1.1 La croissance est un phénomène quantitatif de long terme

1.1 La croissance est un phénomène quantitatif de long terme

a) Définition et mesure

La croissance est l’augmentation à long terme de la production de biens et services.

Elle se mesure par l’augmentation du PIB en volume.

le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes des différents secteurs institutionnels ou des différentes branches d’activité, augmentée des impôts moins les subventions sur les produits (lesquels ne sont pas affectés aux secteurs et aux branches d’activité) .

http://www.statapprendre.education.fr/insee/croissance/default.htm


Document 1 : Le PIB français

PIB français et évolution des prix
INSEE Comptes nationaux
20082009
PIB en milliards d'euros courants1 948,51 907,1
Indice des prix base 100 en 2000 118,7119,3
PIB en volume milliards d'euros de 2000 1 641,71 598,6

Document 2 : Evolution du PIB en France en 2010

INSEE, 2010. Comptes nationaux trimestriels - Résultats détaillés du 1er trimestre 2010
Début 2010, le PIB ralentit (+0,1 % après +0,6 %), tandis que le pouvoir d’achat des ménages demeure étale (-0,1 % après 0,0 %)
Au premier trimestre 2010, le PIB en volume* augmente de 0,1 %, après une progression de 0,6 % au quatrième trimestre 2009.
La demande intérieure finale (hors stocks) contribue négativement à la croissance du PIB ce trimestre (-0,2 point après +0,5 point au quatrième trimestre 2009), du fait de la contraction de la formation brute de capital fixe totale (-0,9 % après -1,1 %), alors que les dépenses de consommation des ménages sont stables (+0,0 % après +1,0 %).
Les exportations croissent (+4,1 % après +0,8 %) plus vivement que les importations (+2,1 % après +2,8 %), si bien que le solde du commerce extérieur contribue positivement à l’évolution du PIB (+0,4 point après -0,6 point).
Les variations de stocks des entreprises contribuent pour -0,2 point à la croissance du PIB (après +0,6 point au trimestre précédent).
L’estimation de la croissance est inchangée au premier trimestre
Sur le premier trimestre 2010, l’estimation de la croissance du PIB est inchangée par rapport à la précédente publication. Elle est en revanche légèrement révisée à la hausse au quatrième trimestre 2009, à +0,6 % au lieu de +0,5 %. Les révisions intègrent notamment celles des indices de production industrielle, ainsi que celles de la balance des paiements sur les flux d’échanges extérieurs de services.

Équilibre Emploi – Ressources:

PIB   = Consommation Finale des Ménages + FBCF + (Exportations – Importations) +/- Variations de Stock

Le PIB ne doit pas être confondu avec le PIB / h (que l’on utilise parfois comme indicateur de croissance, mais qui prend en compte la démographie).


Document 3 : Comparaison des PIB et PIB /h

Economies PIB
GDP (current US $) (millions) 2006
Nombre d'Habitants
(millions) 2006
PIB/Habitant
Chine2644.71311.82,01
France2248.161.336,67
Allemagne2896.982.435,15
Royaume-Uni2377.060.639,22
Etats-Unis13163.9299.443,96
UEM ou Zone Euro10636.4316.733,58
Monde48461.96538.17,41

Le PIB/habitant, c’est-à-dire le revenu moyen par habitant mesure le niveau de vie.


Expansion: phase d’augmentation du PIB de court terme

Dépression: baisse du PIB à  long terme

Récession: faible taux de croissance ou baisse du PIB de court terme

Crise: retournement du cycle = passage d’une période de croissance à  une période de dépression, voire récession.



Les limites du PIB

On peut mettre en évidence trois grandes limites du PIB en tant qu’indicateur de croissance :

->Des difficultés de comparaison entre les pays

Lorsque l’on compare les PIB entre différents pays on se retrouve confronté à deux difficultés :

  • Tout d’abord les deux PIB ne sont pas exprimés dans la même devise et il faut donc tenir compte du taux de change entre les deux devises afin de pouvoir faire la comparaison.
  • Ensuite au-delà du taux de change, le niveau des prix n’est pas le même dans les deux pays ce qui veut dire que même pour deux pays qui ont le même monnaie la comparaison est biaisée car le pouvoir d’achat de la monnaie n’est pas le même dans chacun des pays du fait de la différence des prix.

Pour tenir compte de cela on calcule le PIB en parité de pouvoir d’achat (PPA) en corrigeant la donnée en utilisant un taux de change fictif qui permet de rendre équivalent le prix des marchandises dans les pays que l’on veut comparer.


Document 4 : Comparaison des PIB en 2009

Le PIB ne comptabilise pas toutes les activités productives

  • Le PIB ne comptabilise qu’une partie de la production non marchande
  • Le PIB ne comptabilise pas la production domestique (bénévolat, activité domestique)
  • Le PIB ne comptabilise pas la production issue de l’économie sous-terraine (économie informelle : illégale et/ou non déclarée). Il existe des estimations.

Il est à noter que dans certaines économies (Afrique, Amérique latine, pays de l’Est) ces différentes activités productives prennent de l’importance et leur non prise en compte par le PIB vient sous estimer la richesse créée dans l’économie concernée.


Le PIB ne tient pas compte des externalités qu’elles soient négatives ou positive

Ainsi le PIB va comptabiliser positivement des activités qui sont destructrice de ressources naturelles, voire même ajouter à cela la richesse créée pour réparer les dégâts occasionnés par cette activité.

A l’inverse le PIB ne comptabilise pas les externalités positives.

-> La suite page 2 !

SUJETS CORRIGES SUR LE CHAPITRE 2 PARTIE 3

SUJETS CORRIGES SUR LE CHAPITRE 2 PARTIE 3

SUJET DE SYNTHESE :

Après avoir présenté les différentes étapes de la construction européenne et les objectifs poursuivis, vous montrerez quels sont les obstacles à la poursuite de l’intégration.

I. Les différentes étapes de la construction européenne

A. Du marché commun au marché unique : une intégration commerciale contre la guerre et pour la croissance

1. Intégrer pour réconcilier : de la CECA au marché commun ou l’intégration commerciale

1951 : Gestion commune du charbon et de l’acier (industries sur lesquelles repose l’effort de guerre)

1957 : Marché commun : union douanière (abaissement progressif des droits de douane, tarif douanier extérieur commun et mise en place de politiques sectorielles communes : la PAC dès 1962).

2. Le Marché unique : un premier saut qualitatif vers l’intégration profonde des économies

On peut parler de saut qualitatif dans la mesure où l’institution d’un espace marchand homogène que suppose le Marché unique, implique une nécessaire harmonisation des espaces réglementaires nationaux. Les particularismes issus des histoires propres à chaque nation sont ainsi appelés à s’effacer progressivement au profit du Marché unique. Il s’agit d’autant plus d’un saut qualitatif que cette harmonisation remet en cause des situations vécues comme des spécificités nationales. L’alignement des entraves non tarifaires à la norme européenne, quelles qu’elles soient signifie ainsi pour un pays comme la France, un recul de l’intervention de l’État dans l’activité économique- Cette évolution conditionne aussi une étape supplémentaire vers la supranationalité.

À partir des années 1992 la poursuite de l’intégration européenne est comprise comme un moyen de relancer la croissance économique. Pour les uns, le marché unique doit améliorer le rapport de force politique et commercial de l’Europe, desserrer sa contrainte extérieure et permettre le retour de politique de relance par la demande. Pour les autres, le marché unique est l’occasion de créer un véritable choc d’offre. La concurrence accrue (déréglementation, ouverture des marchés publics, etc.) doit favoriser la baisse des coûts et les investissements, susceptibles à leur tour d’accroître la productivité des entreprises et de stimuler la croissance.

C’est cette seconde voie qui est privilégiée.

B. L’intégration monétaire : entre approfondissement du marché et construction d’une union politique, le grand saut qualitatif

1. Les objectifs

Vu la réussite relative de la coopération monétaire européenne face à l’instabilité monétaire internationale et dans l’espoir de constituer une monnaie européenne capable de rivaliser avec le dollar américain, la plupart des membres s’engage dans un processus d’Union monétaire (voir les avantages escomptés de l’union monétaire doc. 6).

2. Les critères de convergence

La réussite de ce projet passe nécessairement par l’harmonisation des politiques monétaires et des niveaux d’inflation ; ce qui induit une gestion financière et budgétaire très contraignante

L’option pour la monnaie unique constitue à la fois un pas gigantesque vers l’intégration des économies européennes, mais dans le même temps elle pèse depuis plus de quinze ans sur les conditions de sa réussite et de son élargissement à d’autres pays.

II. Les obstacles à la poursuite de l’intégration

A. Les obstacles économiques

1. Une inefficacité sur le plan économique et social

En comparaison avec les États-Unis et d’autres régions du monde, l’Europe affiche des performances économiques médiocres. D’une part le choix de la monnaie unique impose une gestion monétaire qui jusqu’à présent a surtout cherché à contenir l’inflation plutôt que stimuler la croissance. D’autre part, la faiblesse du budget européen et les critères de réduction des déficits des budgets nationaux, limitent les moyens de compenser la rigueur monétaire. Face à une telle situation et à des difficultés propres à chaque nation, les équipes gouvernementales ne respectent pas toutes le pacte de stabilité.

Par ailleurs, l’Europe souffre d’absence de politique commune. Tout se passe comme si aujourd’hui, l’action économique de l’Europe se cantonnait essentiellement à libéraliser les marchés.

2. Des difficultés accrues par l’intégration de nouveaux membres

Les résultats économiques obtenus par les nations d’Europe orientale nouvellement intégrées à l’Union européenne sont fortement encourageants. Profitant d’avantages comparatifs spécifiques et des investissements étrangers, la plupart de ces pays ont connu récemment une réelle dynamique de croissance.

Toutefois, même si la Slovénie est désormais le treizième membre de l’Union monétaire, cela ne doit pas faire oublier les écarts élevés en terme de PIB, de niveau de vie, entre les nouveaux membres de l’Union et les anciens, écarts qui viennent s’ajouter aux inégalités déjà existantes entre les pays membres.

Or, cette hétérogénéité économique et monétaire se révèle difficilement compatible avec les critères de convergence tels qu’ils sont actuellement définis. Ceci est d’autant plus dommageable que les choix budgétaires récents engageant l’Europe pour les années qui viennent sont tenus dans des limites encore plus strictes qu’au cours de la période antérieure. Il est donc peu probable que les pays d’Europe centrale et orientale puissent bénéficier, comme se fut le cas pour les pays d’Europe du Sud des transferts de revenus nécessaires pour financer et accompagner le rattrapage économique indispensable à l’harmonisation économique de l’Europe.

B. Les obstacles institutionnels

1. Une grave crise d’identité

La vision politique de l’Europe est encore loin de faire l’unanimité, à la fois parmi les dirigeants des pays membres mais aussi parmi les populations. Peu d’européens adhèrent à l’idée d’une intégration plus forte qui conduise vers la supranationalité européenne. Le « Non » danois au traité de Maastricht, le « Non » irlandais au traité de Nice, les « Non » français et néerlandais au projet de Traité constitutionnel européen sont autant de rappels à l’ordre de la faible identification au projet européen.

Il semble que plutôt que vouloir constituer un État fédéral européen, à l’image des États-Unis d’Amérique, dirigeants et peuples préfèrent jusqu’à présent se cantonner à une Europe des États, chacun espérant tirer le maximum de l’Union en contribuant le moins possible, quitte à jouer les passagers clandestins si l’occasion se présente.

2. L’intégration européen en panne ?

La construction européenne pèche surtout par le caractère bancal de ses institutions.

L’Europe n’est pas vraiment dotée d’un pouvoir exécutif (plusieurs institutions de décisions : le Conseil européen, le Conseil des ministres, la Commission).

Le pouvoir législatif du Parlement européen demeure faible. Si son influence a cru au fil des années, l’élection au Parlement européen ne mobilise pas les foules.

La relance de l’Europe, passe donc obligatoirement par un profond réagencement de ses institutions

C’était en partie l’objectif du projet de Constitution.

 

 

 

2.2 Explications: une mobilisation moins forte du fait du déclin de l’identité ouvrière et de la montée de l’individualisme

a) mutations du monde du travail et déclin du mouvement ouvrier.

Évolution de la structure de l’appareil productif: tertiarisation + désindustrialisation => défavorable au mouvement ouvrier
Baisse de la PCS ouvrière => Baisse des syndicats. De plus la tertiarisation n’a pas compensé le mouvement ouvrier.
Secteur tertiaire: + de petites entreprises => mobilisation et syndicalisme – important. Identité collective est peu ou pas du tout développée (activité très diversifiée dans le secteur tertiaire que ne favorise pas la conscience de classe).

Évolution de la gestion de la main d’œuvre =>précarisation du travail, recours massif à la sous-traitance, chômage
=>défavorable à l’identité de groupe

b)Les mutations de la société: causes externes au monde du travail.


Evolution de la gestion des syndicats=>institutionnalisation des syndicats (éloignement des responsables syndicaux des ouvriers)

Hausse des niveaux de vie => développement des classes moyennes => affaiblissement identité collective.

Montée de l’individualisme, valeur qui semble propre à la classe ouvrière. Individus considèrent qu’ils n’ont pas intérêt à se mobiliser, de plus les syndicats ont un mode de fonctionnement collectif=>tous les salariés bénéficient des avantages obtenus par les syndicats.


2.1 La mesure de la mobilité sociale

La mobilité sociale est la réalisation des valeurs fondatrices des démocraties c’est-à -dire liberté et égalité des chances pour tous.


a) Analyse et limites des tables de mobilité sociale

Définitions :

Mobilité sociale : changement de position sociale d’un individu

Mobilité intra-générationnelle (=mobilité professionnelle) : changement de position sociale d’un individu au cours de sa vie active.

Mobilité inter-générationnelle : C’est-à -dire mobilité entre les générations. Quand un individu occupe une position sociale différente à celle de ses parents. Pour l’Insee, mobilité sociale.

Mobilité verticale ascendante ou descendante : quand un individu change de position sociale au sein de la hiérarchie sociale.

Mobilité horizontale : quand un individu change de position sociale sans que cela affecte sa place dans la hiérarchie.

Mobilité brute ou totale : C’est la mobilité constatée.

Mobilité nette ou réelle : c’est la mobilité qui n’est pas liée à des changements structurels et c’est un indicateur de la fluidité sociale. Elle est égale à la mobilité totale – mobilité structurelle.

Mobilité structurelle : mobilité qui résulte d’un changement de la structure de la population.

Les tables de mobilité sociale :

Lecture : En 2003, sur 646000 pères employés 179000 ont un fils appartenant aux professions intermédiaires.

En 2003, sur 1690000 fils professions intermédiaires 179000 ont un père employé.

La ligne ensemble représente la répartition des fils selon la PCS c’est-à -dire selon la structure sociale et surtout la structure de la population active.

La colonne ensemble représente la répartition des pères selon la structure sociale de la population active.

La diagonale représente l’immobilité sociale ou la reproduction sociale (Fils qui occupe la même PCS que leur père).

Table d’origine :

Lecture : En 2003, 88,4% des agriculteurs avaient un père lui aussi agriculteurs.

La ligne représente le total des fils dans chaque PCS.

La diagonale représente le pourcentage de fils provenant de la même PCS que leur père.

Table de destinée :

Lecture : En 2003, 22% de père agriculteurs avaient un fils qui est devenu agriculteurs.

La colonne ensemble représente le total des pères dans chaque PCS.

La diagonale représente le pourcentage de fils qui deviennent pareils que leur père.

Fonctions des tables de mobilités :

Elles permettent de mesurer l’influence de l’origine sociale sur la position sociale de l’individu. Elles permettent aussi d’évaluer les probabilités d’obtenir une position sociale en fonction de l’origine sociale.

Il existe une certaine mobilité sociale en France aujourd’hui c’est-à -dire qu’une partie de la population peut passer à une PCS supérieure à celle de son père (Mobilité sociale ascendante).

Mais cette mobilité constatée cache des changements structurels de la population active. Il existe aussi une forte reproduction sociale surtout pour les extrémités comme les cadres et les ouvriers.

Et quand il y a mobilité sociale elle est surtout de proximité ou horizontale. Les cas de forte mobilité sociale sont très rares.

D’autres mesures de la mobilité : En plus de la mobilité intergénérationnelle on peut mesurer la mobilité des femmes. On ne la mesure pas par rapport à la PCS de leur mère car les mères des filles aujourd’hui actives étaient rarement elles-mêmes actives donc l’étude ne serait que partielle. On peut la mesurer par rapport à leur père. On remarque alors que les femmes connaissent moins d’immobilité sociale dans le sens o๠elles reproduisent moins souvent le statut de leur père. Mais cette mobilité n’est pas toujours ascendante car elle est surtout structurelle : la tertiarisation fait que les femmes quelle que soit leur PCS d’origine se retrouvent le plus souvent dans la catégorie employés et ceci d’autant plus qu’elles occupent en moyenne des emplois moins qualifiés.

Pourtant les femmes ne vivent pas dans un milieu social différent de leur milieu d’origine car quand elles ont un conjoint celui-ci est très souvent aussi voire plus qualifié que leur père. Ainsi l’ascension sociale ne passe pas nécessairement par une mobilité professionnelle mais par l’union à un conjoint appartenant à une PCS supérieure à leur père.

Remarque : La mobilité sociale descendante des femmes va être favorable à la mobilité sociale masculine car en venant occuper massivement les emplois du bas de l’échelle sociale les femmes vont permettre aux hommes d’occuper des positions sociales plus élevées.

Les limites des tables de mobilité sociale : Elles ne portent que sur une partie restreinte de la population active, elles ne comptabilisent pas les jeunes qui arrivent aujourd’hui sur le marché du travail.

De plus, on ne peut pas savoir la mobilité sur un siècle et on n’arrive pas à calculer la mobilité horizontale à l’intérieur d’une même PCS alors que les fils qui sont dans la même PCS que leur père peuvent avoir un statut social différent.

Quand il y a une mobilité sociale ascendante cela ne représente pas forcément une amélioration du niveau de vie ou du prestige social.

Pour finir, toutes les PCS ne sont pas hiérarchisables.

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