PARTIE 1 – CHAPITRE 2 : COMMENT EXPLIQUER L’INSTABILITE DE LA CROISSANCE ?

PARTIE 1 – CHAPITRE 2 : COMMENT EXPLIQUER L’INSTABILITE DE LA CROISSANCE ?

1) Comment les fluctuations économiques se manifestent-elles ?

 

1.1 – Une croissance récente à l’échelle de l’humanité

 Au 16° 17°siècle, dans la « période agraire », la croissance est extrêmement faible : 0.1%/an.

Au 18°siècle,  dans la période du « capitalisme commercial » la croissance est 0.2% par an.

C’est surtout au 19°siècle, avec le « capitalisme industriel » que la croissance économique s’accélère (2% en France, 3% aux EU).

Puis au 20° les 30 Glorieuses se caractérisent par un taux de croissance annuel moyen de 4.2% pour les pays de l’OCDE, taux jamais égalé.

Depuis le milieu des années 70, la croissance ralentit pour atteindre en moyenne un peu moins de 2 % sur la période la plus récente (2000-2010).

 

Attention, même si au cours des siècles la tendance de la production est à la hausse, la production augmente de manière irrégulière. On  calcule un taux de croissance annuel moyen (TCAM) qui peut cacher des évolutions erratiques selon les années.

Remarque : la croissance est un phénomène cumulable sur le principe des intérêts composés : par ex, si le TCAM est de 2% par an , le PIB est multiplié par 2 en 35ans PIB x 1.02? (n=35)

1.2 – L’histoire économique est marquée d’importantes fluctuations : la variabilité de la croissance

On parle de fluctuations économiques plutôt que de cycles économiques car tous les économistes ne sont pas d’accord sur l’existence de cycle.

Fluctuations économiques : mouvements de hausse ou de baisse du PIB en alternance. (Si cette alternance est régulière, on parle de cycles)

  • Cycle Kitchin : cycles mineurs de 3 ans
  • Cycle Juglar : cycles de 9 à 10 ans
  • Cycle Kondratiev : cycles de 50 ans
  • Pour J.Schumpeter (« théorie de l’évolution économique 1912 et « Business cycle » 1939) la croissance économique  évolue sous forme de cycles liés aux transformations technologiques, qui sont à l’origine des cycles longs que N.Kondratiev a mis en évidence (1920)

Expansion: phase d’augmentation du PIB de court terme

Dépression: baisse du PIB à  long terme

Récession: faible taux de croissance ou baisse du PIB de court terme

Crise: retournement du cycle = passage d’une période de croissance à  une période de dépression, voire récession.

2) Comment expliquer les fluctuations économiques ?

Choc exogène = Evènement extérieur à l’activité économique qui va avoir des effets positifs ou négatifs sur elle.

Ces chocs peuvent avoir un impact sur l’offre globale ou sur la demande globale.

Les chocs exogènes conduisent à des fluctuations car ils viennent modifier les courbes d’offre et de demande. C’est-à-dire que pour un même niveau de prix on aura une quantité offerte ou demandée différente (déplacement des courbes : cf. cours de première). Les chocs exogènes créent donc une accélération ou au contraire un ralentissement de l’évolution du PIB à court terme ce qui éloigne la croissance de sa trajectoire de long terme et crée une fluctuation à la hausse ou à la baisse.

 

2.1- Les effets des chocs de  demande sur la croissance

Demande globale = ensemble de la demande agrégée dans une économie. C’est-à-dire toue la demande de biens et services de consommation et de production. Elle correspond à l’ensemble des utilisations (« emplois ») de la production.

Demande globale = Consommation finale + FBCF + X

Un choc de demande est une perturbation de l’activité économique liée à une hausse ou une baisse brutale de la demande qui peut s’expliquer par tout un tas d’évènements (baisse du pouvoir d’achat, évolution démographique, campagne publicitaire…) Un choc de demande est un évènement qui affecte les goûts ou les besoins des consommateurs, donc leur consommation, ou, qui affecte les entreprises, donc leur investissement et donc qui déplace donc la courbe de demande.

Si la demande augmente (la courbe se déplace vers la droite), toutes choses égales par ailleurs (ceteris paribus), les quantités échangées vont augmenter et les prix aussi : les consommateurs veulent acheter plus, et si l’offre n’augmente pas, ils devront payer plus cher.

Si la demande baisse (la courbe se déplace vers le bas), toutes choses égales par ailleurs, les quantités échangées vont diminuer et les prix aussi.

Exemples de chocs de demande :

  • L’impact d’une hausse de la consommation (intérieure) : une hausse de la consommation (et donc de la demande) entraine une hausse plus que proportionnelle de l’investissement (effet accélérateur) et donc de la demande
  • L’impact d’une hausse de l’investissement
  • Une hausse de l’investissement entraine une hausse plus que proportionnelle de la demande (effet multiplicateur)
  • L’ouverture économique
  • Une ouverture économique permet d’augmenter les exportations et donc le PIB

Le choc de demande négatif de 2009 dans la zone euro

Dans la zone euro, sous l’effet de la baisse de la consommation des ménages, les investissements ont baissé massivement, provoquant un ralentissement de la croissance effective qui fut largement inférieure à la croissance potentielle

 

Impacts d’une augmentation de la demande sur le PIB :

Augmentation de la demande –> Augmentation des commandes aux entreprises –> Augmentation de la production des entreprises –> Augmentation de l’emploi + augmentation des investissements –> augmentation des revenus distribués –> augmentation de la demande… Effet multiplicateur, on entre dans un cercle vertueux de croissance du PIB.

 

Impact d’une diminution de la demande sur le PIB :

Baisse de la demande –> Baisse des commandes aux entreprises –> Baisse de l’emploi et de l’investissement –> Baisse des revenus distribués dans l’économie –> baisse de la demande … –> On entre dans un cercle vicieux de ralentissement du PIB voire de diminution du PIB.

 

2.2- Les effets des chocs d’offre sur la croissance

Offre globale = Production nationale + Importation

On a vu que la production dépend des facteurs de production disponibles dans l’économie (quantité de travail et de capital et leur efficacité).

Un choc d’offre est une perturbation de l’activité économique liée à une variation brutale des conditions de l’offre en particulier les coûts de production. (Hausse des salaires, appréciation du taux de change, choc technologique conduisant à une hausse de la productivité, évolution du prix des matières premières, des salaires).Un choc d’offre  est un évènement qui affecte directement les coûts de production ou les capacités productives des entreprises, ce qui fait se déplacer la courbe d’offre.

Si l’offre augmente (la courbe se déplace vers la droite), les quantités échangées augmentent et les prix baissent : les entreprises vont produire plus et moins cher. Si l’offre baisse (la courbe se déplace vers la gauche), les quantités échangées baissent et les prix augmentent.

 

Les chocs d’offre positifs

Exemple des innovations majeures 

Les innovations de produits font augmenter les quantités produites (nouveaux produits), les innovations de procédé et organisationnelles font plutôt baisser les coûts de production. Selon Schumpeter, les innovations majeures sont à l’origine de la croissance économique dans les cycles de Kondratiev. Les entrepreneurs innovateurs se retrouvent d’abord en situation de monopole et peuvent vendre leurs innovations à un prix élevé. Mais, rapidement, l’innovation se diffuse et attire les entrepreneurs imitateurs, ce qui fera baisser les prix de l’innovation, jusqu’à disparition des entreprises les moins rentables. Schumpeter parle de destruction créatrice, car, ainsi, les facteurs de production vont être libérés des activités les moins rentables pour se rediriger vers de nouvelles activités.

Exemple de l’OST 

Le taylorisme, puis le fordisme ont permis à la fois de forts gains de productivité qui ont fait baisser les coûts de production et une augmentation de la production (production de masse) qui a été permis par une politique salariale généreuse (consommation de masse).

Le choc d’offre négatif des années 1970 en France

A priori, l’augmentation du prix du pétrole a eu plusieurs conséquences sur l’activité économique en France:

  • Une diminution du pouvoir d’achat des consommateurs, qui se traduit par une baisse de la demande se portant sur d’autres produits, et donc par une baisse de l’activité économique;
  • Une hausse des coûts de production des entreprises qui utilisent le pétrole comme matière première. Cette hausse se traduit et par des  hausse de prix (inflation) et par des licenciements, ce qui se traduira par une baisse de la demande et donc de l’activité;
  • La hausse des revenus des pays pétroliers peut les amener à accroître leurs importations, et donc  l’activité en France;
  • Les autres pays importateurs de pétrole connaissent eux aussi une contraction de leur demande, ce qui réduira les exportations

L’impact global sur l’activité économique est négatif.

 

Ainsi un choc pétrolier a des effets à la fois sur l’offre et sur la demande :

  • C’est un choc exogène négatif sur l’offre du fait de l’augmentation des coûts de production. Pour chaque niveau de pour les entreprises produiront une plus petite quantité.
  • C’est un choc exogène négatif sur la demande : la hausse des prix conduit à un baisse du pouvoir d’achat des ménages qui réduisent leur consommation et cela est aussi valable pour les ménages dans  les pays partenaires commerciaux de la France ;

Ces deux effets conduisent donc à un ralentissement de l’activité économique, une augmentation du chômage et de l’inflation.

 

SYNTHESE : Si les chocs d’offre et de demande sont simultanés

  • Si le choc d’offre est à la baisse et le choc de demande à la hausse, les prix vont augmenter. L’évolution des quantités dépend du rapport entre l’offre et la demande : si le choc d’offre est supérieur au choc de demande, les quantités échangées baissent.
  • Si le choc d’offre et le choc de demande sont à la baisse, les quantités échangées baissent. L’évolution des prix dépendra du rapport entre l’offre et la demande. Si le choc d’offre est supérieur au choc de demande, les prix augmentent.
  • Si le choc d’offre est à la hausse et le choc de demande à la baisse, les prix baissent. L’évolution des quantités dépendra du rapport entre l’offre et la demande. Si le choc d’offre est supérieur au choc de demande, les quantités échangées augmentent.

 

 

 

 

2.3 – Les effets des activités monétaires et financières (cycle du crédit)

 

Le débat sur le rôle des banques dans l’amplification des cycles est économiques est très vif aujourd’hui.

Il est basé sur la théorie du “cycle du crédit” : la monnaie a en général un effet amplificateur des fluctuations économiques engendrées par des chocs exogènes :

  • en période d’expansion, on observe une forte hausse des crédits, car les agents empruntent facilement et les banques sont confiantes dans les remboursements.
  • dans les récessions, les banques durcissent les conditions du crédit (en raison du risque de défaut, de la moindre valeur du collatéral, de leurs ratios réglementaires de capital…) et ceci amplifie le recul de la demande (des ménages et des entreprises), augmente le nombre de faillites.

 

Remarque : La baisse de la distribution de crédit dans les récessions vient aussi de la baisse de la demande de crédit, et non seulement de la baisse de l’offre de crédit.

 

Ainsi lorsque l’activité ralentit, alors les anticipations des agents économiques sont orientées à la baisse, ce qui génère une baisse de la demande soit du fait d’une baisse des revenus constatée, soit du fait d’une hausse de l’épargne de précaution. Parmi les agents économiques, les banques, responsables de la création monétaire vont-elles aussi « subir » ces anticipations négatives. Lorsque l’activité ralentit, elles vont craindre les risques de défaut (risque que les emprunteurs ne puissent rembourser leur dette) et le risque de diminution de la valeur de leur hypothèque (lorsqu’elles accordent un prêt à longue échéance, pour un achat immobilier notamment, les banques mettent une hypothèque sur le bien acheté, en cas de défaut de paiement de la part de l’emprunteur elles récupèrent tout ou partie de la valeur du bien). Si l’on est en récession voire en dépression, la demande est ralentie ce qui peut provoquer une diminution des prix, notamment des biens immobiliers donc une diminution de la valeur des hypothèques. Ainsi dans ces périodes les banques seront très prudentes et imposeront à leur clients des garanties très importantes qui vont donc freiner l’octroi de crédit et par là même, la demande déprimant encore l’activité économique, d’où un cercle vicieux de la dépression, déflation.

Dans ce cas la monnaie a un effet « pro-cyclique », elle amplifie les variations conjoncturelles, d’où la nécessité d’une politique conjoncturelle contra-cyclique.

3) La récession et la dépression : des situations économiques et sociales dangereuses

 

3.1 – Les mécanismes cumulatifs susceptibles d’engendrer déflation et dépression

La déflation est le gain du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une diminution générale et durable des prix ; c’est une inflation négative.

Notion à ne pas confondre avec la désinflation qui est la baisse de l’inflation (baisse du taux d’accroissement du niveau moyen des prix).

La déflation provient de la faiblesse de la demande qui oblige les entreprises en concurrence à baisser leur prix pour trouver des acheteurs.

3 mécanismes peuvent l’expliquer :

  1. Anticipant une baisse des prix , les ménages ont tendance à repousser leurs achats, contribuant ainsi à réduire la demande adressée aux entreprises. En retour, anticipant une baisse de la demande, les entreprises diminuent leur production, donc  leurs investissements et leur demande de travail, contribuant ainsi à l’augmentation du chômage et à la baisse des revenus des ménages. Le phénomène s’auto-entretient : les ménages attendent la baisse des prix qu’ils anticipent, ce qui réduit la demande obligeant les entreprises à réduire leur prix et à licencier.
  2. La déflation augmente le coût réel de la dette : taux d’intérêt réel= taux d’intérêt nominal – inflation ; cette hausse du coût de l’emprunt dégrade la situation des entreprises, ce qui les amène à réduire leurs investissements. Cela peut aussi inciter les ménages à plus épargner, ce qui vient encore baisser la demande. Enfin, la dégradation des perspectives des entreprises conduit les banques à restreindre leur offre de crédit, ce qui risque de faire encore baisser la demande. La situation des entreprises généralement endettées devient alors critique : leurs ventes diminuent et leurs dettes augmentent : les faillites se multiplient détériorant la situation des banques ; le crédit s’effondre (credit crunch).
  3. La déflation contribue donc à maintenir une spirale de récession dont il est difficile de sortir : plus la croissance se ralentit, plus les prix baissent, plus les taux réels augmentent, ce qui accentue encore le ralentissement de la croissance.

 

3.2 – Les conséquences possibles de la récession et de la dépression :

La récession ou la dépression ont des conséquences importantes. Une baisse de la production se traduit :

  • par une hausse du chômage
  • qui risque d’engendrer une crise sociale
  • et par un accroissement de la dette publique

 

Une hausse du chômage se traduit par une baisse des revenus, donc un risque de baisse de la demande. Ce sont les plus jeunes et les plus âgés qui sont le plus touchés, le chômage accentue la précarité et la pauvreté des populations les plus fragiles et accroît les tensions sociales et politiques

Pour l’Etat, la baisse de la production et de la consommation se traduit par une réduction des recettes fiscales et une augmentation des dépenses d’aides sociales et d’aide aux entreprises (et même aux banques) ; cela va se traduire par une hausse du déficit public qui va engendrer une réduction des dépenses publiques, qui peut à son tour se traduire par une réduction des dépenses publiques, freinant les possibilités de sortir de la récession.

L’ensemble de ces effets cumulatifs se fait ressentir sur les entreprises et peut se propager à l’échelle internationale du fait de la dimension mondiale des firmes

 

Même si elles permettent de rééquilibrer l’économie (en ralentissant l’inflation, désendettant les agents, éliminant les entreprises les moins efficaces), il est difficile de sortir des phases de récession et de dépression, qui s’auto-entretiennent. Pour les Keynésiens, il faudra que l’Etat mène une politique contra-cyclique pour sortir du cercle vicieux de la dépression.

 

PARTIE 1 – CHAPITRE 1 : QUELLES SONT LES SOURCES DE LA CROISSANCE ?

PARTIE 1 – CHAPITRE 1 : QUELLES SONT LES SOURCES DE LA CROISSANCE ?

PARTIE 1 : CROISSANCE, FLUCTUATIONS ET CRISES

CHAPITRE 1 : QUELLES SONT LES SOURCES DE LA CROISSANCE 

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1) Qu’est-ce que la croissance économique ?

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1.1- Comment définit-on la croissance ?

Croissance =Augmentation à long terme (LT) de la production de Biens et Services

Expansion
= phase d’augmentation du PIB de court terme (CT)

Dépression
= baisse du PIB à  long terme

Récession
= faible taux de croissance ou baisse du PIB de court terme

Définition institutionnelle =

« Processus quantitatif se traduisant par l’augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues, d”un indicateur représentatif de la production de richesses d’un pays
en termes réel. »

Remarques sur la définition :

  • « Processus » + « une ou plusieurs longues périodes longues » = il s’agit de considérer l’évolution de l’activité économique sur le long terme, soit plus de 10 ans. Ainsi l’activité peut-être fluctuante à CT et en croissance à LT si elle est globalement en expansion.
    On considère alors que les pays industrialisés d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord connaissent une croissance économique depuis la révolution industrielle, bien qu’ils aient connu des crises.

  • « Augmentation soutenue » = La croissance n’est pas stable dans le temps, elle peut connaître plusieurs rythmes différents de l’activité économique mais sur le long terme la tendance est à l’augmentation de la richesse créée.

     

  • « Un indicateur de mesure de la production de richesse d’un pays en termes réel» = La croissance économique est mesurée grâce à un outil qui permet de mesurer la richesse créée par une économie (le PIB). Sachant que la croissance économique est un phénomène de long terme il est important de la mesurer en terme réel c’est-à-dire indépendamment de la variation des prix (il faut donc enlever l’effet des prix en déflatant la donnée)

Résumons : La croissance économique c’est l’augmentation de la richesse créée sur le long terme.

 

  1. Comment la mesure-t-on ?

Par l’augmentation du PIB en volume

PIB = somme des richesses produite par les unités résidentes pendant une année.

Alors que le PNB = somme des richesses produites par les unités nationales.

 

PIB NOMINAL = VALEUR = COURANTS = on n’a pas enlevé l’effet des prix

 

PIB REEL = VOLUME = CONSTANTS = on a enlevé l’effet des prix

2) Intérêts et limites du PIB

2.1- Intérêts du PIB : le PIB est-il un bon indicateur de richesse ?
a)  Le PIB est un indicateur du niveau de production marchande et non marchande

Il est relativement facile de calculer la production marchande par le PIB marchand en faisant la somme des valeurs ajoutées = richesse réellement créée par l’entreprise qui se calcule en enlevant au montant des ventes (chiffre d’affaire), le montant des consommations intermédiaires (produits achetés à d’autres entreprises qui disparaissent au cours de la production) des unités résidentes.

VA=CA -CI

PIB = somme des valeurs ajoutées + TVA + droits de douanes – subventions à l’importation

Mais il est plus difficile de mesurer la production non marchande. On évalue celle des administrations publiques avec leurs coûts de fonctionnement.

On approxime la production domestique avec les jardins familiaux et la valeur fictive des loyers que se verseraient les propriétaires de leur propre logement.

[« net ou brut » : net = brut – les amortissements (usure du capital fixe). « en termes réels » : en enlevant l’effet des variations de prix, on dit encore « en volume » ou « en monnaie constante ».]

b) Les deux autres modes de calculs du PIB et leurs enseignements

PIB = somme des revenus primaires distribués (partage de la richesse créée)

= Revenu du travail (coût du travail) + Revenu du capital (EBE) + impôts sur la production

Ce mode de calcul permet d’analyser la répartition des richesses créées et les inégalités qu’elle peut engendrer.

PIB = somme des dépenses (utilisation de la richesse créée)

= Consommation finale des ménages + FBCF + (X-M) +/- Variations de stocks

Ce mode de calcul permet d’analyser la contribution de chaque composante à la croissance du PIB.

L’augmentation du PIB est un indicateur de croissance économique = Pour mesurer la croissance, on mesurera alors le taux de croissance du PIB.

ATTENTION, ne confondez pas la notion de croissance et sa mesure par la croissance du PIB.

 

Remarque : A ne pas confondre avec le niveau de vie=PIB/h

 

2.2- Les limites du PIB
  • 1ère limite : Des difficultés de comparaison entre les pays

Lorsque l’on compare les PIB entre différents pays on se retrouve confronté à deux difficultés :

  1. Tout d’abord les deux PIB ne sont pas exprimés dans la même devise et il faut donc tenir compte du taux de change entre les deux devises afin de pouvoir faire la comparaison.
  2. Ensuite au-delà du taux de change, le niveau des prix n’est pas le même dans les deux pays ce qui veut dire que même pour deux pays qui ont la même monnaie la comparaison peut être faussée car le pouvoir d’achat de la monnaie n’est pas le même dans chacun des pays du fait de la différence des prix.

Pour tenir compte de cela on calcule le PIB en parité de pouvoir d’achat (PPA) : on convertit les PIB en un standard de pouvoir d’achat.

Par exemple, si un hamburger coûte deux fois plus cher en France qu’aux Etats-Unis, on peut faire un rapport des taux en PPA , ce qui permet d’obtenir les rapports entre le nombre d’unités nécessaires pour obtenir un panier de biens et services équivalents.


  • 2ème limite :
    Le PIB ne comptabilise pas toutes les activités productives.

Le PIB ne comptabilise qu’une partie de la production non marchande

Le PIB ne comptabilise pas ou mal la production domestique et les activités bénévoles

Le PIB ne comptabilise pas la production issue de l’économie souterraine : activités non déclarées à l’Etat, légales ou non (économie informelle : faite dans le cadre familial ou amical). Il existe des estimations : 17%PIB italien.

Il est à noter que dans certaines économies (Afrique, Amérique latine, pays de l’Est) ces différentes activités productives prennent de l’importance et leur non prise en compte par le PIB vient sous estimer la richesse créée dans l’économie concernée.

  • 3ème limite : Le PIB ne tient pas compte des externalités qu’elles soient négatives ou positives.

Définition d’externalités : L’externalité
ou
effet externe désigne une situation dans laquelle l’action d’un agent économique
influe, sans que cela soit le but de l’agent, sur la situation d’autres agents, alors même qu’ils n’en sont pas partie prenante : ils n’ont pas été consultés et n’ont reçu (si l’influence est négative) ni versé (si elle est positive) aucune compensation.

Ainsi le PIB va comptabiliser positivement des activités qui sont destructrices de bien-être (par exemple, de ressources naturelles) voire même ajouter à cela la richesse créée pour réparer les dégâts occasionnés par cette activité.

A l’inverse le PIB ne comptabilise pas les externalités positives, par exemple des infrastructures construites depuis longtemps.

Le PIB n’est donc pas un bon indicateur de bien-être.

 

2.3- Quels autres indicateurs possibles ?

Il existe de nombreux indicateurs plus qualitatifs c’est-à-dire qui cherchent à rendre compte de la qualité de vie, du bien-être des populations. Par exemple, le PNUD a crée un indicateur de développement.

L’IDH : indice de développement humain : moyenne pondérée de trois indicateurs :

  1. L’espérance de vie à la naissance (image du niveau sanitaire et social de la population),
  2. L’indice d’éducation est dorénavant basé sur la durée moyenne de scolarisation et sur la durée attendue de la scolarisation,
  3. Le RNB (revenu national brut) qui remplace le PIB pour tenir compte des effets de la mondialisation (la production réalisée dans un pays peut être distribuée sous forme de revenus dans un autre pays) : le RNB est donc un meilleur indicateur du revenu national que le PIB.

 

La valeur de l’IDH est comprise entre 0 et 1 : plus un pays est développé plus son IDH est proche de 1.

Remarque :

L’IDH n’est pas un indicateur de croissance mais un indicateur de développement. Selon F. Perroux, économiste français du 20°siècle, le développement c’est l’ensemble des changements sociaux et culturels qui accompagnent la croissance. Le développement est donc d’emblée une notion plus qualitative, la croissance étant plutôt une mesure quantitative.

La croissance économique est encore moins un indicateur de la qualité du développement et en aucun cas du développement durable.

Le développement durable se définit comme un développement visant au recul de la pauvreté, en préservant les écosystèmes et en garantissant la justice à l’égard des générations actuelles et futures. [Voir chapitre 3]

 

3) Comment expliquer la croissance économique ?

La fonction Cobb-Douglas explique la croissance économique par la croissance du facteur travail et du facteur capital (croissance extensive) et par l’existence d’un « facteur résiduel », c’est-à-dire d’un facteur qui ne correspond ni à l’augmentation du capital ni à l’augmentation du travail, c’est la croissance intensive, ce facteur résiduel, c’est le progrès technique.

Q=f(K,T,e) ou Q=K+T+e

Dans les faits, le taux de croissance du PIB des PDEM a été plus fort que l’augmentation de la quantité de facteurs de production. Les rendements d’échelle de la production ont été croissants (l’augmentation des deux facteurs a été moins forte que l’augmentation du PIB). Le progrès technique expliquerait la moitié de la croissance française des 30 Glorieuses, selon les économistes Carré, Dubois et Malinvaud.

L’augmentation des facteurs de production n’explique pas toute la croissance.

 

3.1- La croissance peut s’expliquer par l’augmentation de la quantité des facteurs de production

La croissance peut s’expliquer par l’augmentation des facteurs de production, c’est-à-dire par les moyens mis en œuvre pour produire que sont le travail et le capital

 

a) La croissance peut s’expliquer par l’augmentation du capital

 

Augmentation du capital= investissement= flux qui vient accroitre (ou renouveler) le stock de capital au sens large : capital technique, humain, institutionnel.

 

Capital = ensemble des moyens de production nécessaire pour produire en plus du facteur travail.

Au sens strict, capital = capital technique (bâtiments,machines)

 

Investissement = achat de biens d’équipement durable destinés à être utilisés plus d’un an dans le processus de production.

L’investissement est mesuré par la comptabilité nationale comme FBCF. L’investissement peut prendre des formes différentes : matériel, immatériel, et poursuivre des objectifs différents (capacité, renouvellement, productivité).

L’investissement est facteur de croissance parce que :

  1. L’investissement agit sur la demande:
    L’investissement appartient à la demande, avec la consommation et les exportations, puisqu’il s’agit de la demande exprimée auprès des producteurs de biens d’équipement.
    Une hausse de l’investissement entraine une hausse + que proportionnelle de la demande (Keynes) c’est l’effet multiplicateur. Une dépense supplémentaire d’investissement se traduit par une hausse de la demande en biens ou services de production (machine, équipements, logiciels…) qui se traduit par une hausse de la production dans les entreprises produisant ces biens et services de production, cette hausse de la production (donc de chiffre d’affaire et de valeur ajoutée) se traduit par un supplément de revenus distribués ( la VA est répartie entre salariés, propriétaires et recettes fiscales) qui engendre alors un surcroît de demande et ainsi de suite. Ce mécanisme est d’autant plus important que la part du revenu supplémentaire qui sera consommée (la propension marginale à consommer) sera forte, donc que la propension à épargner sera faible.

     

    Keynes montre à travers le mécanisme du multiplicateur (d’investissement) qu’une dépense supplémentaire d’investissement entraîne une augmentation plus que proportionnelle du revenu global donc de la croissance.

    Ce mécanisme repose sur une hypothèse aujourd’hui très forte : que la dépense générée par le supplément d’investissement se fasse dans le pays ou le groupe de pays dans le(s)quel(s) la dépense initiale a été faite (que la propension marginale à importer soit faible).

 

2. L’investissement agit sur l’offre:

L’investissement de capacité permet de produire plus et donc d’augmenter l’offre.

L’investissement de productivité augmente la compétitivité et baisse les coûts de production et donc les prix, ce qui augmente la production et donc l’offre

L’investissement en RD peut permettre une diversification de l’offre.

 

b) La croissance peut s’expliquer par l’augmentation du travail

Travail = facteur de production constitué des ressources en main d’œuvre. Augmentation du travail= augmentation du temps de travail et du nombre de travailleurs utilisés.

Il faut distinguer:

  • Travail: activité rémunérée qui constitue avec le capital un facteur de production.
    On se place ici du côté de l’entreprise: offre de travail = demande d’emploi et demande de travail = offre d’emploi
  • Emploi: exercice d’une profession rémunérée. On se place ici plutôt du côté du salarié.

Quantité de travail disponible dépend de deux éléments : La main d’œuvre disponible (population active) et La durée du travail.

Elle peut être mesurée en nombre de travailleurs ou en nombre d’heures de travail.

Quantité annuelle de travail = Nombre d’emploi x Durée annuelle du travail

  • Population active = actifs occupés + chômeurs

    Cela correspond à toute la main d’œuvre disponible. La population active a suivi une tendance à la hausse sauf ces dernières années où la génération du baby-boom part en retraite et l’entrée dans la vie active est retardée par l’allongement des études.

  • Durée annuelle du travail = elle dépend de la législation du travail (durée hebdomadaire et quotidienne du travail ; congés payés, développement des temps partiels et des emplois précaires). De façon générale la durée du travail a fortement baissé depuis les années 1950, ce qui vient contrebalancer l’augmentation la hausse de la population active.

Ainsi la quantité de travail a plutôt connu une tendance à la baisse et l’impact du facteur travail s’explique par la hausse de la productivité du travail.

La quantité de travail est un déterminant de la croissance :

  • En effet en cas de pénurie de main d’œuvre la croissance potentielle est amoindrie ce qui peut être contrebalancé par le recours à l’immigration (ex : France dans les années 1960)
  • A l’inverse en cas de surplus de main d’œuvre le développement du chômage peut avoir un effet négative sur la consommation des ménages et donc sur la demande globale ce qui jouera à la baisse sur la croissance effective.

 

3.2- La croissance peut s’expliquer par l’augmentation de la qualité (productivité) des facteurs de production

Le progrès technique peut augmenter la productivité du travail, la productivité du capital mais aussi la PGF, résultat de la combinaison productive.

La productivité se mesure en faisant le rapport de la production avec la quantité des facteurs de production utilisés.

Par exemple :

Productivité du travail = mesure de l’efficacité du travail

  • Productivité horaire = production/nbr d’heures de travail
  • Productivité physique = Production/nbr de travailleurs
  • Productivité en volume= volume de production/qté de travail
  • Productivité en valeur= valeur ajoutée/qté de travail

 

La productivité globale des facteurs fait le rapport entre la VA et le coût du travail et du capital utilisé.

Lorsque la productivité augmente, cela veut dire qu’avec la même quantité de facteurs on sera capable de produire en plus grande quantité.

Avec le progrès technique, grâce aux innovations le capital est plus efficace et rend d’autant plus efficace le travail ce qui fait que la croissance du PIB devient plus que proportionnelle au niveau d’investissement.

Le progrès technique est source de croissance parce qu’il permet des gains de productivité.

 

Progrès technique = ensemble des améliorations apportées aux façons de produire (innovations de procédé + innovations organisationnelles), et aux produits (innovations de produit).

Innovation = application économique et/ou commerciale réussie d’une invention (idée nouvelle), qui découle de la RD.

 

Recherche-Développement = processus qui combine des moyens en personnel et en matériel pour aboutir à des innovations comme la mise en œuvre de nouveaux procédés, la création de nouveaux produits.

C’est donc le résultat de la RD quand il est positif qui constitue le progrès technique. La RD est une composante importante de l’investissement immatériel, elle est financée par les entreprises, mais aussi par l’Etat.

Pour Schumpeter, l’innovation est facteur de croissance (mais explique aussi les cycles économiques).

Gains de productivité
= indicateur de mesure du progrès technique mis en œuvre dans une entreprise.

Le progrès technique engendre des gains de productivité qui permettent:

  • de produire plus: effet sur l’offre intérieure et à l’exportation (hausse du PIB= croissance)
  • de produire moins cher, ce qui permet un partage des gains de productivité au profit des propriétaires (hausse de l’investissement), des ménages (hausse des salaires et baisse des prix) et de l’Etat (hausse des recettes fiscales donc des possibilités d’investissement public); créant ainsi un cercle vertueux de croissance

        =>Le progrès technique fait augmenter l’offre

Rappel :

Le rendement désigne la relation entre la quantité produite d’un bien et la quantité de facteurs de production utilisée pour l’obtenir (c’est un synonyme

de productivité).

Rendements décroissants : la quantité produite augmente moins vite que la quantité de facteurs utilisée (déséconomie d’échelle)

Rendements croissants : la quantité produite augmente plus vite que la quantité de facteurs utilisée (= économies d’échelle )

Rendements constants : la quantité produite augmente au même rythme que la quantité de facteurs utilisée.

Le PT permet donc de produire plus et de réduire les coûts de production.

Le surplus de richesse créée va être partagé ce qui peut avoir des conséquences sur la demande.

        => Le progrès technique fait augmenter la demande

Document 1:

Gains de productivité et croissance économique

Les gains de productivité à travers leurs effets sur les revenus et les prix dynamisent la production. La baisse des prix réels des biens et services stimule la consommation des ménages. Les entreprises peuvent conserver une partie des gains de productivité sous forme de hausse des profits facilitant l’autofinancement des investissements. Les recettes de l’Etat étant assises sur les revenus et la consommation, les prélèvements fiscaux et sociaux peuvent croître pour financer des dépenses publiques croissantes : investissements publics, création d’emplois publics et transferts sociaux qui soutiennent la consommation des ménages. Les gains de productivité, en permettant la baisse des prix de vente, sont facteur de compétitivité ce qui favorise les exportations.

Ainsi, la distribution des gains de productivité, en dynamisant les différentes composantes de la demande globale (consommation, investissement, dépenses publiques et exportations) est facteur de croissance économique.

Les Trente Glorieuses fournissent une illustration des effets vertueux des gains de productivité. Les gains de productivité exceptionnellement élevés des années 1945-1973 facilitent leur partage : il y a « du grain à moudre » et prélèvements étatiques, salaires et profits peuvent augmenter simultanément sans miner pour autant une compétitivité d’ailleurs moins impérative qu’aujourd’hui vu le moindre degré d’ouverture sur l’extérieur des économies.

Ce partage relativement « équilibré » des gains de productivité ne s’est cependant pas instauré spontanément. Il a été l’enjeu de luttes sociales régulées par les négociations collectives dans lesquelles les syndicats sont devenus des « partenaires ». L’intervention de l’Étatprovidence a influencé l’affectation des gains de productivité à travers la socialisation croissante des revenus, la fixation d’un salaire minimum, l’élaboration d’un cadre juridique des relations du travail… Ces éléments ont aussi concouru à la diffusion des gains de productivité dans l’ensemble de l’économie permettant par exemple aux salariés des branches à faible croissance de productivité de bénéficier aussi des augmentations de pouvoir d’achat. Les gains de productivité ont donc été un facteur déterminant de la croissance économique ou plutôt d’un certain mode de croissance fondé sur le couple production de masse / consommation de masse. Réciproquement, la croissance économique a stimulé les gains de productivité par le biais des rendements d’échelle croissants et par l’incitation à l’innovation que constituent des débouchés en augmentation. Ainsi, période exceptionnelle de gains de productivité, les Trente Glorieuses ont été aussi une période d’exceptionnelle croissance économique.

J. Bails. « Productivité ». Cahiers Français n° 279, Découverte de l’économie, Février 1997.

1. A partir du document faites un schéma implicatif montrant les effets du PT sur la croissance.

L’impact des gains de productivité et donc du PT, sur la croissance dépend toutefois de la répartition de leurs effets sur 4 facteurs :

  1. la baisse des prix de vente ;
  2. la hausse des salaires ;
  3. la hausse des profits (distribués et non distribués) ;
  4. la hausse des prélèvements fiscaux.

Le partage de la valeur ajoutée est un enjeu de société et de luttes sociales

 

Le progrès technique et les gains de productivité se sont accompagnés au cours du 20°siècle d’une baisse du temps de travail et se traduit par un pouvoir d’achat supplémentaire des consommateurs (baisse des prix), des salariés (hausse des salaires) et une hausse des profits. Ce pouvoir d’achat supplémentaire s’est traduit par une hausse de la demande qui a engendré de la croissance et des créations d’emplois. Le progrès technique ne supprime donc pas d’emplois à long terme (malgré la hausse de la productivité qu’il engendre), il les déplace (tertiarisation)

 

3.3- La croissance peut s’expliquer par les externalités et le rôle des institutions

a) La croissance s’auto-entretient (est endogène)

Dans les théories de la croissance endogène, les économistes montrent que le progrès technique n’est pas quelque chose qui est extérieur au travail et au capital, mais qu’il est endogène, interne : le progrès technique s’explique par la croissance économique : il est issu des investissements qui produisent toute une série d’effets positifs pour la collectivité. Il peut donc s’agir d’investissement dans la recherche, dans la formation ou dans les infrastructures et peut aussi s’expliquer par l’expérience acquise. L’investissement dans le capital physique ne suffit donc pas à expliquer tout le processus de croissance : les théoriciens de la croissance endogène ont donc permis de mettre en évidence l’importance du capital humain
(ensemble des dispositifs durables qui rendent les individus plus productifs) dans l’augmentation de la productivité du travail, du capital institutionnel
ou public
( ensemble des ressources de long terme détenues par les pouvoirs publics) qui permet des externalités positives, en accroissant notamment le capital technologique.des externalités positives qui se répercutent de manière cumulative : le capital accumulé sera alors source d’une croissance auto-entretenue et produira des rendements croissants.

L’accumulation et la complémentarité de ces différents types de capitaux permettent l’entretien et la poursuite du processus de croissance.                                                                                                                                                                

 

b) Les institutions peuvent former un cadre favorable de la croissance

Remarque importante : l’évolution des facteurs de production ne garantit pas la croissance, les agents économiques ont un rôle important à jouer pour favoriser la croissance. Le comportement des membres de la société en général doit être propice au changement et au progrès (ex rôle de l’entrepreneur).

L’instauration et le maintien d’institutions démocratiques assure un environnement favorable à la prise de risque et à la protection des droits commerciaux par exemple en fournissant un cadre institutionnel stable propice aux échanges marchands.

Les institutions (règles qui structurent les relations économiques et sociales dans un pays) peuvent contribuer à fournir un cadre favorable au progrès technique et aux innovations. Elles garantissent des lois justes et la stabilité politique.

  • elles peuvent fournir aux entreprises des infrastructures et des services publics qui auront des effets externes positifs
  • elles peuvent encourager le progrès technique en aidant la recherche-développement (publique, privée)
  • elles peuvent instituer des droits de propriété  (droit de disposer d’un actif et de ses revenus):

Par exemple, le brevet qui est un droit de propriété, protège une innovation technique (de produit ou de procédé) : sans brevets, les entrepreneurs n’innoveraient pas, car n’importe quelle autre entreprise pourrait à son tour utiliser l’innovation sans avoir à en supporter les coûts. Comme l’innovation est source de croissance économique, les brevets sont un exemple de règles entraînant de bonnes incitations.

Le rôle des innovations dans la croissance économique (Revue de Presse)

Le rôle des innovations dans la croissance économique (Revue de Presse)

L’entrepreneur innovateur : Steve et sa pomme

«Three apples have changed the world. The one offered to Adam, the one that fell on Newton, and the one of Steve Jobs.» :  Shiv Nadar, fondateur et directeur du HCL Group (Groupe indien leader mondial des services informatiques), dans The Economic Times.

L’hommage planétaire rendu à Steve Jobs dans les deux dernières semaines (+ de 8 000 publications dans la presse anglophone) démontre l’impact énorme que cet homme a eu sur le quotidien des consommateurs du monde entier. Qualifié tantôt «d’entrepreneur génial», de «visionnaire», d’ «inventeur hors-norme», Steve Jobs représente bel et bien l’archétype de l’entrepreneur innovateur selon Joseph Schumpeter.

En effet, le PDG d’Apple laisse derrière lui une entreprise en pleine croissance malgré la crise économique mondiale qui ne semble pas l’atteindre.

Quelles sont alors les clés du succès ?

Apple a su développer tant son entreprise par le biais des innovations-produits (les plus visibles) mais aussi par le biais des innovations organisationnelles et innovations de procédés.

Pour commencer, Steve Jobs de par un marketing extrêmement bien rodé et des innovations-produits toujours plus nombreuses en quantité ainsi qu’en qualité, s’est assuré pendant quelque temps au moins la possibilité de vendre ses produits «exceptionnels» plus chers que la moyenne admise sur le marché des nouvelles technologies (Cf. cours :  La notion de rente de monopole). En effet, la mise hors-jeu de ses concurrents complètement dépassés par la large gamme de produits innovants qu’ont été les Mac G4, iMac, MacBook Pro, MacBook Air, iPod, iPod Touch, iPod Nano, iPad 1 puis 2, et l’Iphone 1, 2, 3 et 3GS, 4 et 4GS, et enfin les systèmes d’exploitations Panther, Leopard, Snow Leopard et Lion. Apple attaque et innove dans tous les domaines du multimédia

Si l’on s’attarde un instant sur l’utilité de l’iPod, ce produit se voit directement concurrencé par l’iPhone qui intègre un système de lecteur MP3 tout aussi performant. En outre, l’iPad vient doubler par son utilisation les outils d’un petit ordinateur portable. Le concept schumpeterien de «destruction créatrice» n’échappe pas aux dirigeants d’Apple et la mise hors service d’une de leurs technologies s’accompagne toujours de la création d’une technologie ad hoc «révolutionnaire» où le besoin se fait de «tout racheter».

Voir cet article concis du Toronto Star, “The Jobs Revolution“, en date du 7 octobre 2011  : The jobs Revolution

Steve Jobs a en ce sens parfaitement compris les mécanismes de l’innovation : créer de nouveaux besoins, de nouvelles formes de consommation et tirer un énorme profit d’un avantage minime en le sublimant. L’entrepreneur innovateur n’est pas en effet celui qui investira dans la recherche fondamentale, mais bien celui qui saura tirer profit des connaissances actuelles de la science pour les combiner dans un objet à la pointe de la technologie (Apple n’investit pas en R&D fondamentale).

Voir l’article du magazine suisse l’Hebdo en date du 29 septembre 2011 sur la “Silicon Valley” : La-vallée-des-rêves

L’entrepreneur innovateur dispose d’une longueur d’avance sur ses concurrents. Mais pour combien de temps ?

Cette partie relate des propose plus généraux sur la diffusion de l’innovation au niveau mondial.

À peine un nouveau produit d’Apple est-il présenté lors des fameuses «Keynotes» (évènement majeur dans la stratégie de communication d’Apple), que ses concurrents s’empressent de l’imiter. Et il faut s’accorder sur le fait que la mondialisation de l’économie et de l’information réduit considérablement le temps de monopole sur un marché spécifique. La course à l’innovation n’en est que plus féroce et soutenue.

Cf. la loi de Moore liée à l’évolution de la puissance des ordinateurs depuis 1970 :

 

C’est pourquoi Apple et bien d’autres entreprises en pointe dans leur secteur respectif déposent chaque jour des centaines de brevets pour chaque élément caractéristiques de leurs innovations. La course à l’innovation risque bien de tourner en guerre des brevets et les innovateurs pourraient vite devenir des juristes confirmés.

Plus largement, en sortant des considérations purement technologiques, il faudrait s’interroger sur le statut juridique des innovations. Peut-on par exemple breveter une découverte majeure sur le vivant ? Y’a-t-il un socle commun et inaliénable appartenant à l’humanité ? Ou tout peut-il se vendre, s’acheter et être breveté ? Comme quoi la question de l’innovation nous mène loin …

Voir l’article de 01.net en date du 6 septembre 2011 :  Guerre des brevets – Apple

Mais retournons à nos entrepreneurs innovateurs …

Que se passera-t-il lorsque la concurrence aura rattrapé son retard ?

Par un effet mécanique, le prix du produit va diminuer dans un processus d’ajustement avec ceux de la concurrence. Par exemple, la mise sur le marché de nouveaux produits entrant dans la catégorie des smartphones a obligé Apple à baisser le prix de son iPhone pour ne pas être disqualifié dans la course au consommateur.

Il faut alors tout recommencer : innover, détruire l’ancien, créer du neuf, vendre, et ainsi de suite. En ce sens, on comprend parfaitement que l’idée du cycle schumpeterien : Naissance de l’innovation, âge d’or isolé de l’innovation, diffusion de l’innovation, déclin de l’innovation, destruction. Les entreprises sont condamnées à l’innovation perpétuelle qui est à bien des égards une des sources de la croissance économique la plus dynamique.

Quel est donc l’impact de l’innovation sur la croissance ?

Assurément, les industries à la pointe du progrès technique seront les moteurs de la croissance : Les nouveautés de produit par exemple vont entraîner une hausse de la consommation, entraînant un bénéfice en hausse pour l’entreprise, qui pourra ainsi augmenter les salaires et améliorer les conditions de travail, impact sur les salaires directement réaffectés à la consommation et la boucle est bouclé. Si seulement cela était aussi simple.

En effet, comment expliquer alors que l’entreprise d’Apple qui est l’une des plus prospères au monde se fasse épingler par les médias internationaux pour l’état de sa production délocalisée en Chine et les conditions de travail déplorables de travailleurs chinois ?

Voir l’article de Libération du 7 octobre 2011, “En Chine, un brutal système d’exploitation” : Apple-et-la-Chine

La croissance entraîne le changement social, mais pas toujours… Et je dirais même, la croissance entraîne le changement social à condition que ses fruits soient équitablement redistribués et judicieusement utilisés.

Voici en guise de conclusion deux articles en relation avec l’innovation et le progrès technique :

En bonus -> Michel Godet : “l’innovation n’est pas seulement technique”
Je profite de ce petit billet pour souhaiter de bonnes vacances aux chanceux qui en ont 😀 ! 
Voici le dossier complet avec tous les articles en lien dans ce sujet : 

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4.2  Avantages et inconvénients de la flexibilité

4.2 Avantages et inconvénients de la flexibilité

a) La flexibilité peut être avantageuse pour les entreprises et les salariés

-La flexibilité sous ses différentes formes permet d’accroitre la productivité du travail car elle évite que certains salariés soient sous-employés (polyvalence et annualisation)

-La baisse des coûts de production et donc des prix peuvent être obtenues par une meilleure adaptation des besoins de main d’œuvre à la production.

-La flexibilité permet une meilleure circulation des travailleurs d’un secteur à l’autre ce qui favorise le redéploiement des capacités productives pour l’innovation (théorie du déversement)

-La flexibilité quantitative peut éventuellement inciter les entreprises à créer des emplois (même s’il s’agit souvent d’emplois précaires.

-La flexibilité quantitative permet éventuellement aux salariés de mieux  gérer temps de travail et temps de loisirs.

-La flexibilité qualitative en donnant plus de polyvalence aux salariés peut répondre aux exigences accrues de la main d’œuvre (cf toyotisme)

b) La flexibilité peut avoir des effets néfastes

-la flexibilité peut remettre en cause le droit du travail :

Par exemple, les entreprises peuvent utiliser les CDD ou les interims, non pas pour adapter la quantité de main d’œuvre aux besoins mais pour réduire les protections accordées aux travailleurs. Les NFE (les nouvelles formes d’embauche) peuvent alors apparaître comme un nouveau mode de gestion de la main d’œuvre voir comme une nouvelle organisation du travail.

-La flexibilité peut aussi avoir des effets négatifs sur la productivité du travail. Quand le travail est précaire, le salarié peut être moins impliqué, il a moins le temps de développer ses capacités ; la formation permanente aux transformations technologiques peut se révéler sélectives (et exclure par exemple les intérims), l’embauche de jeunes surqualifiés peut être contreproductive.

-la flexibilisation de l’organisation et des rapports de travail génére une précarisation croissante du travail, créant un marché du travail à plusieurs vitesses. Selon les économistes américains M.J.Piore et P.D.Doeringer, il n’existe pas un marché unique du travail, mais un marché segmenté en deux compartiments (on parle alors de dualisme du marché du travail ou de segmentation du marché du travail) avec au centre un marché interne où les grandes institutions et les grandes entreprises recrutent des salariés stables bénéficiant d’un statut négocié avec les syndicats et un marché externe où des emplois précaires sont offerts.

-La précarisation du travail peut avoir des effets néfastes sur la croissance car elles incitent les individus à épargner par précaution et à peu consommer et investir (immobilier).

La précarité des situations entraîne une précarité des ressources ce qui peut entraîner une instabilité de la demande donc de tout le système économique (et social).

Remarque : les Formes Particulières d’Emplois sont une catégorie de l’INSEE, qui correspond aux emplois interims, aux CDD et aux emplois aidés.

Conclusion : Si la flexibilité de l’emploi peut apparaître comme une solution partielle au problème du chômage, elle n’est pas nécessairement la panacée. De plus, il existe des pays où le taux de chômage est équivalent à celui des Etats-Unis et où pourtant le marché du travail est rigide (Europe du Nord)

1.1 Dans un 1° temps, les gains de productivité proviennent de l’augmentation de l’intensité du travail et de la standardisation des produits

1.1 Dans un 1° temps, les gains de productivité proviennent de l’augmentation de l’intensité du travail et de la standardisation des produits

Tout comme le progrès technique, l’organisation du travail que l’on peut considérer comme étant une innovation organisationnelle, va être à l’origine de gains de productivité, sources de croissance et d’emplois.

L’organisation du travail consiste à répartir, coordonner les activités productives entre les travailleurs afin d’être le plus efficace possible. L’organisation du travail vise donc à améliorer la productivité du travail, en mettant en place une façon de répartir le travail la plus efficace possible.


a) Aux origines de l’organisation du travail : la division du travail

Document 1 : Les origines de la division du travail

Dans l’Ancien Régime, la division du travail artisanal était fortement structurée par la hiérarchie corporatiste, apprenti – compagnon – maître. Linéaire et non pas pyramidale, cette hiérarchie correspond souvent à un parcours promotionnel, à une sorte de ligne de carrière. Cette trajectoire dans le métier était loin d’être une garantie pour tous. La fortune, héritée ou acquise par alliance, était une condition d’ascension professionnelle très sélective pour les compagnons. Dès le moment où le travail se concentre dans les manufactures, dès qu’un grand nombre d’ouvriers sont réunis dans un même atelier, le problème de la coopération et de l’organisation du travail se pose avec une nouvelle acuité. L’organisation d’un collectif de travail n’implique pas nécessairement que les opérations soient fragmentées. La parcellisation des tâches devient, en revanche, avantageuse dès que les objets sont fabriqués en grande quantité, pour de vastes marchés, et non plus à la commande. Dans l’exemple fameux de la manufacture d’épingles que décrit Adam Smith en 1776, la répartition de dix huit opérations entre dix ouvriers permet d’atteindre une production globale quotidienne de plus de 48 000 épingles. Chaque ouvrier réalisant 1/10ème du produit, sa production quotidienne peut être assimilée à 4 800 épingles. Si chacun d’entre eux devait assumer l’ensemble des dix opérations, il n’arriverait même pas, explique Adam Smith, à fabriquer une vingtaine d’épingles par jour. Il y a encore une différence entre séparer des tâches et les spécialiser, c’est à dire réserver, de manière stable, tel type de tâche à tel individu. Une répartition exclusive des tâches ne favorise pas seulement l’acquisition de compétences techniques particulières, mais elle présente, dans ce contexte, un intérêt social. Au moment de la transition vers une économie de marché, cette division du travail contribue aussi au développement du salariat. Un ouvrier qui maîtrise l’ensemble du procédé de fabrication peut être tenté d’assurer l’écoulement de sa production sur un marché sans médiateur et, donc, de devenir un concurrent pour l’entreprise. Si, en revanche, il ne domine qu’une petite partie de la fabrication, une tâche particulière, alors il perd cette opportunité. Enlever à chaque travailleur la maîtrise de l’ensemble du procédé est une manière de diviser pour régner.(…). De plus, la spécialisation des tâches permet d’ouvrir le marché du travail à une main d’œuvre moins expérimentée. Le mouvement de « bana¬lisation » des tâches de fabrication, qui s’amorce à ce moment, est bien sûr relatif. Une tâche est banale au sens premier du terme, elle est « accessible à tout le monde », y compris aux femmes et aux enfants. Elle n’est plus réser¬vée à l’homme de métier qui a suivi un long apprentissage. M. Stroobants. Sociologie du travail. Nathan, coll. « 128 », 1993.

 

C’est avec le développement du capitalisme que la réflexion sur l’organisation du travail a débuté, et notamment au travers des écrits d’A. Smith un économiste écossais, (1776) qui va montrer l’intérêt de diviser le travail au sein de l’entreprise. Jusque là la logique de production est basée sur le principe du compagnonnage et des ouvriers de métier.

Mais ce type d’organisation va connaître des limites :

  • du fait de la nécessité d’augmenter le volume de production de façon importante pour répondre aux évolutions de la société
  • de la recherche de la maximisation du profit


La division du travail recoupe deux types de division :

  • La division sociale du travail, qui correspond à la division du travail en professions et en métiers. Les activités productives sont réparties entre différents producteurs indépendants qui échangent sur le marché.
  • La division technique du travail (c’est celle qui nous intéresse ici), qui correspond, au sein de l’entreprise à répartir le travail entre les salariés en décomposant la production en un nombre déterminé d’opérations.

Dans son exemple de la manufacture d’épingles, Smith montre que si l’on décompose la production en différentes opérations qui seront réparties entre les ouvriers, cela permettra avec la main quantité de main d’œuvre d’augmenter de façon considérable le volume produit.


Selon Smith (1776) cette DTT a trois effets :

  1. elle accroît l’habilité de l’ouvrier ;
  2. elle supprime les temps morts ;
  3. elle facilite la mécanisation.

L’instauration de la division du travail sous forme de séparation des tâches a eu également pour but de remettre en cause la qualification des « ouvriers de métiers » qui était fondée sur un long apprentissage. Elle a ainsi permis « d’ouvrir le marché du travail à une main d’œuvre moins expérimentée », c’est-à-dire déqualifiée.

C’est sur cette conséquence de la division du travail que va s’appuyer la critique de K. Marx. Elle conduit selon lui non seulement à une déqualification du travail et des travailleurs mais aussi à une intensification de l’exploitation du travailleur qui n’a plus de pouvoir car il ne produit qu’une partie du produit.

 

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