2.1 Le développement des FMN

2.1 Le développement des FMN

Attention, ceci est l’ancien programme de Terminale. Il n’est plus en vigueur aujourd’hui, cependant certaines connaissances peuvent encore être utiles. N’hésitez pas à posez vos questions.

A) Mondialisation et difficultés de régulation

Les firmes multinationales, que l’on appelle aussi les FTN sont des acteurs essentiels de la mondialisation.

Les FTN sont des entreprises industrielles, commerciales ou financières, dont les produits sont vendus et surtout fabriqués dans plusieurs pays, selon la DIPP (division internationale du processus de production, c’est-à-dire production divisée entre les pays en fonction des avantages de chaque pays.) C’est l’exemple de Nike dans le dossier.

A partir des 60s, les FTN se développent : à partir des 90s, il y a beaucoup moins de création de filières et de transplantation d’usines, mais plus souvent des opérations de fusion acquisition par lesquelles prend le contrôle d’une autre par acquisition de tout ou d’une partie de son capital (croissance extensive) ; permises par la libéralisation des marchés financiers qui facilitent les OPA et OPE. (voir tableau de dossier)

Rappel : la mondialisation c’est l’échange de biens et services, mais aussi la circulation de capitaux : c’est eux qui ont le plus augmenté ces dernières années : on distingue les IDE= acquisition d’au moins 10% des actions ou des droits de vote dans l’entreprise ; des investissements de portefeuille, placement spéculatifs sur le marché des capitaux. (voir TD)

Les pays industrialisés émettent + de 90% des IDE et en reçoivent 70%.

Les échanges intra firmes représentent aujourd’hui 30% des échanges marchands (c’est-à-dire entre filiale et maison mère) ; les échanges avec au moins une FMN représentent 90% des échanges= la concurrence au niveau international est de plus en plus oligopolistique.

Les stratégies des FMN sont soumises à 2 types de contraintes :

  1. Une exigence de rentabilité par rapport aux actionnaires et
  2. une exigence de compétitivité prix ou hors prix pour faire face à la concurrence.

La compétitivité, c’est la capacité à résister à la concurrence, on peut la mesurer par les gains de parts de marché (entreprise, industrie ou pays).

En fonction du produit et du marché, l’entreprise peut choisir une stratégie centrée sur

  • la compétitivité prix : capacité à résister à la concurrence par les prix, suppose uneaction sur les coûts de production, par exemple un délocalisation de la production ou un investissement à l’étranger où les coûts de production sont les plus bas.
  • la compétitivité hors prix ou structurelle : c’est une stratégie qui peut viser la différenciation de produits ou une action sur l’image de marque ou le service après-vente. Cette stratégie impose d’importantes en recherche-développement pour trouver des produits innovants.

 

Credits photos : Image d’illustration tirée du court métrage “Logorama : le monde des marques”

1.1 Les échanges internationaux et leur mesure

1.1 Les échanges internationaux et leur mesure

Introduction : la simultanéité du développement des échanges et du développement économique conduit à poser la question de l’existence d’un lien entre commerce internationale et croissance. Pourtant, les formes actuelles de l’ouverture internationale peuvent aussi affecter la cohésion sociale et faire obstacle au développement dans certains pays. Les stratégies de croissance et les nouvelles modalités de financement de l’activité économique ont aussi donné naissances à de nouveaux acteurs et à de nouveaux enjeux de la mondialisation.

1.1 Les échanges internationaux et leur mesure

a) Progression et diversité des échanges internationaux

Depuis la fin de la 2° guerre mondiale on constate un essor rapide des échanges qui se manifeste par une diversité croissante et par une transformation de leur structure.

Si, historiquement, les échanges internationaux ont d’abord porté sur les marchandises, ces 30 dernières années ce sont surtout les échanges de services et les mouvements de capitaux qui occupent une place prépondérante dans les échanges internationaux.

Les échanges de services représentent environ 20% des échanges mondiaux (S financiers, NTIC, télécom). L’essor des flux de capitaux est lié à la dérèglementation, à la multiplication des innovations financières et  aux stratégies des FMN (le tout grâce aux NTIC).

Depuis 1950, les échanges internationaux ont été multipliés par 20 alors que le PIB mondial ne l’a été que par 6 : il faut alors bien distinguer ce qui relève des échanges, du commerce de ce qui relève de la production.

L’explosion des échanges commerciaux est la 1° manifestation de la mondialisation et se traduit par une ouverture croissante des pays et en particulier de la France.

Rappel : taux d’ouverture : (X+M/2)/PIB x100 (en F=25%)

La mondialisation engendre une interdépendance des économies parce que chaque zone a tendance à se spécialiser  dans un double mouvement de tripolarisation (vision géographique par rapport aux 3 continents) et de régionalisation (accords commerciaux entre des blocs avec augmentation des échanges intra blocs)

Remarque :

Il faut bien distinguer :

-Internationalisation : développement des relations économiques entre les différentes nations : internationalisation des échanges de biens et services et des échanges de capitaux.

-Mondialisation qui correspond à trois processus concomitants :

  1. l’internationalisation des biens, services et capitaux
  2. la mobilité internationale des facteurs de production, et plus particulièrement des capitaux (qu’on appelle la globalisation financière)
  3. le processus d’interpénétration  croissante des économies nationales (donc d’effacement progressif des frontières, d’affaiblissement des régulations nationales, et de déterritorialisation des activités économiques)

-Globalisation :C’est le fait que de plus en plus les phénomènes ont des dimensions mondiales et doivent donc être analysés et traités à un niveau global, planétaire. En économie, ce terme est assez proche de celui de mondialisation.

-Globalisation financière : dossier 4 p.271. La globalisation financière peut être définie comme un processus d’interconnexion des marchés de capitaux aux niveaux national et international, conduisant à l’émergence d’un marché unifié de l’argent à l’échelle planétaire

 

b) Les échanges internationaux sont mesurés par la balance des paiements

La balance des paiements retrace l’ensemble des «échanges économiques réalisés pendant un an entre les résidents et les non-résidents (attention différent du concept de nationalité) à travers 3 comptes :

  1. Compte des transactions courantes :
    • échange de biens (balance commerciale)
    • échange de services
    • échange de revenus (revenus obtenus grâce aux IDE)
    • transferts courants (vers les ONG ou UE par ex)
  2. Compte financier :
    • flux de capitaux (IDE)
    • I de portefeuille
    • flux de devises et autres
  3. Compte de capitaux :
    • achat ou vente de brevet

Remarque : La balance des paiements est toujours équilibrée, car si les entrées sont inférieures aux sorties et qu’un solde est déficitaires on le compense en écrivant un solde du côté des entrée. (voir tableau A P.278).

 

c) Le marché des changes, une nécessité pour les échanges internationaux

->Il existe un lien entre l’évolution des taux de change et l’évolution de la balance des paiements

-de la balance vers le taux de change

Si les exportations européennes sont supérieures aux importations, la demande d’euros sera supérieure à l’offre d’euros et le taux de change de l’euro va augmenter.

Ou si X<M => D<O =>baisse de l’euro

Il faut cependant noter aussi l’importance du taux d’intérêt (si le différentiel est favorable à l’euro, celui-ci va s’apprécier malgré le déficit de la balance des transactions courantes.

-des taux de change vers la balance

Doc 1 : Courbe en J

Cette courbe exprime l’évolution du solde de la balance commerciale après la dévaluation d’une monnaie nationale.
Dans un premier temps, la balance commerciale se dégrade car les flux du commerce extérieur n’ont pas eu le temps de se modifier : les importations restent au même niveau alors que leur prix s’élève.
Après un certain délai (environ six mois), le solde s’améliore car les exportations augmentent en volume et les importations baissent en volume.
L’effet prix est immédiat, il dégrade le solde commercial, l’effet quantité vient ensuite et permet de rendre efficace la dévaluation sous réserve que cet effet quantité se produise bien (il faut que les quantités s’ajustent aux variations de prix ce qui n’est pas garanti).

La hausse du taux de change de l’euro fait :

-baisser les exportations en volume (les produits européens à l’étranger sont plus chers)

Augmenter les exportations en valeur (on vend moins d’Airbus, mais ils permettent d’acheter plus de pétrole)

-augmenter les importations en volume (les produits américains sont moins chers)

Baisser les importations en valeur (le pétrole coûte moins cher) Cela dépend de l’élasticité-prix de la demande .

-le solde en volume se détériore, mais le solde en valeur peut augmenter.

-Aujourd’hui en Europe, surtout en France, l’effet prix est inférieur à l’effet volume, c’est-à-dire que les quantités exportées diminuent plus que leur valeur  n’augmente ; et les quantités importées augmentent plus en volume qu’elles ne diminuent en valeur (sous l’effet d’un taux de change plus favorable).

2.1 L’organisation tayloro-fordiste a accompagné une amélioration de la condition salariale

2.1 L’organisation tayloro-fordiste a accompagné une amélioration de la condition salariale

Par condition salariale, on entend salaire et condition de travail des salariés.

 

a) Le compromis fordiste : intensification du travail mais politique salariale généreuse et stabilité des emplois

 

 

L’organisation du travail tayloro-fordiste a assuré l’amélioration de la condition salariale et a suscité le développement d’un système juridique de protection des salariés.

-Même si la liberté individuelle du salarié est à la base de l’économie de marché (A.Smith et les libéraux), le salariat correspond à l’origine à une situation misérable et non enviable (les salariés sont ceux qui ne sont pas des artisans) D’ailleurs, pour Marx, le salariat est une source d’exploitation de la force de travail par le capital. C’est grâce aux luttes sociales que le salariat va se développer en faveur des travailleurs.

-Le droit du travail et la protection sociale ont été des opérateurs de stabilité du contrat de travail en le faisant passer de l’échelle individuelle à l’échelle collective.

 

DROIT DU TRAVAIL :

C’est l’ensemble des textes juridiques qui impose des normes dans le domaine du travail : durée du travail hebdomadaire légale, SMIC, règles sur l’emploi des mineurs,…


CONVENTIONS COLLECTIVES :

Accord signé par branche qui précise le droit particulier à cette branche (en général, plus favorable que le droit du travail) et qui classe les qualifications et les rémunérations.


CONTRAT DE TRAVAIL :

Il prévoit les conditions de travail et de rémunération. Il fait bénéficier le salarié des droits et de la protection assurés à tous les salariés mais lui impose des obligations.


-Le contrat de travail est de plus en plus encadré par un droit du travail, les conventions collectives permettent de régler à l’échelle collective les relations entre les deux classes sociales et instituent le rôle du syndicat comme représentant de la classe ouvrière. L’Etat joue un rôle législatif majeur non seulement au niveau du droit du travail, mais aussi de la mise en place d’un système de protection sociale généralisé qui assure une prise en charge collective des risques individuels et stabilise ainsi le statut de salarié.

 

Aujourd’hui, environ 80% de la population active est salarié. Cela correspond à ce que certains économistes appellent la norme d’emploi fordiste, c’est-à-dire un emploi à temps plein à durée indéterminée (emploi stable à l’opposé de ce qu’on appelle les emplois atypiques)

 

b) Gains de productivité et réduction de la durée du travail

Depuis le début des années 1980, les gains de productivité ont permis une baisse de la durée du travail.


-C’est surtout à l’échelle de la vie que le temps de travail s’est réduit par l’allongement de la durée des études et l’abaissement de l’âge de la retraite.

-La durée annuelle du travail s’est progressivement réduite depuis le 19° siècle avec l’instauration du dimanche chômé, puis la 1°, 3°,5° semaine de congés payés.

-Si la durée hebdomadaire du travail a été réduite législativement (1936 :42-40h ; 1981 : 40-35h ; 1998 :39-35h), la durée effective individuelle varie selon la conjoncture économique.

-Cette tendance historique semble cependant à présent s’inverser : les difficultés du système de retraite par répartition incitent les actifs à allonger leur durée de vie active, la politique du « travailler plus pour gagner plus » incite les acteurs économiques à moins utiliser leur RTT et à avoir plus recours aux heures supplémentaires.

1.2 Dans un 2° temps, les gains de productivité proviennent d’une diversification de la production et d’une plus grande implication des salariés.

1.2 Dans un 2° temps, les gains de productivité proviennent d’une diversification de la production et d’une plus grande implication des salariés.

a) Le modèle toyotiste

Documentaire : La mise à mort du travail

http://portage-aquitaine.org/docutravail/alienation.html

Dans les années 1950, Taïichi Ohno (1912-1990), d’abord ingénieur puis vice-président de l’entreprise Toyota met en place un nouveau mode d’organisation du travail qui sera après lui nommé « Toyotisme » et qui repose sur trois principales caractéristiques :

  • Une production en flux tendus (Juste à Temps) pour limiter les stocks : Cela est rendu possible grâce au « Kan Ban » qui désigne un système de régulation du débit de la production organisé de l’aval (moment du montage de l’automobile) vers l’amont (fabrication des pièces détachées). L’objectif est de restreindre les stocks intermédiaires en demandant aux salariés situés en amont de travailler « sur commande » selon les besoins de l’atelier aval. Le Kan Ban a ainsi permis de produire sans stocks ce qui a permis à Toyota de réaliser des gains de productivité et ainsi de réduire ses coûts de production et donc de gagner en compétitivité-prix. La production est plus flexible, elle est organisée en fonction de la demande, à l’inverse du fordisme qui produisait et ensuite cherchait à écouler les stocks.
  • L’autonomation qui est un néologisme désignant la contraction des termes d’autonomie et d’automatisation. Cela consiste à doter les machines d’un mécanisme d’auto-arrêt en cas de dysfonctionnement. Plus largement, il s’agit de doter les ouvriers d’une responsabilité en les autorisant à stopper eux-mêmes la chaîne de production s’ils estiment qu’il y a un risque quelconque. Ainsi et contrairement au principe fondateur de l’OST, le toyotisme introduit le principe d’une responsabilisation des salariés dans l’organisation du travail.
  • L’implication des salariés dans l’amélioration de la production : c’est la méthode du « Kaizen » (amélioration continue). On donne la parole aux ouvriers dans le cadre de cercle de qualité pour qu’ils proposent des solutions pour améliorer la façon de produire et ainsi être plus efficace. Là encore il y a une remise en cause de la division verticale du travail puisque l’ouvrier lui-même participe à l’élaboration des méthodes de production

 

b) Les deux grandes évolutions dans l’organisation du travail suite aux influences du toyotisme

Ici les gains de productivité sont permis grâce à une rationalisation de la production basée sur la rechercher de la fin des coûts inutiles et donc l’élimination des gaspillages en s’adaptant à la demande et cherchant toujours à améliorer le processus en s’appuyant sur l’implication des salariés.

Au final, le toyotisme peut se résumer par une formule célèbre énonçant 5 objectifs recherchés par l’entreprise : « zéro stocks, zéro délais, zéros défauts, zéros pannes, zéros papiers ».

A la différence de l’OST qui procède par une parcellisation des tâches, le toyotisme fait des salariés des ouvriers pluri-opérateurs, c’est-à-dire polyvalents. La production pour être flexible a besoin d’une grande réactivité de la main d’œuvre qui doit pouvoir faire face à l’imprévu en prenant des initiatives, et en étant capable si besoin est d’aider un autre atelier en difficulté.

Beaucoup d’entreprises ont donc modifié leur logique organisationnelle en renforçant l’initiative, l’autonomie, la polyvalence, et le travail en groupe. Ces innovations ne font pas pour autant disparaître les contraintes pesant sur le travail d’exécution et en génère de nouvelles (ex : le fait de devoir prendre des initiatives et agir en cas d’imprévus rajoute un stress supplémentaire pour le salariés ; les salariés doivent gérer beaucoup plus de tâches ils sont donc plus sollicités ce qui ajoute de la pénibilité au travail, on a ainsi vu le nombre de maladies du travail augmenté sensiblement suite à ces NFOT). Les conditions de travail ne sont donc pas forcément améliorées mais peuvent au contraire être dégradées, surtout pour les postes les moins qualifiés.


La suite du cours page 2 …

1.1 Dans un 1° temps, les gains de productivité proviennent de l’augmentation de l’intensité du travail et de la standardisation des produits

1.1 Dans un 1° temps, les gains de productivité proviennent de l’augmentation de l’intensité du travail et de la standardisation des produits

Tout comme le progrès technique, l’organisation du travail que l’on peut considérer comme étant une innovation organisationnelle, va être à l’origine de gains de productivité, sources de croissance et d’emplois.

L’organisation du travail consiste à répartir, coordonner les activités productives entre les travailleurs afin d’être le plus efficace possible. L’organisation du travail vise donc à améliorer la productivité du travail, en mettant en place une façon de répartir le travail la plus efficace possible.


a) Aux origines de l’organisation du travail : la division du travail

Document 1 : Les origines de la division du travail

Dans l’Ancien Régime, la division du travail artisanal était fortement structurée par la hiérarchie corporatiste, apprenti – compagnon – maître. Linéaire et non pas pyramidale, cette hiérarchie correspond souvent à un parcours promotionnel, à une sorte de ligne de carrière. Cette trajectoire dans le métier était loin d’être une garantie pour tous. La fortune, héritée ou acquise par alliance, était une condition d’ascension professionnelle très sélective pour les compagnons. Dès le moment où le travail se concentre dans les manufactures, dès qu’un grand nombre d’ouvriers sont réunis dans un même atelier, le problème de la coopération et de l’organisation du travail se pose avec une nouvelle acuité. L’organisation d’un collectif de travail n’implique pas nécessairement que les opérations soient fragmentées. La parcellisation des tâches devient, en revanche, avantageuse dès que les objets sont fabriqués en grande quantité, pour de vastes marchés, et non plus à la commande. Dans l’exemple fameux de la manufacture d’épingles que décrit Adam Smith en 1776, la répartition de dix huit opérations entre dix ouvriers permet d’atteindre une production globale quotidienne de plus de 48 000 épingles. Chaque ouvrier réalisant 1/10ème du produit, sa production quotidienne peut être assimilée à 4 800 épingles. Si chacun d’entre eux devait assumer l’ensemble des dix opérations, il n’arriverait même pas, explique Adam Smith, à fabriquer une vingtaine d’épingles par jour. Il y a encore une différence entre séparer des tâches et les spécialiser, c’est à dire réserver, de manière stable, tel type de tâche à tel individu. Une répartition exclusive des tâches ne favorise pas seulement l’acquisition de compétences techniques particulières, mais elle présente, dans ce contexte, un intérêt social. Au moment de la transition vers une économie de marché, cette division du travail contribue aussi au développement du salariat. Un ouvrier qui maîtrise l’ensemble du procédé de fabrication peut être tenté d’assurer l’écoulement de sa production sur un marché sans médiateur et, donc, de devenir un concurrent pour l’entreprise. Si, en revanche, il ne domine qu’une petite partie de la fabrication, une tâche particulière, alors il perd cette opportunité. Enlever à chaque travailleur la maîtrise de l’ensemble du procédé est une manière de diviser pour régner.(…). De plus, la spécialisation des tâches permet d’ouvrir le marché du travail à une main d’œuvre moins expérimentée. Le mouvement de « bana¬lisation » des tâches de fabrication, qui s’amorce à ce moment, est bien sûr relatif. Une tâche est banale au sens premier du terme, elle est « accessible à tout le monde », y compris aux femmes et aux enfants. Elle n’est plus réser¬vée à l’homme de métier qui a suivi un long apprentissage. M. Stroobants. Sociologie du travail. Nathan, coll. « 128 », 1993.

 

C’est avec le développement du capitalisme que la réflexion sur l’organisation du travail a débuté, et notamment au travers des écrits d’A. Smith un économiste écossais, (1776) qui va montrer l’intérêt de diviser le travail au sein de l’entreprise. Jusque là la logique de production est basée sur le principe du compagnonnage et des ouvriers de métier.

Mais ce type d’organisation va connaître des limites :

  • du fait de la nécessité d’augmenter le volume de production de façon importante pour répondre aux évolutions de la société
  • de la recherche de la maximisation du profit


La division du travail recoupe deux types de division :

  • La division sociale du travail, qui correspond à la division du travail en professions et en métiers. Les activités productives sont réparties entre différents producteurs indépendants qui échangent sur le marché.
  • La division technique du travail (c’est celle qui nous intéresse ici), qui correspond, au sein de l’entreprise à répartir le travail entre les salariés en décomposant la production en un nombre déterminé d’opérations.

Dans son exemple de la manufacture d’épingles, Smith montre que si l’on décompose la production en différentes opérations qui seront réparties entre les ouvriers, cela permettra avec la main quantité de main d’œuvre d’augmenter de façon considérable le volume produit.


Selon Smith (1776) cette DTT a trois effets :

  1. elle accroît l’habilité de l’ouvrier ;
  2. elle supprime les temps morts ;
  3. elle facilite la mécanisation.

L’instauration de la division du travail sous forme de séparation des tâches a eu également pour but de remettre en cause la qualification des « ouvriers de métiers » qui était fondée sur un long apprentissage. Elle a ainsi permis « d’ouvrir le marché du travail à une main d’œuvre moins expérimentée », c’est-à-dire déqualifiée.

C’est sur cette conséquence de la division du travail que va s’appuyer la critique de K. Marx. Elle conduit selon lui non seulement à une déqualification du travail et des travailleurs mais aussi à une intensification de l’exploitation du travailleur qui n’a plus de pouvoir car il ne produit qu’une partie du produit.

 

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