurs, cela ne signifie pas pour autant que le travail ait disparu des valeurs. Par contre, l’individu a aujourd’hui plus tendance à donner de l’importance à l’épanouissement personnel qu’il trouve dans son travail qu’à l’utilité sociale de son emploi. Ainsi, plus l’écart est grand entre le travail tel qu’il est vécu et la représentation qu’a l’individu d’un travail épanouissant, moins le travail jouera sa fonction d’intégration sociale (risque de déclassement professionnel et social) Le travail ne serait alors qu’un vecteur parmi d’autres du lien social.

PARTIE 1 – CHAPITRE 2 : COMMENT EXPLIQUER L’INSTABILITE DE LA CROISSANCE ?

PARTIE 1 – CHAPITRE 2 : COMMENT EXPLIQUER L’INSTABILITE DE LA CROISSANCE ?

1) Comment les fluctuations économiques se manifestent-elles ?

 

1.1 – Une croissance récente à l’échelle de l’humanité

 Au 16° 17°siècle, dans la « période agraire », la croissance est extrêmement faible : 0.1%/an.

Au 18°siècle,  dans la période du « capitalisme commercial » la croissance est 0.2% par an.

C’est surtout au 19°siècle, avec le « capitalisme industriel » que la croissance économique s’accélère (2% en France, 3% aux EU).

Puis au 20° les 30 Glorieuses se caractérisent par un taux de croissance annuel moyen de 4.2% pour les pays de l’OCDE, taux jamais égalé.

Depuis le milieu des années 70, la croissance ralentit pour atteindre en moyenne un peu moins de 2 % sur la période la plus récente (2000-2010).

 

Attention, même si au cours des siècles la tendance de la production est à la hausse, la production augmente de manière irrégulière. On  calcule un taux de croissance annuel moyen (TCAM) qui peut cacher des évolutions erratiques selon les années.

Remarque : la croissance est un phénomène cumulable sur le principe des intérêts composés : par ex, si le TCAM est de 2% par an , le PIB est multiplié par 2 en 35ans PIB x 1.02? (n=35)

1.2 – L’histoire économique est marquée d’importantes fluctuations : la variabilité de la croissance

On parle de fluctuations économiques plutôt que de cycles économiques car tous les économistes ne sont pas d’accord sur l’existence de cycle.

Fluctuations économiques : mouvements de hausse ou de baisse du PIB en alternance. (Si cette alternance est régulière, on parle de cycles)

  • Cycle Kitchin : cycles mineurs de 3 ans
  • Cycle Juglar : cycles de 9 à 10 ans
  • Cycle Kondratiev : cycles de 50 ans
  • Pour J.Schumpeter (« théorie de l’évolution économique 1912 et « Business cycle » 1939) la croissance économique  évolue sous forme de cycles liés aux transformations technologiques, qui sont à l’origine des cycles longs que N.Kondratiev a mis en évidence (1920)

Expansion: phase d’augmentation du PIB de court terme

Dépression: baisse du PIB à  long terme

Récession: faible taux de croissance ou baisse du PIB de court terme

Crise: retournement du cycle = passage d’une période de croissance à  une période de dépression, voire récession.

2) Comment expliquer les fluctuations économiques ?

Choc exogène = Evènement extérieur à l’activité économique qui va avoir des effets positifs ou négatifs sur elle.

Ces chocs peuvent avoir un impact sur l’offre globale ou sur la demande globale.

Les chocs exogènes conduisent à des fluctuations car ils viennent modifier les courbes d’offre et de demande. C’est-à-dire que pour un même niveau de prix on aura une quantité offerte ou demandée différente (déplacement des courbes : cf. cours de première). Les chocs exogènes créent donc une accélération ou au contraire un ralentissement de l’évolution du PIB à court terme ce qui éloigne la croissance de sa trajectoire de long terme et crée une fluctuation à la hausse ou à la baisse.

 

2.1- Les effets des chocs de  demande sur la croissance

Demande globale = ensemble de la demande agrégée dans une économie. C’est-à-dire toue la demande de biens et services de consommation et de production. Elle correspond à l’ensemble des utilisations (« emplois ») de la production.

Demande globale = Consommation finale + FBCF + X

Un choc de demande est une perturbation de l’activité économique liée à une hausse ou une baisse brutale de la demande qui peut s’expliquer par tout un tas d’évènements (baisse du pouvoir d’achat, évolution démographique, campagne publicitaire…) Un choc de demande est un évènement qui affecte les goûts ou les besoins des consommateurs, donc leur consommation, ou, qui affecte les entreprises, donc leur investissement et donc qui déplace donc la courbe de demande.

Si la demande augmente (la courbe se déplace vers la droite), toutes choses égales par ailleurs (ceteris paribus), les quantités échangées vont augmenter et les prix aussi : les consommateurs veulent acheter plus, et si l’offre n’augmente pas, ils devront payer plus cher.

Si la demande baisse (la courbe se déplace vers le bas), toutes choses égales par ailleurs, les quantités échangées vont diminuer et les prix aussi.

Exemples de chocs de demande :

  • L’impact d’une hausse de la consommation (intérieure) : une hausse de la consommation (et donc de la demande) entraine une hausse plus que proportionnelle de l’investissement (effet accélérateur) et donc de la demande
  • L’impact d’une hausse de l’investissement
  • Une hausse de l’investissement entraine une hausse plus que proportionnelle de la demande (effet multiplicateur)
  • L’ouverture économique
  • Une ouverture économique permet d’augmenter les exportations et donc le PIB

Le choc de demande négatif de 2009 dans la zone euro

Dans la zone euro, sous l’effet de la baisse de la consommation des ménages, les investissements ont baissé massivement, provoquant un ralentissement de la croissance effective qui fut largement inférieure à la croissance potentielle

 

Impacts d’une augmentation de la demande sur le PIB :

Augmentation de la demande –> Augmentation des commandes aux entreprises –> Augmentation de la production des entreprises –> Augmentation de l’emploi + augmentation des investissements –> augmentation des revenus distribués –> augmentation de la demande… Effet multiplicateur, on entre dans un cercle vertueux de croissance du PIB.

 

Impact d’une diminution de la demande sur le PIB :

Baisse de la demande –> Baisse des commandes aux entreprises –> Baisse de l’emploi et de l’investissement –> Baisse des revenus distribués dans l’économie –> baisse de la demande … –> On entre dans un cercle vicieux de ralentissement du PIB voire de diminution du PIB.

 

2.2- Les effets des chocs d’offre sur la croissance

Offre globale = Production nationale + Importation

On a vu que la production dépend des facteurs de production disponibles dans l’économie (quantité de travail et de capital et leur efficacité).

Un choc d’offre est une perturbation de l’activité économique liée à une variation brutale des conditions de l’offre en particulier les coûts de production. (Hausse des salaires, appréciation du taux de change, choc technologique conduisant à une hausse de la productivité, évolution du prix des matières premières, des salaires).Un choc d’offre  est un évènement qui affecte directement les coûts de production ou les capacités productives des entreprises, ce qui fait se déplacer la courbe d’offre.

Si l’offre augmente (la courbe se déplace vers la droite), les quantités échangées augmentent et les prix baissent : les entreprises vont produire plus et moins cher. Si l’offre baisse (la courbe se déplace vers la gauche), les quantités échangées baissent et les prix augmentent.

 

Les chocs d’offre positifs

Exemple des innovations majeures 

Les innovations de produits font augmenter les quantités produites (nouveaux produits), les innovations de procédé et organisationnelles font plutôt baisser les coûts de production. Selon Schumpeter, les innovations majeures sont à l’origine de la croissance économique dans les cycles de Kondratiev. Les entrepreneurs innovateurs se retrouvent d’abord en situation de monopole et peuvent vendre leurs innovations à un prix élevé. Mais, rapidement, l’innovation se diffuse et attire les entrepreneurs imitateurs, ce qui fera baisser les prix de l’innovation, jusqu’à disparition des entreprises les moins rentables. Schumpeter parle de destruction créatrice, car, ainsi, les facteurs de production vont être libérés des activités les moins rentables pour se rediriger vers de nouvelles activités.

Exemple de l’OST 

Le taylorisme, puis le fordisme ont permis à la fois de forts gains de productivité qui ont fait baisser les coûts de production et une augmentation de la production (production de masse) qui a été permis par une politique salariale généreuse (consommation de masse).

Le choc d’offre négatif des années 1970 en France

A priori, l’augmentation du prix du pétrole a eu plusieurs conséquences sur l’activité économique en France:

  • Une diminution du pouvoir d’achat des consommateurs, qui se traduit par une baisse de la demande se portant sur d’autres produits, et donc par une baisse de l’activité économique;
  • Une hausse des coûts de production des entreprises qui utilisent le pétrole comme matière première. Cette hausse se traduit et par des  hausse de prix (inflation) et par des licenciements, ce qui se traduira par une baisse de la demande et donc de l’activité;
  • La hausse des revenus des pays pétroliers peut les amener à accroître leurs importations, et donc  l’activité en France;
  • Les autres pays importateurs de pétrole connaissent eux aussi une contraction de leur demande, ce qui réduira les exportations

L’impact global sur l’activité économique est négatif.

 

Ainsi un choc pétrolier a des effets à la fois sur l’offre et sur la demande :

  • C’est un choc exogène négatif sur l’offre du fait de l’augmentation des coûts de production. Pour chaque niveau de pour les entreprises produiront une plus petite quantité.
  • C’est un choc exogène négatif sur la demande : la hausse des prix conduit à un baisse du pouvoir d’achat des ménages qui réduisent leur consommation et cela est aussi valable pour les ménages dans  les pays partenaires commerciaux de la France ;

Ces deux effets conduisent donc à un ralentissement de l’activité économique, une augmentation du chômage et de l’inflation.

 

SYNTHESE : Si les chocs d’offre et de demande sont simultanés

  • Si le choc d’offre est à la baisse et le choc de demande à la hausse, les prix vont augmenter. L’évolution des quantités dépend du rapport entre l’offre et la demande : si le choc d’offre est supérieur au choc de demande, les quantités échangées baissent.
  • Si le choc d’offre et le choc de demande sont à la baisse, les quantités échangées baissent. L’évolution des prix dépendra du rapport entre l’offre et la demande. Si le choc d’offre est supérieur au choc de demande, les prix augmentent.
  • Si le choc d’offre est à la hausse et le choc de demande à la baisse, les prix baissent. L’évolution des quantités dépendra du rapport entre l’offre et la demande. Si le choc d’offre est supérieur au choc de demande, les quantités échangées augmentent.

 

 

 

 

2.3 – Les effets des activités monétaires et financières (cycle du crédit)

 

Le débat sur le rôle des banques dans l’amplification des cycles est économiques est très vif aujourd’hui.

Il est basé sur la théorie du “cycle du crédit” : la monnaie a en général un effet amplificateur des fluctuations économiques engendrées par des chocs exogènes :

  • en période d’expansion, on observe une forte hausse des crédits, car les agents empruntent facilement et les banques sont confiantes dans les remboursements.
  • dans les récessions, les banques durcissent les conditions du crédit (en raison du risque de défaut, de la moindre valeur du collatéral, de leurs ratios réglementaires de capital…) et ceci amplifie le recul de la demande (des ménages et des entreprises), augmente le nombre de faillites.

 

Remarque : La baisse de la distribution de crédit dans les récessions vient aussi de la baisse de la demande de crédit, et non seulement de la baisse de l’offre de crédit.

 

Ainsi lorsque l’activité ralentit, alors les anticipations des agents économiques sont orientées à la baisse, ce qui génère une baisse de la demande soit du fait d’une baisse des revenus constatée, soit du fait d’une hausse de l’épargne de précaution. Parmi les agents économiques, les banques, responsables de la création monétaire vont-elles aussi « subir » ces anticipations négatives. Lorsque l’activité ralentit, elles vont craindre les risques de défaut (risque que les emprunteurs ne puissent rembourser leur dette) et le risque de diminution de la valeur de leur hypothèque (lorsqu’elles accordent un prêt à longue échéance, pour un achat immobilier notamment, les banques mettent une hypothèque sur le bien acheté, en cas de défaut de paiement de la part de l’emprunteur elles récupèrent tout ou partie de la valeur du bien). Si l’on est en récession voire en dépression, la demande est ralentie ce qui peut provoquer une diminution des prix, notamment des biens immobiliers donc une diminution de la valeur des hypothèques. Ainsi dans ces périodes les banques seront très prudentes et imposeront à leur clients des garanties très importantes qui vont donc freiner l’octroi de crédit et par là même, la demande déprimant encore l’activité économique, d’où un cercle vicieux de la dépression, déflation.

Dans ce cas la monnaie a un effet « pro-cyclique », elle amplifie les variations conjoncturelles, d’où la nécessité d’une politique conjoncturelle contra-cyclique.

3) La récession et la dépression : des situations économiques et sociales dangereuses

 

3.1 – Les mécanismes cumulatifs susceptibles d’engendrer déflation et dépression

La déflation est le gain du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une diminution générale et durable des prix ; c’est une inflation négative.

Notion à ne pas confondre avec la désinflation qui est la baisse de l’inflation (baisse du taux d’accroissement du niveau moyen des prix).

La déflation provient de la faiblesse de la demande qui oblige les entreprises en concurrence à baisser leur prix pour trouver des acheteurs.

3 mécanismes peuvent l’expliquer :

  1. Anticipant une baisse des prix , les ménages ont tendance à repousser leurs achats, contribuant ainsi à réduire la demande adressée aux entreprises. En retour, anticipant une baisse de la demande, les entreprises diminuent leur production, donc  leurs investissements et leur demande de travail, contribuant ainsi à l’augmentation du chômage et à la baisse des revenus des ménages. Le phénomène s’auto-entretient : les ménages attendent la baisse des prix qu’ils anticipent, ce qui réduit la demande obligeant les entreprises à réduire leur prix et à licencier.
  2. La déflation augmente le coût réel de la dette : taux d’intérêt réel= taux d’intérêt nominal – inflation ; cette hausse du coût de l’emprunt dégrade la situation des entreprises, ce qui les amène à réduire leurs investissements. Cela peut aussi inciter les ménages à plus épargner, ce qui vient encore baisser la demande. Enfin, la dégradation des perspectives des entreprises conduit les banques à restreindre leur offre de crédit, ce qui risque de faire encore baisser la demande. La situation des entreprises généralement endettées devient alors critique : leurs ventes diminuent et leurs dettes augmentent : les faillites se multiplient détériorant la situation des banques ; le crédit s’effondre (credit crunch).
  3. La déflation contribue donc à maintenir une spirale de récession dont il est difficile de sortir : plus la croissance se ralentit, plus les prix baissent, plus les taux réels augmentent, ce qui accentue encore le ralentissement de la croissance.

 

3.2 – Les conséquences possibles de la récession et de la dépression :

La récession ou la dépression ont des conséquences importantes. Une baisse de la production se traduit :

  • par une hausse du chômage
  • qui risque d’engendrer une crise sociale
  • et par un accroissement de la dette publique

 

Une hausse du chômage se traduit par une baisse des revenus, donc un risque de baisse de la demande. Ce sont les plus jeunes et les plus âgés qui sont le plus touchés, le chômage accentue la précarité et la pauvreté des populations les plus fragiles et accroît les tensions sociales et politiques

Pour l’Etat, la baisse de la production et de la consommation se traduit par une réduction des recettes fiscales et une augmentation des dépenses d’aides sociales et d’aide aux entreprises (et même aux banques) ; cela va se traduire par une hausse du déficit public qui va engendrer une réduction des dépenses publiques, qui peut à son tour se traduire par une réduction des dépenses publiques, freinant les possibilités de sortir de la récession.

L’ensemble de ces effets cumulatifs se fait ressentir sur les entreprises et peut se propager à l’échelle internationale du fait de la dimension mondiale des firmes

 

Même si elles permettent de rééquilibrer l’économie (en ralentissant l’inflation, désendettant les agents, éliminant les entreprises les moins efficaces), il est difficile de sortir des phases de récession et de dépression, qui s’auto-entretiennent. Pour les Keynésiens, il faudra que l’Etat mène une politique contra-cyclique pour sortir du cercle vicieux de la dépression.

 

DEFINITIONS PARTIE1 CHAPITRE 3

DEFINITIONS PARTIE 1 CHAPITRE 3

 

 

Chômage au sens du BIT :

Selon le bureau international du travail un chômeur est :
– dépourvu d’emploi (même une heure au cours de la semaine de l’enquête) ;
– en âge de travailler (15 ans ou plus) ;
– activement à la recherche d’un emploi rémunéré

Chômage au sens de Pole emploi :DEFM Les  demandes d’emploi en fin de mois sont construites à partir de fichiers administratifs, ceux qu’utilise Pôle emploi pour son activité. La répartition entre les diverses catégories A, B ou C s’effectue sur la base de règles juridiques portant notamment sur l’obligation de faire des actes positifs de recherche d’emploi et d’être immédiatement disponible. L’exercice d’une activité réduite est autorisé.

Chômage frictionnel : c’est la part du chômage qui est incompressible. La période de chômage correspond alors à la période de recherche entre deux emplois.

 

Chômage conjoncturel : c’est le chômage qui résulte d’un ralentissement temporaire de l’activité économique et/ou des fluctuations de la demande.

 

Chômage structurel : c’est un type de chômage qui est dû à un déséquilibre profond et durable du marché du travail, liée à la structure de la population active. La plupart du temps, il est dû à un déséquilibre entre les qualifications des individus et les qualifications des emplois disponibles.

 

Chômage technologique : chômage dû à la mise en place de nouveaux procédés de production

 

 Chômage technique, qui correspond à de l’inactivité forcée des salariés décidée par le chef d’entreprise pour réduire la production lorsque la conjoncture est mauvaise .

 

Courbe de Philips : il y a incompatibilité entre objectif de plein-emploi et celui de faible inflation.

 

Effet-prix : les salaires pèsent sur les coûts de production et donc sur les prix, ce qui peut à terme pénaliser la consommation donc la production et la compétitivité internationale.

Effet-profit : la hausse des salaires se seraient faite au détriment des profits ce qui à terme serait néfaste pour l’I et pour l’emploi.

 

Effet-substitution :les entreprises auraient tendance à substituer du capital, moins cher, au travail : les techniques de production deviendraient plus économes en travail et le contenu de la croissance en emploi reculerait.

 

Emploi: exercice d’une profession rémunérée.

 

Flexibilité du travail : capacité de l’entreprise à adapter sa main d’œuvre aux besoins de la production. On distingue généralement 4 formes de flexibilités :

 

   Flexibilité quantitative : variation de la quantité de travail qu’elle utilise.

flexibilité quantitative externe :les entreprises adaptent leur volume de travail à la conjoncture soit

     -en recourant aux licenciements

     -en utilisant les nouvelles formes d’emplois(interim, CDD, temps partiel, emplois aidés,…)

flexibilité quantitative interne: il s’agit d’adapter le volume de travail au besoin de la production sans faire varier le nombre de salariés mais en modulant le nombre d’heures travaillées :

         -soit en recourant aux heures supplémentaires

         -soit en utilisant l’annualisation du temps de travail, qui n’est plus défini sur la semaine (35h) mais sur l’année (1600h)

flexibilité qualitative interne :

        Qui consiste à rendre le salarié polyvalent en lui demandant    d’effectuer différentes tâches selon les besoins (par exemple, une caissière qui met des articles en rayon lorsqu’il y a peu de clients).

Flexibilité salariale :

C’est la possibilité d’adapter le salaire à la situation financière de l’entreprise et à la productivité individuelle. En France, cela correspond à l’allègement des charges sur les bas salaires ou des groupes spécifiques (par exemple, la possibilité de payer certains emplois jeunes en-dessous du SMIC).

Externalisation de la production : les grandes entreprises ont tendance à confier une partie grandissante de leur production à des entreprises sous-traitantes, déplaçant ainsi vers d’autres entreprises les problèmes de gestion de la main d’œuvre.

 

 

Formes Particulières d’Emplois : catégorie de l’INSEE, correspond aux emplois interims, aux CDD et aux emplois aidés.

 

Paradoxe de R. Solow : Les gains de productivité liés à l’utilisation des NTIC ne se voient pas tout de suite mais à moyen terme car il faut un temps d’adaptation.

 

Politique de l’emploi : ensemble des interventions des pouvoirs publics qui visent à lutter contre le chômage, à améliorer le fonctionnement du marché du travail, à accroître le niveau de l’emploi et à agir sur les structures de l’emploi.

Les politiques passives : il s’agit ici des mesures consistant à verser des revenus de remplacement pour des personnes sans emploi.

     Les politiques actives : il s’agit des mesures visant à améliorer le fonctionnement du marché du travail en modifiant les caractéristiques de l’offre et de la demande de travail.

 

Théorie de la compensation. A. Sauvy et J. Fourastié

Ils vont montrer que si à court terme et au niveau microéconomique le progrès technique entraîne nécessairement une destruction d’emplois, à long terme et au niveau macroéconomique il est créateur d’emploi du fait du surplus de croissance qu’il permet et qui entraîne des créations d’emplois qui viennent compenser les destructions initiales.

 

Traitement économique du chômage: mesures qui visent à exercer un effet positif sur les créations d’emplois, elles sont donc tournées vers les entreprises (réductions des charges sociales pesant sur le travail en particulier pour les catégories d’actifs les plus touchées par le chômage)

 

Traitement social : mesures qui visent à corriger les menaces d’exclusions en favorisant l’insertion ou la réinsertion des chômeurs sur le marché du travail (stage de formation, congé de reconversion,…)

 

Travail: activité rémunérée qui constitue avec le capital un facteur de production.

 

 

 

 

 

4.2  Avantages et inconvénients de la flexibilité

4.2 Avantages et inconvénients de la flexibilité

a) La flexibilité peut être avantageuse pour les entreprises et les salariés

-La flexibilité sous ses différentes formes permet d’accroitre la productivité du travail car elle évite que certains salariés soient sous-employés (polyvalence et annualisation)

-La baisse des coûts de production et donc des prix peuvent être obtenues par une meilleure adaptation des besoins de main d’œuvre à la production.

-La flexibilité permet une meilleure circulation des travailleurs d’un secteur à l’autre ce qui favorise le redéploiement des capacités productives pour l’innovation (théorie du déversement)

-La flexibilité quantitative peut éventuellement inciter les entreprises à créer des emplois (même s’il s’agit souvent d’emplois précaires.

-La flexibilité quantitative permet éventuellement aux salariés de mieux  gérer temps de travail et temps de loisirs.

-La flexibilité qualitative en donnant plus de polyvalence aux salariés peut répondre aux exigences accrues de la main d’œuvre (cf toyotisme)

b) La flexibilité peut avoir des effets néfastes

-la flexibilité peut remettre en cause le droit du travail :

Par exemple, les entreprises peuvent utiliser les CDD ou les interims, non pas pour adapter la quantité de main d’œuvre aux besoins mais pour réduire les protections accordées aux travailleurs. Les NFE (les nouvelles formes d’embauche) peuvent alors apparaître comme un nouveau mode de gestion de la main d’œuvre voir comme une nouvelle organisation du travail.

-La flexibilité peut aussi avoir des effets négatifs sur la productivité du travail. Quand le travail est précaire, le salarié peut être moins impliqué, il a moins le temps de développer ses capacités ; la formation permanente aux transformations technologiques peut se révéler sélectives (et exclure par exemple les intérims), l’embauche de jeunes surqualifiés peut être contreproductive.

-la flexibilisation de l’organisation et des rapports de travail génére une précarisation croissante du travail, créant un marché du travail à plusieurs vitesses. Selon les économistes américains M.J.Piore et P.D.Doeringer, il n’existe pas un marché unique du travail, mais un marché segmenté en deux compartiments (on parle alors de dualisme du marché du travail ou de segmentation du marché du travail) avec au centre un marché interne où les grandes institutions et les grandes entreprises recrutent des salariés stables bénéficiant d’un statut négocié avec les syndicats et un marché externe où des emplois précaires sont offerts.

-La précarisation du travail peut avoir des effets néfastes sur la croissance car elles incitent les individus à épargner par précaution et à peu consommer et investir (immobilier).

La précarité des situations entraîne une précarité des ressources ce qui peut entraîner une instabilité de la demande donc de tout le système économique (et social).

Remarque : les Formes Particulières d’Emplois sont une catégorie de l’INSEE, qui correspond aux emplois interims, aux CDD et aux emplois aidés.

Conclusion : Si la flexibilité de l’emploi peut apparaître comme une solution partielle au problème du chômage, elle n’est pas nécessairement la panacée. De plus, il existe des pays où le taux de chômage est équivalent à celui des Etats-Unis et où pourtant le marché du travail est rigide (Europe du Nord)

4.1   Les différentes formes de la flexibilité

4.1 Les différentes formes de la flexibilité

L’OCDE analyse la persistance d’un niveau élevé de chômage en France comme les rigidités du marché du travail français. La flexibilité apparaît alors comme une réponse libérale au chômage. La flexibilité du travail permettrait alors à l’offre de travail de s’adapter à la demande de travail et vice et versa. Elle découle aussi d’une évolution de l’organisation du travail vers le toyotisme.

4.1   Les différentes formes de la flexibilité


La flexibilité du travail en général correspond à la capacité de l’entreprise à adapter sa main d’œuvre à ses besoins. On distingue généralement 4 formes de flexibilités :

  • Flexibilité quantitative : variation de la quantité de travail qu’elle utilise.
    • flexibilité quantitative externe :les entreprises adaptent leur volume de travail à la conjoncture soit
      • en recourant aux licenciements
      • en utilisant les nouvelles formes d’emplois(interim, CDD, temps partiel, emplois aidés,…)
      • en externalisant la production c’est-à-dire en faisant exécuter des tâches annexes à d’autres entreprises (nettoyage, gardiennage, sous-traitance). Cela permet de faire reporter sur les entreprises sous-traitantes la variation des besoins de main d’œuvre qui résultent des variations de la production.
    • flexibilité quantitative interne:il s’agit d’adapter le volume de travail au besoin de la production sans faire varier le nombre de salariés mais en modulant le nombre d’heures travaillées :
      • soit en recourant aux heures supplémentaires
      • soit en utilisant l’annualisation du temps de travail, qui n’est plus défini sur la semaine (35h) mais sur l’année (1600h)
  • Flexibilité qualitative interne : Qui consiste à rendre le salarié polyvalent en lui demandant d’effectuer différentes tâches selon les besoins (par exemple, une caissière qui met des articles en rayon lorsqu’il y a peu de clients).
  • Flexibilité salariale : C’est la possibilité d’adapter le salaire à la situation financière de l’entreprise et à la productivité individuelle. En France, cela correspond à l’allègement des charges sur les bas salaires ou des groupes spécifiques (par exemple, la possibilité de payer certains emplois jeunes en-dessous du SMIC).
  • Externalisation de la production : les grandes entreprises ont tendance à confier une partie grandissante de leur production à des entreprises sous-traitantes, déplaçant ainsi vers d’autres entreprises les problèmes de gestion de la main d’œuvre.
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