Problématiques: Partie 2 Chapitre 1

QUESTIONS DE SYNTHESE


Inégalités

1) Après avoir caractérisé les inégalités économiques, vous montrerez que d’autres inégalités en constituent un facteur aggravant ?

2) Après avoir expliqué pourquoi les sociétés démocratiques luttent contre les inégalités, vous analyserez les raisons pour lesquelles certaines inégalités sont considérées comme légitimes.

3) Après avoir expliqué les causes des inégalités hommes/femmes, vous montrerez en quoi elles illustrent les limites de l’idéal démocratique.

4) Après avoir décrit les inégalités à l’école, vous les expliquerez.

5) Après avoir montré que la société démocratique favorise l’égalité entre les hommes et les femmes sur le marché du travail, vous montrerez que des inégalités entre les sexes y subsistent.

6) Après avoir montré la spécificité de la situation économique et sociale des jeunes, vous montrerez les limites d’une analyse de la stratification sociale en termes de génération.

Mobilité sociale

7) Vous montrerez que la position sociale des individus est influencée par leur origine sociale, mais qu’elle dépend aussi d’autres facteurs.

8 ) Après avoir montré que la société française connaît une certaine mobilité sociale, vous expliquerez pourquoi l’accès aux positions sociales reste inégalitaire.


9) Après avoir montré que l’égalisation des conditions favorise la mobilité sociale, vous expliquerez en quoi elle se heurte aux situations réelles d’inégalités.

10) Après avoir montré l’importance des modifications structurelles dans l’explication de la mobilité sociale, vous vous demanderez si elles suffisent à rendre compte de la totalité du phénomène.

Idéal démocratique

11) Après avoir rappelé les arguments favorables aux réformes fiscales de ces dernières années, vous vous demanderez si les objectifs d’efficacité et de justice ont été atteints.

12) Mettez en avant les effets attendus d’une recherche de l’équité sur les inégalités, puis montrez que différentes conceptions de l’équité font débat.

DISSERTATIONS

Inégalités

1) Le processus de moyennisation de la société française est-il aujourd’hui en panne ?

2) Dans quelle mesure les inégalités sont-elles un facteur de croissance économique ?

3) Les inégalités économiques constituent-elles le facteur déterminant des clivages entre les groupes sociaux ?

4) Dans quelle mesure les discriminations positives peuvent-elles réduire les inégalités scolaires ?

5) Peut-on parler de démocratisation des consommations culturelles ?

6) Les inégalités engendrent -elles toujours des mouvements sociaux ?

Mobilité sociale

7) Dans quelle mesure la réussite scolaire détermine-t-elle la position sociale d’un individu ?

8 ) Dans quelle mesure la réussite scolaire est-elle un facteur de mobilité sociale ascendante ?

Idéal démocratique

9) L’école favorise t-elle l’égalité des chances ?

10) La société démocratique assure t-elle l’égalité des chances ?

11) La recherche de l’égalité des chances entraîne t-elle nécessairement une réduction des inégalités ?

12) Doit-on réduire les inégalités en France aujourd’hui ?

13) Dans quelle mesure les inégalités sont-elles acceptables ?

14) Dans quelle mesure la réduction des inégalités de revenus et de patrimoine fait-elle progresser la justice sociale ?

15) La société démocratique doit-elle corriger les inégalités qui résultent des mécanismes du marché ?

16) Faut-il préférer le principe d’équité à celui d’égalité pour assurer la cohésion sociale dans notre société aujourd’hui ?

2.3 La mobilité sociale est-elle toujours souhaitable?

a. Les effets pervers de la mobilité sociale pour les individus :

La mobilité sociale ascendante peut avoir des effets négatifs pour l’individu parce qu’il peut vivre plus ou moins bien le fait de quitter son milieu d’origine car cela peut entraà®ner un déracinement voire une perte d’identité pour lui. Il peut avoir le sentiment d’avoir trahi son milieu d’origine. Cette mobilité sociale peut aussi entraà®ner une rupture avec son milieu d’origine du fait de la distance sociale créée.

En plus, l’individu doit intégrer un nouveau milieu social dont il ne partage pas encore la sous culture. Il va devoir s’adapter en apprenant ces nouvelles normes et valeurs. La mobilité sociale est donc un processus de déculturation, c’est-à -dire une perte de sa culture d’origine au profit d’une nouvelle, qui peut être mal vécu par l’individu.

b. Une société mobile n’est pas toujours moins inégalitaire :

La croissance de la mobilité sociale, n’implique pas forcément une réduction des inégalités sociales. Si l’ensemble de la structure sociale connait une mobilité ascendante ; les distances qui séparent les différents groupes peuvent perdurer.

Ainsi malgré la mobilité sociale que connaît la France on peut mettre en avant que :

-Les inégalités scolaires sont toujours importantes et que la démocratisation de l’école ne les a pas atténuées (maintien du caractère élitiste de certaines filières, illusion d’égalité des chances)

– Le diplôme initiale garde une très grande importance ce qui rend difficile une mobilité intragénérationnelle

– La hiérarchie des salaires n’a pas vraiment évoluée écart interdécile à peu près stable)

Une société plus mobile, plus fluide démontre en apparence des progrès dans la réduction des inégalités avec un progrès de l’égalité des chances. Mais elle peut s’accompagner d’un maintien des inégalités de position, de revenus, de niveau de vie, et de mode de vie. Ce blocage des hiérarchies est particulièrement vrai dans la société française.

Ainsi la persistance des inégalités remet-elle en cause l’idéal démocratique?

2.2 Quels sont les facteurs explicatifs de le plus ou moins grande mobilité d’une société?

Les sociétés démocratiques récusent les hiérarchies de droits (castes, ordres) et reposent sur un idéal démocratique de l’égalité des droits et des chances c’est-à -dire un idéal méritocratique (chacun doit pouvoir avoir les mêmes chances d’ascension sociale grâce à son mérite et non grâce à des privilèges dû à son origine sociale). L’idéal démocratique est donc une forte mobilité sociale et l’enjeu de sa mesure est de savoir si l’on s’approche de cet idéal.

S’il y a une certaine égalité des chances cela permet de légitimer l’existence d’inégalités des conditions qui sont acceptables seulement si elles sont réversibles.

Aujourd’hui la société française est plus fluide qu’il y a 50 ans car il y a plus de mobilité nette (c’est elle qui explique le plus la mobilité sociale). Mais l’augmentation apparente de la mobilité sociale s’explique aussi par l’évolution de la structure de la population active.

Mais l’existence d’une mobilité sociale ne signifie pas une baisse des inégalités des chances.

De plus, si tout le monde se déplace vers le haut dans l’échelle sociale la hiérarchie de la structure sociale ne change pas. (Paradoxe d’Anderson : il y a une hausse généralisée des qualifications mais la situation sociale reste égale et devient même parfois moins bien.)

Donc les perspectives de mobilité sociale des jeunes générations est moindre car la mobilité stagne et est plus souvent due à la mobilité structurelle qu’avant donc il y a un risque de déclassement social plus fréquent (mobilité sociale descendante ou diminution du prestige social).

Beaucoup de sociologues accusent l’école d’être responsable de cette reproduction des inégalités.

Conclusion : Même si une certaine mobilité sociale existe en France elle n’est pas uniforme et la société reste marquée par une forte hérédité. Et on peut craindre que le ralentissement actuel de cette mobilité engendre un sentiment de frustration relative c’est-à -dire non pas une déception liée à la pauvreté mais plutôt liée aux résultats décevants par rapport aux attentes générées par la société. Cette désillusion peut représenter une menace pour la cohésion sociale car elle peut entrainer une société plus conflictuelle.

2.1 La mesure de la mobilité sociale

La mobilité sociale est la réalisation des valeurs fondatrices des démocraties c’est-à -dire liberté et égalité des chances pour tous.


a) Analyse et limites des tables de mobilité sociale

Définitions :

Mobilité sociale : changement de position sociale d’un individu

Mobilité intra-générationnelle (=mobilité professionnelle) : changement de position sociale d’un individu au cours de sa vie active.

Mobilité inter-générationnelle : C’est-à -dire mobilité entre les générations. Quand un individu occupe une position sociale différente à celle de ses parents. Pour l’Insee, mobilité sociale.

Mobilité verticale ascendante ou descendante : quand un individu change de position sociale au sein de la hiérarchie sociale.

Mobilité horizontale : quand un individu change de position sociale sans que cela affecte sa place dans la hiérarchie.

Mobilité brute ou totale : C’est la mobilité constatée.

Mobilité nette ou réelle : c’est la mobilité qui n’est pas liée à des changements structurels et c’est un indicateur de la fluidité sociale. Elle est égale à la mobilité totale – mobilité structurelle.

Mobilité structurelle : mobilité qui résulte d’un changement de la structure de la population.

Les tables de mobilité sociale :

Lecture : En 2003, sur 646000 pères employés 179000 ont un fils appartenant aux professions intermédiaires.

En 2003, sur 1690000 fils professions intermédiaires 179000 ont un père employé.

La ligne ensemble représente la répartition des fils selon la PCS c’est-à -dire selon la structure sociale et surtout la structure de la population active.

La colonne ensemble représente la répartition des pères selon la structure sociale de la population active.

La diagonale représente l’immobilité sociale ou la reproduction sociale (Fils qui occupe la même PCS que leur père).

Table d’origine :

Lecture : En 2003, 88,4% des agriculteurs avaient un père lui aussi agriculteurs.

La ligne représente le total des fils dans chaque PCS.

La diagonale représente le pourcentage de fils provenant de la même PCS que leur père.

Table de destinée :

Lecture : En 2003, 22% de père agriculteurs avaient un fils qui est devenu agriculteurs.

La colonne ensemble représente le total des pères dans chaque PCS.

La diagonale représente le pourcentage de fils qui deviennent pareils que leur père.

Fonctions des tables de mobilités :

Elles permettent de mesurer l’influence de l’origine sociale sur la position sociale de l’individu. Elles permettent aussi d’évaluer les probabilités d’obtenir une position sociale en fonction de l’origine sociale.

Il existe une certaine mobilité sociale en France aujourd’hui c’est-à -dire qu’une partie de la population peut passer à une PCS supérieure à celle de son père (Mobilité sociale ascendante).

Mais cette mobilité constatée cache des changements structurels de la population active. Il existe aussi une forte reproduction sociale surtout pour les extrémités comme les cadres et les ouvriers.

Et quand il y a mobilité sociale elle est surtout de proximité ou horizontale. Les cas de forte mobilité sociale sont très rares.

D’autres mesures de la mobilité : En plus de la mobilité intergénérationnelle on peut mesurer la mobilité des femmes. On ne la mesure pas par rapport à la PCS de leur mère car les mères des filles aujourd’hui actives étaient rarement elles-mêmes actives donc l’étude ne serait que partielle. On peut la mesurer par rapport à leur père. On remarque alors que les femmes connaissent moins d’immobilité sociale dans le sens o๠elles reproduisent moins souvent le statut de leur père. Mais cette mobilité n’est pas toujours ascendante car elle est surtout structurelle : la tertiarisation fait que les femmes quelle que soit leur PCS d’origine se retrouvent le plus souvent dans la catégorie employés et ceci d’autant plus qu’elles occupent en moyenne des emplois moins qualifiés.

Pourtant les femmes ne vivent pas dans un milieu social différent de leur milieu d’origine car quand elles ont un conjoint celui-ci est très souvent aussi voire plus qualifié que leur père. Ainsi l’ascension sociale ne passe pas nécessairement par une mobilité professionnelle mais par l’union à un conjoint appartenant à une PCS supérieure à leur père.

Remarque : La mobilité sociale descendante des femmes va être favorable à la mobilité sociale masculine car en venant occuper massivement les emplois du bas de l’échelle sociale les femmes vont permettre aux hommes d’occuper des positions sociales plus élevées.

Les limites des tables de mobilité sociale : Elles ne portent que sur une partie restreinte de la population active, elles ne comptabilisent pas les jeunes qui arrivent aujourd’hui sur le marché du travail.

De plus, on ne peut pas savoir la mobilité sur un siècle et on n’arrive pas à calculer la mobilité horizontale à l’intérieur d’une même PCS alors que les fils qui sont dans la même PCS que leur père peuvent avoir un statut social différent.

Quand il y a une mobilité sociale ascendante cela ne représente pas forcément une amélioration du niveau de vie ou du prestige social.

Pour finir, toutes les PCS ne sont pas hiérarchisables.