PARTIE 1 – CHAPITRE 2 : COMMENT EXPLIQUER L’INSTABILITE DE LA CROISSANCE ?

PARTIE 1 – CHAPITRE 2 : COMMENT EXPLIQUER L’INSTABILITE DE LA CROISSANCE ?

1) Comment les fluctuations économiques se manifestent-elles ?

 

1.1 – Une croissance récente à l’échelle de l’humanité

 Au 16° 17°siècle, dans la « période agraire », la croissance est extrêmement faible : 0.1%/an.

Au 18°siècle,  dans la période du « capitalisme commercial » la croissance est 0.2% par an.

C’est surtout au 19°siècle, avec le « capitalisme industriel » que la croissance économique s’accélère (2% en France, 3% aux EU).

Puis au 20° les 30 Glorieuses se caractérisent par un taux de croissance annuel moyen de 4.2% pour les pays de l’OCDE, taux jamais égalé.

Depuis le milieu des années 70, la croissance ralentit pour atteindre en moyenne un peu moins de 2 % sur la période la plus récente (2000-2010).

 

Attention, même si au cours des siècles la tendance de la production est à la hausse, la production augmente de manière irrégulière. On  calcule un taux de croissance annuel moyen (TCAM) qui peut cacher des évolutions erratiques selon les années.

Remarque : la croissance est un phénomène cumulable sur le principe des intérêts composés : par ex, si le TCAM est de 2% par an , le PIB est multiplié par 2 en 35ans PIB x 1.02? (n=35)

1.2 – L’histoire économique est marquée d’importantes fluctuations : la variabilité de la croissance

On parle de fluctuations économiques plutôt que de cycles économiques car tous les économistes ne sont pas d’accord sur l’existence de cycle.

Fluctuations économiques : mouvements de hausse ou de baisse du PIB en alternance. (Si cette alternance est régulière, on parle de cycles)

  • Cycle Kitchin : cycles mineurs de 3 ans
  • Cycle Juglar : cycles de 9 à 10 ans
  • Cycle Kondratiev : cycles de 50 ans
  • Pour J.Schumpeter (« théorie de l’évolution économique 1912 et « Business cycle » 1939) la croissance économique  évolue sous forme de cycles liés aux transformations technologiques, qui sont à l’origine des cycles longs que N.Kondratiev a mis en évidence (1920)

Expansion: phase d’augmentation du PIB de court terme

Dépression: baisse du PIB à  long terme

Récession: faible taux de croissance ou baisse du PIB de court terme

Crise: retournement du cycle = passage d’une période de croissance à  une période de dépression, voire récession.

2) Comment expliquer les fluctuations économiques ?

Choc exogène = Evènement extérieur à l’activité économique qui va avoir des effets positifs ou négatifs sur elle.

Ces chocs peuvent avoir un impact sur l’offre globale ou sur la demande globale.

Les chocs exogènes conduisent à des fluctuations car ils viennent modifier les courbes d’offre et de demande. C’est-à-dire que pour un même niveau de prix on aura une quantité offerte ou demandée différente (déplacement des courbes : cf. cours de première). Les chocs exogènes créent donc une accélération ou au contraire un ralentissement de l’évolution du PIB à court terme ce qui éloigne la croissance de sa trajectoire de long terme et crée une fluctuation à la hausse ou à la baisse.

 

2.1- Les effets des chocs de  demande sur la croissance

Demande globale = ensemble de la demande agrégée dans une économie. C’est-à-dire toue la demande de biens et services de consommation et de production. Elle correspond à l’ensemble des utilisations (« emplois ») de la production.

Demande globale = Consommation finale + FBCF + X

Un choc de demande est une perturbation de l’activité économique liée à une hausse ou une baisse brutale de la demande qui peut s’expliquer par tout un tas d’évènements (baisse du pouvoir d’achat, évolution démographique, campagne publicitaire…) Un choc de demande est un évènement qui affecte les goûts ou les besoins des consommateurs, donc leur consommation, ou, qui affecte les entreprises, donc leur investissement et donc qui déplace donc la courbe de demande.

Si la demande augmente (la courbe se déplace vers la droite), toutes choses égales par ailleurs (ceteris paribus), les quantités échangées vont augmenter et les prix aussi : les consommateurs veulent acheter plus, et si l’offre n’augmente pas, ils devront payer plus cher.

Si la demande baisse (la courbe se déplace vers le bas), toutes choses égales par ailleurs, les quantités échangées vont diminuer et les prix aussi.

Exemples de chocs de demande :

  • L’impact d’une hausse de la consommation (intérieure) : une hausse de la consommation (et donc de la demande) entraine une hausse plus que proportionnelle de l’investissement (effet accélérateur) et donc de la demande
  • L’impact d’une hausse de l’investissement
  • Une hausse de l’investissement entraine une hausse plus que proportionnelle de la demande (effet multiplicateur)
  • L’ouverture économique
  • Une ouverture économique permet d’augmenter les exportations et donc le PIB

Le choc de demande négatif de 2009 dans la zone euro

Dans la zone euro, sous l’effet de la baisse de la consommation des ménages, les investissements ont baissé massivement, provoquant un ralentissement de la croissance effective qui fut largement inférieure à la croissance potentielle

 

Impacts d’une augmentation de la demande sur le PIB :

Augmentation de la demande –> Augmentation des commandes aux entreprises –> Augmentation de la production des entreprises –> Augmentation de l’emploi + augmentation des investissements –> augmentation des revenus distribués –> augmentation de la demande… Effet multiplicateur, on entre dans un cercle vertueux de croissance du PIB.

 

Impact d’une diminution de la demande sur le PIB :

Baisse de la demande –> Baisse des commandes aux entreprises –> Baisse de l’emploi et de l’investissement –> Baisse des revenus distribués dans l’économie –> baisse de la demande … –> On entre dans un cercle vicieux de ralentissement du PIB voire de diminution du PIB.

 

2.2- Les effets des chocs d’offre sur la croissance

Offre globale = Production nationale + Importation

On a vu que la production dépend des facteurs de production disponibles dans l’économie (quantité de travail et de capital et leur efficacité).

Un choc d’offre est une perturbation de l’activité économique liée à une variation brutale des conditions de l’offre en particulier les coûts de production. (Hausse des salaires, appréciation du taux de change, choc technologique conduisant à une hausse de la productivité, évolution du prix des matières premières, des salaires).Un choc d’offre  est un évènement qui affecte directement les coûts de production ou les capacités productives des entreprises, ce qui fait se déplacer la courbe d’offre.

Si l’offre augmente (la courbe se déplace vers la droite), les quantités échangées augmentent et les prix baissent : les entreprises vont produire plus et moins cher. Si l’offre baisse (la courbe se déplace vers la gauche), les quantités échangées baissent et les prix augmentent.

 

Les chocs d’offre positifs

Exemple des innovations majeures 

Les innovations de produits font augmenter les quantités produites (nouveaux produits), les innovations de procédé et organisationnelles font plutôt baisser les coûts de production. Selon Schumpeter, les innovations majeures sont à l’origine de la croissance économique dans les cycles de Kondratiev. Les entrepreneurs innovateurs se retrouvent d’abord en situation de monopole et peuvent vendre leurs innovations à un prix élevé. Mais, rapidement, l’innovation se diffuse et attire les entrepreneurs imitateurs, ce qui fera baisser les prix de l’innovation, jusqu’à disparition des entreprises les moins rentables. Schumpeter parle de destruction créatrice, car, ainsi, les facteurs de production vont être libérés des activités les moins rentables pour se rediriger vers de nouvelles activités.

Exemple de l’OST 

Le taylorisme, puis le fordisme ont permis à la fois de forts gains de productivité qui ont fait baisser les coûts de production et une augmentation de la production (production de masse) qui a été permis par une politique salariale généreuse (consommation de masse).

Le choc d’offre négatif des années 1970 en France

A priori, l’augmentation du prix du pétrole a eu plusieurs conséquences sur l’activité économique en France:

  • Une diminution du pouvoir d’achat des consommateurs, qui se traduit par une baisse de la demande se portant sur d’autres produits, et donc par une baisse de l’activité économique;
  • Une hausse des coûts de production des entreprises qui utilisent le pétrole comme matière première. Cette hausse se traduit et par des  hausse de prix (inflation) et par des licenciements, ce qui se traduira par une baisse de la demande et donc de l’activité;
  • La hausse des revenus des pays pétroliers peut les amener à accroître leurs importations, et donc  l’activité en France;
  • Les autres pays importateurs de pétrole connaissent eux aussi une contraction de leur demande, ce qui réduira les exportations

L’impact global sur l’activité économique est négatif.

 

Ainsi un choc pétrolier a des effets à la fois sur l’offre et sur la demande :

  • C’est un choc exogène négatif sur l’offre du fait de l’augmentation des coûts de production. Pour chaque niveau de pour les entreprises produiront une plus petite quantité.
  • C’est un choc exogène négatif sur la demande : la hausse des prix conduit à un baisse du pouvoir d’achat des ménages qui réduisent leur consommation et cela est aussi valable pour les ménages dans  les pays partenaires commerciaux de la France ;

Ces deux effets conduisent donc à un ralentissement de l’activité économique, une augmentation du chômage et de l’inflation.

 

SYNTHESE : Si les chocs d’offre et de demande sont simultanés

  • Si le choc d’offre est à la baisse et le choc de demande à la hausse, les prix vont augmenter. L’évolution des quantités dépend du rapport entre l’offre et la demande : si le choc d’offre est supérieur au choc de demande, les quantités échangées baissent.
  • Si le choc d’offre et le choc de demande sont à la baisse, les quantités échangées baissent. L’évolution des prix dépendra du rapport entre l’offre et la demande. Si le choc d’offre est supérieur au choc de demande, les prix augmentent.
  • Si le choc d’offre est à la hausse et le choc de demande à la baisse, les prix baissent. L’évolution des quantités dépendra du rapport entre l’offre et la demande. Si le choc d’offre est supérieur au choc de demande, les quantités échangées augmentent.

 

 

 

 

2.3 – Les effets des activités monétaires et financières (cycle du crédit)

 

Le débat sur le rôle des banques dans l’amplification des cycles est économiques est très vif aujourd’hui.

Il est basé sur la théorie du “cycle du crédit” : la monnaie a en général un effet amplificateur des fluctuations économiques engendrées par des chocs exogènes :

  • en période d’expansion, on observe une forte hausse des crédits, car les agents empruntent facilement et les banques sont confiantes dans les remboursements.
  • dans les récessions, les banques durcissent les conditions du crédit (en raison du risque de défaut, de la moindre valeur du collatéral, de leurs ratios réglementaires de capital…) et ceci amplifie le recul de la demande (des ménages et des entreprises), augmente le nombre de faillites.

 

Remarque : La baisse de la distribution de crédit dans les récessions vient aussi de la baisse de la demande de crédit, et non seulement de la baisse de l’offre de crédit.

 

Ainsi lorsque l’activité ralentit, alors les anticipations des agents économiques sont orientées à la baisse, ce qui génère une baisse de la demande soit du fait d’une baisse des revenus constatée, soit du fait d’une hausse de l’épargne de précaution. Parmi les agents économiques, les banques, responsables de la création monétaire vont-elles aussi « subir » ces anticipations négatives. Lorsque l’activité ralentit, elles vont craindre les risques de défaut (risque que les emprunteurs ne puissent rembourser leur dette) et le risque de diminution de la valeur de leur hypothèque (lorsqu’elles accordent un prêt à longue échéance, pour un achat immobilier notamment, les banques mettent une hypothèque sur le bien acheté, en cas de défaut de paiement de la part de l’emprunteur elles récupèrent tout ou partie de la valeur du bien). Si l’on est en récession voire en dépression, la demande est ralentie ce qui peut provoquer une diminution des prix, notamment des biens immobiliers donc une diminution de la valeur des hypothèques. Ainsi dans ces périodes les banques seront très prudentes et imposeront à leur clients des garanties très importantes qui vont donc freiner l’octroi de crédit et par là même, la demande déprimant encore l’activité économique, d’où un cercle vicieux de la dépression, déflation.

Dans ce cas la monnaie a un effet « pro-cyclique », elle amplifie les variations conjoncturelles, d’où la nécessité d’une politique conjoncturelle contra-cyclique.

3) La récession et la dépression : des situations économiques et sociales dangereuses

 

3.1 – Les mécanismes cumulatifs susceptibles d’engendrer déflation et dépression

La déflation est le gain du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une diminution générale et durable des prix ; c’est une inflation négative.

Notion à ne pas confondre avec la désinflation qui est la baisse de l’inflation (baisse du taux d’accroissement du niveau moyen des prix).

La déflation provient de la faiblesse de la demande qui oblige les entreprises en concurrence à baisser leur prix pour trouver des acheteurs.

3 mécanismes peuvent l’expliquer :

  1. Anticipant une baisse des prix , les ménages ont tendance à repousser leurs achats, contribuant ainsi à réduire la demande adressée aux entreprises. En retour, anticipant une baisse de la demande, les entreprises diminuent leur production, donc  leurs investissements et leur demande de travail, contribuant ainsi à l’augmentation du chômage et à la baisse des revenus des ménages. Le phénomène s’auto-entretient : les ménages attendent la baisse des prix qu’ils anticipent, ce qui réduit la demande obligeant les entreprises à réduire leur prix et à licencier.
  2. La déflation augmente le coût réel de la dette : taux d’intérêt réel= taux d’intérêt nominal – inflation ; cette hausse du coût de l’emprunt dégrade la situation des entreprises, ce qui les amène à réduire leurs investissements. Cela peut aussi inciter les ménages à plus épargner, ce qui vient encore baisser la demande. Enfin, la dégradation des perspectives des entreprises conduit les banques à restreindre leur offre de crédit, ce qui risque de faire encore baisser la demande. La situation des entreprises généralement endettées devient alors critique : leurs ventes diminuent et leurs dettes augmentent : les faillites se multiplient détériorant la situation des banques ; le crédit s’effondre (credit crunch).
  3. La déflation contribue donc à maintenir une spirale de récession dont il est difficile de sortir : plus la croissance se ralentit, plus les prix baissent, plus les taux réels augmentent, ce qui accentue encore le ralentissement de la croissance.

 

3.2 – Les conséquences possibles de la récession et de la dépression :

La récession ou la dépression ont des conséquences importantes. Une baisse de la production se traduit :

  • par une hausse du chômage
  • qui risque d’engendrer une crise sociale
  • et par un accroissement de la dette publique

 

Une hausse du chômage se traduit par une baisse des revenus, donc un risque de baisse de la demande. Ce sont les plus jeunes et les plus âgés qui sont le plus touchés, le chômage accentue la précarité et la pauvreté des populations les plus fragiles et accroît les tensions sociales et politiques

Pour l’Etat, la baisse de la production et de la consommation se traduit par une réduction des recettes fiscales et une augmentation des dépenses d’aides sociales et d’aide aux entreprises (et même aux banques) ; cela va se traduire par une hausse du déficit public qui va engendrer une réduction des dépenses publiques, qui peut à son tour se traduire par une réduction des dépenses publiques, freinant les possibilités de sortir de la récession.

L’ensemble de ces effets cumulatifs se fait ressentir sur les entreprises et peut se propager à l’échelle internationale du fait de la dimension mondiale des firmes

 

Même si elles permettent de rééquilibrer l’économie (en ralentissant l’inflation, désendettant les agents, éliminant les entreprises les moins efficaces), il est difficile de sortir des phases de récession et de dépression, qui s’auto-entretiennent. Pour les Keynésiens, il faudra que l’Etat mène une politique contra-cyclique pour sortir du cercle vicieux de la dépression.

 

1.1 La croissance est un phénomène quantitatif de long terme

1.1 La croissance est un phénomène quantitatif de long terme

a) Définition et mesure

La croissance est l’augmentation à long terme de la production de biens et services.

Elle se mesure par l’augmentation du PIB en volume.

le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes des différents secteurs institutionnels ou des différentes branches d’activité, augmentée des impôts moins les subventions sur les produits (lesquels ne sont pas affectés aux secteurs et aux branches d’activité) .

http://www.statapprendre.education.fr/insee/croissance/default.htm


Document 1 : Le PIB français

PIB français et évolution des prix
INSEE Comptes nationaux
20082009
PIB en milliards d'euros courants1 948,51 907,1
Indice des prix base 100 en 2000 118,7119,3
PIB en volume milliards d'euros de 2000 1 641,71 598,6

Document 2 : Evolution du PIB en France en 2010

INSEE, 2010. Comptes nationaux trimestriels - Résultats détaillés du 1er trimestre 2010
Début 2010, le PIB ralentit (+0,1 % après +0,6 %), tandis que le pouvoir d’achat des ménages demeure étale (-0,1 % après 0,0 %)
Au premier trimestre 2010, le PIB en volume* augmente de 0,1 %, après une progression de 0,6 % au quatrième trimestre 2009.
La demande intérieure finale (hors stocks) contribue négativement à la croissance du PIB ce trimestre (-0,2 point après +0,5 point au quatrième trimestre 2009), du fait de la contraction de la formation brute de capital fixe totale (-0,9 % après -1,1 %), alors que les dépenses de consommation des ménages sont stables (+0,0 % après +1,0 %).
Les exportations croissent (+4,1 % après +0,8 %) plus vivement que les importations (+2,1 % après +2,8 %), si bien que le solde du commerce extérieur contribue positivement à l’évolution du PIB (+0,4 point après -0,6 point).
Les variations de stocks des entreprises contribuent pour -0,2 point à la croissance du PIB (après +0,6 point au trimestre précédent).
L’estimation de la croissance est inchangée au premier trimestre
Sur le premier trimestre 2010, l’estimation de la croissance du PIB est inchangée par rapport à la précédente publication. Elle est en revanche légèrement révisée à la hausse au quatrième trimestre 2009, à +0,6 % au lieu de +0,5 %. Les révisions intègrent notamment celles des indices de production industrielle, ainsi que celles de la balance des paiements sur les flux d’échanges extérieurs de services.

Équilibre Emploi – Ressources:

PIB   = Consommation Finale des Ménages + FBCF + (Exportations – Importations) +/- Variations de Stock

Le PIB ne doit pas être confondu avec le PIB / h (que l’on utilise parfois comme indicateur de croissance, mais qui prend en compte la démographie).


Document 3 : Comparaison des PIB et PIB /h

Economies PIB
GDP (current US $) (millions) 2006
Nombre d'Habitants
(millions) 2006
PIB/Habitant
Chine2644.71311.82,01
France2248.161.336,67
Allemagne2896.982.435,15
Royaume-Uni2377.060.639,22
Etats-Unis13163.9299.443,96
UEM ou Zone Euro10636.4316.733,58
Monde48461.96538.17,41

Le PIB/habitant, c’est-à-dire le revenu moyen par habitant mesure le niveau de vie.


Expansion: phase d’augmentation du PIB de court terme

Dépression: baisse du PIB à  long terme

Récession: faible taux de croissance ou baisse du PIB de court terme

Crise: retournement du cycle = passage d’une période de croissance à  une période de dépression, voire récession.



Les limites du PIB

On peut mettre en évidence trois grandes limites du PIB en tant qu’indicateur de croissance :

->Des difficultés de comparaison entre les pays

Lorsque l’on compare les PIB entre différents pays on se retrouve confronté à deux difficultés :

  • Tout d’abord les deux PIB ne sont pas exprimés dans la même devise et il faut donc tenir compte du taux de change entre les deux devises afin de pouvoir faire la comparaison.
  • Ensuite au-delà du taux de change, le niveau des prix n’est pas le même dans les deux pays ce qui veut dire que même pour deux pays qui ont le même monnaie la comparaison est biaisée car le pouvoir d’achat de la monnaie n’est pas le même dans chacun des pays du fait de la différence des prix.

Pour tenir compte de cela on calcule le PIB en parité de pouvoir d’achat (PPA) en corrigeant la donnée en utilisant un taux de change fictif qui permet de rendre équivalent le prix des marchandises dans les pays que l’on veut comparer.


Document 4 : Comparaison des PIB en 2009

Le PIB ne comptabilise pas toutes les activités productives

  • Le PIB ne comptabilise qu’une partie de la production non marchande
  • Le PIB ne comptabilise pas la production domestique (bénévolat, activité domestique)
  • Le PIB ne comptabilise pas la production issue de l’économie sous-terraine (économie informelle : illégale et/ou non déclarée). Il existe des estimations.

Il est à noter que dans certaines économies (Afrique, Amérique latine, pays de l’Est) ces différentes activités productives prennent de l’importance et leur non prise en compte par le PIB vient sous estimer la richesse créée dans l’économie concernée.


Le PIB ne tient pas compte des externalités qu’elles soient négatives ou positive

Ainsi le PIB va comptabiliser positivement des activités qui sont destructrice de ressources naturelles, voire même ajouter à cela la richesse créée pour réparer les dégâts occasionnés par cette activité.

A l’inverse le PIB ne comptabilise pas les externalités positives.

-> La suite page 2 !

Michel Rocard à propos des médias (au moins en partie)

Michel Rocard à propos des médias (au moins en partie)

Michel Rocard et Marcel Gauchet ont été invités par la rédaction de Philosophie Magazine à donner une conférence sur le thème “Crise politique et avenir du socialisme”. Bien sûr, les analyses proposées par ces deux anciens (ces deux «vieux» ?) sont toutes dignes d’intérêt, mais je voulais attirer votre attention sur celle que fait Michel Rocard sur l’apparition des médias de masse et les bouleversements que cela a entraînés sur la vie des partis.

Vous trouverez cette conférence ici (le passage en question débute à 15min) : http://philosophies.tv/spip.php?article238

SUJETS CORRIGES SUR LE CHAPITRE 2 PARTIE 3

SUJETS CORRIGES SUR LE CHAPITRE 2 PARTIE 3

SUJET DE SYNTHESE :

Après avoir présenté les différentes étapes de la construction européenne et les objectifs poursuivis, vous montrerez quels sont les obstacles à la poursuite de l’intégration.

I. Les différentes étapes de la construction européenne

A. Du marché commun au marché unique : une intégration commerciale contre la guerre et pour la croissance

1. Intégrer pour réconcilier : de la CECA au marché commun ou l’intégration commerciale

1951 : Gestion commune du charbon et de l’acier (industries sur lesquelles repose l’effort de guerre)

1957 : Marché commun : union douanière (abaissement progressif des droits de douane, tarif douanier extérieur commun et mise en place de politiques sectorielles communes : la PAC dès 1962).

2. Le Marché unique : un premier saut qualitatif vers l’intégration profonde des économies

On peut parler de saut qualitatif dans la mesure où l’institution d’un espace marchand homogène que suppose le Marché unique, implique une nécessaire harmonisation des espaces réglementaires nationaux. Les particularismes issus des histoires propres à chaque nation sont ainsi appelés à s’effacer progressivement au profit du Marché unique. Il s’agit d’autant plus d’un saut qualitatif que cette harmonisation remet en cause des situations vécues comme des spécificités nationales. L’alignement des entraves non tarifaires à la norme européenne, quelles qu’elles soient signifie ainsi pour un pays comme la France, un recul de l’intervention de l’État dans l’activité économique- Cette évolution conditionne aussi une étape supplémentaire vers la supranationalité.

À partir des années 1992 la poursuite de l’intégration européenne est comprise comme un moyen de relancer la croissance économique. Pour les uns, le marché unique doit améliorer le rapport de force politique et commercial de l’Europe, desserrer sa contrainte extérieure et permettre le retour de politique de relance par la demande. Pour les autres, le marché unique est l’occasion de créer un véritable choc d’offre. La concurrence accrue (déréglementation, ouverture des marchés publics, etc.) doit favoriser la baisse des coûts et les investissements, susceptibles à leur tour d’accroître la productivité des entreprises et de stimuler la croissance.

C’est cette seconde voie qui est privilégiée.

B. L’intégration monétaire : entre approfondissement du marché et construction d’une union politique, le grand saut qualitatif

1. Les objectifs

Vu la réussite relative de la coopération monétaire européenne face à l’instabilité monétaire internationale et dans l’espoir de constituer une monnaie européenne capable de rivaliser avec le dollar américain, la plupart des membres s’engage dans un processus d’Union monétaire (voir les avantages escomptés de l’union monétaire doc. 6).

2. Les critères de convergence

La réussite de ce projet passe nécessairement par l’harmonisation des politiques monétaires et des niveaux d’inflation ; ce qui induit une gestion financière et budgétaire très contraignante

L’option pour la monnaie unique constitue à la fois un pas gigantesque vers l’intégration des économies européennes, mais dans le même temps elle pèse depuis plus de quinze ans sur les conditions de sa réussite et de son élargissement à d’autres pays.

II. Les obstacles à la poursuite de l’intégration

A. Les obstacles économiques

1. Une inefficacité sur le plan économique et social

En comparaison avec les États-Unis et d’autres régions du monde, l’Europe affiche des performances économiques médiocres. D’une part le choix de la monnaie unique impose une gestion monétaire qui jusqu’à présent a surtout cherché à contenir l’inflation plutôt que stimuler la croissance. D’autre part, la faiblesse du budget européen et les critères de réduction des déficits des budgets nationaux, limitent les moyens de compenser la rigueur monétaire. Face à une telle situation et à des difficultés propres à chaque nation, les équipes gouvernementales ne respectent pas toutes le pacte de stabilité.

Par ailleurs, l’Europe souffre d’absence de politique commune. Tout se passe comme si aujourd’hui, l’action économique de l’Europe se cantonnait essentiellement à libéraliser les marchés.

2. Des difficultés accrues par l’intégration de nouveaux membres

Les résultats économiques obtenus par les nations d’Europe orientale nouvellement intégrées à l’Union européenne sont fortement encourageants. Profitant d’avantages comparatifs spécifiques et des investissements étrangers, la plupart de ces pays ont connu récemment une réelle dynamique de croissance.

Toutefois, même si la Slovénie est désormais le treizième membre de l’Union monétaire, cela ne doit pas faire oublier les écarts élevés en terme de PIB, de niveau de vie, entre les nouveaux membres de l’Union et les anciens, écarts qui viennent s’ajouter aux inégalités déjà existantes entre les pays membres.

Or, cette hétérogénéité économique et monétaire se révèle difficilement compatible avec les critères de convergence tels qu’ils sont actuellement définis. Ceci est d’autant plus dommageable que les choix budgétaires récents engageant l’Europe pour les années qui viennent sont tenus dans des limites encore plus strictes qu’au cours de la période antérieure. Il est donc peu probable que les pays d’Europe centrale et orientale puissent bénéficier, comme se fut le cas pour les pays d’Europe du Sud des transferts de revenus nécessaires pour financer et accompagner le rattrapage économique indispensable à l’harmonisation économique de l’Europe.

B. Les obstacles institutionnels

1. Une grave crise d’identité

La vision politique de l’Europe est encore loin de faire l’unanimité, à la fois parmi les dirigeants des pays membres mais aussi parmi les populations. Peu d’européens adhèrent à l’idée d’une intégration plus forte qui conduise vers la supranationalité européenne. Le « Non » danois au traité de Maastricht, le « Non » irlandais au traité de Nice, les « Non » français et néerlandais au projet de Traité constitutionnel européen sont autant de rappels à l’ordre de la faible identification au projet européen.

Il semble que plutôt que vouloir constituer un État fédéral européen, à l’image des États-Unis d’Amérique, dirigeants et peuples préfèrent jusqu’à présent se cantonner à une Europe des États, chacun espérant tirer le maximum de l’Union en contribuant le moins possible, quitte à jouer les passagers clandestins si l’occasion se présente.

2. L’intégration européen en panne ?

La construction européenne pèche surtout par le caractère bancal de ses institutions.

L’Europe n’est pas vraiment dotée d’un pouvoir exécutif (plusieurs institutions de décisions : le Conseil européen, le Conseil des ministres, la Commission).

Le pouvoir législatif du Parlement européen demeure faible. Si son influence a cru au fil des années, l’élection au Parlement européen ne mobilise pas les foules.

La relance de l’Europe, passe donc obligatoirement par un profond réagencement de ses institutions

C’était en partie l’objectif du projet de Constitution.

 

 

 

3.2 Deux exemples de NMS

<!– /* Font Definitions */ @font-face {font-family:”Comic Sans MS”; panose-1:3 15 7 2 3 3 2 2 2 4; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:script; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:647 0 0 0 159 0;} @font-face {font-family:Calibri; mso-font-alt:Arial; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:swiss; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:-1610611985 1073750139 0 0 159 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:””; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:10.0pt; margin-left:0cm; line-height:115%; mso-pagination:widow-orphan; font-size:11.0pt; font-family:Calibri; mso-fareast-font-family:”Times New Roman”; mso-bidi-font-family:”Times New Roman”;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} –>

a/ L’alter-mondialisme (Mouvement qui revendique une autre forme de mondialisation)

NMS ? Oui : Mouvement de grande ampleur avec une dimension internationale qui a émergé par action contestataire très médiatisé et violente, et qui défend des intérêts communs. Il utilise de plus en plus internet. Pluralité des acteurs comme les associations, la population, les personnes célèbres… Non : Mouvement qui utilise beaucoup de formes d’actions traditionnelles, et qui a beaucoup de syndicats comme acteurs. Il a subi une certaine institutionnalisation. Les revendications sont liées indirectement au monde du travail.

b/ La crise des banlieues

Gros de cette crise en 2005. En 2007, les banlieues s’enflamment mais avec beaucoup moins de relais médiatique. Mouvement qui a pris beaucoup d’ampleur. La guérilla urbaine de 2007a entraîné une mobilisation dans toutes les cités de France. Mouvement contestataire .Les nouveaux acteurs sont les jeunes souvent non étudiants. Nouveaux enjeux, avec des revendications très diffuses : contre la police, SARKOZY, donc contre-culture. C’est une sous-culture jeune en demande de reconnaissance sociale. Nouvelle stratégie, avec des actions violentes et médiatisées.

Page 1 sur 212