PARTIE 1 – CHAPITRE 1 : Dans un monde aux ressources limitées, il faut faire des choix (2)

PARTIE 1 – CHAPITRE 1 : Dans un monde aux ressources limitées, il faut faire des choix (2)

Mais sur quoi va reposer le choix ? Sur la satisfaction obtenue par les agents économiques. L’économiste raisonne en termes d’utilité : satisfaction qu’un individu retire de la consommation d’un bien.

Mais de quoi dépend l’utilité ?

  • L’utilité dépend des goûts subjectifs des individus (par exemple, à prix équivalent certains préfèreront de la Volvic et d’autres de l’Evian),
  • Mais aussi du contexte : des circonstances géographiques (par exemple, préférez-vous un verre d’eau ou un diamant ? La réponse ne sera pas la même si vous êtes au milieu du désert.), des circonstances historiques (le téléphone filaire n’a plus beaucoup d’utilité aujourd’hui) ou des circonstances événementielles (une tente  en hiver ?)
  • Enfin elle varie selon la quantité consommée.

L’utilité marginale désigne la satisfaction supplémentaire apportée par la consommation d’une unité supplémentaire d’un bien.

Les économistes néoclassiques utilisent fréquemment la notion de raisonnement marginaliste (ou raisonnement à la marge) : méthode d’analyse économique basée sur la mesure de l’influence d’un changement très faible (ou infinitésimal) d’une variable sur la situation d’un agent (ex du grain de riz).

Au fur et à mesure que la quantité consommée augmente la satisfaction diminue, car on se rapproche d’un niveau de satiété (= saturation). Au bout d’un certain temps, la satisfaction procurée par une unité supplémentaire du bien consommé devient nulle. Exemple : dans un buffet à volonté, au bout d’un certain nombre de plats, même le dessert le plus appétissant vous dégoûtera.

Les économistes considèrent généralement que l’utilité marginale est décroissante avec les quantités consommées. Mais il existe des cas particuliers pour lesquels l’utilité marginale peut être croissante :ex : l’addiction à certaines drogues.

Dans la réalité, un agent économique est confronté à une infinité de choix possibles. Comment en rendre compte ? Les économistes ont recours à la modélisation, qui leur permet de simplifier la réalité.

Les économistes (néoclassiques) raisonnent à partir de plusieurs hypothèses :

  • Les individus sont rationnels, c’est-à-dire qu’ils cherchent les moyens les plus cohérents en vue d’atteindre des objectifs et qu’ils disposent d’une information parfaite sur les différents moyens disponibles
  • Les individus doivent choisir entre deux biens (pour simplifier la réalité). Les prix sont donc le plus souvent exprimés en prix relatifs c’est-à-dire combien faut-il de café pour acheter un thé.
  • Ils cherchent à maximiser leur satisfaction, c’est-à-dire à atteindre le degré de satisfaction le plus élevé possible, mais ils sont limités dans leurs choix par une contrainte budgétaire : il s’agit de choisir parmi l’ensemble des paniers de biens accessibles pour des prix et un revenu donné. Ainsi, ils cherchent à réaliser une maximisation sous contrainte, c’est-à-dire à maximiser leur satisfaction tout en minimisant leurs coûts.

 Illustration : Etalage

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PARTIE 1 : LA PRODUCTION

CHAPITRE 1: Dans un monde aux ressources limitées, il faut faire des choix

PARTIE 1 – CHAPITRE 1 : Dans un monde aux ressources limitées, il faut faire des choix (1)

PARTIE 1 – CHAPITRE 1 : Dans un monde aux ressources limitées, il faut faire des choix (1)

… Il faut faire des choix parce que les ressources sont rares (1)

La valeur d’un produit est déterminée par son coût de production, sa qualité, sa marque,… mais aussi par sa rareté.

Rareté = lorsque les ressources ne sont pas suffisamment abondantes pour satisfaire les besoins des individus.

La rareté est un phénomène général et absolu à la différence de la pénurie qui est limitée dans le temps.

La rareté est considérée comme l’objet d’étude de la science économique. On considère que les hommes ont des besoins illimités et des ressources limitées.

La science économique est l’étude de la façon dont les sociétés utilisent des ressources rares pour produire des biens et les répartir entre les individus.

D’où les questions posées par les économistes :

– Que produire ? En quelle quantité ?

– Comment produire ?

– Pour quoi produire ? Comment répartir les richesses produites ?

Illustration : http://e-south.blog.lemonde.fr/2008/03/07/rarete-de-ressources-et-desequilibres-potentiels-quels-choix/

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PARTIE 1 : LA PRODUCTION

CHAPITRE 1: Dans un monde aux ressources limitées, il faut faire des choix

3.3 Pour Keynes, le niveau de l’emploi est avant tout déterminé par les anticipations des entrepreneurs et le chômage est essentiellement dû à l’insuffisance  de la demande

3.3 Pour Keynes, le niveau de l’emploi est avant tout déterminé par les anticipations des entrepreneurs et le chômage est essentiellement dû à l’insuffisance de la demande

-Dans les années 1930, l’existence d’un chômage massif et durable va amener Keynes à remettre en cause la théorie néo-classique.

 

a)    Pour Keynes, le travail n’est pas une marchandise comme une autre : et en particulier, le salaire n’est pas un prix comme un autre, c’est avant tout un moyen de subsistance.

Le marché du travail n’est pas un marché comme un autre, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de marché du travail au sens néo-classique pour Keynes :

il n’y aurait pas de lien entre l’offre de travail et le salaire réel car il n’y a aucune raison que les acteurs économiques connaissent le niveau de l’inflation. Le salaire n’aurait pas non plus d’influence sur la demande de travail qui dépendrait de l’anticipation de la demande de biens et services.

-En effet, pour Keynes, les marchés sont interdépendants, son analyse se fait sous forme de circuit et  c’est le marché des biens et services qui va déterminer le niveau de l’emploi (notez que Keynes préfère parler de niveau d’emploi que de demande  de travail)

 

b) l’emploi est avant tout déterminé par les anticipations des entreprises :

La demande anticipée (dit « demande effective » dans le langage keynésien) va déterminer le niveau de la production et donc l’utilisation des facteurs de production c’est-à-dire le niveau de l’emploi (et de l’investissement).

Si les entreprises ont une demande supplémentaire à satisfaire, elles embaucheront pour atteindre le niveau de production nécessaire, quelque soit le niveau des salaires.

 

-Or, il n’y a aucune raison que ce niveau d’emploi corresponde au plein-emploi.

 

-la baisse des salaires prônée par les néo-classiques conduit donc plutôt à une baisse de la demande de biens et services adressée aux entreprises et à une hausse du chômage, car le niveau de l’emploi détermine à son tour un certain niveau de revenu qui détermine à nouveau de la consommation et donc de la production.

 

– Pour résoudre le chômage, il faudrait donc, pour Keynes, relancer l’économie, c’est-à-dire relancer la demande (la consommation et l’investissement), par exemple par une augmentation des revenus.

 

-l’analyse keynésienne correspond bien à la situation économique des années 1930. Sa mise en application concrète correspond à la politique salariale fordiste.

 

c) Critiques de l’analyse keynésienne

Cependant, les politiques keynésiennes se sont révélées inflationnistes. Voir Courbe de Philips : il y a incompatibilité entre objectif de plein-emploi et celui de faible inflation.

-Attention, l’analyse keynésienne repose sur un certain nombre de conditions restrictives :

-la consommation dépend non seulement du revenu mais aussi de la propension moyenne à consommer et des taux d’intérêt.

-L’investissement dépend non seulement des anticipations de la production mais aussi de l’efficacité marginale du capital>taux d’intérêt (TRE TRF)

-Keynes part du principe que le supplément de revenu n’est pas épargner (fuite du circuit)

-Keynes part du principe que le supplément d’investissement est financé par crédit (baisse taux=>hausse de l’I)

3.2 La rigidité des salaires est-elle responsable du chômage ?

3.2 La rigidité des salaires est-elle responsable du chômage ?

 

[ -> pix : Arthur Cecil Pigou]

 

a) Pour les néo-classiques, le travail est une marchandise comme une autre

, ce qui signifie qu’il s’échange sur un marché comme n’importe quel autre bien : l’offre et de la demande varie en fonction du prix.

 

-la demande émane des entreprises, plus le coût du travail est faible, plus la demande augmente ; ou plus exactement :

 

Tant que la productivité du travail (c’est-à-dire le supplément de productivité apporté par le dernier travailleur embauché) rapporte plus qu’il ne coûte, c’est-à-dire le salaire réel, alors l’entreprise demande plus de travail.

 

Pour les néo-classiques, la productivité marginale du travail est décroissante car quand la quantité de travail utilisée par l’entreprise augmente, la VA augmente de moins en moins.

La demande de travail augmente tant que la PMA>sal (car le profit est maximum quand PMA=sal)

 

-l’offre de travail émane des ménages, qui arbitre entre le temps de travail et le temps de loisirs. Ils n’acceptent de travailler davantage que si le salaire réel compense l’utilité marginale des loisirs (ou désutilité marginale du travail).

 

Le salarié compare l’utilité d’une heure supplémentaire de travail avec le coût d’opportunité d’une heure de loisirs. Pour les néo-classiques, l’effet substitution > à l’effet revenu, c’est-à-dire que les salariés préfèrent augmenter leur offre de travail pour consommer plus que se contenter de l’augmentation des salaires.

 

-C’est, comme sur un marché de biens et services, la variation du prix, c’est-à-dire du salaire qui établit l’équilibre entre l’offre et la demande qui va s’établir à un salaire d’équilibre pour une quantité d’équilibre.

 

-Pour les néo-classiques, le cadre de l’analyse est la cpp  et c’est la flexibilité des salaires qui doit permettre l’ajustement entre l’offre et la demande de travail :

une offre >à la demande de travail conduit à une baisse des salaires et une demande > à l’offre entraîne une augmentation du salaire jusqu’à égalisation de l’offre et de la demande de travail : tous ceux qui souhaitent être embauchés au salaire d’équilibre le sont et l’économie est en plein emploi.

 

b) Pour les néo-classiques, le chômage est dû essentiellement à la rigidité des salaires

->Pour Pigou, le chômage ne peut alors être qu’un chômage volontaire, c’est-à-dire résultat de la volonté, soit des ménages qui refuse de travailler plus (préfère les loisirs au supplément de salaire ou accepterait de travailler si le salaire augmentait)) soit des entreprises qui vont par exemple préférer substituer du capital au travail.

->Le déséquilibre ne peut donc être qu’un déséquilibre de courte durée (un chômage de « frottement »)au niveau micro-économique, ou alors, cela signifie qu’il y a des entraves au libre jeu du marché, à la concurrence pure et parfaite :

 

Le chômage involontaire durable serait alors de la responsabilité des institutions, qui empêchent la variation des coûts du travail.

->En effet, les néo-classiques du 20°siècle voient dans la composition du prix du travail, l’importance des cotisations sociales qui établit pour l’entreprise un coût du travail supérieur au niveau d’équilibre.

 

Cela a 3 effets néfastes :

 

-un effet-substitution :

les entreprises auraient tendance à substituer du capital, moins cher, au travail : les techniques de production deviendraient plus économes en travail et le contenu de la croissance en emploi reculerait.

 

-un effet-profit :

la hausse des salaires se seraient faite au détriment des profits ce qui à terme serait néfaste pour l’I et pour l’emploi.

 

-un effet-prix :

les salaires pèsent sur les coûts de production et donc sur les prix, ce qui peut à terme pénaliser la consommation donc la production et la compétitivité internationale.

 

-La solution au chômage serait donc la flexibilité à la baisse du coût du travail, c’est-à-dire à la fois la baisse des cotisations sociales et la flexibilité à la baisse des salaires (suppression du SMIC ?)

 

 

-Depuis 30 ans en France , les politiques de l’emploi sont aussi des politiques de baisse des charges sociales, par exemple sur des catégories ciblées (jeunes, non qualifiés, services à la personne,…) +1972 désindexation du SMIG de l’inflation = baisse de la part des revenus dans la VA

 

C) Critiques de l’analyse néo-classique

-Cependant, l’existence d’un chômage durable et massif dans toutes les économies de marché peut permettre de remettre en cause l’idée selon laquelle ce chômage n’est que le résultat d’un chômage volontaire.

 

-De plus, les conditions de la cpp semblent trop restrictives pour correspondre à la réalité du marché du travail :

->il est difficile de considérer le travail comme une marchandise comme une autre ; par exemple, il n’est pas vraiment homogène (un travailleur n’est pas identique à un autre travailleur, il existe d’ailleurs des discriminations à l’embauche liées au sexe, à l’origine, à l’âge, …)

->Le travail n’est pas non plus parfaitement mobile : par exemple, un individu n’acceptera pas nécessairement de changer de région pour son travail parce qu’il est propriétaire immobilier.

->l’analyse néo-classique est micro-économique : elle part du principe que le fonctionnement du marché du travail est indépendant de celui des autres marchés. Or, Keynes montrera que les marchés sont interdépendants.

2.2 Les nouvelles formes d’organisation du travail sont-elles à l’origine d’un effritement de la condition salariale ?

2.2 Les nouvelles formes d’organisation du travail sont-elles à l’origine d’un effritement de la condition salariale ?

a) Y a-t-il amélioration des qualifications et des conditions de travail ?

-Les conditions de travail se sont parfois dégradées : la production en flux tendus engendre plus de stress, il y a des pressions sur les individus liés à l’autonomation,…

-Les transformations successives de l’organisation du travail ont entraîné une amélioration des qualifications des salariés, mais n’a pas supprimé le développement peu qualifié (notamment dans le tertiaire)

-Le toyotisme, en favorisant l’externalisation de la production, a engendré une augmentation de la part des emplois dans le tertiaire.

 

b) Recherche de flexibilité et précarisation des emplois

-Les nouvelles formes d’organisation du travail, dans leur recherche de flexibilité ont contribué à une certaine fragmentation des statuts au sein du salariat.

-Cette diversification des statuts correspond d’abord à une diversification des types d’entreprises : entreprise artisanale ou individuelle, entreprise sous-traitante, grande entreprise de services où la main d’œuvre est abondante, entreprise de haute technologie, micro-entreprise de la nouvelle économie,… à côté d’entreprise industrielle de type taylorienne.

-De plus, la recherche de flexibilité a provoqué une remise en cause partielle des droits qui assuraient la sécurité des salariés (ex travail le dimanche).

-L’externalisation des activités développe autour du noyau dur du salariat des formes atypiques d’emplois (segmentation ou dualisme du marché du travail) et provoque une précarité de l’emploi : CDD, temps partiel, emplois saisonniers, intérims, emplois aidés,…

-L’individualisation de la relation de travail a été favorisé par l’aménagement du temps de travail ce qui remet plus souvent l’échelon de la négociation à l’échelle individuelle et la fragmentation de l’emploi fragilise l’importance de la négociation collective.

-Le partage des gains de productivité a évolué au détriment des salariés, surtout les peu qualifiés. Ce sont aujourd’hui surtout les actionnaires qui en sont les principaux bénéficiaires : le capitalisme actionnarial serait le nouveau mode de régulation après le mode de régulation fordiste.


Conclusion : Même si de nouvelles formes d’emplois apparaissent, le salariat reste le modèle dominant. De même, l’apparition de nouvelles formes d’organisation du travail ne signent pas pour autant la fin du tayloro-fordisme. Il reste la principale forme d’organisation du travail dans la grande industrie.

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