3.1 Vers une uniformisation culturelle mondiale?

3.1 Vers une uniformisation culturelle mondiale?

a) la mondialisation de la culture

=>L’homogénéisation de la culture au niveau mondial passe par plusieurs vecteurs :

  • de la mondialisation économique va résulter une homogénéisation de la consommation de biens et services sous l’effet du développement des FMN.
  • Les FMN vont aussi jouer un rôle non négligeable dans l’homogénéisation des modes d’organisation du travail (système capitaliste, division du travail)
  • les médias (TV et internet) ont également joué un rôle majeur : par la multiplication des échanges d’information, elle a favorisé la diffusion mondiale de l’uniformisation des musiques, des pratiques vestimentaires, des valeurs,…
  • par le développement des valeurs universelles, notamment par rapport aux droits de l’homme, à la démocratie, mais aussi dans une moindre mesure le libéralisme économique, en particulier par le biais des grandes instances internationales.

=>Les rapports culturels ne sont pas des rapports égaux, le risque est que, avec  cette multiplication des échanges culturels, se répandent une façon de vivre très largement marquée par la culture des économies dominantes et en particulier de l’économie américaine, qui parce qu’elle dispose d’une puissance économique supérieure puisse promouvoir une offre (culturelle, de biens et services ) prédominante , en particulier au niveau des industries du divertissement (séries télé, films, musique) et de quelques majors de l’alimentation. Les FTN oligopolistiques participent massivement à cette mondialisation culturelle.

Conclusion : La domination culturelle résulte en grande partie de la domination économique.

 

b) le maintien des spécificités socio-culturelles

Les normes et valeurs de la culture américaine ne sont cependant pas les seules à se diffuser : on assiste plutôt à une généralisation des échanges culturels de toutes les cultures vers d’autres cultures, avec des succès qui ne sont pas toujours d’origine américaine (ex la pizza, le reggae, le Rai, les dessins animés et les mangas)

Il n’y a donc pas de disparition des diversités culturelles mais plutôt une acculturation : changement  résultant des contacts des contacts avec des cultures différentes. Cette acculturation existe depuis le début de l’humanité : chaque culture a toujours été en perpétuelle construction. Les apports des autres cultures sont réinterprétés à la lumière de la culture d’accueil (ex hamburger ou vaudou)

Les modes de réaction de la culture d’accueil peuvent d’ailleurs se faire sous la forme de différentes réactions : comme l’acceptation partielle ou totale, réintégration à des éléments de la culture d’accueil ou des réactions négatives (ex rejet total intégrisme );  en fait les influences entre culture donneuse et culture receveuse sont souvent réciproque : on parle alors d’interpénétration  ou d’entrecroisement des cultures.

 

Remarque : l’homogénéisation culturelle peut parfois entraîner des revendications de différenciations identitaires à l’intérieur des pays : par exemple, dans les sociétés occidentales qui s’uniformisent sur beaucoup de normes et de valeurs, certains groupes vont revendiquer leur différence : on parle de communautarisme.

 

Conclusion : s’il y a aujourd’hui tendance à la mondialisation, elle n’est pas synonyme d’uniformisation. Le poids des EU peut laisser craindre un affaiblissement des autres cultures. Dans cette lutte d’influence économique et culturelle, certaines cultures résistent mieux que d’autres, certaines cultures sont plus menacées que d’autres . Les mouvements altermondialistes participent à cette lutte contre une hégémonie culturelle “la culture n’est pas une marchandise”.

2.1 Le développement des FMN

2.1 Le développement des FMN

Attention, ceci est l’ancien programme de Terminale. Il n’est plus en vigueur aujourd’hui, cependant certaines connaissances peuvent encore être utiles. N’hésitez pas à posez vos questions.

A) Mondialisation et difficultés de régulation

Les firmes multinationales, que l’on appelle aussi les FTN sont des acteurs essentiels de la mondialisation.

Les FTN sont des entreprises industrielles, commerciales ou financières, dont les produits sont vendus et surtout fabriqués dans plusieurs pays, selon la DIPP (division internationale du processus de production, c’est-à-dire production divisée entre les pays en fonction des avantages de chaque pays.) C’est l’exemple de Nike dans le dossier.

A partir des 60s, les FTN se développent : à partir des 90s, il y a beaucoup moins de création de filières et de transplantation d’usines, mais plus souvent des opérations de fusion acquisition par lesquelles prend le contrôle d’une autre par acquisition de tout ou d’une partie de son capital (croissance extensive) ; permises par la libéralisation des marchés financiers qui facilitent les OPA et OPE. (voir tableau de dossier)

Rappel : la mondialisation c’est l’échange de biens et services, mais aussi la circulation de capitaux : c’est eux qui ont le plus augmenté ces dernières années : on distingue les IDE= acquisition d’au moins 10% des actions ou des droits de vote dans l’entreprise ; des investissements de portefeuille, placement spéculatifs sur le marché des capitaux. (voir TD)

Les pays industrialisés émettent + de 90% des IDE et en reçoivent 70%.

Les échanges intra firmes représentent aujourd’hui 30% des échanges marchands (c’est-à-dire entre filiale et maison mère) ; les échanges avec au moins une FMN représentent 90% des échanges= la concurrence au niveau international est de plus en plus oligopolistique.

Les stratégies des FMN sont soumises à 2 types de contraintes :

  1. Une exigence de rentabilité par rapport aux actionnaires et
  2. une exigence de compétitivité prix ou hors prix pour faire face à la concurrence.

La compétitivité, c’est la capacité à résister à la concurrence, on peut la mesurer par les gains de parts de marché (entreprise, industrie ou pays).

En fonction du produit et du marché, l’entreprise peut choisir une stratégie centrée sur

  • la compétitivité prix : capacité à résister à la concurrence par les prix, suppose uneaction sur les coûts de production, par exemple un délocalisation de la production ou un investissement à l’étranger où les coûts de production sont les plus bas.
  • la compétitivité hors prix ou structurelle : c’est une stratégie qui peut viser la différenciation de produits ou une action sur l’image de marque ou le service après-vente. Cette stratégie impose d’importantes en recherche-développement pour trouver des produits innovants.

 

Credits photos : Image d’illustration tirée du court métrage “Logorama : le monde des marques”

1.3 La division internationale du travail (DIT) laisse subsister des inégalités de   développement

1.3 La division internationale du travail (DIT) laisse subsister des inégalités de développement

La spécialisation prônée par les théories libérales du commerce international conduit à la spécialisation des Etats, ce qui entraîne une division du travail au niveau international ; Qui produit ? quoi ?

La question qui se pose alors est de savoir si cette spécialisation est favorable aux Etats qui participent  aux échanges internationaux.

DIT : Expression de la spécialisation des différents pays qui participent aux échanges internationaux.

A) De l’ancienne à la nouvelle DIT

La DIT évolue avec les transformations de l’économie des pays et avec le développement des échanges internationaux.

On distingue traditionnellement deux périodes différenciant deux DIT :

1 ) L’ancienne DIT : 1950-1970

  • PED (pays en développement) : spécialisation dans les produits de base, les produits bruts
  • PD (pays développés) : spécialisation dans les produits manufacturés
 Rem arque : Jusque là on peut relativiser l’existence d’une réelle DIT car les pays développés représentent une énorme majorité des échanges internationaux (plus de 70%)

2 )La nouvelle DIT : après 1970

L’époque est marquée par la montée en puissance des 4 dragons du sud est qui développent leur industrie (d’abord celles nécessitant beaucoup de main d’œuvre puis les autres, technique de remontée de filière). Cela entraîne une forte concurrence avec les pas développés qui doivent restructurer leur production vers des productions à haute intensité capitalistique.

Il en résulte une nouvelle DIT :

  • PED : Produits à faible Valeur ajoutée qui nécessite beaucoup de main d’œuvre
  • PD : Produits à forte valeur ajoutée qui nécessite des hautes technologies (la recherche et l’innovation leur permet de garder des avantages comparatifs dans ces domaines)

Remarque :

  • Les PED se dirigent de plus en plus vers des industries au contenu technologique plus élevé (ex : électronique) et remettent en cause l’hégémonie des pays développés.
  • Avec le développement des échanges intra-branche et le boom des firmes multinationales dont les stratégies dépassent la logique des frontières, la lecture du commerce international au travers de la division internationale devient moins pertinente au moins pour ce type d’échanges.

 

B) Une insertion inégale dans la DIT

->Il ne suffit pas d’analyser la balance des paiements, il faut aussi analyser les termes de l’échange, et surtout l’évolution des termes de l’échange.

Rappel :

(évolution) les termes de l’échange= (indice du) prix des exportations/ (indice du prix) des importations.

On peut accroître son excédent commercial en vendant les mêmes quantités de produits à l’étranger si le prix relatif à augmenter (ex pétrole, minerai, céréales) A l’inverse, on peut échanger toujours les mêmes quantités mais avec les prix des produits exportés qui diminuent ou qui augmentent moins vite que le prix des biens importés : il y a alors dégradation des termes de l’échange.

C’est la situation qu’a connu et que connaît encore certains PED qui exportent des matières premières, notamment alimentaires.

 

Entre 1948 et 2005 l’insertion dans le commerce international n’a pas été égalitaire, on peut mettre en évidence des perdants et des gagnants. Ainsi il semblerait que l’insertion dans le commerce international ne mettent pas fin aux inégalités, et qu’au contraire elle tend à les accentuer.

En effet certains pays en particulier les pays d’Asie ont vu leur croissance économique exploser grâce au développement de leurs échanges internationaux (l’Asie représentait 14% des exportations en 1948 elle en  représente 27,4% aujourd’hui). A l’inverse les pays d’Afrique ont vu leur situation se dégrader (leur part dans les exportations est passé de 7,3% à 2,9%).

On peut mettre en évidence le fait que les pays gagnants, les pays les plus dynamiques sont ceux spécialisés dans les produits dont la demande mondiale progresse le plus rapidement (pays d’Asie). Alors que la spécialisation d’autres pays du sud n’est pas pertinente au regard de l’évolution de la demande mondiale (Afrique et Amérique latine) d’autant plus que les termes de l’échange sont bien souvent désavantageux pour ce type de produits.

En dehors de la spécialisation on peut mettre en évidence d’autres facteurs dans la qualité de l’insertion dans la DIT :

– les politiques de l’Etat : dans les NPI les Etat ont mené des politiques actives de promotion des exportations, de développement d’infrastructures…

 

1.2 Dans un 2° temps, les gains de productivité proviennent d’une diversification de la production et d’une plus grande implication des salariés.

1.2 Dans un 2° temps, les gains de productivité proviennent d’une diversification de la production et d’une plus grande implication des salariés.

a) Le modèle toyotiste

Documentaire : La mise à mort du travail

http://portage-aquitaine.org/docutravail/alienation.html

Dans les années 1950, Taïichi Ohno (1912-1990), d’abord ingénieur puis vice-président de l’entreprise Toyota met en place un nouveau mode d’organisation du travail qui sera après lui nommé « Toyotisme » et qui repose sur trois principales caractéristiques :

  • Une production en flux tendus (Juste à Temps) pour limiter les stocks : Cela est rendu possible grâce au « Kan Ban » qui désigne un système de régulation du débit de la production organisé de l’aval (moment du montage de l’automobile) vers l’amont (fabrication des pièces détachées). L’objectif est de restreindre les stocks intermédiaires en demandant aux salariés situés en amont de travailler « sur commande » selon les besoins de l’atelier aval. Le Kan Ban a ainsi permis de produire sans stocks ce qui a permis à Toyota de réaliser des gains de productivité et ainsi de réduire ses coûts de production et donc de gagner en compétitivité-prix. La production est plus flexible, elle est organisée en fonction de la demande, à l’inverse du fordisme qui produisait et ensuite cherchait à écouler les stocks.
  • L’autonomation qui est un néologisme désignant la contraction des termes d’autonomie et d’automatisation. Cela consiste à doter les machines d’un mécanisme d’auto-arrêt en cas de dysfonctionnement. Plus largement, il s’agit de doter les ouvriers d’une responsabilité en les autorisant à stopper eux-mêmes la chaîne de production s’ils estiment qu’il y a un risque quelconque. Ainsi et contrairement au principe fondateur de l’OST, le toyotisme introduit le principe d’une responsabilisation des salariés dans l’organisation du travail.
  • L’implication des salariés dans l’amélioration de la production : c’est la méthode du « Kaizen » (amélioration continue). On donne la parole aux ouvriers dans le cadre de cercle de qualité pour qu’ils proposent des solutions pour améliorer la façon de produire et ainsi être plus efficace. Là encore il y a une remise en cause de la division verticale du travail puisque l’ouvrier lui-même participe à l’élaboration des méthodes de production

 

b) Les deux grandes évolutions dans l’organisation du travail suite aux influences du toyotisme

Ici les gains de productivité sont permis grâce à une rationalisation de la production basée sur la rechercher de la fin des coûts inutiles et donc l’élimination des gaspillages en s’adaptant à la demande et cherchant toujours à améliorer le processus en s’appuyant sur l’implication des salariés.

Au final, le toyotisme peut se résumer par une formule célèbre énonçant 5 objectifs recherchés par l’entreprise : « zéro stocks, zéro délais, zéros défauts, zéros pannes, zéros papiers ».

A la différence de l’OST qui procède par une parcellisation des tâches, le toyotisme fait des salariés des ouvriers pluri-opérateurs, c’est-à-dire polyvalents. La production pour être flexible a besoin d’une grande réactivité de la main d’œuvre qui doit pouvoir faire face à l’imprévu en prenant des initiatives, et en étant capable si besoin est d’aider un autre atelier en difficulté.

Beaucoup d’entreprises ont donc modifié leur logique organisationnelle en renforçant l’initiative, l’autonomie, la polyvalence, et le travail en groupe. Ces innovations ne font pas pour autant disparaître les contraintes pesant sur le travail d’exécution et en génère de nouvelles (ex : le fait de devoir prendre des initiatives et agir en cas d’imprévus rajoute un stress supplémentaire pour le salariés ; les salariés doivent gérer beaucoup plus de tâches ils sont donc plus sollicités ce qui ajoute de la pénibilité au travail, on a ainsi vu le nombre de maladies du travail augmenté sensiblement suite à ces NFOT). Les conditions de travail ne sont donc pas forcément améliorées mais peuvent au contraire être dégradées, surtout pour les postes les moins qualifiés.


La suite du cours page 2 …

1.1 Dans un 1° temps, les gains de productivité proviennent de l’augmentation de l’intensité du travail et de la standardisation des produits

1.1 Dans un 1° temps, les gains de productivité proviennent de l’augmentation de l’intensité du travail et de la standardisation des produits

Tout comme le progrès technique, l’organisation du travail que l’on peut considérer comme étant une innovation organisationnelle, va être à l’origine de gains de productivité, sources de croissance et d’emplois.

L’organisation du travail consiste à répartir, coordonner les activités productives entre les travailleurs afin d’être le plus efficace possible. L’organisation du travail vise donc à améliorer la productivité du travail, en mettant en place une façon de répartir le travail la plus efficace possible.


a) Aux origines de l’organisation du travail : la division du travail

Document 1 : Les origines de la division du travail

Dans l’Ancien Régime, la division du travail artisanal était fortement structurée par la hiérarchie corporatiste, apprenti – compagnon – maître. Linéaire et non pas pyramidale, cette hiérarchie correspond souvent à un parcours promotionnel, à une sorte de ligne de carrière. Cette trajectoire dans le métier était loin d’être une garantie pour tous. La fortune, héritée ou acquise par alliance, était une condition d’ascension professionnelle très sélective pour les compagnons. Dès le moment où le travail se concentre dans les manufactures, dès qu’un grand nombre d’ouvriers sont réunis dans un même atelier, le problème de la coopération et de l’organisation du travail se pose avec une nouvelle acuité. L’organisation d’un collectif de travail n’implique pas nécessairement que les opérations soient fragmentées. La parcellisation des tâches devient, en revanche, avantageuse dès que les objets sont fabriqués en grande quantité, pour de vastes marchés, et non plus à la commande. Dans l’exemple fameux de la manufacture d’épingles que décrit Adam Smith en 1776, la répartition de dix huit opérations entre dix ouvriers permet d’atteindre une production globale quotidienne de plus de 48 000 épingles. Chaque ouvrier réalisant 1/10ème du produit, sa production quotidienne peut être assimilée à 4 800 épingles. Si chacun d’entre eux devait assumer l’ensemble des dix opérations, il n’arriverait même pas, explique Adam Smith, à fabriquer une vingtaine d’épingles par jour. Il y a encore une différence entre séparer des tâches et les spécialiser, c’est à dire réserver, de manière stable, tel type de tâche à tel individu. Une répartition exclusive des tâches ne favorise pas seulement l’acquisition de compétences techniques particulières, mais elle présente, dans ce contexte, un intérêt social. Au moment de la transition vers une économie de marché, cette division du travail contribue aussi au développement du salariat. Un ouvrier qui maîtrise l’ensemble du procédé de fabrication peut être tenté d’assurer l’écoulement de sa production sur un marché sans médiateur et, donc, de devenir un concurrent pour l’entreprise. Si, en revanche, il ne domine qu’une petite partie de la fabrication, une tâche particulière, alors il perd cette opportunité. Enlever à chaque travailleur la maîtrise de l’ensemble du procédé est une manière de diviser pour régner.(…). De plus, la spécialisation des tâches permet d’ouvrir le marché du travail à une main d’œuvre moins expérimentée. Le mouvement de « bana¬lisation » des tâches de fabrication, qui s’amorce à ce moment, est bien sûr relatif. Une tâche est banale au sens premier du terme, elle est « accessible à tout le monde », y compris aux femmes et aux enfants. Elle n’est plus réser¬vée à l’homme de métier qui a suivi un long apprentissage. M. Stroobants. Sociologie du travail. Nathan, coll. « 128 », 1993.

 

C’est avec le développement du capitalisme que la réflexion sur l’organisation du travail a débuté, et notamment au travers des écrits d’A. Smith un économiste écossais, (1776) qui va montrer l’intérêt de diviser le travail au sein de l’entreprise. Jusque là la logique de production est basée sur le principe du compagnonnage et des ouvriers de métier.

Mais ce type d’organisation va connaître des limites :

  • du fait de la nécessité d’augmenter le volume de production de façon importante pour répondre aux évolutions de la société
  • de la recherche de la maximisation du profit


La division du travail recoupe deux types de division :

  • La division sociale du travail, qui correspond à la division du travail en professions et en métiers. Les activités productives sont réparties entre différents producteurs indépendants qui échangent sur le marché.
  • La division technique du travail (c’est celle qui nous intéresse ici), qui correspond, au sein de l’entreprise à répartir le travail entre les salariés en décomposant la production en un nombre déterminé d’opérations.

Dans son exemple de la manufacture d’épingles, Smith montre que si l’on décompose la production en différentes opérations qui seront réparties entre les ouvriers, cela permettra avec la main quantité de main d’œuvre d’augmenter de façon considérable le volume produit.


Selon Smith (1776) cette DTT a trois effets :

  1. elle accroît l’habilité de l’ouvrier ;
  2. elle supprime les temps morts ;
  3. elle facilite la mécanisation.

L’instauration de la division du travail sous forme de séparation des tâches a eu également pour but de remettre en cause la qualification des « ouvriers de métiers » qui était fondée sur un long apprentissage. Elle a ainsi permis « d’ouvrir le marché du travail à une main d’œuvre moins expérimentée », c’est-à-dire déqualifiée.

C’est sur cette conséquence de la division du travail que va s’appuyer la critique de K. Marx. Elle conduit selon lui non seulement à une déqualification du travail et des travailleurs mais aussi à une intensification de l’exploitation du travailleur qui n’a plus de pouvoir car il ne produit qu’une partie du produit.

 

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