PARTIE 1 – CHAPITRE 1 : QUELLES SONT LES SOURCES DE LA CROISSANCE ?

PARTIE 1 – CHAPITRE 1 : QUELLES SONT LES SOURCES DE LA CROISSANCE ?

PARTIE 1 : CROISSANCE, FLUCTUATIONS ET CRISES

CHAPITRE 1 : QUELLES SONT LES SOURCES DE LA CROISSANCE 

_

_

1) Qu’est-ce que la croissance économique ?

Vous pouvez télécharger le cours en PDF !

Télécharger (PDF, 842KB)

 

1.1- Comment définit-on la croissance ?

Croissance =Augmentation à long terme (LT) de la production de Biens et Services

Expansion
= phase d’augmentation du PIB de court terme (CT)

Dépression
= baisse du PIB à  long terme

Récession
= faible taux de croissance ou baisse du PIB de court terme

Définition institutionnelle =

« Processus quantitatif se traduisant par l’augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues, d”un indicateur représentatif de la production de richesses d’un pays
en termes réel. »

Remarques sur la définition :

  • « Processus » + « une ou plusieurs longues périodes longues » = il s’agit de considérer l’évolution de l’activité économique sur le long terme, soit plus de 10 ans. Ainsi l’activité peut-être fluctuante à CT et en croissance à LT si elle est globalement en expansion.
    On considère alors que les pays industrialisés d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord connaissent une croissance économique depuis la révolution industrielle, bien qu’ils aient connu des crises.

  • « Augmentation soutenue » = La croissance n’est pas stable dans le temps, elle peut connaître plusieurs rythmes différents de l’activité économique mais sur le long terme la tendance est à l’augmentation de la richesse créée.

     

  • « Un indicateur de mesure de la production de richesse d’un pays en termes réel» = La croissance économique est mesurée grâce à un outil qui permet de mesurer la richesse créée par une économie (le PIB). Sachant que la croissance économique est un phénomène de long terme il est important de la mesurer en terme réel c’est-à-dire indépendamment de la variation des prix (il faut donc enlever l’effet des prix en déflatant la donnée)

Résumons : La croissance économique c’est l’augmentation de la richesse créée sur le long terme.

 

  1. Comment la mesure-t-on ?

Par l’augmentation du PIB en volume

PIB = somme des richesses produite par les unités résidentes pendant une année.

Alors que le PNB = somme des richesses produites par les unités nationales.

 

PIB NOMINAL = VALEUR = COURANTS = on n’a pas enlevé l’effet des prix

 

PIB REEL = VOLUME = CONSTANTS = on a enlevé l’effet des prix

2) Intérêts et limites du PIB

2.1- Intérêts du PIB : le PIB est-il un bon indicateur de richesse ?
a)  Le PIB est un indicateur du niveau de production marchande et non marchande

Il est relativement facile de calculer la production marchande par le PIB marchand en faisant la somme des valeurs ajoutées = richesse réellement créée par l’entreprise qui se calcule en enlevant au montant des ventes (chiffre d’affaire), le montant des consommations intermédiaires (produits achetés à d’autres entreprises qui disparaissent au cours de la production) des unités résidentes.

VA=CA -CI

PIB = somme des valeurs ajoutées + TVA + droits de douanes – subventions à l’importation

Mais il est plus difficile de mesurer la production non marchande. On évalue celle des administrations publiques avec leurs coûts de fonctionnement.

On approxime la production domestique avec les jardins familiaux et la valeur fictive des loyers que se verseraient les propriétaires de leur propre logement.

[« net ou brut » : net = brut – les amortissements (usure du capital fixe). « en termes réels » : en enlevant l’effet des variations de prix, on dit encore « en volume » ou « en monnaie constante ».]

b) Les deux autres modes de calculs du PIB et leurs enseignements

PIB = somme des revenus primaires distribués (partage de la richesse créée)

= Revenu du travail (coût du travail) + Revenu du capital (EBE) + impôts sur la production

Ce mode de calcul permet d’analyser la répartition des richesses créées et les inégalités qu’elle peut engendrer.

PIB = somme des dépenses (utilisation de la richesse créée)

= Consommation finale des ménages + FBCF + (X-M) +/- Variations de stocks

Ce mode de calcul permet d’analyser la contribution de chaque composante à la croissance du PIB.

L’augmentation du PIB est un indicateur de croissance économique = Pour mesurer la croissance, on mesurera alors le taux de croissance du PIB.

ATTENTION, ne confondez pas la notion de croissance et sa mesure par la croissance du PIB.

 

Remarque : A ne pas confondre avec le niveau de vie=PIB/h

 

2.2- Les limites du PIB
  • 1ère limite : Des difficultés de comparaison entre les pays

Lorsque l’on compare les PIB entre différents pays on se retrouve confronté à deux difficultés :

  1. Tout d’abord les deux PIB ne sont pas exprimés dans la même devise et il faut donc tenir compte du taux de change entre les deux devises afin de pouvoir faire la comparaison.
  2. Ensuite au-delà du taux de change, le niveau des prix n’est pas le même dans les deux pays ce qui veut dire que même pour deux pays qui ont la même monnaie la comparaison peut être faussée car le pouvoir d’achat de la monnaie n’est pas le même dans chacun des pays du fait de la différence des prix.

Pour tenir compte de cela on calcule le PIB en parité de pouvoir d’achat (PPA) : on convertit les PIB en un standard de pouvoir d’achat.

Par exemple, si un hamburger coûte deux fois plus cher en France qu’aux Etats-Unis, on peut faire un rapport des taux en PPA , ce qui permet d’obtenir les rapports entre le nombre d’unités nécessaires pour obtenir un panier de biens et services équivalents.


  • 2ème limite :
    Le PIB ne comptabilise pas toutes les activités productives.

Le PIB ne comptabilise qu’une partie de la production non marchande

Le PIB ne comptabilise pas ou mal la production domestique et les activités bénévoles

Le PIB ne comptabilise pas la production issue de l’économie souterraine : activités non déclarées à l’Etat, légales ou non (économie informelle : faite dans le cadre familial ou amical). Il existe des estimations : 17%PIB italien.

Il est à noter que dans certaines économies (Afrique, Amérique latine, pays de l’Est) ces différentes activités productives prennent de l’importance et leur non prise en compte par le PIB vient sous estimer la richesse créée dans l’économie concernée.

  • 3ème limite : Le PIB ne tient pas compte des externalités qu’elles soient négatives ou positives.

Définition d’externalités : L’externalité
ou
effet externe désigne une situation dans laquelle l’action d’un agent économique
influe, sans que cela soit le but de l’agent, sur la situation d’autres agents, alors même qu’ils n’en sont pas partie prenante : ils n’ont pas été consultés et n’ont reçu (si l’influence est négative) ni versé (si elle est positive) aucune compensation.

Ainsi le PIB va comptabiliser positivement des activités qui sont destructrices de bien-être (par exemple, de ressources naturelles) voire même ajouter à cela la richesse créée pour réparer les dégâts occasionnés par cette activité.

A l’inverse le PIB ne comptabilise pas les externalités positives, par exemple des infrastructures construites depuis longtemps.

Le PIB n’est donc pas un bon indicateur de bien-être.

 

2.3- Quels autres indicateurs possibles ?

Il existe de nombreux indicateurs plus qualitatifs c’est-à-dire qui cherchent à rendre compte de la qualité de vie, du bien-être des populations. Par exemple, le PNUD a crée un indicateur de développement.

L’IDH : indice de développement humain : moyenne pondérée de trois indicateurs :

  1. L’espérance de vie à la naissance (image du niveau sanitaire et social de la population),
  2. L’indice d’éducation est dorénavant basé sur la durée moyenne de scolarisation et sur la durée attendue de la scolarisation,
  3. Le RNB (revenu national brut) qui remplace le PIB pour tenir compte des effets de la mondialisation (la production réalisée dans un pays peut être distribuée sous forme de revenus dans un autre pays) : le RNB est donc un meilleur indicateur du revenu national que le PIB.

 

La valeur de l’IDH est comprise entre 0 et 1 : plus un pays est développé plus son IDH est proche de 1.

Remarque :

L’IDH n’est pas un indicateur de croissance mais un indicateur de développement. Selon F. Perroux, économiste français du 20°siècle, le développement c’est l’ensemble des changements sociaux et culturels qui accompagnent la croissance. Le développement est donc d’emblée une notion plus qualitative, la croissance étant plutôt une mesure quantitative.

La croissance économique est encore moins un indicateur de la qualité du développement et en aucun cas du développement durable.

Le développement durable se définit comme un développement visant au recul de la pauvreté, en préservant les écosystèmes et en garantissant la justice à l’égard des générations actuelles et futures. [Voir chapitre 3]

 

3) Comment expliquer la croissance économique ?

La fonction Cobb-Douglas explique la croissance économique par la croissance du facteur travail et du facteur capital (croissance extensive) et par l’existence d’un « facteur résiduel », c’est-à-dire d’un facteur qui ne correspond ni à l’augmentation du capital ni à l’augmentation du travail, c’est la croissance intensive, ce facteur résiduel, c’est le progrès technique.

Q=f(K,T,e) ou Q=K+T+e

Dans les faits, le taux de croissance du PIB des PDEM a été plus fort que l’augmentation de la quantité de facteurs de production. Les rendements d’échelle de la production ont été croissants (l’augmentation des deux facteurs a été moins forte que l’augmentation du PIB). Le progrès technique expliquerait la moitié de la croissance française des 30 Glorieuses, selon les économistes Carré, Dubois et Malinvaud.

L’augmentation des facteurs de production n’explique pas toute la croissance.

 

3.1- La croissance peut s’expliquer par l’augmentation de la quantité des facteurs de production

La croissance peut s’expliquer par l’augmentation des facteurs de production, c’est-à-dire par les moyens mis en œuvre pour produire que sont le travail et le capital

 

a) La croissance peut s’expliquer par l’augmentation du capital

 

Augmentation du capital= investissement= flux qui vient accroitre (ou renouveler) le stock de capital au sens large : capital technique, humain, institutionnel.

 

Capital = ensemble des moyens de production nécessaire pour produire en plus du facteur travail.

Au sens strict, capital = capital technique (bâtiments,machines)

 

Investissement = achat de biens d’équipement durable destinés à être utilisés plus d’un an dans le processus de production.

L’investissement est mesuré par la comptabilité nationale comme FBCF. L’investissement peut prendre des formes différentes : matériel, immatériel, et poursuivre des objectifs différents (capacité, renouvellement, productivité).

L’investissement est facteur de croissance parce que :

  1. L’investissement agit sur la demande:
    L’investissement appartient à la demande, avec la consommation et les exportations, puisqu’il s’agit de la demande exprimée auprès des producteurs de biens d’équipement.
    Une hausse de l’investissement entraine une hausse + que proportionnelle de la demande (Keynes) c’est l’effet multiplicateur. Une dépense supplémentaire d’investissement se traduit par une hausse de la demande en biens ou services de production (machine, équipements, logiciels…) qui se traduit par une hausse de la production dans les entreprises produisant ces biens et services de production, cette hausse de la production (donc de chiffre d’affaire et de valeur ajoutée) se traduit par un supplément de revenus distribués ( la VA est répartie entre salariés, propriétaires et recettes fiscales) qui engendre alors un surcroît de demande et ainsi de suite. Ce mécanisme est d’autant plus important que la part du revenu supplémentaire qui sera consommée (la propension marginale à consommer) sera forte, donc que la propension à épargner sera faible.

     

    Keynes montre à travers le mécanisme du multiplicateur (d’investissement) qu’une dépense supplémentaire d’investissement entraîne une augmentation plus que proportionnelle du revenu global donc de la croissance.

    Ce mécanisme repose sur une hypothèse aujourd’hui très forte : que la dépense générée par le supplément d’investissement se fasse dans le pays ou le groupe de pays dans le(s)quel(s) la dépense initiale a été faite (que la propension marginale à importer soit faible).

 

2. L’investissement agit sur l’offre:

L’investissement de capacité permet de produire plus et donc d’augmenter l’offre.

L’investissement de productivité augmente la compétitivité et baisse les coûts de production et donc les prix, ce qui augmente la production et donc l’offre

L’investissement en RD peut permettre une diversification de l’offre.

 

b) La croissance peut s’expliquer par l’augmentation du travail

Travail = facteur de production constitué des ressources en main d’œuvre. Augmentation du travail= augmentation du temps de travail et du nombre de travailleurs utilisés.

Il faut distinguer:

  • Travail: activité rémunérée qui constitue avec le capital un facteur de production.
    On se place ici du côté de l’entreprise: offre de travail = demande d’emploi et demande de travail = offre d’emploi
  • Emploi: exercice d’une profession rémunérée. On se place ici plutôt du côté du salarié.

Quantité de travail disponible dépend de deux éléments : La main d’œuvre disponible (population active) et La durée du travail.

Elle peut être mesurée en nombre de travailleurs ou en nombre d’heures de travail.

Quantité annuelle de travail = Nombre d’emploi x Durée annuelle du travail

  • Population active = actifs occupés + chômeurs

    Cela correspond à toute la main d’œuvre disponible. La population active a suivi une tendance à la hausse sauf ces dernières années où la génération du baby-boom part en retraite et l’entrée dans la vie active est retardée par l’allongement des études.

  • Durée annuelle du travail = elle dépend de la législation du travail (durée hebdomadaire et quotidienne du travail ; congés payés, développement des temps partiels et des emplois précaires). De façon générale la durée du travail a fortement baissé depuis les années 1950, ce qui vient contrebalancer l’augmentation la hausse de la population active.

Ainsi la quantité de travail a plutôt connu une tendance à la baisse et l’impact du facteur travail s’explique par la hausse de la productivité du travail.

La quantité de travail est un déterminant de la croissance :

  • En effet en cas de pénurie de main d’œuvre la croissance potentielle est amoindrie ce qui peut être contrebalancé par le recours à l’immigration (ex : France dans les années 1960)
  • A l’inverse en cas de surplus de main d’œuvre le développement du chômage peut avoir un effet négative sur la consommation des ménages et donc sur la demande globale ce qui jouera à la baisse sur la croissance effective.

 

3.2- La croissance peut s’expliquer par l’augmentation de la qualité (productivité) des facteurs de production

Le progrès technique peut augmenter la productivité du travail, la productivité du capital mais aussi la PGF, résultat de la combinaison productive.

La productivité se mesure en faisant le rapport de la production avec la quantité des facteurs de production utilisés.

Par exemple :

Productivité du travail = mesure de l’efficacité du travail

  • Productivité horaire = production/nbr d’heures de travail
  • Productivité physique = Production/nbr de travailleurs
  • Productivité en volume= volume de production/qté de travail
  • Productivité en valeur= valeur ajoutée/qté de travail

 

La productivité globale des facteurs fait le rapport entre la VA et le coût du travail et du capital utilisé.

Lorsque la productivité augmente, cela veut dire qu’avec la même quantité de facteurs on sera capable de produire en plus grande quantité.

Avec le progrès technique, grâce aux innovations le capital est plus efficace et rend d’autant plus efficace le travail ce qui fait que la croissance du PIB devient plus que proportionnelle au niveau d’investissement.

Le progrès technique est source de croissance parce qu’il permet des gains de productivité.

 

Progrès technique = ensemble des améliorations apportées aux façons de produire (innovations de procédé + innovations organisationnelles), et aux produits (innovations de produit).

Innovation = application économique et/ou commerciale réussie d’une invention (idée nouvelle), qui découle de la RD.

 

Recherche-Développement = processus qui combine des moyens en personnel et en matériel pour aboutir à des innovations comme la mise en œuvre de nouveaux procédés, la création de nouveaux produits.

C’est donc le résultat de la RD quand il est positif qui constitue le progrès technique. La RD est une composante importante de l’investissement immatériel, elle est financée par les entreprises, mais aussi par l’Etat.

Pour Schumpeter, l’innovation est facteur de croissance (mais explique aussi les cycles économiques).

Gains de productivité
= indicateur de mesure du progrès technique mis en œuvre dans une entreprise.

Le progrès technique engendre des gains de productivité qui permettent:

  • de produire plus: effet sur l’offre intérieure et à l’exportation (hausse du PIB= croissance)
  • de produire moins cher, ce qui permet un partage des gains de productivité au profit des propriétaires (hausse de l’investissement), des ménages (hausse des salaires et baisse des prix) et de l’Etat (hausse des recettes fiscales donc des possibilités d’investissement public); créant ainsi un cercle vertueux de croissance

        =>Le progrès technique fait augmenter l’offre

Rappel :

Le rendement désigne la relation entre la quantité produite d’un bien et la quantité de facteurs de production utilisée pour l’obtenir (c’est un synonyme

de productivité).

Rendements décroissants : la quantité produite augmente moins vite que la quantité de facteurs utilisée (déséconomie d’échelle)

Rendements croissants : la quantité produite augmente plus vite que la quantité de facteurs utilisée (= économies d’échelle )

Rendements constants : la quantité produite augmente au même rythme que la quantité de facteurs utilisée.

Le PT permet donc de produire plus et de réduire les coûts de production.

Le surplus de richesse créée va être partagé ce qui peut avoir des conséquences sur la demande.

        => Le progrès technique fait augmenter la demande

Document 1:

Gains de productivité et croissance économique

Les gains de productivité à travers leurs effets sur les revenus et les prix dynamisent la production. La baisse des prix réels des biens et services stimule la consommation des ménages. Les entreprises peuvent conserver une partie des gains de productivité sous forme de hausse des profits facilitant l’autofinancement des investissements. Les recettes de l’Etat étant assises sur les revenus et la consommation, les prélèvements fiscaux et sociaux peuvent croître pour financer des dépenses publiques croissantes : investissements publics, création d’emplois publics et transferts sociaux qui soutiennent la consommation des ménages. Les gains de productivité, en permettant la baisse des prix de vente, sont facteur de compétitivité ce qui favorise les exportations.

Ainsi, la distribution des gains de productivité, en dynamisant les différentes composantes de la demande globale (consommation, investissement, dépenses publiques et exportations) est facteur de croissance économique.

Les Trente Glorieuses fournissent une illustration des effets vertueux des gains de productivité. Les gains de productivité exceptionnellement élevés des années 1945-1973 facilitent leur partage : il y a « du grain à moudre » et prélèvements étatiques, salaires et profits peuvent augmenter simultanément sans miner pour autant une compétitivité d’ailleurs moins impérative qu’aujourd’hui vu le moindre degré d’ouverture sur l’extérieur des économies.

Ce partage relativement « équilibré » des gains de productivité ne s’est cependant pas instauré spontanément. Il a été l’enjeu de luttes sociales régulées par les négociations collectives dans lesquelles les syndicats sont devenus des « partenaires ». L’intervention de l’Étatprovidence a influencé l’affectation des gains de productivité à travers la socialisation croissante des revenus, la fixation d’un salaire minimum, l’élaboration d’un cadre juridique des relations du travail… Ces éléments ont aussi concouru à la diffusion des gains de productivité dans l’ensemble de l’économie permettant par exemple aux salariés des branches à faible croissance de productivité de bénéficier aussi des augmentations de pouvoir d’achat. Les gains de productivité ont donc été un facteur déterminant de la croissance économique ou plutôt d’un certain mode de croissance fondé sur le couple production de masse / consommation de masse. Réciproquement, la croissance économique a stimulé les gains de productivité par le biais des rendements d’échelle croissants et par l’incitation à l’innovation que constituent des débouchés en augmentation. Ainsi, période exceptionnelle de gains de productivité, les Trente Glorieuses ont été aussi une période d’exceptionnelle croissance économique.

J. Bails. « Productivité ». Cahiers Français n° 279, Découverte de l’économie, Février 1997.

1. A partir du document faites un schéma implicatif montrant les effets du PT sur la croissance.

L’impact des gains de productivité et donc du PT, sur la croissance dépend toutefois de la répartition de leurs effets sur 4 facteurs :

  1. la baisse des prix de vente ;
  2. la hausse des salaires ;
  3. la hausse des profits (distribués et non distribués) ;
  4. la hausse des prélèvements fiscaux.

Le partage de la valeur ajoutée est un enjeu de société et de luttes sociales

 

Le progrès technique et les gains de productivité se sont accompagnés au cours du 20°siècle d’une baisse du temps de travail et se traduit par un pouvoir d’achat supplémentaire des consommateurs (baisse des prix), des salariés (hausse des salaires) et une hausse des profits. Ce pouvoir d’achat supplémentaire s’est traduit par une hausse de la demande qui a engendré de la croissance et des créations d’emplois. Le progrès technique ne supprime donc pas d’emplois à long terme (malgré la hausse de la productivité qu’il engendre), il les déplace (tertiarisation)

 

3.3- La croissance peut s’expliquer par les externalités et le rôle des institutions

a) La croissance s’auto-entretient (est endogène)

Dans les théories de la croissance endogène, les économistes montrent que le progrès technique n’est pas quelque chose qui est extérieur au travail et au capital, mais qu’il est endogène, interne : le progrès technique s’explique par la croissance économique : il est issu des investissements qui produisent toute une série d’effets positifs pour la collectivité. Il peut donc s’agir d’investissement dans la recherche, dans la formation ou dans les infrastructures et peut aussi s’expliquer par l’expérience acquise. L’investissement dans le capital physique ne suffit donc pas à expliquer tout le processus de croissance : les théoriciens de la croissance endogène ont donc permis de mettre en évidence l’importance du capital humain
(ensemble des dispositifs durables qui rendent les individus plus productifs) dans l’augmentation de la productivité du travail, du capital institutionnel
ou public
( ensemble des ressources de long terme détenues par les pouvoirs publics) qui permet des externalités positives, en accroissant notamment le capital technologique.des externalités positives qui se répercutent de manière cumulative : le capital accumulé sera alors source d’une croissance auto-entretenue et produira des rendements croissants.

L’accumulation et la complémentarité de ces différents types de capitaux permettent l’entretien et la poursuite du processus de croissance.                                                                                                                                                                

 

b) Les institutions peuvent former un cadre favorable de la croissance

Remarque importante : l’évolution des facteurs de production ne garantit pas la croissance, les agents économiques ont un rôle important à jouer pour favoriser la croissance. Le comportement des membres de la société en général doit être propice au changement et au progrès (ex rôle de l’entrepreneur).

L’instauration et le maintien d’institutions démocratiques assure un environnement favorable à la prise de risque et à la protection des droits commerciaux par exemple en fournissant un cadre institutionnel stable propice aux échanges marchands.

Les institutions (règles qui structurent les relations économiques et sociales dans un pays) peuvent contribuer à fournir un cadre favorable au progrès technique et aux innovations. Elles garantissent des lois justes et la stabilité politique.

  • elles peuvent fournir aux entreprises des infrastructures et des services publics qui auront des effets externes positifs
  • elles peuvent encourager le progrès technique en aidant la recherche-développement (publique, privée)
  • elles peuvent instituer des droits de propriété  (droit de disposer d’un actif et de ses revenus):

Par exemple, le brevet qui est un droit de propriété, protège une innovation technique (de produit ou de procédé) : sans brevets, les entrepreneurs n’innoveraient pas, car n’importe quelle autre entreprise pourrait à son tour utiliser l’innovation sans avoir à en supporter les coûts. Comme l’innovation est source de croissance économique, les brevets sont un exemple de règles entraînant de bonnes incitations.

PARTIE 3 – CHAPITRE 1 : Qu’est-ce qu’un marché ?

PARTIE 3 – CHAPITRE 1 : Qu’est-ce qu’un marché ?

1/ La diversité des marchés

 

1.1) La diversité des formes de marchés

Il existe une diversité des formes de marché, au sens où on entend le mot marché dans le langage courant : le marché du Moyen-âge, le marché aux fruits et légumes, le marché du travail, la Bourse (marché des capitaux), le « super »-marché,…

On peut distinguer les différentes formes de marché en fonction de ce qui s’y échangent : marché des biens, marchés des services, marchés des capitaux,…

On peut aussi distinguer les marchés selon qu’ils soient concrets (réels) ou fictifs (virtuels).

Les marchés concrets, comme le marché d’Evian, sont des marchés qui ont plus souvent une dimension locale et sont plutôt des événements ponctuels. Les marchés virtuels, comme le marché des capitaux, sont des marchés qui ont plus souvent une dimension internationale et qui sont plutôt des évènements permanents.

 

1.2) Le marché au sens des économistes

 Le sens du mot marché n’est pas le même pour les économistes que le sens courant.
Pour un économiste, le marché est le lieu (fictif ou réel) de rencontre entre l’offre et la demande de biens, de services ou de capitaux. Il n’existe qu’un marché par type de bien ou par facteur de production donné. Autrement dit, pour être sur un même marché deux biens doivent être parfaitement identiques (homogènes).

 

La rencontre entre l’offre et la demande aboutit à la fixation d’un prix, qu’on appelle le prix d’équilibre et d’une quantité d’équilibre, qui résulte d’un accord entre l’offreur et le demandeur.

 

2/ Le fonctionnement des marchés doit être encadré

2.1) Le fonctionnement des marchés nécessite l’existence des règles de droit

Les droits de propriété sont indispensables à l’échange marchand : on ne peut échanger que ce que l’on possède au préalable ; sinon c’est un vol. Les droits de propriété donnent donc le pouvoir d’échanger un bien.

Les droits de propriété sont cependant encadrés par des lois : ce n’est pas parce que l’on possède un bien que l’on peut en faire ce que l’on veut (par exemple, ce n’est pas parce qu’on possède un terrain que l’on peut forcément y construire une maison : il faut qu’il soit « constructible »).

Il existe des droits de propriété particuliers sur les inventions et les innovations qui s’appellent les droits de la propriété intellectuelle : par exemple, les brevets sur les innovations, les droits d’auteurs sur les livres, films, musiques,…

Les droits de licence payés par les utilisateurs de ces innovations permettent de rémunérer les inventeurs (créateurs) et d’en faire donc un métier à part entière. Cela permet d’éviter que chaque idée nouvelle soit systématiquement recopiée, ce qui désinciterait les individus à l’innovation. Et surtout, cela permet aux innovations d’être rentables économiquement.

Sur ce sujet, voir notre article sur l’innovation et Apple : http://ses-noailles.fr/2011/10/le-role-des-innovations-dans-la-croissance-economique-revue-de-presse/

Le fonctionnement des marchés nécessite l’existence d’autres règles de droit diverses : des règles sur la concurrence, des règles sur les contrats,…

En ce sens, l’union européenne au travers de nombreuses directives vient encadrer le marché pour l’orienter vers un modèle libéral basé sur la libre concurrence. L’action de la Cour de justice de l’Union européenne couplée à celle de la Commission permet de rendre effectives les règles de droit venant encadrer le marché en condamnant les Etats qui favoriseraient leur marché national à de fortes amendes sous astreinte sur la base de la violation du droit de la concurrence. Se développe ainsi l’obligation pour les Etats d’éviter toutes discriminations ou mesures d’effets équivalent à des restrictions quantitatives. La Commission européenne a mis en place de nombreuses nomenclatures délimitant les produits autorisés à la vente sur des marchés spécifiques. Si on comprend bien la nécessité de contrôler la nature des produits vendus dans l’Union européenne, certaines nomenclatures font l’objet de fortes critiques. Par exemple le marché européen des semences – hautement stratégique pour les multinationales agroalimentaires – a fait l’objet de récents débats soulevés par l’association Kokopelli concernant la restriction critiquable des instances européennes en matière de vente et/ou de mise à diposition de graines rares et historiques (le tout étant justifié pour des considérations sanitaires) :

http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/09/04/graines-rares-et-anciennes-de-kokopelli-une-asso-condamnee-la-biodiversite

 

2.2) Le marché suppose l’existence d’institutions et de conventions

Le marché nécessite l’existence d’institutions, c’est-à-dire d’organismes qui surveillent le bon fonctionnement du marché et le respect des lois : par ex, Hadopi ou la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Mais, pour bien fonctionner un marché doit rassembler des acteurs qui en connaissent les conventions, que l’on peut qualifier d’habitudes de (bon) comportement : ce sont des règles informelles qui sont intériorisées par les acteurs, telles que la confiance, le lien qualité-prix,  ou l’existence d’un droit de propriété informel sur un bien que l’on a fabriqué soi-même.

2.3) Le marché nécessite l’existence de droits sociaux et humains

En France, l’économie de marché s’est construite en même temps que la mise en place de droits sociaux (on peut penser aux grandes grèves ouvrières du 19° siècle). Pendant les 30 Glorieuses se développe l’Etat-Providence qui met en place une protection sociale des travailleurs, améliore le droit du travail et développe le service public et les politiques économiques de soutien à la croissance et l’emploi.

3) Les limites de l’échange marchand

L’échange marchand, c’est-à-dire le marché, ne suffit pas à remplir tous les besoins des individus, même dans nos sociétés contemporaines.

Il existe encore de nombreux échanges non marchands : la redistribution des richesses par l’Etat, l’accès aux biens collectifs, les dons, les échanges entre parents, voisins amis, les SELS (services d’échanges locaux),…

De plus, tous les échanges ne peuvent pas être marchands : par exemple, il n’est pas certain qu’il soit souhaitable d’instaurer un marché payant des organes humains.

Enfin, certains échanges marchands sont illicites, il revient donc à l’Etat de réglementer l’ensemble des échanges marchands.

Exemple : Le principe d’indisponibilité du corps humain

L’article 16-1 du Code civil qui dispose que :

Chacun a droit au respect de son corps.

Le corps humain est inviolable.

Le corps humain, ses éléments et ses produits ne peuvent faire l’objet d’un droit patrimonial.

-> En règle générale donc, le corps humain ne peut pas faire l’objet d’une marchandisation. Par exemple, la vente d’un de ses organes (rein, lobe du foie, etc.) est interdite par la loi. Cependant, le don d’organes, de sang ou de moelle épinière est autorisé car le don suppose la gratuité et la non-rétribution du donneur. On sort du système marchand pour des raisons d’éthique et de santé publique (Cf. les lois de Bioéthiques de 1994 et 2004); il n’y a pas d’offreur et de demandeur, mais un donneur et un receveur.

Le rôle des innovations dans la croissance économique (Revue de Presse)

Le rôle des innovations dans la croissance économique (Revue de Presse)

L’entrepreneur innovateur : Steve et sa pomme

«Three apples have changed the world. The one offered to Adam, the one that fell on Newton, and the one of Steve Jobs.» :  Shiv Nadar, fondateur et directeur du HCL Group (Groupe indien leader mondial des services informatiques), dans The Economic Times.

L’hommage planétaire rendu à Steve Jobs dans les deux dernières semaines (+ de 8 000 publications dans la presse anglophone) démontre l’impact énorme que cet homme a eu sur le quotidien des consommateurs du monde entier. Qualifié tantôt «d’entrepreneur génial», de «visionnaire», d’ «inventeur hors-norme», Steve Jobs représente bel et bien l’archétype de l’entrepreneur innovateur selon Joseph Schumpeter.

En effet, le PDG d’Apple laisse derrière lui une entreprise en pleine croissance malgré la crise économique mondiale qui ne semble pas l’atteindre.

Quelles sont alors les clés du succès ?

Apple a su développer tant son entreprise par le biais des innovations-produits (les plus visibles) mais aussi par le biais des innovations organisationnelles et innovations de procédés.

Pour commencer, Steve Jobs de par un marketing extrêmement bien rodé et des innovations-produits toujours plus nombreuses en quantité ainsi qu’en qualité, s’est assuré pendant quelque temps au moins la possibilité de vendre ses produits «exceptionnels» plus chers que la moyenne admise sur le marché des nouvelles technologies (Cf. cours :  La notion de rente de monopole). En effet, la mise hors-jeu de ses concurrents complètement dépassés par la large gamme de produits innovants qu’ont été les Mac G4, iMac, MacBook Pro, MacBook Air, iPod, iPod Touch, iPod Nano, iPad 1 puis 2, et l’Iphone 1, 2, 3 et 3GS, 4 et 4GS, et enfin les systèmes d’exploitations Panther, Leopard, Snow Leopard et Lion. Apple attaque et innove dans tous les domaines du multimédia

Si l’on s’attarde un instant sur l’utilité de l’iPod, ce produit se voit directement concurrencé par l’iPhone qui intègre un système de lecteur MP3 tout aussi performant. En outre, l’iPad vient doubler par son utilisation les outils d’un petit ordinateur portable. Le concept schumpeterien de «destruction créatrice» n’échappe pas aux dirigeants d’Apple et la mise hors service d’une de leurs technologies s’accompagne toujours de la création d’une technologie ad hoc «révolutionnaire» où le besoin se fait de «tout racheter».

Voir cet article concis du Toronto Star, “The Jobs Revolution“, en date du 7 octobre 2011  : The jobs Revolution

Steve Jobs a en ce sens parfaitement compris les mécanismes de l’innovation : créer de nouveaux besoins, de nouvelles formes de consommation et tirer un énorme profit d’un avantage minime en le sublimant. L’entrepreneur innovateur n’est pas en effet celui qui investira dans la recherche fondamentale, mais bien celui qui saura tirer profit des connaissances actuelles de la science pour les combiner dans un objet à la pointe de la technologie (Apple n’investit pas en R&D fondamentale).

Voir l’article du magazine suisse l’Hebdo en date du 29 septembre 2011 sur la “Silicon Valley” : La-vallée-des-rêves

L’entrepreneur innovateur dispose d’une longueur d’avance sur ses concurrents. Mais pour combien de temps ?

Cette partie relate des propose plus généraux sur la diffusion de l’innovation au niveau mondial.

À peine un nouveau produit d’Apple est-il présenté lors des fameuses «Keynotes» (évènement majeur dans la stratégie de communication d’Apple), que ses concurrents s’empressent de l’imiter. Et il faut s’accorder sur le fait que la mondialisation de l’économie et de l’information réduit considérablement le temps de monopole sur un marché spécifique. La course à l’innovation n’en est que plus féroce et soutenue.

Cf. la loi de Moore liée à l’évolution de la puissance des ordinateurs depuis 1970 :

 

C’est pourquoi Apple et bien d’autres entreprises en pointe dans leur secteur respectif déposent chaque jour des centaines de brevets pour chaque élément caractéristiques de leurs innovations. La course à l’innovation risque bien de tourner en guerre des brevets et les innovateurs pourraient vite devenir des juristes confirmés.

Plus largement, en sortant des considérations purement technologiques, il faudrait s’interroger sur le statut juridique des innovations. Peut-on par exemple breveter une découverte majeure sur le vivant ? Y’a-t-il un socle commun et inaliénable appartenant à l’humanité ? Ou tout peut-il se vendre, s’acheter et être breveté ? Comme quoi la question de l’innovation nous mène loin …

Voir l’article de 01.net en date du 6 septembre 2011 :  Guerre des brevets – Apple

Mais retournons à nos entrepreneurs innovateurs …

Que se passera-t-il lorsque la concurrence aura rattrapé son retard ?

Par un effet mécanique, le prix du produit va diminuer dans un processus d’ajustement avec ceux de la concurrence. Par exemple, la mise sur le marché de nouveaux produits entrant dans la catégorie des smartphones a obligé Apple à baisser le prix de son iPhone pour ne pas être disqualifié dans la course au consommateur.

Il faut alors tout recommencer : innover, détruire l’ancien, créer du neuf, vendre, et ainsi de suite. En ce sens, on comprend parfaitement que l’idée du cycle schumpeterien : Naissance de l’innovation, âge d’or isolé de l’innovation, diffusion de l’innovation, déclin de l’innovation, destruction. Les entreprises sont condamnées à l’innovation perpétuelle qui est à bien des égards une des sources de la croissance économique la plus dynamique.

Quel est donc l’impact de l’innovation sur la croissance ?

Assurément, les industries à la pointe du progrès technique seront les moteurs de la croissance : Les nouveautés de produit par exemple vont entraîner une hausse de la consommation, entraînant un bénéfice en hausse pour l’entreprise, qui pourra ainsi augmenter les salaires et améliorer les conditions de travail, impact sur les salaires directement réaffectés à la consommation et la boucle est bouclé. Si seulement cela était aussi simple.

En effet, comment expliquer alors que l’entreprise d’Apple qui est l’une des plus prospères au monde se fasse épingler par les médias internationaux pour l’état de sa production délocalisée en Chine et les conditions de travail déplorables de travailleurs chinois ?

Voir l’article de Libération du 7 octobre 2011, “En Chine, un brutal système d’exploitation” : Apple-et-la-Chine

La croissance entraîne le changement social, mais pas toujours… Et je dirais même, la croissance entraîne le changement social à condition que ses fruits soient équitablement redistribués et judicieusement utilisés.

Voici en guise de conclusion deux articles en relation avec l’innovation et le progrès technique :

En bonus -> Michel Godet : “l’innovation n’est pas seulement technique”
Je profite de ce petit billet pour souhaiter de bonnes vacances aux chanceux qui en ont 😀 ! 
Voici le dossier complet avec tous les articles en lien dans ce sujet : 

Télécharger (PDF, 239KB)

Définitions-Partie1chap1

Définitions-Partie1chap1

Croissance extensive : croissance résultant de l’utilisation de plus de facteurs de production

Croissance intensive :croissance résultant de l’amélioration de la combinaison de production (de la productivité)

Demande effective : concept keynésien qui mesure la demande anticipée par les entreprises. Il s’agit de la consommation et de l’investissement

EBE : mesure l’excédent brut d’exploitation=VA –impôts-rémunération des salariés

Effet de levier : si une entreprise s’endette lorsque le taux d’intérêt est inférieur au taux de rentabilité économique, cela aura un effet plus que positif sur son EBE.
Effet multiplicateur. :une hausse de l’investissement entraine une hausse + que proportionnelle de la demande (Keynes)

Facteur résiduel = Progrès technique mesuré par l’augmentation de la productivité.

Le financement externe de l’investissement:
*Direct :
désintermédié, directement sur le marché financier soit en y mettant des obligations (titre de créance), soit en augmentant leur capital par l’émission d’actions, soit en empruntant directement à des investisseurs privés.
*Indirect : intermédié, par crédit bancaire.

Le financement interne : C’est l’autofinancement c’est-à-dire la part de l’épargne consacré à l’investissement.

Fonction Cobb-Douglas :
La croissance de la P° = augmentation du travail + augmentation du capital + augmentation du *facteur résiduel.

Innovation = application économique et/ou commerciale réussie d’une invention (idée nouvelle).

Innovation de produit = un produit amélioré ou un produit nouveau.

Innovation de procédé (processe) = nouvelle technique de fabrication ou de commercialisation des produits (ex : nouvelles machines).

Innovation organisationnelle = nouvelle organisation de la production, du travail dans l’entreprise (ex : travail à la chaîne).

Innovations radicales = innovations majeures, de grande ampleur qui vont entraîner des grappes d’innovations mineures, ou innovations incrémentales.

L’investissement : l’acquisition de biens ou de services destinés à accroître l’efficience de l’appareil productif d’un agent économique ou d’un pays. La comptabilité nationale utilise l’agrégat FBCF formation brute de capital fixe, c’est-à-dire l’achat de biens durables qui vont être utilisés au moins un an dans le processus de production.

L’investissement de capacité est destiné à accroître les capacités productives des agents économiques.
L’investissement de productivité qui, à production égale’ diminue les coûts unitaires de production en économisant les facteurs de production, en particulier en réduisant le nombre d’emplois.)
L’investissement de remplacement qui compense la dépréciation du capital fixe du fait de son usure physique.

L’investissement matériel est d’une part, l’acquisition de biens de productions durables utilisés au cours de plusieurs cycles de production, et, d’autre part, la création d’infrastructures matérielles (routes, ponts ..) et l’acquisition de logement par les ménages.
L’investissement immatériel désigne les dépenses correspondant à l’usage de services productifs qui, au cours d’une période donnée, améliorent l’efficience du capital fixe (pubs, salaires, formations …)
L’IDE ( Investissement Direct à l’Etranger) : Investissement privé constitué de capitaux que l’entreprise va investir dans ses activités à l’étranger(rachat d’entreprise ou prise de participation dans l’objectif d’acquérir le pouvoir de décision)

Productivité : c’est la valeur de la production par rapport au nombre de facteurs de production utilisés
_ La productivité (Pé) du travail :

– Pé horaire du travail en valeur = VA / nbre d’hr de travail
– Pé du travail par tête en valeur = VA / nbre de salariés
– Pé horaire du travail en volume = P° en volume / nbre d’hr de travail
– Pé du travail par tête en volume = P° en volume / nbre de salariés

_ La productivité du capital (K) :

– Pé horaire du K en valeur = VA / nbre d’hr d’utilisation des machines
– Pé du K par tête en valeur = VA / nbre de machines
– Pé horaire du K en volume = P° en volume / nbre d’hr d’utilisation des machines
– Pé du K par tête en volume = P° en volume / nbre de machines

Progrès technique : ensemble des améliorations apportées aux façons de produire (innovations de procédé + innovations organisationnelles), et aux produits (innovations de produit).

Rendements décroissants : la hausse des Q produites < la hausse des Q de facteurs utilisés

Rendements croissants : Hausse des Q produite > la hausse des Q de facteurs utilisés

Rendements constants : Hausse des Q produites = la hausse des Q de facteurs utilisés

Le taux d’auto-financement : Taux d’épargne des entreprises ( Epargne brute / FBCF )

TRE : mesure la rentabilité économique de l’investissement (EBE/I x100)

TRF : mesure la rentabilité financière : (EBE – coût de l’emprunt)/ I  x100

Taux de profitabilité : compare la rentabilité d’un investissement productif à celle d’un investissement financier (TRF –taux d’intérêt)

1.2 Dans un 2° temps, les gains de productivité proviennent d’une diversification de la production et d’une plus grande implication des salariés.

1.2 Dans un 2° temps, les gains de productivité proviennent d’une diversification de la production et d’une plus grande implication des salariés.

a) Le modèle toyotiste

Documentaire : La mise à mort du travail

http://portage-aquitaine.org/docutravail/alienation.html

Dans les années 1950, Taïichi Ohno (1912-1990), d’abord ingénieur puis vice-président de l’entreprise Toyota met en place un nouveau mode d’organisation du travail qui sera après lui nommé « Toyotisme » et qui repose sur trois principales caractéristiques :

  • Une production en flux tendus (Juste à Temps) pour limiter les stocks : Cela est rendu possible grâce au « Kan Ban » qui désigne un système de régulation du débit de la production organisé de l’aval (moment du montage de l’automobile) vers l’amont (fabrication des pièces détachées). L’objectif est de restreindre les stocks intermédiaires en demandant aux salariés situés en amont de travailler « sur commande » selon les besoins de l’atelier aval. Le Kan Ban a ainsi permis de produire sans stocks ce qui a permis à Toyota de réaliser des gains de productivité et ainsi de réduire ses coûts de production et donc de gagner en compétitivité-prix. La production est plus flexible, elle est organisée en fonction de la demande, à l’inverse du fordisme qui produisait et ensuite cherchait à écouler les stocks.
  • L’autonomation qui est un néologisme désignant la contraction des termes d’autonomie et d’automatisation. Cela consiste à doter les machines d’un mécanisme d’auto-arrêt en cas de dysfonctionnement. Plus largement, il s’agit de doter les ouvriers d’une responsabilité en les autorisant à stopper eux-mêmes la chaîne de production s’ils estiment qu’il y a un risque quelconque. Ainsi et contrairement au principe fondateur de l’OST, le toyotisme introduit le principe d’une responsabilisation des salariés dans l’organisation du travail.
  • L’implication des salariés dans l’amélioration de la production : c’est la méthode du « Kaizen » (amélioration continue). On donne la parole aux ouvriers dans le cadre de cercle de qualité pour qu’ils proposent des solutions pour améliorer la façon de produire et ainsi être plus efficace. Là encore il y a une remise en cause de la division verticale du travail puisque l’ouvrier lui-même participe à l’élaboration des méthodes de production

 

b) Les deux grandes évolutions dans l’organisation du travail suite aux influences du toyotisme

Ici les gains de productivité sont permis grâce à une rationalisation de la production basée sur la rechercher de la fin des coûts inutiles et donc l’élimination des gaspillages en s’adaptant à la demande et cherchant toujours à améliorer le processus en s’appuyant sur l’implication des salariés.

Au final, le toyotisme peut se résumer par une formule célèbre énonçant 5 objectifs recherchés par l’entreprise : « zéro stocks, zéro délais, zéros défauts, zéros pannes, zéros papiers ».

A la différence de l’OST qui procède par une parcellisation des tâches, le toyotisme fait des salariés des ouvriers pluri-opérateurs, c’est-à-dire polyvalents. La production pour être flexible a besoin d’une grande réactivité de la main d’œuvre qui doit pouvoir faire face à l’imprévu en prenant des initiatives, et en étant capable si besoin est d’aider un autre atelier en difficulté.

Beaucoup d’entreprises ont donc modifié leur logique organisationnelle en renforçant l’initiative, l’autonomie, la polyvalence, et le travail en groupe. Ces innovations ne font pas pour autant disparaître les contraintes pesant sur le travail d’exécution et en génère de nouvelles (ex : le fait de devoir prendre des initiatives et agir en cas d’imprévus rajoute un stress supplémentaire pour le salariés ; les salariés doivent gérer beaucoup plus de tâches ils sont donc plus sollicités ce qui ajoute de la pénibilité au travail, on a ainsi vu le nombre de maladies du travail augmenté sensiblement suite à ces NFOT). Les conditions de travail ne sont donc pas forcément améliorées mais peuvent au contraire être dégradées, surtout pour les postes les moins qualifiés.


La suite du cours page 2 …

Page 1 sur 212