2.2 La croissance est une condition nécessaire mais non suffisante au développement

2.2 La croissance est une condition nécessaire mais non suffisante au développement

a) Les limites de la croissance

La croissance actuelle a des coûts sociaux et environnementaux :

-coûts sociaux : un taux de croissance élevé ne se traduit pas forcément par une augmentation du bien-être collectif et peut même se traduire par une augmentation des activités nuisibles. Il peut y avoir un accroissement de la pauvreté et un délitement des liens sociaux (cf urbanisation)

-coûts environnementaux :


b) Quelle croissance pour demain ?

-développement durable : concrètement accords de Kyoto

puis Copenhagen : résultats très limités

-Décroissance ou « autre-croissance »

2.1 Quel lien entre croissance et développement humain ?

2.1 Quel lien entre croissance et développement humain ?

a) Croissance et développement : un cercle vertueux

  • Il peut y avoir croissance sans développement mais cela ne dure pas car pour qu’il y ait de la croissance il faut à  terme un changement des structures sociales et économiques  Croissance>Développement>Croissance
  • La croissance économique et le développement se font en même temps. La société permet à  la production d’augmenter car elle a effectué en amont un travail qui permet cette croissance. La société parvient donc à  utiliser ses richesses pour :
    • Améliorer le bien être
    • Réduire les inégalités
    • Transformer les structures de production
    • Améliorer la santé et l’éducation
  • L’amélioration de la santé et de l’éducation sont aussi une source d’efficacité économique, car==> Favorise les facultés productives de la main d’œuvre,donc==> Augmentation de la productivité ==>Augmentation de la croissance.


b) La croissance est une condition nécessaire mais non suffisante au développement

b1) La croissance peut favoriser le développement

La croissance est nécessaire au développement: Seule une hausse du PIB permet de dégager les ressources nécessaires a une politique sociale sur la santé, l’éducation et l’amélioration du niveau de vie.

Exemple: pendant les 30 Glorieuses, la forte croissance (diversification de la production et de la consommation) a permis le financement d’un système de Sécurité Sociale ainsi que le financement de l’éducation.

La croissance apparaît comment une condition nécessaire au développement pour diverses raisons.

Si le PIB en volume s’accroît, l’augmentation des richesses produites, c’est-à-dire l’augmentation de la VA, va se répartir entre ces trois bénéficiaires, ce qui va favoriser le développement :

  • La croissance permet une augmentation du niveau de vie : la croissance améliore le pouvoir d’achat des ménages. Ces derniers vont pouvoir consommer plus (satisfaction de leurs besoins primaires[1]), d’où une amélioration de leur bien-être. Mais l’élévation du niveau de vie entraîne également une modification de la structure de leur consommation, vers la satisfaction de besoins secondaires[2], comme dépenses de loisirs, biens culturels, éducation, santé (évolution des mentalités). Ceci se traduit par une évolution de l’IDH, notamment dans une augmentation de l’espérance de vie et de l’instruction.
  • La croissance permet également d’accroître les ressources des entreprises, ressources nécessaires pour financer leurs investissements et leurs innovations. Elles peuvent proposer de nouveaux produits[3], modifier leur système de production (industrialisation), ce qui entraîne certaines modifications structurelles (salarisation).
  • La croissance permet également un accroissement des ressources de l’Etat, qui permet une intervention positive de celui-ci pour le développement : l’Etat a ainsi des ressources suffisantes pour financer les investissements publics en matière d’éducation, de santé et d’infrastructures nécessaires à l’amélioration du bien-être de la population et au développement. L’Etat pourra également mettre en place une politique sociale[4], qui vise notamment à réduire les inégalités entre les individus.

La suite page 2 !


[1] Besoins dont la satisfaction est considérée comme nécessaire à la survie (alimentation, protection contre le froid…).

[2] Besoins qui apparaissent une fois les premiers satisfaits et qui sont plus divers. Ces besoins varient selon les sociétés, leur niveau de développement…

[3] Un certain nombre de changements techniques, d’innovation ont amélioré considérablement le niveau de vie des individus (électricité : lumière + moteur électrique ont eu des conséquences sur la vie quotidienne et sur la production – plus facile- ; électroménager a permis d’éliminer les gaspillages ou gain de temps ; plomberie a permis la diffusion de l’eau courante ; invention d’antibiotiques…)

[4] Ensemble de mesures prises dans le domaine des revenus, de la protection sociale et de l’emploi.

1.2 Le développement a une dimension qualitative et structurelle

1.2 Le développement a une dimension qualitative et structurelle

a) La croissance n’est pas le développement

On oppose souvent le développement comme notion qualitative à la croissance comme notion quantitative.

Selon F.Perroux, le développement est l’ensemble des changements sociaux et culturels qui rendent possible  la croissance.

Pour lui, le développement correspond à la fois à ce qui permet la croissance et à ce que l’on fait des fruits de la croissance : amélioration du bien être, éducation, santé, réduction des inégalités, du chômage, de la pauvreté.

Selon A.Sen, le développement, c’est à la fois le progrès social (hausse du niveau de vie, allongement de l’espérance de vie, progrès éducatifs), mais aussi l’accroissement des « libertés réelles » (niveau de vie, services publics, protection sociale, libertés politiques).

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/06/08/amartya-sen-nous-devons-repenser-la-notion-de-progres_1204007_3244.html

La notion simple de développement est à distinguer de la notion de développement durable : le développement durable se définit comme un  développement visant au recul de la pauvreté, en préservant les écosystèmes et en garantissant la justice à l’égard des générations actuelles et futures.

La question de fond est de savoir, compte tenu des ressources disponibles aujourd’hui, quelles sont les solutions qui permettent de répondre au besoin de l’ensemble des habitants de la planète dans une perspective durable c’est à dire sans compromettre l’avenir des générations.


b) Des indicateurs de développement différents existent

Comment calcule-t’on l’IDH ?

->le PNUD calcule depuis 1990 un indicateur de développement humain qui prend en compte

  • le niveau de vie, mesuré par le PIB/h
  • le taux d’alphabétisation
  • l’espérance de vie

->l’ONU a aussi calculé un indicateur de pauvreté humaine IPH qui mesure la pauvreté humaine dans les PED en se concentrant sur les manques constatés dans les mêmes 3 dimensions que l’IDH :

  • longévité : probabilité à la naissance de décéder avant 40 ans
  • savoir : le taux d’analphabétisation
  • niveau de vie : pourcentage de personnes privées d’accès à des points d’eau aménagés, d’enfants de -5ans souffrant de malnutrition


->indicateur sexospécifique de développement humain ISDH= indice d’égalité de répartition entre sexe santé, savoir, niveau de vie


->indicateur de participation  des femmes IPF= participation à la vie politique, à la vie économique,…


c) Des écarts de développement

->historique

Au 16°siècle, les écarts de développement  étaient plus faibles qu’aujourd’hui; vers le 19° les écarts commencent à se creuser grâce au décollage de l’Europe occidentale et de l’Amérique du Nord.

Au 20° les pays du Sud restent les plus pauvres, même si l’écart global se resserre grâce à l’émergence de certains pays.

Aujourd’hui, à l’exception d’un vingtaine de pays émergents, on constate une augmentation des écarts de développement entre les PDEM et les PED.

 

->Tous les pays ne sont pas des PDEM, c’est-à-dire des pays développés à économie de marché.

Parmi les pays en développement (PED), on distingue les PMA= faible niveau de revenu, taux d’alphabétisation<20%, très faible poids du secteur industriel et perspective de développement  limité.

Les NPI= 4 dragons asiatiques Corée du sud Taiwan Singapour Hong Kong et quelques pays d’Amérique latine .Ces pays se caractérisent par une croissance rapide basée sur le secteur manufacturier et un degré d’ouverture extérieur élevé.

On peut aussi noter l’arrivée de nouveaux pays émergents(Brésil, Russie, Inde, Chine,…).


d) Quelques transformations structurelles qui accompagnent le développement

Les transformations structurelles qui accompagnent le développement découlent de l’augmentation du niveau de vie, qui permet l’augmentation du pouvoir d’achat, qui permet une amélioration des conditions de vie.

D’un coté la plus grande accessibilité des biens va permettre des progrès dans l’hygiène et la santé, soutenus par les progrès de la science.

D’un autre côté la croissance permet le dégagement de surplus qui accroissent l’intervention de l’état= amélioration de la protection sociale (transferts sociaux) et amélioration de l’éducation.

Problématiques: Partie 3 Chapitre 1

QUESTIONS DE SYNTHESE

 

1) Après avoir expliqué pourquoi la régulation de l’économie mondiale est nécessaire, vous montrerez que sa mise en œuvre se heurte à de nombreuses difficultés.

 

2) Vous expliquerez comment l’internationalisation des échanges peut être source de croissance, mais aussi génératrice de contraintes.

 

3) Après avoir présenté le rôle des FMN sur la mondialisation des échanges, vous montrerez qu’en retour celle-ci influence la stratégie des FMN.

 

4) Après avoir expliqué pourquoi les FTN cherchent à améliorer leur compétitivité, vous étudierez les modalités qu’elles mettent en œuvre pour y parvenir.

 

5) Après avoir présenté et expliqué la mondialisation culturelle, vous réfléchirez à ses conséquences et aux réactions qu’elle entraîne.

 

6) Après avoir expliqué pourquoi la mondialisation nécessite la mise en place de nouvelles formes de régulation, vous présenterez les difficultés à les mettre en œuvre.

 

7) Montrez que si les normes sociales et environnementales peuvent être nécessaires, leur mise en œuvre se heurte à des difficultés.

DISSERTATIONS

 

Internationalisation et développement

 

1) Quels sont les effets de la DIPP sur les PED et les PDEM ?

 

2) Dans quelle mesure le commerce international contribue t’il au développement des pays du Sud ?

3) La mondialisation est-elle à l’origine de la montée des inégalités dans les pays développés ?

 

4) Dans quelle mesure la montée des IDE est-elle favorable au développement de l’économie mondiale ?

 

5) Vous analyserez les phénomènes d’acculturation induits par la mondialisation.

 

6) Dans quelle mesure la mondialisation conduit-elle à l’uniformisation culturelle ?

 

7) L’extension du libre-échange dans le commerce mondial retire-t-elle toute pertinence aux politiques protectionnistes ?

 

8 ) Dans le cadre de la mondialisation, les pays industrialisés doivent-ils craindre les effets de la concurrence des PED ?

Les FMN

8 ) Quel rôle jouent les FMN dans la mondialisation ?

9) Dans quelle mesure la puissance des FTN menace-t-elle les états ?

10) Comment les stratégies internationales des firmes répondent-elles à l’impératif de compétitivité ?

Régulation de la mondialisation

11) Dans quelle mesure la mondialisation peut-elle être régulée ?

12) Les citoyens peuvent-ils contrôler la mondialisation ?

SUJETS CORRIGES SUR LE CHAPITRE 2 PARTIE 3

SUJETS CORRIGES SUR LE CHAPITRE 2 PARTIE 3

SUJET DE SYNTHESE :

Après avoir présenté les différentes étapes de la construction européenne et les objectifs poursuivis, vous montrerez quels sont les obstacles à la poursuite de l’intégration.

I. Les différentes étapes de la construction européenne

A. Du marché commun au marché unique : une intégration commerciale contre la guerre et pour la croissance

1. Intégrer pour réconcilier : de la CECA au marché commun ou l’intégration commerciale

1951 : Gestion commune du charbon et de l’acier (industries sur lesquelles repose l’effort de guerre)

1957 : Marché commun : union douanière (abaissement progressif des droits de douane, tarif douanier extérieur commun et mise en place de politiques sectorielles communes : la PAC dès 1962).

2. Le Marché unique : un premier saut qualitatif vers l’intégration profonde des économies

On peut parler de saut qualitatif dans la mesure où l’institution d’un espace marchand homogène que suppose le Marché unique, implique une nécessaire harmonisation des espaces réglementaires nationaux. Les particularismes issus des histoires propres à chaque nation sont ainsi appelés à s’effacer progressivement au profit du Marché unique. Il s’agit d’autant plus d’un saut qualitatif que cette harmonisation remet en cause des situations vécues comme des spécificités nationales. L’alignement des entraves non tarifaires à la norme européenne, quelles qu’elles soient signifie ainsi pour un pays comme la France, un recul de l’intervention de l’État dans l’activité économique- Cette évolution conditionne aussi une étape supplémentaire vers la supranationalité.

À partir des années 1992 la poursuite de l’intégration européenne est comprise comme un moyen de relancer la croissance économique. Pour les uns, le marché unique doit améliorer le rapport de force politique et commercial de l’Europe, desserrer sa contrainte extérieure et permettre le retour de politique de relance par la demande. Pour les autres, le marché unique est l’occasion de créer un véritable choc d’offre. La concurrence accrue (déréglementation, ouverture des marchés publics, etc.) doit favoriser la baisse des coûts et les investissements, susceptibles à leur tour d’accroître la productivité des entreprises et de stimuler la croissance.

C’est cette seconde voie qui est privilégiée.

B. L’intégration monétaire : entre approfondissement du marché et construction d’une union politique, le grand saut qualitatif

1. Les objectifs

Vu la réussite relative de la coopération monétaire européenne face à l’instabilité monétaire internationale et dans l’espoir de constituer une monnaie européenne capable de rivaliser avec le dollar américain, la plupart des membres s’engage dans un processus d’Union monétaire (voir les avantages escomptés de l’union monétaire doc. 6).

2. Les critères de convergence

La réussite de ce projet passe nécessairement par l’harmonisation des politiques monétaires et des niveaux d’inflation ; ce qui induit une gestion financière et budgétaire très contraignante

L’option pour la monnaie unique constitue à la fois un pas gigantesque vers l’intégration des économies européennes, mais dans le même temps elle pèse depuis plus de quinze ans sur les conditions de sa réussite et de son élargissement à d’autres pays.

II. Les obstacles à la poursuite de l’intégration

A. Les obstacles économiques

1. Une inefficacité sur le plan économique et social

En comparaison avec les États-Unis et d’autres régions du monde, l’Europe affiche des performances économiques médiocres. D’une part le choix de la monnaie unique impose une gestion monétaire qui jusqu’à présent a surtout cherché à contenir l’inflation plutôt que stimuler la croissance. D’autre part, la faiblesse du budget européen et les critères de réduction des déficits des budgets nationaux, limitent les moyens de compenser la rigueur monétaire. Face à une telle situation et à des difficultés propres à chaque nation, les équipes gouvernementales ne respectent pas toutes le pacte de stabilité.

Par ailleurs, l’Europe souffre d’absence de politique commune. Tout se passe comme si aujourd’hui, l’action économique de l’Europe se cantonnait essentiellement à libéraliser les marchés.

2. Des difficultés accrues par l’intégration de nouveaux membres

Les résultats économiques obtenus par les nations d’Europe orientale nouvellement intégrées à l’Union européenne sont fortement encourageants. Profitant d’avantages comparatifs spécifiques et des investissements étrangers, la plupart de ces pays ont connu récemment une réelle dynamique de croissance.

Toutefois, même si la Slovénie est désormais le treizième membre de l’Union monétaire, cela ne doit pas faire oublier les écarts élevés en terme de PIB, de niveau de vie, entre les nouveaux membres de l’Union et les anciens, écarts qui viennent s’ajouter aux inégalités déjà existantes entre les pays membres.

Or, cette hétérogénéité économique et monétaire se révèle difficilement compatible avec les critères de convergence tels qu’ils sont actuellement définis. Ceci est d’autant plus dommageable que les choix budgétaires récents engageant l’Europe pour les années qui viennent sont tenus dans des limites encore plus strictes qu’au cours de la période antérieure. Il est donc peu probable que les pays d’Europe centrale et orientale puissent bénéficier, comme se fut le cas pour les pays d’Europe du Sud des transferts de revenus nécessaires pour financer et accompagner le rattrapage économique indispensable à l’harmonisation économique de l’Europe.

B. Les obstacles institutionnels

1. Une grave crise d’identité

La vision politique de l’Europe est encore loin de faire l’unanimité, à la fois parmi les dirigeants des pays membres mais aussi parmi les populations. Peu d’européens adhèrent à l’idée d’une intégration plus forte qui conduise vers la supranationalité européenne. Le « Non » danois au traité de Maastricht, le « Non » irlandais au traité de Nice, les « Non » français et néerlandais au projet de Traité constitutionnel européen sont autant de rappels à l’ordre de la faible identification au projet européen.

Il semble que plutôt que vouloir constituer un État fédéral européen, à l’image des États-Unis d’Amérique, dirigeants et peuples préfèrent jusqu’à présent se cantonner à une Europe des États, chacun espérant tirer le maximum de l’Union en contribuant le moins possible, quitte à jouer les passagers clandestins si l’occasion se présente.

2. L’intégration européen en panne ?

La construction européenne pèche surtout par le caractère bancal de ses institutions.

L’Europe n’est pas vraiment dotée d’un pouvoir exécutif (plusieurs institutions de décisions : le Conseil européen, le Conseil des ministres, la Commission).

Le pouvoir législatif du Parlement européen demeure faible. Si son influence a cru au fil des années, l’élection au Parlement européen ne mobilise pas les foules.

La relance de l’Europe, passe donc obligatoirement par un profond réagencement de ses institutions

C’était en partie l’objectif du projet de Constitution.

 

 

 

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