PARTIE 1 – CHAPITRE 2 : COMMENT EXPLIQUER L’INSTABILITE DE LA CROISSANCE ?

PARTIE 1 – CHAPITRE 2 : COMMENT EXPLIQUER L’INSTABILITE DE LA CROISSANCE ?

1) Comment les fluctuations économiques se manifestent-elles ?

 

1.1 – Une croissance récente à l’échelle de l’humanité

 Au 16° 17°siècle, dans la « période agraire », la croissance est extrêmement faible : 0.1%/an.

Au 18°siècle,  dans la période du « capitalisme commercial » la croissance est 0.2% par an.

C’est surtout au 19°siècle, avec le « capitalisme industriel » que la croissance économique s’accélère (2% en France, 3% aux EU).

Puis au 20° les 30 Glorieuses se caractérisent par un taux de croissance annuel moyen de 4.2% pour les pays de l’OCDE, taux jamais égalé.

Depuis le milieu des années 70, la croissance ralentit pour atteindre en moyenne un peu moins de 2 % sur la période la plus récente (2000-2010).

 

Attention, même si au cours des siècles la tendance de la production est à la hausse, la production augmente de manière irrégulière. On  calcule un taux de croissance annuel moyen (TCAM) qui peut cacher des évolutions erratiques selon les années.

Remarque : la croissance est un phénomène cumulable sur le principe des intérêts composés : par ex, si le TCAM est de 2% par an , le PIB est multiplié par 2 en 35ans PIB x 1.02? (n=35)

1.2 – L’histoire économique est marquée d’importantes fluctuations : la variabilité de la croissance

On parle de fluctuations économiques plutôt que de cycles économiques car tous les économistes ne sont pas d’accord sur l’existence de cycle.

Fluctuations économiques : mouvements de hausse ou de baisse du PIB en alternance. (Si cette alternance est régulière, on parle de cycles)

  • Cycle Kitchin : cycles mineurs de 3 ans
  • Cycle Juglar : cycles de 9 à 10 ans
  • Cycle Kondratiev : cycles de 50 ans
  • Pour J.Schumpeter (« théorie de l’évolution économique 1912 et « Business cycle » 1939) la croissance économique  évolue sous forme de cycles liés aux transformations technologiques, qui sont à l’origine des cycles longs que N.Kondratiev a mis en évidence (1920)

Expansion: phase d’augmentation du PIB de court terme

Dépression: baisse du PIB à  long terme

Récession: faible taux de croissance ou baisse du PIB de court terme

Crise: retournement du cycle = passage d’une période de croissance à  une période de dépression, voire récession.

2) Comment expliquer les fluctuations économiques ?

Choc exogène = Evènement extérieur à l’activité économique qui va avoir des effets positifs ou négatifs sur elle.

Ces chocs peuvent avoir un impact sur l’offre globale ou sur la demande globale.

Les chocs exogènes conduisent à des fluctuations car ils viennent modifier les courbes d’offre et de demande. C’est-à-dire que pour un même niveau de prix on aura une quantité offerte ou demandée différente (déplacement des courbes : cf. cours de première). Les chocs exogènes créent donc une accélération ou au contraire un ralentissement de l’évolution du PIB à court terme ce qui éloigne la croissance de sa trajectoire de long terme et crée une fluctuation à la hausse ou à la baisse.

 

2.1- Les effets des chocs de  demande sur la croissance

Demande globale = ensemble de la demande agrégée dans une économie. C’est-à-dire toue la demande de biens et services de consommation et de production. Elle correspond à l’ensemble des utilisations (« emplois ») de la production.

Demande globale = Consommation finale + FBCF + X

Un choc de demande est une perturbation de l’activité économique liée à une hausse ou une baisse brutale de la demande qui peut s’expliquer par tout un tas d’évènements (baisse du pouvoir d’achat, évolution démographique, campagne publicitaire…) Un choc de demande est un évènement qui affecte les goûts ou les besoins des consommateurs, donc leur consommation, ou, qui affecte les entreprises, donc leur investissement et donc qui déplace donc la courbe de demande.

Si la demande augmente (la courbe se déplace vers la droite), toutes choses égales par ailleurs (ceteris paribus), les quantités échangées vont augmenter et les prix aussi : les consommateurs veulent acheter plus, et si l’offre n’augmente pas, ils devront payer plus cher.

Si la demande baisse (la courbe se déplace vers le bas), toutes choses égales par ailleurs, les quantités échangées vont diminuer et les prix aussi.

Exemples de chocs de demande :

  • L’impact d’une hausse de la consommation (intérieure) : une hausse de la consommation (et donc de la demande) entraine une hausse plus que proportionnelle de l’investissement (effet accélérateur) et donc de la demande
  • L’impact d’une hausse de l’investissement
  • Une hausse de l’investissement entraine une hausse plus que proportionnelle de la demande (effet multiplicateur)
  • L’ouverture économique
  • Une ouverture économique permet d’augmenter les exportations et donc le PIB

Le choc de demande négatif de 2009 dans la zone euro

Dans la zone euro, sous l’effet de la baisse de la consommation des ménages, les investissements ont baissé massivement, provoquant un ralentissement de la croissance effective qui fut largement inférieure à la croissance potentielle

 

Impacts d’une augmentation de la demande sur le PIB :

Augmentation de la demande –> Augmentation des commandes aux entreprises –> Augmentation de la production des entreprises –> Augmentation de l’emploi + augmentation des investissements –> augmentation des revenus distribués –> augmentation de la demande… Effet multiplicateur, on entre dans un cercle vertueux de croissance du PIB.

 

Impact d’une diminution de la demande sur le PIB :

Baisse de la demande –> Baisse des commandes aux entreprises –> Baisse de l’emploi et de l’investissement –> Baisse des revenus distribués dans l’économie –> baisse de la demande … –> On entre dans un cercle vicieux de ralentissement du PIB voire de diminution du PIB.

 

2.2- Les effets des chocs d’offre sur la croissance

Offre globale = Production nationale + Importation

On a vu que la production dépend des facteurs de production disponibles dans l’économie (quantité de travail et de capital et leur efficacité).

Un choc d’offre est une perturbation de l’activité économique liée à une variation brutale des conditions de l’offre en particulier les coûts de production. (Hausse des salaires, appréciation du taux de change, choc technologique conduisant à une hausse de la productivité, évolution du prix des matières premières, des salaires).Un choc d’offre  est un évènement qui affecte directement les coûts de production ou les capacités productives des entreprises, ce qui fait se déplacer la courbe d’offre.

Si l’offre augmente (la courbe se déplace vers la droite), les quantités échangées augmentent et les prix baissent : les entreprises vont produire plus et moins cher. Si l’offre baisse (la courbe se déplace vers la gauche), les quantités échangées baissent et les prix augmentent.

 

Les chocs d’offre positifs

Exemple des innovations majeures 

Les innovations de produits font augmenter les quantités produites (nouveaux produits), les innovations de procédé et organisationnelles font plutôt baisser les coûts de production. Selon Schumpeter, les innovations majeures sont à l’origine de la croissance économique dans les cycles de Kondratiev. Les entrepreneurs innovateurs se retrouvent d’abord en situation de monopole et peuvent vendre leurs innovations à un prix élevé. Mais, rapidement, l’innovation se diffuse et attire les entrepreneurs imitateurs, ce qui fera baisser les prix de l’innovation, jusqu’à disparition des entreprises les moins rentables. Schumpeter parle de destruction créatrice, car, ainsi, les facteurs de production vont être libérés des activités les moins rentables pour se rediriger vers de nouvelles activités.

Exemple de l’OST 

Le taylorisme, puis le fordisme ont permis à la fois de forts gains de productivité qui ont fait baisser les coûts de production et une augmentation de la production (production de masse) qui a été permis par une politique salariale généreuse (consommation de masse).

Le choc d’offre négatif des années 1970 en France

A priori, l’augmentation du prix du pétrole a eu plusieurs conséquences sur l’activité économique en France:

  • Une diminution du pouvoir d’achat des consommateurs, qui se traduit par une baisse de la demande se portant sur d’autres produits, et donc par une baisse de l’activité économique;
  • Une hausse des coûts de production des entreprises qui utilisent le pétrole comme matière première. Cette hausse se traduit et par des  hausse de prix (inflation) et par des licenciements, ce qui se traduira par une baisse de la demande et donc de l’activité;
  • La hausse des revenus des pays pétroliers peut les amener à accroître leurs importations, et donc  l’activité en France;
  • Les autres pays importateurs de pétrole connaissent eux aussi une contraction de leur demande, ce qui réduira les exportations

L’impact global sur l’activité économique est négatif.

 

Ainsi un choc pétrolier a des effets à la fois sur l’offre et sur la demande :

  • C’est un choc exogène négatif sur l’offre du fait de l’augmentation des coûts de production. Pour chaque niveau de pour les entreprises produiront une plus petite quantité.
  • C’est un choc exogène négatif sur la demande : la hausse des prix conduit à un baisse du pouvoir d’achat des ménages qui réduisent leur consommation et cela est aussi valable pour les ménages dans  les pays partenaires commerciaux de la France ;

Ces deux effets conduisent donc à un ralentissement de l’activité économique, une augmentation du chômage et de l’inflation.

 

SYNTHESE : Si les chocs d’offre et de demande sont simultanés

  • Si le choc d’offre est à la baisse et le choc de demande à la hausse, les prix vont augmenter. L’évolution des quantités dépend du rapport entre l’offre et la demande : si le choc d’offre est supérieur au choc de demande, les quantités échangées baissent.
  • Si le choc d’offre et le choc de demande sont à la baisse, les quantités échangées baissent. L’évolution des prix dépendra du rapport entre l’offre et la demande. Si le choc d’offre est supérieur au choc de demande, les prix augmentent.
  • Si le choc d’offre est à la hausse et le choc de demande à la baisse, les prix baissent. L’évolution des quantités dépendra du rapport entre l’offre et la demande. Si le choc d’offre est supérieur au choc de demande, les quantités échangées augmentent.

 

 

 

 

2.3 – Les effets des activités monétaires et financières (cycle du crédit)

 

Le débat sur le rôle des banques dans l’amplification des cycles est économiques est très vif aujourd’hui.

Il est basé sur la théorie du “cycle du crédit” : la monnaie a en général un effet amplificateur des fluctuations économiques engendrées par des chocs exogènes :

  • en période d’expansion, on observe une forte hausse des crédits, car les agents empruntent facilement et les banques sont confiantes dans les remboursements.
  • dans les récessions, les banques durcissent les conditions du crédit (en raison du risque de défaut, de la moindre valeur du collatéral, de leurs ratios réglementaires de capital…) et ceci amplifie le recul de la demande (des ménages et des entreprises), augmente le nombre de faillites.

 

Remarque : La baisse de la distribution de crédit dans les récessions vient aussi de la baisse de la demande de crédit, et non seulement de la baisse de l’offre de crédit.

 

Ainsi lorsque l’activité ralentit, alors les anticipations des agents économiques sont orientées à la baisse, ce qui génère une baisse de la demande soit du fait d’une baisse des revenus constatée, soit du fait d’une hausse de l’épargne de précaution. Parmi les agents économiques, les banques, responsables de la création monétaire vont-elles aussi « subir » ces anticipations négatives. Lorsque l’activité ralentit, elles vont craindre les risques de défaut (risque que les emprunteurs ne puissent rembourser leur dette) et le risque de diminution de la valeur de leur hypothèque (lorsqu’elles accordent un prêt à longue échéance, pour un achat immobilier notamment, les banques mettent une hypothèque sur le bien acheté, en cas de défaut de paiement de la part de l’emprunteur elles récupèrent tout ou partie de la valeur du bien). Si l’on est en récession voire en dépression, la demande est ralentie ce qui peut provoquer une diminution des prix, notamment des biens immobiliers donc une diminution de la valeur des hypothèques. Ainsi dans ces périodes les banques seront très prudentes et imposeront à leur clients des garanties très importantes qui vont donc freiner l’octroi de crédit et par là même, la demande déprimant encore l’activité économique, d’où un cercle vicieux de la dépression, déflation.

Dans ce cas la monnaie a un effet « pro-cyclique », elle amplifie les variations conjoncturelles, d’où la nécessité d’une politique conjoncturelle contra-cyclique.

3) La récession et la dépression : des situations économiques et sociales dangereuses

 

3.1 – Les mécanismes cumulatifs susceptibles d’engendrer déflation et dépression

La déflation est le gain du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une diminution générale et durable des prix ; c’est une inflation négative.

Notion à ne pas confondre avec la désinflation qui est la baisse de l’inflation (baisse du taux d’accroissement du niveau moyen des prix).

La déflation provient de la faiblesse de la demande qui oblige les entreprises en concurrence à baisser leur prix pour trouver des acheteurs.

3 mécanismes peuvent l’expliquer :

  1. Anticipant une baisse des prix , les ménages ont tendance à repousser leurs achats, contribuant ainsi à réduire la demande adressée aux entreprises. En retour, anticipant une baisse de la demande, les entreprises diminuent leur production, donc  leurs investissements et leur demande de travail, contribuant ainsi à l’augmentation du chômage et à la baisse des revenus des ménages. Le phénomène s’auto-entretient : les ménages attendent la baisse des prix qu’ils anticipent, ce qui réduit la demande obligeant les entreprises à réduire leur prix et à licencier.
  2. La déflation augmente le coût réel de la dette : taux d’intérêt réel= taux d’intérêt nominal – inflation ; cette hausse du coût de l’emprunt dégrade la situation des entreprises, ce qui les amène à réduire leurs investissements. Cela peut aussi inciter les ménages à plus épargner, ce qui vient encore baisser la demande. Enfin, la dégradation des perspectives des entreprises conduit les banques à restreindre leur offre de crédit, ce qui risque de faire encore baisser la demande. La situation des entreprises généralement endettées devient alors critique : leurs ventes diminuent et leurs dettes augmentent : les faillites se multiplient détériorant la situation des banques ; le crédit s’effondre (credit crunch).
  3. La déflation contribue donc à maintenir une spirale de récession dont il est difficile de sortir : plus la croissance se ralentit, plus les prix baissent, plus les taux réels augmentent, ce qui accentue encore le ralentissement de la croissance.

 

3.2 – Les conséquences possibles de la récession et de la dépression :

La récession ou la dépression ont des conséquences importantes. Une baisse de la production se traduit :

  • par une hausse du chômage
  • qui risque d’engendrer une crise sociale
  • et par un accroissement de la dette publique

 

Une hausse du chômage se traduit par une baisse des revenus, donc un risque de baisse de la demande. Ce sont les plus jeunes et les plus âgés qui sont le plus touchés, le chômage accentue la précarité et la pauvreté des populations les plus fragiles et accroît les tensions sociales et politiques

Pour l’Etat, la baisse de la production et de la consommation se traduit par une réduction des recettes fiscales et une augmentation des dépenses d’aides sociales et d’aide aux entreprises (et même aux banques) ; cela va se traduire par une hausse du déficit public qui va engendrer une réduction des dépenses publiques, qui peut à son tour se traduire par une réduction des dépenses publiques, freinant les possibilités de sortir de la récession.

L’ensemble de ces effets cumulatifs se fait ressentir sur les entreprises et peut se propager à l’échelle internationale du fait de la dimension mondiale des firmes

 

Même si elles permettent de rééquilibrer l’économie (en ralentissant l’inflation, désendettant les agents, éliminant les entreprises les moins efficaces), il est difficile de sortir des phases de récession et de dépression, qui s’auto-entretiennent. Pour les Keynésiens, il faudra que l’Etat mène une politique contra-cyclique pour sortir du cercle vicieux de la dépression.

 

Le rôle des innovations dans la croissance économique (Revue de Presse)

Le rôle des innovations dans la croissance économique (Revue de Presse)

L’entrepreneur innovateur : Steve et sa pomme

«Three apples have changed the world. The one offered to Adam, the one that fell on Newton, and the one of Steve Jobs.» :  Shiv Nadar, fondateur et directeur du HCL Group (Groupe indien leader mondial des services informatiques), dans The Economic Times.

L’hommage planétaire rendu à Steve Jobs dans les deux dernières semaines (+ de 8 000 publications dans la presse anglophone) démontre l’impact énorme que cet homme a eu sur le quotidien des consommateurs du monde entier. Qualifié tantôt «d’entrepreneur génial», de «visionnaire», d’ «inventeur hors-norme», Steve Jobs représente bel et bien l’archétype de l’entrepreneur innovateur selon Joseph Schumpeter.

En effet, le PDG d’Apple laisse derrière lui une entreprise en pleine croissance malgré la crise économique mondiale qui ne semble pas l’atteindre.

Quelles sont alors les clés du succès ?

Apple a su développer tant son entreprise par le biais des innovations-produits (les plus visibles) mais aussi par le biais des innovations organisationnelles et innovations de procédés.

Pour commencer, Steve Jobs de par un marketing extrêmement bien rodé et des innovations-produits toujours plus nombreuses en quantité ainsi qu’en qualité, s’est assuré pendant quelque temps au moins la possibilité de vendre ses produits «exceptionnels» plus chers que la moyenne admise sur le marché des nouvelles technologies (Cf. cours :  La notion de rente de monopole). En effet, la mise hors-jeu de ses concurrents complètement dépassés par la large gamme de produits innovants qu’ont été les Mac G4, iMac, MacBook Pro, MacBook Air, iPod, iPod Touch, iPod Nano, iPad 1 puis 2, et l’Iphone 1, 2, 3 et 3GS, 4 et 4GS, et enfin les systèmes d’exploitations Panther, Leopard, Snow Leopard et Lion. Apple attaque et innove dans tous les domaines du multimédia

Si l’on s’attarde un instant sur l’utilité de l’iPod, ce produit se voit directement concurrencé par l’iPhone qui intègre un système de lecteur MP3 tout aussi performant. En outre, l’iPad vient doubler par son utilisation les outils d’un petit ordinateur portable. Le concept schumpeterien de «destruction créatrice» n’échappe pas aux dirigeants d’Apple et la mise hors service d’une de leurs technologies s’accompagne toujours de la création d’une technologie ad hoc «révolutionnaire» où le besoin se fait de «tout racheter».

Voir cet article concis du Toronto Star, “The Jobs Revolution“, en date du 7 octobre 2011  : The jobs Revolution

Steve Jobs a en ce sens parfaitement compris les mécanismes de l’innovation : créer de nouveaux besoins, de nouvelles formes de consommation et tirer un énorme profit d’un avantage minime en le sublimant. L’entrepreneur innovateur n’est pas en effet celui qui investira dans la recherche fondamentale, mais bien celui qui saura tirer profit des connaissances actuelles de la science pour les combiner dans un objet à la pointe de la technologie (Apple n’investit pas en R&D fondamentale).

Voir l’article du magazine suisse l’Hebdo en date du 29 septembre 2011 sur la “Silicon Valley” : La-vallée-des-rêves

L’entrepreneur innovateur dispose d’une longueur d’avance sur ses concurrents. Mais pour combien de temps ?

Cette partie relate des propose plus généraux sur la diffusion de l’innovation au niveau mondial.

À peine un nouveau produit d’Apple est-il présenté lors des fameuses «Keynotes» (évènement majeur dans la stratégie de communication d’Apple), que ses concurrents s’empressent de l’imiter. Et il faut s’accorder sur le fait que la mondialisation de l’économie et de l’information réduit considérablement le temps de monopole sur un marché spécifique. La course à l’innovation n’en est que plus féroce et soutenue.

Cf. la loi de Moore liée à l’évolution de la puissance des ordinateurs depuis 1970 :

 

C’est pourquoi Apple et bien d’autres entreprises en pointe dans leur secteur respectif déposent chaque jour des centaines de brevets pour chaque élément caractéristiques de leurs innovations. La course à l’innovation risque bien de tourner en guerre des brevets et les innovateurs pourraient vite devenir des juristes confirmés.

Plus largement, en sortant des considérations purement technologiques, il faudrait s’interroger sur le statut juridique des innovations. Peut-on par exemple breveter une découverte majeure sur le vivant ? Y’a-t-il un socle commun et inaliénable appartenant à l’humanité ? Ou tout peut-il se vendre, s’acheter et être breveté ? Comme quoi la question de l’innovation nous mène loin …

Voir l’article de 01.net en date du 6 septembre 2011 :  Guerre des brevets – Apple

Mais retournons à nos entrepreneurs innovateurs …

Que se passera-t-il lorsque la concurrence aura rattrapé son retard ?

Par un effet mécanique, le prix du produit va diminuer dans un processus d’ajustement avec ceux de la concurrence. Par exemple, la mise sur le marché de nouveaux produits entrant dans la catégorie des smartphones a obligé Apple à baisser le prix de son iPhone pour ne pas être disqualifié dans la course au consommateur.

Il faut alors tout recommencer : innover, détruire l’ancien, créer du neuf, vendre, et ainsi de suite. En ce sens, on comprend parfaitement que l’idée du cycle schumpeterien : Naissance de l’innovation, âge d’or isolé de l’innovation, diffusion de l’innovation, déclin de l’innovation, destruction. Les entreprises sont condamnées à l’innovation perpétuelle qui est à bien des égards une des sources de la croissance économique la plus dynamique.

Quel est donc l’impact de l’innovation sur la croissance ?

Assurément, les industries à la pointe du progrès technique seront les moteurs de la croissance : Les nouveautés de produit par exemple vont entraîner une hausse de la consommation, entraînant un bénéfice en hausse pour l’entreprise, qui pourra ainsi augmenter les salaires et améliorer les conditions de travail, impact sur les salaires directement réaffectés à la consommation et la boucle est bouclé. Si seulement cela était aussi simple.

En effet, comment expliquer alors que l’entreprise d’Apple qui est l’une des plus prospères au monde se fasse épingler par les médias internationaux pour l’état de sa production délocalisée en Chine et les conditions de travail déplorables de travailleurs chinois ?

Voir l’article de Libération du 7 octobre 2011, “En Chine, un brutal système d’exploitation” : Apple-et-la-Chine

La croissance entraîne le changement social, mais pas toujours… Et je dirais même, la croissance entraîne le changement social à condition que ses fruits soient équitablement redistribués et judicieusement utilisés.

Voici en guise de conclusion deux articles en relation avec l’innovation et le progrès technique :

En bonus -> Michel Godet : “l’innovation n’est pas seulement technique”
Je profite de ce petit billet pour souhaiter de bonnes vacances aux chanceux qui en ont 😀 ! 
Voici le dossier complet avec tous les articles en lien dans ce sujet : 

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1.2 L’ouverture internationale, source de croissance ?

1.2 L’ouverture internationale, source de croissance ?

a ) Les analyses libérales du commerce international

Les théories du commerce international se sont développées au départ en réaction aux économistes mercantilistes du XVIIe siècle qui prônaient le protectionnisme (le stock d’or d’un pays étant sa source de richesse il faut éviter de le faire quitter le pays par le biais des importations). Il s’agit alors de montrer que les pays des intérêts réciproques à échanger avec les autres pays.

 

A1/ A. Smith (1723-1790) et les avantages absolus

Adam Smith

Adam Smith

1776 : « Recherche sur la nature et las causes de la richesse des nations »

Il va appliquer sa logique générale de la main invisible au niveau international en montrant que les pays ont intérêt à spécialiser leur production et à échanger avec les autres pays (division du travail mais au niveau international).

Les pays n’ont pas que des intérêts économiques à échanger, le commerce international permet de :

  • pacifier les rapports internationaux
  • favoriser la croissance des pays

Logique de Smith : Les pays doivent se spécialiser dans la production des produits pour lesquels ils ont un avantage absolu par rapport aux autres pays. Un pays a un avantage absolu lorsque ses coûts de production sont plus faibles que ceux des autres pays grâce à une productivité du travail plus élevée. En se spécialisant ainsi, les pays disposent des produits au prix le plus bas. C’est pour cela qu’il est contre le protectionnisme, il faut libérer les échanges pour pouvoir obtenir les produits au meilleur prix (pas de droits de douanes).

 

A2/ D. Ricardo (1772-1823) et les avantages comparatifs (ou relatifs)

David Ricardo

David Ricardo

Ricardo va approfondir la logique de Smith en montrant que les pays ont intérêt à se spécialiser même s’ils n’ont pas d’avantages absolus. Pour lui il ne faut pas comparer les coûts absolus mais les coûts relatifs. Les pays ont intérêt à se spécialiser dans les produits pour lesquels ils sont relativement les plus efficaces ou les moins inefficaces. Ainsi même si de manière absolus ont est moins efficace on a quand même intérêt à se spécialiser.

Doc 1 :Illustration (G. Mankiw) : Comparaison entre M. Jordan et Mr X..

Il est très probable que M. Jordan soit à la fois plus efficace pour jouer au basket et pour tondre sa pelouse que Mr. X. (productivité plus grande, donc coût de production plus faible). Donc il a des avantages absolus pour les deux activités. Mais cela ne veut pas dire qu’il a intérêt à se spécialiser dans les deux activités et que l’autre n’a pas intérêt à se spécialiser dans une des deux activités. En effet le différentiel d’efficacité entre M. Jordan et Mr X. et sûrement plus important pour le basket que pour tondre la pelouse. Donc M. Jordan a intérêt à se concentrer sur le basket et à faire faire tondre sa pelouse par Mr. X qui pourra alors se spécialiser dans cette activité.

Dans cette logique il faut se spécialiser pour les activités de production pour lesquelles ont est relativement les meilleurs ou les moins mauvais et ainsi tous les pays ont intérêt à échanger.

 

A.3/ Le modèle HOS (Heckser-Ohlin-Samuelson)

Paul Samuelson

Paul Samuelson

C’est une reformulation de la théorie de Ricardo, le modèle permet d’expliquer d’où viennent les avantages comparatifs.

Ce modèle explique la spécialisation par les différences relatives d’abondance de facteurs de production qui vont influer sur les coûts de production relatifs.

Les prix des produits qui nécessitent l’utilisation intensive d’un facteur de production abondant sont relativement moins élevés que les prix des produits qui nécessitent l’utilisation intensive d’un facteur de production rare.

Donc les pays ont intérêt à se spécialiser dans la production des produits qui nécessitent relativement plus du facteur de production abondant (travail ou capital).

 

Critique : le paradoxe de Léontiev

 

Wassily_Leontief

Wassily Leontief

Léontiev va chercher à vérifier empiriquement le modèle HOS en s’appuyant sur les échanges des Etats-Unis.

Il part du principe que le facteur le plus abondant aux Etats-Unis est le capital, sa spécialisation devrait donc aller vers des productions nécessitant relativement plus de capital. Or il montre que ce n’est pas le cas et que les Etats-Unis sont spécialiser relativement plus de travail.

Explication : Il faut affiner la mesure du facteur abondant. En effet à intensité capitalistique identique, la productivité du travail est plus importante aux Etats-Unis, c’est donc bien le travail son facteur de production abondant.

 

A.4 / Les nouvelles théories du commerce international

Base : constat selon lequel le développement des échanges concerne particulièrement les échanges intra branches que jusque là les théories n’expliquent pas.

Pourquoi ? Parce qu’elles raisonnent dans le cadre de la concurrence pure et parfaite et de rendements décroissants.

Les nouvelles théories du commerce international vont raisonner dans le cadre de la concurrence imparfaite en prenant en compte en compte l’impact des économies d’échelle et des stratégies de différenciation des entreprises dans des marchés de plus en plus oligopolistiques.

Remarque : ces théories raisonnent moins en termes d’intérêts des Etats mais plutôt en s’appuyant sur les intérêts des entreprises (on change de niveau d’analyse)

On peut expliquer par deux facteurs le développement des échanges intra branche :

  1. Dans le cadre des rendements croissants les entreprises ont intérêt à étendre leurs marchés pour faire des économies d’échelle : en augmentant leur niveau de production elles réduisent leurs coûts unitaires de production. Donc elles ont intérêt à vendre à l’étranger pour augmenter leur échelle de production et ainsi faire des économies d’échelle. P. Krugman
  2. Les stratégies de différenciation des produits limitent la concurrence entre les firmes et les consommateurs font leur choix non plus en fonction du prix mais d’autres caractéristiques des produits, ce qui explique que dans une même branche on puisse avoir à la fois des produits nationaux et internationaux. (ex : secteur automobile) E. H Chamberlin
Edward Hastings Chamberlin

Edward Hastings Chamberlin

paul_krugman

Paul Krugman

 

 

b) Les vertus contrastées du libre-échange

 

B1/ La théorie libérale affirme que le libre échange est une condition de l’efficacité optimale de l’économie

8 arguments en faveur du libre échange :

  1. Il permet d’exporter et d’importer des produits au meilleur prix, ce qui est favorable à une hausse du niveau de vie (produit moins cher) et donc à la croissance
  2. La spécialisation dans des secteurs où l’on possède des avantages comparatifs  permet d’utiliser de façon la plus efficace les facteurs de production disponibles dans le pays (gains de productivité)
  3. L’élargissement des marché que permet le libre échange permet de bénéficier d’économies d’échelle favorables à la baisse des prix et donc à une hausse de la demande
  4. L’échange international permet d’accroître la diversité des produits offerts (incitation à la consommation)
  5. Il permet d’éviter les risques de pénuries (matières énergétiques notamment)
  6. Il favorise la concurrence ce qui pousse à une amélioration de la compétitivité prix et hors prix
  7. Il permet de bénéficier de technologies étrangères indisponible dans le pays
  8. Il permet de favoriser l’accueil d’IDE qui peuvent favoriser la croissance et le développement du pays (transformation technologiques, formation de la population locale)

 

B2/ Critiques des analyses libérales traditionnelles

  • L’échange international est inégal car toutes les spécialisations ne se valent pas (elles ne permettent pas toutes de dégager autant de VA) // Problématique des termes de l’échange
  • La spécialisation internationale peut conduire à la dépendance dans l’approvisionnement (ex : mat. Premières) ou dans les débouchés (café, banane,…). Cette dépendance peut fragiliser les pays qui y sont soumis.
  • Le choix des spécialisations appartient aux FMN qui échappent à la logique de l’intérêt particulier de chaque pays (//difficulté de contrôle par les Etats et les organisations supranationales)

C / Arguments en faveur du protectionnisme

Il est intéressant de voie qu’historiquement les périodes de libre échange sont minoritaires dans l’histoire des relations internationales.

Quatre périodes peuvent être distinguées entre 1815 et 1913 :

  1. 1815-1846 : extension progressive du libre-échange au Royaume Uni (l’agriculture reste protégée par le vote de la « corn law » en 1815, mais en 1842, les droits de douane sur les produits manufacturés sont fortement réduits), protectionnisme dans le reste du monde.
  2. 1846-1860 : Libre-échangisme du Royaume Uni (abolition de la « corn law » en 1846, démantèlement des barrières douanières en 1860), protectionnisme du reste du monde.
  3. 1860-1880 : extension du libre échange entre les économies européennes (Traité de commerce franco-anglais en 1860), protectionnisme renforcé aux Etats-Unis suite à la Guerre de Sécession.
  4. 1880-1913 : retour et renforcement du protectionnisme en Europe Continentale (Loi Méline en France en 1892), libre-échange du Royaume Uni, et renforcement du protectionnisme aux Etats-Unis (taux moyen des droits de douane est porté à 57% en 1897).

 

Au final, durant le XIXème siècle, le protectionnisme est davantage la règle que le libre-échange.

Ainsi, à la fin du XIXème siècle, la croissance des échanges internationaux s’explique en partie par l’abaissement du coût du transport maritime (diffusion de la machine à vapeur).

 

Protectionnisme : il désigne l’ensemble des mesures de politiques commerciales qui visent à empêcher ou à limiter la circulation des produits entre les nations. Il peut être explicite (droits de douanes, quotas) ou déguisé (autres discriminations non tarifaires).

 

Droits de douane : taxes prélevées sur les importations. On distingue les DD ad valorem qui sont fixés en proportion de la valeur de la marchandise et les DD spécifiques qui correspondent à un montant unitaire fixe.

 

Discriminations non tarifaires : obstacles aux importations qui ne sont pas des DD (quotas, normes sanitaires, etc.).

 

Le protectionnisme éducateur

 

Friedrich_List

Friedrich List

L’économiste allemand F. List participe en 1819 à la création  d’une association de négociants et de fabricants qui lance une pétition visant à la suppression des barrières douanières entre les Etats allemands. Cette campagne contribuera à la mise en place du Zollverein en 1834. Après un séjour aux Etats-Unis, où il observe et analyse le système protectionniste, List publie en 1841 son ouvrage Système national d’économie politique. Contre les thèses de l’école libérale anglaise, List met en évidence le fait que la concurrence ne peut être bénéfique qu’entre nations ayant un niveau de développement comparable. Il dénonce le comportement des britanniques qui, industrialisés plus précocement, plaident pour un libre échange qui pérenniserait leur domination. List se prononce pour la « protection des industries naissantes ». Au moment  où elles  apparaissent,  les “industries dans l’enfance” ne peuvent lutter à armes égales avec celles de pays à industrialisation plus avancée (qui réalisent des économies d’échelle). La libre compétition entre pays inégaux risque de  bloquer le développement du plus faible. Il importe donc de mettre les  “industries naissantes”  provisoirement à l’abri de la concurrence étrangère,  le temps nécessaire  pour  qu’elles acquièrent, grâce aux  économies d’échelle, la compétitivité indispensable à leur survie.

 

Dans ce cadre, la protection, dont il affirme, la nécessité doit être:

– limitée : des industries jeunes, trop abritées de la concurrence étrangère pourraient ne pas faire l’effort de productivité nécessaire.

– provisoire: il ne faut pas créer des productions artificielles mais celles qui peuvent, une fois assurées, soutenir la concurrence.

 

Ces mesures de protection sont justifiées par les obstacles, eux-mêmes provisoires que rencontre une industrie naissante:

– l’inexistence d’une main-d’œuvre qualifiée qui se formera en même temps que l’industrie;

– les habitudes prises par le consommateur qui n’abandonnera qu’à la longue le produit importé pour son analogue ou son substitut national;

– l’insuffisance d'”économies internes” dans les productions à coût décroissant, aussi longtemps que les séries produites sont restreintes;

– l’insuffisance aussi d'”économies externes”: une firme isolée, une industrie isolée dans une économie peu développée supportent un handicap. Il faudrait donc protéger aussi longtemps qu’une certaine dimension et une certaine diversité n’ont pas été atteintes.

 

Protection des industries vieillissantes : M. Allais

 

Maurice-Allais

Maurice Allais

Il faut protéger les industries vieillissantes pour leur permettre de se restructurer au se reconvertir ce qui n’est pas possible dans le cadre de la concurrence internationale. Cela est nécessaire pour éviter que ces industries disparaissent sans qu’il y ait de solutions pour les emplois ainsi détruits.

 

 

 

 

J.M. Jeanneney : pour un nouveau protectionnisme

 

Jean-Marcel Jeanneney

Jean-Marcel Jeanneney

Contexte de l’économie française à la fin des années 1970 :

  • stagflation
  • montée du chômage
  • hausse de la « contrainte extérieure » : l’ouverture internationale accroît la concurrence pour les entreprises domestiques (hausse des importations)
  • Faiblesse de la compétitivité des entreprises françaises

 

 

Thèse défendue par J. M Jeanneney :

  • le système productif français doit nécessairement se reconvertir ;
  • le processus sera consommateur de temps ;
  • il faut protéger les entreprises le temps d’opérer la reconversion ;
  • pour des raisons d’ouverture, la politique de protection ne peut être nationale mais de « zone » (européenne) ;
  • pour des raisons de légitimité politique, la politique de protection doit être officielle (refus du protectionnisme déguisé : valorisation d’un système de taxes).

-> Reprise de la thèse de List (qui s’est traduite par la mise en place du Zollverein en Allemagne à la fin du XIXème siècle) : protectionnisme temporaire et de zone.

 

Politique commerciale stratégique

Il ne s’agit pas exactement de protectionnisme mais de politiques des Etats visant à construire leurs avantages comparatifs en stimulant la compétitivité de certains secteurs jugés stratégiques (agriculture, aéronautique,…). Il peut s’agir de financement de la recherche, de politique de restructuration industrielle, de soutien à l’investissement, de politique favorisant la qualification de la main d’œuvre dans les secteurs stratégiques, de subventions,…

 

Conclusion :  dossier 2 p.243

 

Remarques : Les dangers du protectionnisme

  • Frein à la concurrence
  • Hausse des prix
  • Source de guerre commerciale
  • Réduction de la différenciation des produits
  • Frein à la recherche de compétitivité
  • Maintien des secteurs peu compétitifs au détriment d’autres secteurs
1.1 La croissance est un phénomène quantitatif de long terme

1.1 La croissance est un phénomène quantitatif de long terme

a) Définition et mesure

La croissance est l’augmentation à long terme de la production de biens et services.

Elle se mesure par l’augmentation du PIB en volume.

le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes des différents secteurs institutionnels ou des différentes branches d’activité, augmentée des impôts moins les subventions sur les produits (lesquels ne sont pas affectés aux secteurs et aux branches d’activité) .

http://www.statapprendre.education.fr/insee/croissance/default.htm


Document 1 : Le PIB français

PIB français et évolution des prix
INSEE Comptes nationaux
20082009
PIB en milliards d'euros courants1 948,51 907,1
Indice des prix base 100 en 2000 118,7119,3
PIB en volume milliards d'euros de 2000 1 641,71 598,6

Document 2 : Evolution du PIB en France en 2010

INSEE, 2010. Comptes nationaux trimestriels - Résultats détaillés du 1er trimestre 2010
Début 2010, le PIB ralentit (+0,1 % après +0,6 %), tandis que le pouvoir d’achat des ménages demeure étale (-0,1 % après 0,0 %)
Au premier trimestre 2010, le PIB en volume* augmente de 0,1 %, après une progression de 0,6 % au quatrième trimestre 2009.
La demande intérieure finale (hors stocks) contribue négativement à la croissance du PIB ce trimestre (-0,2 point après +0,5 point au quatrième trimestre 2009), du fait de la contraction de la formation brute de capital fixe totale (-0,9 % après -1,1 %), alors que les dépenses de consommation des ménages sont stables (+0,0 % après +1,0 %).
Les exportations croissent (+4,1 % après +0,8 %) plus vivement que les importations (+2,1 % après +2,8 %), si bien que le solde du commerce extérieur contribue positivement à l’évolution du PIB (+0,4 point après -0,6 point).
Les variations de stocks des entreprises contribuent pour -0,2 point à la croissance du PIB (après +0,6 point au trimestre précédent).
L’estimation de la croissance est inchangée au premier trimestre
Sur le premier trimestre 2010, l’estimation de la croissance du PIB est inchangée par rapport à la précédente publication. Elle est en revanche légèrement révisée à la hausse au quatrième trimestre 2009, à +0,6 % au lieu de +0,5 %. Les révisions intègrent notamment celles des indices de production industrielle, ainsi que celles de la balance des paiements sur les flux d’échanges extérieurs de services.

Équilibre Emploi – Ressources:

PIB   = Consommation Finale des Ménages + FBCF + (Exportations – Importations) +/- Variations de Stock

Le PIB ne doit pas être confondu avec le PIB / h (que l’on utilise parfois comme indicateur de croissance, mais qui prend en compte la démographie).


Document 3 : Comparaison des PIB et PIB /h

Economies PIB
GDP (current US $) (millions) 2006
Nombre d'Habitants
(millions) 2006
PIB/Habitant
Chine2644.71311.82,01
France2248.161.336,67
Allemagne2896.982.435,15
Royaume-Uni2377.060.639,22
Etats-Unis13163.9299.443,96
UEM ou Zone Euro10636.4316.733,58
Monde48461.96538.17,41

Le PIB/habitant, c’est-à-dire le revenu moyen par habitant mesure le niveau de vie.


Expansion: phase d’augmentation du PIB de court terme

Dépression: baisse du PIB à  long terme

Récession: faible taux de croissance ou baisse du PIB de court terme

Crise: retournement du cycle = passage d’une période de croissance à  une période de dépression, voire récession.



Les limites du PIB

On peut mettre en évidence trois grandes limites du PIB en tant qu’indicateur de croissance :

->Des difficultés de comparaison entre les pays

Lorsque l’on compare les PIB entre différents pays on se retrouve confronté à deux difficultés :

  • Tout d’abord les deux PIB ne sont pas exprimés dans la même devise et il faut donc tenir compte du taux de change entre les deux devises afin de pouvoir faire la comparaison.
  • Ensuite au-delà du taux de change, le niveau des prix n’est pas le même dans les deux pays ce qui veut dire que même pour deux pays qui ont le même monnaie la comparaison est biaisée car le pouvoir d’achat de la monnaie n’est pas le même dans chacun des pays du fait de la différence des prix.

Pour tenir compte de cela on calcule le PIB en parité de pouvoir d’achat (PPA) en corrigeant la donnée en utilisant un taux de change fictif qui permet de rendre équivalent le prix des marchandises dans les pays que l’on veut comparer.


Document 4 : Comparaison des PIB en 2009

Le PIB ne comptabilise pas toutes les activités productives

  • Le PIB ne comptabilise qu’une partie de la production non marchande
  • Le PIB ne comptabilise pas la production domestique (bénévolat, activité domestique)
  • Le PIB ne comptabilise pas la production issue de l’économie sous-terraine (économie informelle : illégale et/ou non déclarée). Il existe des estimations.

Il est à noter que dans certaines économies (Afrique, Amérique latine, pays de l’Est) ces différentes activités productives prennent de l’importance et leur non prise en compte par le PIB vient sous estimer la richesse créée dans l’économie concernée.


Le PIB ne tient pas compte des externalités qu’elles soient négatives ou positive

Ainsi le PIB va comptabiliser positivement des activités qui sont destructrice de ressources naturelles, voire même ajouter à cela la richesse créée pour réparer les dégâts occasionnés par cette activité.

A l’inverse le PIB ne comptabilise pas les externalités positives.

-> La suite page 2 !

2.1 Progrès technique et innovation

a) Définition

Progrès technique (PT) = ensemble des améliorations apportées aux façons de produire (innovations de procédé + innovations organisationnelles), et aux produits (Innovations de produit).

Innovation = application économique et/ou commerciale réussie d’une invention (idée nouvelle).

À L’ensemble des innovations peut être un indicateur du PT.

Innovations = PT = améliorations

Des produits (existants ou nouveaux)

Des façons de produire

Avec des innovations organisationnelles

Avec des innovations de procédé

Avec des innovations de produits

b) Les différentes sortes d’innovation :

Innovation de produit = un produit amélioré ou un produit nouveau.

Innovation de procédé (process) = nouvelle technique de fabrication ou de commercialisation des produits (ex : nouvelles machines).

Innovation organisationnelle = nouvelle organisation de la production, du travail dans l’entreprise (ex : travail à la chaîne).

Innovations radicales = innovations majeures, de grande ampleur qui vont entraîner des grappes d’innovations mineures, ou innovations incrémentales.

c) Le rôle des innovations majeures (Schumpeter) :

– Pour Schumpeter, les innovations expliquent les cycles économiques de long terme. Comme elles sont indépendantes elles expliquent les ruptures dans les cycles. Mais seules les innovations majeures comptent vraiment et modifient la fonction de production. Une multitude d’innovations mineures découlent en cascade des innovations majeures

– Pour Schumpeter, l’entrepreneur à un rôle important puisqu’il prend le risque d’innover. Au début, l’entrepreneur innovateur est dans une situation privilégiée car l’innovation le place en situation de monopole. Il peut ainsi vendre son innovation plus chère pour rembourser ses dépenses en R&D (recherche fondamentale et appliquée qui aboutit à des découvertes scientifiques, que l’on appelle innovations lorsqu’elles ont une application économique).

– Les prix de vente dans les entreprises innovatrices vont pouvoir être supérieurs aux prix de la concurrence pure et parfaite (on appelle cela la rente de monopole). Les entreprises vont augmenter leurs profits. Cela va attirer des entreprises imitatrices à quand l’innovation se diffuse, la concurrence augmente et les prix baissent.

Cela participe à la consommation de masse et améliore les modes de vie mais cela fait aussi disparaître les entreprises les moins rentables (donc licenciements).

Mais ceci est positif pour Schumpeter car cela libère des facteurs de production pour participer à d’autres innovations.

Pour Schumpeter, l’innovation est un processus de « destruction créatrice » càd que l’innovation va créer de nouvelles industries mais aussi en détruire d’autres qui seront devenues obsolètes.