2.1 La mesure de la mobilité sociale

La mobilité sociale est la réalisation des valeurs fondatrices des démocraties c’est-à -dire liberté et égalité des chances pour tous.


a) Analyse et limites des tables de mobilité sociale

Définitions :

Mobilité sociale : changement de position sociale d’un individu

Mobilité intra-générationnelle (=mobilité professionnelle) : changement de position sociale d’un individu au cours de sa vie active.

Mobilité inter-générationnelle : C’est-à -dire mobilité entre les générations. Quand un individu occupe une position sociale différente à celle de ses parents. Pour l’Insee, mobilité sociale.

Mobilité verticale ascendante ou descendante : quand un individu change de position sociale au sein de la hiérarchie sociale.

Mobilité horizontale : quand un individu change de position sociale sans que cela affecte sa place dans la hiérarchie.

Mobilité brute ou totale : C’est la mobilité constatée.

Mobilité nette ou réelle : c’est la mobilité qui n’est pas liée à des changements structurels et c’est un indicateur de la fluidité sociale. Elle est égale à la mobilité totale – mobilité structurelle.

Mobilité structurelle : mobilité qui résulte d’un changement de la structure de la population.

Les tables de mobilité sociale :

Lecture : En 2003, sur 646000 pères employés 179000 ont un fils appartenant aux professions intermédiaires.

En 2003, sur 1690000 fils professions intermédiaires 179000 ont un père employé.

La ligne ensemble représente la répartition des fils selon la PCS c’est-à -dire selon la structure sociale et surtout la structure de la population active.

La colonne ensemble représente la répartition des pères selon la structure sociale de la population active.

La diagonale représente l’immobilité sociale ou la reproduction sociale (Fils qui occupe la même PCS que leur père).

Table d’origine :

Lecture : En 2003, 88,4% des agriculteurs avaient un père lui aussi agriculteurs.

La ligne représente le total des fils dans chaque PCS.

La diagonale représente le pourcentage de fils provenant de la même PCS que leur père.

Table de destinée :

Lecture : En 2003, 22% de père agriculteurs avaient un fils qui est devenu agriculteurs.

La colonne ensemble représente le total des pères dans chaque PCS.

La diagonale représente le pourcentage de fils qui deviennent pareils que leur père.

Fonctions des tables de mobilités :

Elles permettent de mesurer l’influence de l’origine sociale sur la position sociale de l’individu. Elles permettent aussi d’évaluer les probabilités d’obtenir une position sociale en fonction de l’origine sociale.

Il existe une certaine mobilité sociale en France aujourd’hui c’est-à -dire qu’une partie de la population peut passer à une PCS supérieure à celle de son père (Mobilité sociale ascendante).

Mais cette mobilité constatée cache des changements structurels de la population active. Il existe aussi une forte reproduction sociale surtout pour les extrémités comme les cadres et les ouvriers.

Et quand il y a mobilité sociale elle est surtout de proximité ou horizontale. Les cas de forte mobilité sociale sont très rares.

D’autres mesures de la mobilité : En plus de la mobilité intergénérationnelle on peut mesurer la mobilité des femmes. On ne la mesure pas par rapport à la PCS de leur mère car les mères des filles aujourd’hui actives étaient rarement elles-mêmes actives donc l’étude ne serait que partielle. On peut la mesurer par rapport à leur père. On remarque alors que les femmes connaissent moins d’immobilité sociale dans le sens o๠elles reproduisent moins souvent le statut de leur père. Mais cette mobilité n’est pas toujours ascendante car elle est surtout structurelle : la tertiarisation fait que les femmes quelle que soit leur PCS d’origine se retrouvent le plus souvent dans la catégorie employés et ceci d’autant plus qu’elles occupent en moyenne des emplois moins qualifiés.

Pourtant les femmes ne vivent pas dans un milieu social différent de leur milieu d’origine car quand elles ont un conjoint celui-ci est très souvent aussi voire plus qualifié que leur père. Ainsi l’ascension sociale ne passe pas nécessairement par une mobilité professionnelle mais par l’union à un conjoint appartenant à une PCS supérieure à leur père.

Remarque : La mobilité sociale descendante des femmes va être favorable à la mobilité sociale masculine car en venant occuper massivement les emplois du bas de l’échelle sociale les femmes vont permettre aux hommes d’occuper des positions sociales plus élevées.

Les limites des tables de mobilité sociale : Elles ne portent que sur une partie restreinte de la population active, elles ne comptabilisent pas les jeunes qui arrivent aujourd’hui sur le marché du travail.

De plus, on ne peut pas savoir la mobilité sur un siècle et on n’arrive pas à calculer la mobilité horizontale à l’intérieur d’une même PCS alors que les fils qui sont dans la même PCS que leur père peuvent avoir un statut social différent.

Quand il y a une mobilité sociale ascendante cela ne représente pas forcément une amélioration du niveau de vie ou du prestige social.

Pour finir, toutes les PCS ne sont pas hiérarchisables.

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