1.1 Dans un 1° temps, les gains de productivité proviennent de l’augmentation de l’intensité du travail et de la standardisation des produits

1.1 Dans un 1° temps, les gains de productivité proviennent de l’augmentation de l’intensité du travail et de la standardisation des produits

Tout comme le progrès technique, l’organisation du travail que l’on peut considérer comme étant une innovation organisationnelle, va être à l’origine de gains de productivité, sources de croissance et d’emplois.

L’organisation du travail consiste à répartir, coordonner les activités productives entre les travailleurs afin d’être le plus efficace possible. L’organisation du travail vise donc à améliorer la productivité du travail, en mettant en place une façon de répartir le travail la plus efficace possible.


a) Aux origines de l’organisation du travail : la division du travail

Document 1 : Les origines de la division du travail

Dans l’Ancien Régime, la division du travail artisanal était fortement structurée par la hiérarchie corporatiste, apprenti – compagnon – maître. Linéaire et non pas pyramidale, cette hiérarchie correspond souvent à un parcours promotionnel, à une sorte de ligne de carrière. Cette trajectoire dans le métier était loin d’être une garantie pour tous. La fortune, héritée ou acquise par alliance, était une condition d’ascension professionnelle très sélective pour les compagnons. Dès le moment où le travail se concentre dans les manufactures, dès qu’un grand nombre d’ouvriers sont réunis dans un même atelier, le problème de la coopération et de l’organisation du travail se pose avec une nouvelle acuité. L’organisation d’un collectif de travail n’implique pas nécessairement que les opérations soient fragmentées. La parcellisation des tâches devient, en revanche, avantageuse dès que les objets sont fabriqués en grande quantité, pour de vastes marchés, et non plus à la commande. Dans l’exemple fameux de la manufacture d’épingles que décrit Adam Smith en 1776, la répartition de dix huit opérations entre dix ouvriers permet d’atteindre une production globale quotidienne de plus de 48 000 épingles. Chaque ouvrier réalisant 1/10ème du produit, sa production quotidienne peut être assimilée à 4 800 épingles. Si chacun d’entre eux devait assumer l’ensemble des dix opérations, il n’arriverait même pas, explique Adam Smith, à fabriquer une vingtaine d’épingles par jour. Il y a encore une différence entre séparer des tâches et les spécialiser, c’est à dire réserver, de manière stable, tel type de tâche à tel individu. Une répartition exclusive des tâches ne favorise pas seulement l’acquisition de compétences techniques particulières, mais elle présente, dans ce contexte, un intérêt social. Au moment de la transition vers une économie de marché, cette division du travail contribue aussi au développement du salariat. Un ouvrier qui maîtrise l’ensemble du procédé de fabrication peut être tenté d’assurer l’écoulement de sa production sur un marché sans médiateur et, donc, de devenir un concurrent pour l’entreprise. Si, en revanche, il ne domine qu’une petite partie de la fabrication, une tâche particulière, alors il perd cette opportunité. Enlever à chaque travailleur la maîtrise de l’ensemble du procédé est une manière de diviser pour régner.(…). De plus, la spécialisation des tâches permet d’ouvrir le marché du travail à une main d’œuvre moins expérimentée. Le mouvement de « bana¬lisation » des tâches de fabrication, qui s’amorce à ce moment, est bien sûr relatif. Une tâche est banale au sens premier du terme, elle est « accessible à tout le monde », y compris aux femmes et aux enfants. Elle n’est plus réser¬vée à l’homme de métier qui a suivi un long apprentissage. M. Stroobants. Sociologie du travail. Nathan, coll. « 128 », 1993.

 

C’est avec le développement du capitalisme que la réflexion sur l’organisation du travail a débuté, et notamment au travers des écrits d’A. Smith un économiste écossais, (1776) qui va montrer l’intérêt de diviser le travail au sein de l’entreprise. Jusque là la logique de production est basée sur le principe du compagnonnage et des ouvriers de métier.

Mais ce type d’organisation va connaître des limites :

  • du fait de la nécessité d’augmenter le volume de production de façon importante pour répondre aux évolutions de la société
  • de la recherche de la maximisation du profit


La division du travail recoupe deux types de division :

  • La division sociale du travail, qui correspond à la division du travail en professions et en métiers. Les activités productives sont réparties entre différents producteurs indépendants qui échangent sur le marché.
  • La division technique du travail (c’est celle qui nous intéresse ici), qui correspond, au sein de l’entreprise à répartir le travail entre les salariés en décomposant la production en un nombre déterminé d’opérations.

Dans son exemple de la manufacture d’épingles, Smith montre que si l’on décompose la production en différentes opérations qui seront réparties entre les ouvriers, cela permettra avec la main quantité de main d’œuvre d’augmenter de façon considérable le volume produit.


Selon Smith (1776) cette DTT a trois effets :

  1. elle accroît l’habilité de l’ouvrier ;
  2. elle supprime les temps morts ;
  3. elle facilite la mécanisation.

L’instauration de la division du travail sous forme de séparation des tâches a eu également pour but de remettre en cause la qualification des « ouvriers de métiers » qui était fondée sur un long apprentissage. Elle a ainsi permis « d’ouvrir le marché du travail à une main d’œuvre moins expérimentée », c’est-à-dire déqualifiée.

C’est sur cette conséquence de la division du travail que va s’appuyer la critique de K. Marx. Elle conduit selon lui non seulement à une déqualification du travail et des travailleurs mais aussi à une intensification de l’exploitation du travailleur qui n’a plus de pouvoir car il ne produit qu’une partie du produit.

 

2.1 Quel lien entre croissance et développement humain ?

2.1 Quel lien entre croissance et développement humain ?

a) Croissance et développement : un cercle vertueux

  • Il peut y avoir croissance sans développement mais cela ne dure pas car pour qu’il y ait de la croissance il faut à  terme un changement des structures sociales et économiques  Croissance>Développement>Croissance
  • La croissance économique et le développement se font en même temps. La société permet à  la production d’augmenter car elle a effectué en amont un travail qui permet cette croissance. La société parvient donc à  utiliser ses richesses pour :
    • Améliorer le bien être
    • Réduire les inégalités
    • Transformer les structures de production
    • Améliorer la santé et l’éducation
  • L’amélioration de la santé et de l’éducation sont aussi une source d’efficacité économique, car==> Favorise les facultés productives de la main d’œuvre,donc==> Augmentation de la productivité ==>Augmentation de la croissance.


b) La croissance est une condition nécessaire mais non suffisante au développement

b1) La croissance peut favoriser le développement

La croissance est nécessaire au développement: Seule une hausse du PIB permet de dégager les ressources nécessaires a une politique sociale sur la santé, l’éducation et l’amélioration du niveau de vie.

Exemple: pendant les 30 Glorieuses, la forte croissance (diversification de la production et de la consommation) a permis le financement d’un système de Sécurité Sociale ainsi que le financement de l’éducation.

La croissance apparaît comment une condition nécessaire au développement pour diverses raisons.

Si le PIB en volume s’accroît, l’augmentation des richesses produites, c’est-à-dire l’augmentation de la VA, va se répartir entre ces trois bénéficiaires, ce qui va favoriser le développement :

  • La croissance permet une augmentation du niveau de vie : la croissance améliore le pouvoir d’achat des ménages. Ces derniers vont pouvoir consommer plus (satisfaction de leurs besoins primaires[1]), d’où une amélioration de leur bien-être. Mais l’élévation du niveau de vie entraîne également une modification de la structure de leur consommation, vers la satisfaction de besoins secondaires[2], comme dépenses de loisirs, biens culturels, éducation, santé (évolution des mentalités). Ceci se traduit par une évolution de l’IDH, notamment dans une augmentation de l’espérance de vie et de l’instruction.
  • La croissance permet également d’accroître les ressources des entreprises, ressources nécessaires pour financer leurs investissements et leurs innovations. Elles peuvent proposer de nouveaux produits[3], modifier leur système de production (industrialisation), ce qui entraîne certaines modifications structurelles (salarisation).
  • La croissance permet également un accroissement des ressources de l’Etat, qui permet une intervention positive de celui-ci pour le développement : l’Etat a ainsi des ressources suffisantes pour financer les investissements publics en matière d’éducation, de santé et d’infrastructures nécessaires à l’amélioration du bien-être de la population et au développement. L’Etat pourra également mettre en place une politique sociale[4], qui vise notamment à réduire les inégalités entre les individus.

La suite page 2 !


[1] Besoins dont la satisfaction est considérée comme nécessaire à la survie (alimentation, protection contre le froid…).

[2] Besoins qui apparaissent une fois les premiers satisfaits et qui sont plus divers. Ces besoins varient selon les sociétés, leur niveau de développement…

[3] Un certain nombre de changements techniques, d’innovation ont amélioré considérablement le niveau de vie des individus (électricité : lumière + moteur électrique ont eu des conséquences sur la vie quotidienne et sur la production – plus facile- ; électroménager a permis d’éliminer les gaspillages ou gain de temps ; plomberie a permis la diffusion de l’eau courante ; invention d’antibiotiques…)

[4] Ensemble de mesures prises dans le domaine des revenus, de la protection sociale et de l’emploi.

1.1 La croissance est un phénomène quantitatif de long terme

1.1 La croissance est un phénomène quantitatif de long terme

a) Définition et mesure

La croissance est l’augmentation à long terme de la production de biens et services.

Elle se mesure par l’augmentation du PIB en volume.

le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes des différents secteurs institutionnels ou des différentes branches d’activité, augmentée des impôts moins les subventions sur les produits (lesquels ne sont pas affectés aux secteurs et aux branches d’activité) .

http://www.statapprendre.education.fr/insee/croissance/default.htm


Document 1 : Le PIB français

PIB français et évolution des prix
INSEE Comptes nationaux
20082009
PIB en milliards d'euros courants1 948,51 907,1
Indice des prix base 100 en 2000 118,7119,3
PIB en volume milliards d'euros de 2000 1 641,71 598,6

Document 2 : Evolution du PIB en France en 2010

INSEE, 2010. Comptes nationaux trimestriels - Résultats détaillés du 1er trimestre 2010
Début 2010, le PIB ralentit (+0,1 % après +0,6 %), tandis que le pouvoir d’achat des ménages demeure étale (-0,1 % après 0,0 %)
Au premier trimestre 2010, le PIB en volume* augmente de 0,1 %, après une progression de 0,6 % au quatrième trimestre 2009.
La demande intérieure finale (hors stocks) contribue négativement à la croissance du PIB ce trimestre (-0,2 point après +0,5 point au quatrième trimestre 2009), du fait de la contraction de la formation brute de capital fixe totale (-0,9 % après -1,1 %), alors que les dépenses de consommation des ménages sont stables (+0,0 % après +1,0 %).
Les exportations croissent (+4,1 % après +0,8 %) plus vivement que les importations (+2,1 % après +2,8 %), si bien que le solde du commerce extérieur contribue positivement à l’évolution du PIB (+0,4 point après -0,6 point).
Les variations de stocks des entreprises contribuent pour -0,2 point à la croissance du PIB (après +0,6 point au trimestre précédent).
L’estimation de la croissance est inchangée au premier trimestre
Sur le premier trimestre 2010, l’estimation de la croissance du PIB est inchangée par rapport à la précédente publication. Elle est en revanche légèrement révisée à la hausse au quatrième trimestre 2009, à +0,6 % au lieu de +0,5 %. Les révisions intègrent notamment celles des indices de production industrielle, ainsi que celles de la balance des paiements sur les flux d’échanges extérieurs de services.

Équilibre Emploi – Ressources:

PIB   = Consommation Finale des Ménages + FBCF + (Exportations – Importations) +/- Variations de Stock

Le PIB ne doit pas être confondu avec le PIB / h (que l’on utilise parfois comme indicateur de croissance, mais qui prend en compte la démographie).


Document 3 : Comparaison des PIB et PIB /h

Economies PIB
GDP (current US $) (millions) 2006
Nombre d'Habitants
(millions) 2006
PIB/Habitant
Chine2644.71311.82,01
France2248.161.336,67
Allemagne2896.982.435,15
Royaume-Uni2377.060.639,22
Etats-Unis13163.9299.443,96
UEM ou Zone Euro10636.4316.733,58
Monde48461.96538.17,41

Le PIB/habitant, c’est-à-dire le revenu moyen par habitant mesure le niveau de vie.


Expansion: phase d’augmentation du PIB de court terme

Dépression: baisse du PIB à  long terme

Récession: faible taux de croissance ou baisse du PIB de court terme

Crise: retournement du cycle = passage d’une période de croissance à  une période de dépression, voire récession.



Les limites du PIB

On peut mettre en évidence trois grandes limites du PIB en tant qu’indicateur de croissance :

->Des difficultés de comparaison entre les pays

Lorsque l’on compare les PIB entre différents pays on se retrouve confronté à deux difficultés :

  • Tout d’abord les deux PIB ne sont pas exprimés dans la même devise et il faut donc tenir compte du taux de change entre les deux devises afin de pouvoir faire la comparaison.
  • Ensuite au-delà du taux de change, le niveau des prix n’est pas le même dans les deux pays ce qui veut dire que même pour deux pays qui ont le même monnaie la comparaison est biaisée car le pouvoir d’achat de la monnaie n’est pas le même dans chacun des pays du fait de la différence des prix.

Pour tenir compte de cela on calcule le PIB en parité de pouvoir d’achat (PPA) en corrigeant la donnée en utilisant un taux de change fictif qui permet de rendre équivalent le prix des marchandises dans les pays que l’on veut comparer.


Document 4 : Comparaison des PIB en 2009

Le PIB ne comptabilise pas toutes les activités productives

  • Le PIB ne comptabilise qu’une partie de la production non marchande
  • Le PIB ne comptabilise pas la production domestique (bénévolat, activité domestique)
  • Le PIB ne comptabilise pas la production issue de l’économie sous-terraine (économie informelle : illégale et/ou non déclarée). Il existe des estimations.

Il est à noter que dans certaines économies (Afrique, Amérique latine, pays de l’Est) ces différentes activités productives prennent de l’importance et leur non prise en compte par le PIB vient sous estimer la richesse créée dans l’économie concernée.


Le PIB ne tient pas compte des externalités qu’elles soient négatives ou positive

Ainsi le PIB va comptabiliser positivement des activités qui sont destructrice de ressources naturelles, voire même ajouter à cela la richesse créée pour réparer les dégâts occasionnés par cette activité.

A l’inverse le PIB ne comptabilise pas les externalités positives.

-> La suite page 2 !

SUJETS CORRIGES SUR LE CHAPITRE 2 PARTIE 3

SUJETS CORRIGES SUR LE CHAPITRE 2 PARTIE 3

SUJET DE SYNTHESE :

Après avoir présenté les différentes étapes de la construction européenne et les objectifs poursuivis, vous montrerez quels sont les obstacles à la poursuite de l’intégration.

I. Les différentes étapes de la construction européenne

A. Du marché commun au marché unique : une intégration commerciale contre la guerre et pour la croissance

1. Intégrer pour réconcilier : de la CECA au marché commun ou l’intégration commerciale

1951 : Gestion commune du charbon et de l’acier (industries sur lesquelles repose l’effort de guerre)

1957 : Marché commun : union douanière (abaissement progressif des droits de douane, tarif douanier extérieur commun et mise en place de politiques sectorielles communes : la PAC dès 1962).

2. Le Marché unique : un premier saut qualitatif vers l’intégration profonde des économies

On peut parler de saut qualitatif dans la mesure où l’institution d’un espace marchand homogène que suppose le Marché unique, implique une nécessaire harmonisation des espaces réglementaires nationaux. Les particularismes issus des histoires propres à chaque nation sont ainsi appelés à s’effacer progressivement au profit du Marché unique. Il s’agit d’autant plus d’un saut qualitatif que cette harmonisation remet en cause des situations vécues comme des spécificités nationales. L’alignement des entraves non tarifaires à la norme européenne, quelles qu’elles soient signifie ainsi pour un pays comme la France, un recul de l’intervention de l’État dans l’activité économique- Cette évolution conditionne aussi une étape supplémentaire vers la supranationalité.

À partir des années 1992 la poursuite de l’intégration européenne est comprise comme un moyen de relancer la croissance économique. Pour les uns, le marché unique doit améliorer le rapport de force politique et commercial de l’Europe, desserrer sa contrainte extérieure et permettre le retour de politique de relance par la demande. Pour les autres, le marché unique est l’occasion de créer un véritable choc d’offre. La concurrence accrue (déréglementation, ouverture des marchés publics, etc.) doit favoriser la baisse des coûts et les investissements, susceptibles à leur tour d’accroître la productivité des entreprises et de stimuler la croissance.

C’est cette seconde voie qui est privilégiée.

B. L’intégration monétaire : entre approfondissement du marché et construction d’une union politique, le grand saut qualitatif

1. Les objectifs

Vu la réussite relative de la coopération monétaire européenne face à l’instabilité monétaire internationale et dans l’espoir de constituer une monnaie européenne capable de rivaliser avec le dollar américain, la plupart des membres s’engage dans un processus d’Union monétaire (voir les avantages escomptés de l’union monétaire doc. 6).

2. Les critères de convergence

La réussite de ce projet passe nécessairement par l’harmonisation des politiques monétaires et des niveaux d’inflation ; ce qui induit une gestion financière et budgétaire très contraignante

L’option pour la monnaie unique constitue à la fois un pas gigantesque vers l’intégration des économies européennes, mais dans le même temps elle pèse depuis plus de quinze ans sur les conditions de sa réussite et de son élargissement à d’autres pays.

II. Les obstacles à la poursuite de l’intégration

A. Les obstacles économiques

1. Une inefficacité sur le plan économique et social

En comparaison avec les États-Unis et d’autres régions du monde, l’Europe affiche des performances économiques médiocres. D’une part le choix de la monnaie unique impose une gestion monétaire qui jusqu’à présent a surtout cherché à contenir l’inflation plutôt que stimuler la croissance. D’autre part, la faiblesse du budget européen et les critères de réduction des déficits des budgets nationaux, limitent les moyens de compenser la rigueur monétaire. Face à une telle situation et à des difficultés propres à chaque nation, les équipes gouvernementales ne respectent pas toutes le pacte de stabilité.

Par ailleurs, l’Europe souffre d’absence de politique commune. Tout se passe comme si aujourd’hui, l’action économique de l’Europe se cantonnait essentiellement à libéraliser les marchés.

2. Des difficultés accrues par l’intégration de nouveaux membres

Les résultats économiques obtenus par les nations d’Europe orientale nouvellement intégrées à l’Union européenne sont fortement encourageants. Profitant d’avantages comparatifs spécifiques et des investissements étrangers, la plupart de ces pays ont connu récemment une réelle dynamique de croissance.

Toutefois, même si la Slovénie est désormais le treizième membre de l’Union monétaire, cela ne doit pas faire oublier les écarts élevés en terme de PIB, de niveau de vie, entre les nouveaux membres de l’Union et les anciens, écarts qui viennent s’ajouter aux inégalités déjà existantes entre les pays membres.

Or, cette hétérogénéité économique et monétaire se révèle difficilement compatible avec les critères de convergence tels qu’ils sont actuellement définis. Ceci est d’autant plus dommageable que les choix budgétaires récents engageant l’Europe pour les années qui viennent sont tenus dans des limites encore plus strictes qu’au cours de la période antérieure. Il est donc peu probable que les pays d’Europe centrale et orientale puissent bénéficier, comme se fut le cas pour les pays d’Europe du Sud des transferts de revenus nécessaires pour financer et accompagner le rattrapage économique indispensable à l’harmonisation économique de l’Europe.

B. Les obstacles institutionnels

1. Une grave crise d’identité

La vision politique de l’Europe est encore loin de faire l’unanimité, à la fois parmi les dirigeants des pays membres mais aussi parmi les populations. Peu d’européens adhèrent à l’idée d’une intégration plus forte qui conduise vers la supranationalité européenne. Le « Non » danois au traité de Maastricht, le « Non » irlandais au traité de Nice, les « Non » français et néerlandais au projet de Traité constitutionnel européen sont autant de rappels à l’ordre de la faible identification au projet européen.

Il semble que plutôt que vouloir constituer un État fédéral européen, à l’image des États-Unis d’Amérique, dirigeants et peuples préfèrent jusqu’à présent se cantonner à une Europe des États, chacun espérant tirer le maximum de l’Union en contribuant le moins possible, quitte à jouer les passagers clandestins si l’occasion se présente.

2. L’intégration européen en panne ?

La construction européenne pèche surtout par le caractère bancal de ses institutions.

L’Europe n’est pas vraiment dotée d’un pouvoir exécutif (plusieurs institutions de décisions : le Conseil européen, le Conseil des ministres, la Commission).

Le pouvoir législatif du Parlement européen demeure faible. Si son influence a cru au fil des années, l’élection au Parlement européen ne mobilise pas les foules.

La relance de l’Europe, passe donc obligatoirement par un profond réagencement de ses institutions

C’était en partie l’objectif du projet de Constitution.

 

 

 

Sujets corrigés (Partie 1 Chapitre 2)

SUJETS CORRIGES SUR PARTIE 1 CHAPITRE 2

Correction du sujet : Dans quelle mesure les problèmes de croissance, à partir des années 70, ont-ils conduit à une transformation de l’organisation du travail ?

En introduction, il fallait déterminer qu’est-ce qu’on entendait par « problèmes de croissance » : ralentissement de la croissance du PIB et ralentissement des gains de productivité, expliquer pourquoi on partait des années 70 (fin des 30 Glorieuses, début de la crise, et exprimer l’expression « transformation de l’organisation du travail » en passage du tayloro-fordisme au toyotisme.

1. Le ralentissement de la croissance et des gains de productivité à partir des années 70 ont conduit certaines entreprises à adopter des principes toyotistes dans leur organisation du travail.

1.1 Le toyotisme répond au ralentissement de la croissance en cherchant à mieux adapter la production

a) par une diversification de l’offre pour répondre à la volatilité de la demande
b) par une production «juste à temps » pour limiter les stocks et les délais
c) par une flexibilité interne et externe du travail

1.2 Le toyotisme répond au ralentissement des gains de productivité par une plus grande implication des salariés.

a) Dans une recherche permanente de qualité (Kaizen)
b) En laissant les ouvriers intervenir sur la chaîne de production (autonomation)
c) Grâce à un management participatif (cercle de qualité)

2. Cependant, dans un grand nombre d’entreprises, des caractéristiques majeures du tayloro-fordisme subsistent encore aujourd’hui.

2.1 Une importante division du travail persiste

a) La division horizontale concerne encore un grand nombre d’ouvriers
b) La division verticale reste le modèle hiérarchique

2.2 La production de masse reste un modèle

a) Car la production artisanale est trop chère et inadaptée pour un grand nombre de produits<
b) Le travail à la chaîne®ne concerne plus d’un ouvrier sur dix
c) La différenciation des produits se fait le plus souvent à la marge

CONCLUSION : Après avoir résumé l’ensemble des sous-parties, on pouvait conclure en disant que plutôt que de toyotisme les NFOT sont plutôt du néo-taylorisme.

« Après avoir montré que le progrès technique peut être facteur de chômage, vous mettrez en évidence les limites de cette relation »

1. Le progrès technique peut être facteur de chômage au niveau micro-économique et à court terme

1.1 si la croissance de la productivité est supérieure à la croissance de la demande

1.2 si la qualification requise pour les nouveaux emplois est différente de celle des emplois détruits

1.3 s’il n’y a pas un partage équitable de la valeur ajoutée

2. Le progrès technique peut aussi créer des emplois

2.1 parce que les emplois détruits dans certains secteurs peuvent être compensés par d’autres (théorie du déversement)

2.2 parce que le progrès technique stimule la demande donc à terme la croissance et l’emploi (Schumpeter+ effet multiplicateur)

Correction du sujet « Dans quelle mesure l’organisation actuelle du travail remet-elle en cause l’organisation tayloro-fordiste du travail ? »

1. Dans certaines entreprises, l’organisation actuelle du travail remet-elle en cause l’organisation tayloro-fordiste du travail

1.1 parce que, face à l’évolution de la demande, le toyotisme propose une organisation plus flexible que le système de production tayloro-fordiste

1.2 parce que, face à l’évolution de la population active, la NOT propose des emplois plus enrichissants que le tayloro-fordisme.

2. Cependant, l’organisation actuelle du travail garde des caractéristiques l’organisation tayloro-fordiste du travail

2.1 car la division du travail reste une caractéristique majeure de l’organisation actuelle du travail

2.2 car les conditions de travail restent encore difficiles

Correction du sujet « Dans quelle mesure la baisse du coût du travail peut-elle réduire le chômage ? »

1. Si on considère que le marché du travail est un marché comme un autre, une baisse du coût du travail peut entraîner une réduction du chômage

1.1 Selon les libéraux, une baisse du coût du travail permettrait à l’offre et à la demande de travail de s’équilibrer librement sur le marché

1.2 Une baisse des cotisations sociales permettrait d’augmenter les créations d’emplois, notamment dans les services.

2. Si on considère que le niveau de l’emploi dépend du niveau de la demande, alors une baisse du coût du travail risque plutôt à terme d’entraîner une hausse du chômage.

2.1 Une baisse du coût du travail peut entraîner l’augmentation d’autres coûts pour les entreprises (baisse de la productivité et hausse des autres PO)

2.2 La baisse des salaires et des cotisations sociales peut ralentir la croissance (théorie keynésienne)

Correction du sujet « Dans quelle mesure la réduction du coût du travail permet-elle de faire baisser le chômage des travailleurs peu qualifiés ? »

1. la réduction du coût du travail permet de faire baisser le chômage des travailleurs peu qualifiés, dans la mesure où elle se traduit par une baisse des cotisations sociales.

1.1 Une baisse des CS permettra à l’offre et à la demande de travail de s’équilibrer sur le marché du travail peu qualifié (théorie néo-classique)

1.2 Une baisse des CS permettra l’extension des créations d’emplois peu qualifiés dans le secteur des services.

2. la réduction du coût du travail risque de faire augmenter le chômage des travailleurs peu qualifiés, si elle se traduit par une baisse des salaires.

2.1 La baisse des CS peut engendrer l’augmentation d’autres coûts pour les entreprises

2.2 La baisse du coût du travail peut entraîner à terme une baisse de la consommation et de la production (analyse keynésienne)

Correction du sujet : « la flexibilité est-elle une solution au problème du chômage ? »

1. Si l’effet sur l’offre de biens et services est supérieur à l’effet sur la demande, la flexibilité du marché du travail peut entraîner une baisse du chômage.

1.1 Rétablir les bonnes conditions de l’offre permet une hausse de la production donc de l’emploi (théorie néo-classique)

1.2 La flexibilité a permis la stabilisation des emplois sur le marché interne

Et la création d’emplois sur le marché externe

2. Mais, si à terme l’effet sur la demande est plus fort que l’effet sur l’offre, la flexibilité peut ralentir la croissance et donc la création d’emplois.

2.1 la flexibilité a entraîné l’augmentation de la précarité

2.2 la baisse des revenus engendrée par la flexibilité peut menacer la croissance