PARTIE 1 – CHAPITRE 1 : QUELLES SONT LES SOURCES DE LA CROISSANCE ?

PARTIE 1 – CHAPITRE 1 : QUELLES SONT LES SOURCES DE LA CROISSANCE ?

PARTIE 1 : CROISSANCE, FLUCTUATIONS ET CRISES

CHAPITRE 1 : QUELLES SONT LES SOURCES DE LA CROISSANCE 

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1) Qu’est-ce que la croissance économique ?

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1.1- Comment définit-on la croissance ?

Croissance =Augmentation à long terme (LT) de la production de Biens et Services

Expansion
= phase d’augmentation du PIB de court terme (CT)

Dépression
= baisse du PIB à  long terme

Récession
= faible taux de croissance ou baisse du PIB de court terme

Définition institutionnelle =

« Processus quantitatif se traduisant par l’augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues, d”un indicateur représentatif de la production de richesses d’un pays
en termes réel. »

Remarques sur la définition :

  • « Processus » + « une ou plusieurs longues périodes longues » = il s’agit de considérer l’évolution de l’activité économique sur le long terme, soit plus de 10 ans. Ainsi l’activité peut-être fluctuante à CT et en croissance à LT si elle est globalement en expansion.
    On considère alors que les pays industrialisés d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord connaissent une croissance économique depuis la révolution industrielle, bien qu’ils aient connu des crises.

  • « Augmentation soutenue » = La croissance n’est pas stable dans le temps, elle peut connaître plusieurs rythmes différents de l’activité économique mais sur le long terme la tendance est à l’augmentation de la richesse créée.

     

  • « Un indicateur de mesure de la production de richesse d’un pays en termes réel» = La croissance économique est mesurée grâce à un outil qui permet de mesurer la richesse créée par une économie (le PIB). Sachant que la croissance économique est un phénomène de long terme il est important de la mesurer en terme réel c’est-à-dire indépendamment de la variation des prix (il faut donc enlever l’effet des prix en déflatant la donnée)

Résumons : La croissance économique c’est l’augmentation de la richesse créée sur le long terme.

 

  1. Comment la mesure-t-on ?

Par l’augmentation du PIB en volume

PIB = somme des richesses produite par les unités résidentes pendant une année.

Alors que le PNB = somme des richesses produites par les unités nationales.

 

PIB NOMINAL = VALEUR = COURANTS = on n’a pas enlevé l’effet des prix

 

PIB REEL = VOLUME = CONSTANTS = on a enlevé l’effet des prix

2) Intérêts et limites du PIB

2.1- Intérêts du PIB : le PIB est-il un bon indicateur de richesse ?
a)  Le PIB est un indicateur du niveau de production marchande et non marchande

Il est relativement facile de calculer la production marchande par le PIB marchand en faisant la somme des valeurs ajoutées = richesse réellement créée par l’entreprise qui se calcule en enlevant au montant des ventes (chiffre d’affaire), le montant des consommations intermédiaires (produits achetés à d’autres entreprises qui disparaissent au cours de la production) des unités résidentes.

VA=CA -CI

PIB = somme des valeurs ajoutées + TVA + droits de douanes – subventions à l’importation

Mais il est plus difficile de mesurer la production non marchande. On évalue celle des administrations publiques avec leurs coûts de fonctionnement.

On approxime la production domestique avec les jardins familiaux et la valeur fictive des loyers que se verseraient les propriétaires de leur propre logement.

[« net ou brut » : net = brut – les amortissements (usure du capital fixe). « en termes réels » : en enlevant l’effet des variations de prix, on dit encore « en volume » ou « en monnaie constante ».]

b) Les deux autres modes de calculs du PIB et leurs enseignements

PIB = somme des revenus primaires distribués (partage de la richesse créée)

= Revenu du travail (coût du travail) + Revenu du capital (EBE) + impôts sur la production

Ce mode de calcul permet d’analyser la répartition des richesses créées et les inégalités qu’elle peut engendrer.

PIB = somme des dépenses (utilisation de la richesse créée)

= Consommation finale des ménages + FBCF + (X-M) +/- Variations de stocks

Ce mode de calcul permet d’analyser la contribution de chaque composante à la croissance du PIB.

L’augmentation du PIB est un indicateur de croissance économique = Pour mesurer la croissance, on mesurera alors le taux de croissance du PIB.

ATTENTION, ne confondez pas la notion de croissance et sa mesure par la croissance du PIB.

 

Remarque : A ne pas confondre avec le niveau de vie=PIB/h

 

2.2- Les limites du PIB
  • 1ère limite : Des difficultés de comparaison entre les pays

Lorsque l’on compare les PIB entre différents pays on se retrouve confronté à deux difficultés :

  1. Tout d’abord les deux PIB ne sont pas exprimés dans la même devise et il faut donc tenir compte du taux de change entre les deux devises afin de pouvoir faire la comparaison.
  2. Ensuite au-delà du taux de change, le niveau des prix n’est pas le même dans les deux pays ce qui veut dire que même pour deux pays qui ont la même monnaie la comparaison peut être faussée car le pouvoir d’achat de la monnaie n’est pas le même dans chacun des pays du fait de la différence des prix.

Pour tenir compte de cela on calcule le PIB en parité de pouvoir d’achat (PPA) : on convertit les PIB en un standard de pouvoir d’achat.

Par exemple, si un hamburger coûte deux fois plus cher en France qu’aux Etats-Unis, on peut faire un rapport des taux en PPA , ce qui permet d’obtenir les rapports entre le nombre d’unités nécessaires pour obtenir un panier de biens et services équivalents.


  • 2ème limite :
    Le PIB ne comptabilise pas toutes les activités productives.

Le PIB ne comptabilise qu’une partie de la production non marchande

Le PIB ne comptabilise pas ou mal la production domestique et les activités bénévoles

Le PIB ne comptabilise pas la production issue de l’économie souterraine : activités non déclarées à l’Etat, légales ou non (économie informelle : faite dans le cadre familial ou amical). Il existe des estimations : 17%PIB italien.

Il est à noter que dans certaines économies (Afrique, Amérique latine, pays de l’Est) ces différentes activités productives prennent de l’importance et leur non prise en compte par le PIB vient sous estimer la richesse créée dans l’économie concernée.

  • 3ème limite : Le PIB ne tient pas compte des externalités qu’elles soient négatives ou positives.

Définition d’externalités : L’externalité
ou
effet externe désigne une situation dans laquelle l’action d’un agent économique
influe, sans que cela soit le but de l’agent, sur la situation d’autres agents, alors même qu’ils n’en sont pas partie prenante : ils n’ont pas été consultés et n’ont reçu (si l’influence est négative) ni versé (si elle est positive) aucune compensation.

Ainsi le PIB va comptabiliser positivement des activités qui sont destructrices de bien-être (par exemple, de ressources naturelles) voire même ajouter à cela la richesse créée pour réparer les dégâts occasionnés par cette activité.

A l’inverse le PIB ne comptabilise pas les externalités positives, par exemple des infrastructures construites depuis longtemps.

Le PIB n’est donc pas un bon indicateur de bien-être.

 

2.3- Quels autres indicateurs possibles ?

Il existe de nombreux indicateurs plus qualitatifs c’est-à-dire qui cherchent à rendre compte de la qualité de vie, du bien-être des populations. Par exemple, le PNUD a crée un indicateur de développement.

L’IDH : indice de développement humain : moyenne pondérée de trois indicateurs :

  1. L’espérance de vie à la naissance (image du niveau sanitaire et social de la population),
  2. L’indice d’éducation est dorénavant basé sur la durée moyenne de scolarisation et sur la durée attendue de la scolarisation,
  3. Le RNB (revenu national brut) qui remplace le PIB pour tenir compte des effets de la mondialisation (la production réalisée dans un pays peut être distribuée sous forme de revenus dans un autre pays) : le RNB est donc un meilleur indicateur du revenu national que le PIB.

 

La valeur de l’IDH est comprise entre 0 et 1 : plus un pays est développé plus son IDH est proche de 1.

Remarque :

L’IDH n’est pas un indicateur de croissance mais un indicateur de développement. Selon F. Perroux, économiste français du 20°siècle, le développement c’est l’ensemble des changements sociaux et culturels qui accompagnent la croissance. Le développement est donc d’emblée une notion plus qualitative, la croissance étant plutôt une mesure quantitative.

La croissance économique est encore moins un indicateur de la qualité du développement et en aucun cas du développement durable.

Le développement durable se définit comme un développement visant au recul de la pauvreté, en préservant les écosystèmes et en garantissant la justice à l’égard des générations actuelles et futures. [Voir chapitre 3]

 

3) Comment expliquer la croissance économique ?

La fonction Cobb-Douglas explique la croissance économique par la croissance du facteur travail et du facteur capital (croissance extensive) et par l’existence d’un « facteur résiduel », c’est-à-dire d’un facteur qui ne correspond ni à l’augmentation du capital ni à l’augmentation du travail, c’est la croissance intensive, ce facteur résiduel, c’est le progrès technique.

Q=f(K,T,e) ou Q=K+T+e

Dans les faits, le taux de croissance du PIB des PDEM a été plus fort que l’augmentation de la quantité de facteurs de production. Les rendements d’échelle de la production ont été croissants (l’augmentation des deux facteurs a été moins forte que l’augmentation du PIB). Le progrès technique expliquerait la moitié de la croissance française des 30 Glorieuses, selon les économistes Carré, Dubois et Malinvaud.

L’augmentation des facteurs de production n’explique pas toute la croissance.

 

3.1- La croissance peut s’expliquer par l’augmentation de la quantité des facteurs de production

La croissance peut s’expliquer par l’augmentation des facteurs de production, c’est-à-dire par les moyens mis en œuvre pour produire que sont le travail et le capital

 

a) La croissance peut s’expliquer par l’augmentation du capital

 

Augmentation du capital= investissement= flux qui vient accroitre (ou renouveler) le stock de capital au sens large : capital technique, humain, institutionnel.

 

Capital = ensemble des moyens de production nécessaire pour produire en plus du facteur travail.

Au sens strict, capital = capital technique (bâtiments,machines)

 

Investissement = achat de biens d’équipement durable destinés à être utilisés plus d’un an dans le processus de production.

L’investissement est mesuré par la comptabilité nationale comme FBCF. L’investissement peut prendre des formes différentes : matériel, immatériel, et poursuivre des objectifs différents (capacité, renouvellement, productivité).

L’investissement est facteur de croissance parce que :

  1. L’investissement agit sur la demande:
    L’investissement appartient à la demande, avec la consommation et les exportations, puisqu’il s’agit de la demande exprimée auprès des producteurs de biens d’équipement.
    Une hausse de l’investissement entraine une hausse + que proportionnelle de la demande (Keynes) c’est l’effet multiplicateur. Une dépense supplémentaire d’investissement se traduit par une hausse de la demande en biens ou services de production (machine, équipements, logiciels…) qui se traduit par une hausse de la production dans les entreprises produisant ces biens et services de production, cette hausse de la production (donc de chiffre d’affaire et de valeur ajoutée) se traduit par un supplément de revenus distribués ( la VA est répartie entre salariés, propriétaires et recettes fiscales) qui engendre alors un surcroît de demande et ainsi de suite. Ce mécanisme est d’autant plus important que la part du revenu supplémentaire qui sera consommée (la propension marginale à consommer) sera forte, donc que la propension à épargner sera faible.

     

    Keynes montre à travers le mécanisme du multiplicateur (d’investissement) qu’une dépense supplémentaire d’investissement entraîne une augmentation plus que proportionnelle du revenu global donc de la croissance.

    Ce mécanisme repose sur une hypothèse aujourd’hui très forte : que la dépense générée par le supplément d’investissement se fasse dans le pays ou le groupe de pays dans le(s)quel(s) la dépense initiale a été faite (que la propension marginale à importer soit faible).

 

2. L’investissement agit sur l’offre:

L’investissement de capacité permet de produire plus et donc d’augmenter l’offre.

L’investissement de productivité augmente la compétitivité et baisse les coûts de production et donc les prix, ce qui augmente la production et donc l’offre

L’investissement en RD peut permettre une diversification de l’offre.

 

b) La croissance peut s’expliquer par l’augmentation du travail

Travail = facteur de production constitué des ressources en main d’œuvre. Augmentation du travail= augmentation du temps de travail et du nombre de travailleurs utilisés.

Il faut distinguer:

  • Travail: activité rémunérée qui constitue avec le capital un facteur de production.
    On se place ici du côté de l’entreprise: offre de travail = demande d’emploi et demande de travail = offre d’emploi
  • Emploi: exercice d’une profession rémunérée. On se place ici plutôt du côté du salarié.

Quantité de travail disponible dépend de deux éléments : La main d’œuvre disponible (population active) et La durée du travail.

Elle peut être mesurée en nombre de travailleurs ou en nombre d’heures de travail.

Quantité annuelle de travail = Nombre d’emploi x Durée annuelle du travail

  • Population active = actifs occupés + chômeurs

    Cela correspond à toute la main d’œuvre disponible. La population active a suivi une tendance à la hausse sauf ces dernières années où la génération du baby-boom part en retraite et l’entrée dans la vie active est retardée par l’allongement des études.

  • Durée annuelle du travail = elle dépend de la législation du travail (durée hebdomadaire et quotidienne du travail ; congés payés, développement des temps partiels et des emplois précaires). De façon générale la durée du travail a fortement baissé depuis les années 1950, ce qui vient contrebalancer l’augmentation la hausse de la population active.

Ainsi la quantité de travail a plutôt connu une tendance à la baisse et l’impact du facteur travail s’explique par la hausse de la productivité du travail.

La quantité de travail est un déterminant de la croissance :

  • En effet en cas de pénurie de main d’œuvre la croissance potentielle est amoindrie ce qui peut être contrebalancé par le recours à l’immigration (ex : France dans les années 1960)
  • A l’inverse en cas de surplus de main d’œuvre le développement du chômage peut avoir un effet négative sur la consommation des ménages et donc sur la demande globale ce qui jouera à la baisse sur la croissance effective.

 

3.2- La croissance peut s’expliquer par l’augmentation de la qualité (productivité) des facteurs de production

Le progrès technique peut augmenter la productivité du travail, la productivité du capital mais aussi la PGF, résultat de la combinaison productive.

La productivité se mesure en faisant le rapport de la production avec la quantité des facteurs de production utilisés.

Par exemple :

Productivité du travail = mesure de l’efficacité du travail

  • Productivité horaire = production/nbr d’heures de travail
  • Productivité physique = Production/nbr de travailleurs
  • Productivité en volume= volume de production/qté de travail
  • Productivité en valeur= valeur ajoutée/qté de travail

 

La productivité globale des facteurs fait le rapport entre la VA et le coût du travail et du capital utilisé.

Lorsque la productivité augmente, cela veut dire qu’avec la même quantité de facteurs on sera capable de produire en plus grande quantité.

Avec le progrès technique, grâce aux innovations le capital est plus efficace et rend d’autant plus efficace le travail ce qui fait que la croissance du PIB devient plus que proportionnelle au niveau d’investissement.

Le progrès technique est source de croissance parce qu’il permet des gains de productivité.

 

Progrès technique = ensemble des améliorations apportées aux façons de produire (innovations de procédé + innovations organisationnelles), et aux produits (innovations de produit).

Innovation = application économique et/ou commerciale réussie d’une invention (idée nouvelle), qui découle de la RD.

 

Recherche-Développement = processus qui combine des moyens en personnel et en matériel pour aboutir à des innovations comme la mise en œuvre de nouveaux procédés, la création de nouveaux produits.

C’est donc le résultat de la RD quand il est positif qui constitue le progrès technique. La RD est une composante importante de l’investissement immatériel, elle est financée par les entreprises, mais aussi par l’Etat.

Pour Schumpeter, l’innovation est facteur de croissance (mais explique aussi les cycles économiques).

Gains de productivité
= indicateur de mesure du progrès technique mis en œuvre dans une entreprise.

Le progrès technique engendre des gains de productivité qui permettent:

  • de produire plus: effet sur l’offre intérieure et à l’exportation (hausse du PIB= croissance)
  • de produire moins cher, ce qui permet un partage des gains de productivité au profit des propriétaires (hausse de l’investissement), des ménages (hausse des salaires et baisse des prix) et de l’Etat (hausse des recettes fiscales donc des possibilités d’investissement public); créant ainsi un cercle vertueux de croissance

        =>Le progrès technique fait augmenter l’offre

Rappel :

Le rendement désigne la relation entre la quantité produite d’un bien et la quantité de facteurs de production utilisée pour l’obtenir (c’est un synonyme

de productivité).

Rendements décroissants : la quantité produite augmente moins vite que la quantité de facteurs utilisée (déséconomie d’échelle)

Rendements croissants : la quantité produite augmente plus vite que la quantité de facteurs utilisée (= économies d’échelle )

Rendements constants : la quantité produite augmente au même rythme que la quantité de facteurs utilisée.

Le PT permet donc de produire plus et de réduire les coûts de production.

Le surplus de richesse créée va être partagé ce qui peut avoir des conséquences sur la demande.

        => Le progrès technique fait augmenter la demande

Document 1:

Gains de productivité et croissance économique

Les gains de productivité à travers leurs effets sur les revenus et les prix dynamisent la production. La baisse des prix réels des biens et services stimule la consommation des ménages. Les entreprises peuvent conserver une partie des gains de productivité sous forme de hausse des profits facilitant l’autofinancement des investissements. Les recettes de l’Etat étant assises sur les revenus et la consommation, les prélèvements fiscaux et sociaux peuvent croître pour financer des dépenses publiques croissantes : investissements publics, création d’emplois publics et transferts sociaux qui soutiennent la consommation des ménages. Les gains de productivité, en permettant la baisse des prix de vente, sont facteur de compétitivité ce qui favorise les exportations.

Ainsi, la distribution des gains de productivité, en dynamisant les différentes composantes de la demande globale (consommation, investissement, dépenses publiques et exportations) est facteur de croissance économique.

Les Trente Glorieuses fournissent une illustration des effets vertueux des gains de productivité. Les gains de productivité exceptionnellement élevés des années 1945-1973 facilitent leur partage : il y a « du grain à moudre » et prélèvements étatiques, salaires et profits peuvent augmenter simultanément sans miner pour autant une compétitivité d’ailleurs moins impérative qu’aujourd’hui vu le moindre degré d’ouverture sur l’extérieur des économies.

Ce partage relativement « équilibré » des gains de productivité ne s’est cependant pas instauré spontanément. Il a été l’enjeu de luttes sociales régulées par les négociations collectives dans lesquelles les syndicats sont devenus des « partenaires ». L’intervention de l’Étatprovidence a influencé l’affectation des gains de productivité à travers la socialisation croissante des revenus, la fixation d’un salaire minimum, l’élaboration d’un cadre juridique des relations du travail… Ces éléments ont aussi concouru à la diffusion des gains de productivité dans l’ensemble de l’économie permettant par exemple aux salariés des branches à faible croissance de productivité de bénéficier aussi des augmentations de pouvoir d’achat. Les gains de productivité ont donc été un facteur déterminant de la croissance économique ou plutôt d’un certain mode de croissance fondé sur le couple production de masse / consommation de masse. Réciproquement, la croissance économique a stimulé les gains de productivité par le biais des rendements d’échelle croissants et par l’incitation à l’innovation que constituent des débouchés en augmentation. Ainsi, période exceptionnelle de gains de productivité, les Trente Glorieuses ont été aussi une période d’exceptionnelle croissance économique.

J. Bails. « Productivité ». Cahiers Français n° 279, Découverte de l’économie, Février 1997.

1. A partir du document faites un schéma implicatif montrant les effets du PT sur la croissance.

L’impact des gains de productivité et donc du PT, sur la croissance dépend toutefois de la répartition de leurs effets sur 4 facteurs :

  1. la baisse des prix de vente ;
  2. la hausse des salaires ;
  3. la hausse des profits (distribués et non distribués) ;
  4. la hausse des prélèvements fiscaux.

Le partage de la valeur ajoutée est un enjeu de société et de luttes sociales

 

Le progrès technique et les gains de productivité se sont accompagnés au cours du 20°siècle d’une baisse du temps de travail et se traduit par un pouvoir d’achat supplémentaire des consommateurs (baisse des prix), des salariés (hausse des salaires) et une hausse des profits. Ce pouvoir d’achat supplémentaire s’est traduit par une hausse de la demande qui a engendré de la croissance et des créations d’emplois. Le progrès technique ne supprime donc pas d’emplois à long terme (malgré la hausse de la productivité qu’il engendre), il les déplace (tertiarisation)

 

3.3- La croissance peut s’expliquer par les externalités et le rôle des institutions

a) La croissance s’auto-entretient (est endogène)

Dans les théories de la croissance endogène, les économistes montrent que le progrès technique n’est pas quelque chose qui est extérieur au travail et au capital, mais qu’il est endogène, interne : le progrès technique s’explique par la croissance économique : il est issu des investissements qui produisent toute une série d’effets positifs pour la collectivité. Il peut donc s’agir d’investissement dans la recherche, dans la formation ou dans les infrastructures et peut aussi s’expliquer par l’expérience acquise. L’investissement dans le capital physique ne suffit donc pas à expliquer tout le processus de croissance : les théoriciens de la croissance endogène ont donc permis de mettre en évidence l’importance du capital humain
(ensemble des dispositifs durables qui rendent les individus plus productifs) dans l’augmentation de la productivité du travail, du capital institutionnel
ou public
( ensemble des ressources de long terme détenues par les pouvoirs publics) qui permet des externalités positives, en accroissant notamment le capital technologique.des externalités positives qui se répercutent de manière cumulative : le capital accumulé sera alors source d’une croissance auto-entretenue et produira des rendements croissants.

L’accumulation et la complémentarité de ces différents types de capitaux permettent l’entretien et la poursuite du processus de croissance.                                                                                                                                                                

 

b) Les institutions peuvent former un cadre favorable de la croissance

Remarque importante : l’évolution des facteurs de production ne garantit pas la croissance, les agents économiques ont un rôle important à jouer pour favoriser la croissance. Le comportement des membres de la société en général doit être propice au changement et au progrès (ex rôle de l’entrepreneur).

L’instauration et le maintien d’institutions démocratiques assure un environnement favorable à la prise de risque et à la protection des droits commerciaux par exemple en fournissant un cadre institutionnel stable propice aux échanges marchands.

Les institutions (règles qui structurent les relations économiques et sociales dans un pays) peuvent contribuer à fournir un cadre favorable au progrès technique et aux innovations. Elles garantissent des lois justes et la stabilité politique.

  • elles peuvent fournir aux entreprises des infrastructures et des services publics qui auront des effets externes positifs
  • elles peuvent encourager le progrès technique en aidant la recherche-développement (publique, privée)
  • elles peuvent instituer des droits de propriété  (droit de disposer d’un actif et de ses revenus):

Par exemple, le brevet qui est un droit de propriété, protège une innovation technique (de produit ou de procédé) : sans brevets, les entrepreneurs n’innoveraient pas, car n’importe quelle autre entreprise pourrait à son tour utiliser l’innovation sans avoir à en supporter les coûts. Comme l’innovation est source de croissance économique, les brevets sont un exemple de règles entraînant de bonnes incitations.

Définitions-Partie1chap1

Définitions-Partie1chap1

Croissance extensive : croissance résultant de l’utilisation de plus de facteurs de production

Croissance intensive :croissance résultant de l’amélioration de la combinaison de production (de la productivité)

Demande effective : concept keynésien qui mesure la demande anticipée par les entreprises. Il s’agit de la consommation et de l’investissement

EBE : mesure l’excédent brut d’exploitation=VA –impôts-rémunération des salariés

Effet de levier : si une entreprise s’endette lorsque le taux d’intérêt est inférieur au taux de rentabilité économique, cela aura un effet plus que positif sur son EBE.
Effet multiplicateur. :une hausse de l’investissement entraine une hausse + que proportionnelle de la demande (Keynes)

Facteur résiduel = Progrès technique mesuré par l’augmentation de la productivité.

Le financement externe de l’investissement:
*Direct :
désintermédié, directement sur le marché financier soit en y mettant des obligations (titre de créance), soit en augmentant leur capital par l’émission d’actions, soit en empruntant directement à des investisseurs privés.
*Indirect : intermédié, par crédit bancaire.

Le financement interne : C’est l’autofinancement c’est-à-dire la part de l’épargne consacré à l’investissement.

Fonction Cobb-Douglas :
La croissance de la P° = augmentation du travail + augmentation du capital + augmentation du *facteur résiduel.

Innovation = application économique et/ou commerciale réussie d’une invention (idée nouvelle).

Innovation de produit = un produit amélioré ou un produit nouveau.

Innovation de procédé (processe) = nouvelle technique de fabrication ou de commercialisation des produits (ex : nouvelles machines).

Innovation organisationnelle = nouvelle organisation de la production, du travail dans l’entreprise (ex : travail à la chaîne).

Innovations radicales = innovations majeures, de grande ampleur qui vont entraîner des grappes d’innovations mineures, ou innovations incrémentales.

L’investissement : l’acquisition de biens ou de services destinés à accroître l’efficience de l’appareil productif d’un agent économique ou d’un pays. La comptabilité nationale utilise l’agrégat FBCF formation brute de capital fixe, c’est-à-dire l’achat de biens durables qui vont être utilisés au moins un an dans le processus de production.

L’investissement de capacité est destiné à accroître les capacités productives des agents économiques.
L’investissement de productivité qui, à production égale’ diminue les coûts unitaires de production en économisant les facteurs de production, en particulier en réduisant le nombre d’emplois.)
L’investissement de remplacement qui compense la dépréciation du capital fixe du fait de son usure physique.

L’investissement matériel est d’une part, l’acquisition de biens de productions durables utilisés au cours de plusieurs cycles de production, et, d’autre part, la création d’infrastructures matérielles (routes, ponts ..) et l’acquisition de logement par les ménages.
L’investissement immatériel désigne les dépenses correspondant à l’usage de services productifs qui, au cours d’une période donnée, améliorent l’efficience du capital fixe (pubs, salaires, formations …)
L’IDE ( Investissement Direct à l’Etranger) : Investissement privé constitué de capitaux que l’entreprise va investir dans ses activités à l’étranger(rachat d’entreprise ou prise de participation dans l’objectif d’acquérir le pouvoir de décision)

Productivité : c’est la valeur de la production par rapport au nombre de facteurs de production utilisés
_ La productivité (Pé) du travail :

– Pé horaire du travail en valeur = VA / nbre d’hr de travail
– Pé du travail par tête en valeur = VA / nbre de salariés
– Pé horaire du travail en volume = P° en volume / nbre d’hr de travail
– Pé du travail par tête en volume = P° en volume / nbre de salariés

_ La productivité du capital (K) :

– Pé horaire du K en valeur = VA / nbre d’hr d’utilisation des machines
– Pé du K par tête en valeur = VA / nbre de machines
– Pé horaire du K en volume = P° en volume / nbre d’hr d’utilisation des machines
– Pé du K par tête en volume = P° en volume / nbre de machines

Progrès technique : ensemble des améliorations apportées aux façons de produire (innovations de procédé + innovations organisationnelles), et aux produits (innovations de produit).

Rendements décroissants : la hausse des Q produites < la hausse des Q de facteurs utilisés

Rendements croissants : Hausse des Q produite > la hausse des Q de facteurs utilisés

Rendements constants : Hausse des Q produites = la hausse des Q de facteurs utilisés

Le taux d’auto-financement : Taux d’épargne des entreprises ( Epargne brute / FBCF )

TRE : mesure la rentabilité économique de l’investissement (EBE/I x100)

TRF : mesure la rentabilité financière : (EBE – coût de l’emprunt)/ I  x100

Taux de profitabilité : compare la rentabilité d’un investissement productif à celle d’un investissement financier (TRF –taux d’intérêt)

1.1 Dans un 1° temps, les gains de productivité proviennent de l’augmentation de l’intensité du travail et de la standardisation des produits

1.1 Dans un 1° temps, les gains de productivité proviennent de l’augmentation de l’intensité du travail et de la standardisation des produits

Tout comme le progrès technique, l’organisation du travail que l’on peut considérer comme étant une innovation organisationnelle, va être à l’origine de gains de productivité, sources de croissance et d’emplois.

L’organisation du travail consiste à répartir, coordonner les activités productives entre les travailleurs afin d’être le plus efficace possible. L’organisation du travail vise donc à améliorer la productivité du travail, en mettant en place une façon de répartir le travail la plus efficace possible.


a) Aux origines de l’organisation du travail : la division du travail

Document 1 : Les origines de la division du travail

Dans l’Ancien Régime, la division du travail artisanal était fortement structurée par la hiérarchie corporatiste, apprenti – compagnon – maître. Linéaire et non pas pyramidale, cette hiérarchie correspond souvent à un parcours promotionnel, à une sorte de ligne de carrière. Cette trajectoire dans le métier était loin d’être une garantie pour tous. La fortune, héritée ou acquise par alliance, était une condition d’ascension professionnelle très sélective pour les compagnons. Dès le moment où le travail se concentre dans les manufactures, dès qu’un grand nombre d’ouvriers sont réunis dans un même atelier, le problème de la coopération et de l’organisation du travail se pose avec une nouvelle acuité. L’organisation d’un collectif de travail n’implique pas nécessairement que les opérations soient fragmentées. La parcellisation des tâches devient, en revanche, avantageuse dès que les objets sont fabriqués en grande quantité, pour de vastes marchés, et non plus à la commande. Dans l’exemple fameux de la manufacture d’épingles que décrit Adam Smith en 1776, la répartition de dix huit opérations entre dix ouvriers permet d’atteindre une production globale quotidienne de plus de 48 000 épingles. Chaque ouvrier réalisant 1/10ème du produit, sa production quotidienne peut être assimilée à 4 800 épingles. Si chacun d’entre eux devait assumer l’ensemble des dix opérations, il n’arriverait même pas, explique Adam Smith, à fabriquer une vingtaine d’épingles par jour. Il y a encore une différence entre séparer des tâches et les spécialiser, c’est à dire réserver, de manière stable, tel type de tâche à tel individu. Une répartition exclusive des tâches ne favorise pas seulement l’acquisition de compétences techniques particulières, mais elle présente, dans ce contexte, un intérêt social. Au moment de la transition vers une économie de marché, cette division du travail contribue aussi au développement du salariat. Un ouvrier qui maîtrise l’ensemble du procédé de fabrication peut être tenté d’assurer l’écoulement de sa production sur un marché sans médiateur et, donc, de devenir un concurrent pour l’entreprise. Si, en revanche, il ne domine qu’une petite partie de la fabrication, une tâche particulière, alors il perd cette opportunité. Enlever à chaque travailleur la maîtrise de l’ensemble du procédé est une manière de diviser pour régner.(…). De plus, la spécialisation des tâches permet d’ouvrir le marché du travail à une main d’œuvre moins expérimentée. Le mouvement de « bana¬lisation » des tâches de fabrication, qui s’amorce à ce moment, est bien sûr relatif. Une tâche est banale au sens premier du terme, elle est « accessible à tout le monde », y compris aux femmes et aux enfants. Elle n’est plus réser¬vée à l’homme de métier qui a suivi un long apprentissage. M. Stroobants. Sociologie du travail. Nathan, coll. « 128 », 1993.

 

C’est avec le développement du capitalisme que la réflexion sur l’organisation du travail a débuté, et notamment au travers des écrits d’A. Smith un économiste écossais, (1776) qui va montrer l’intérêt de diviser le travail au sein de l’entreprise. Jusque là la logique de production est basée sur le principe du compagnonnage et des ouvriers de métier.

Mais ce type d’organisation va connaître des limites :

  • du fait de la nécessité d’augmenter le volume de production de façon importante pour répondre aux évolutions de la société
  • de la recherche de la maximisation du profit


La division du travail recoupe deux types de division :

  • La division sociale du travail, qui correspond à la division du travail en professions et en métiers. Les activités productives sont réparties entre différents producteurs indépendants qui échangent sur le marché.
  • La division technique du travail (c’est celle qui nous intéresse ici), qui correspond, au sein de l’entreprise à répartir le travail entre les salariés en décomposant la production en un nombre déterminé d’opérations.

Dans son exemple de la manufacture d’épingles, Smith montre que si l’on décompose la production en différentes opérations qui seront réparties entre les ouvriers, cela permettra avec la main quantité de main d’œuvre d’augmenter de façon considérable le volume produit.


Selon Smith (1776) cette DTT a trois effets :

  1. elle accroît l’habilité de l’ouvrier ;
  2. elle supprime les temps morts ;
  3. elle facilite la mécanisation.

L’instauration de la division du travail sous forme de séparation des tâches a eu également pour but de remettre en cause la qualification des « ouvriers de métiers » qui était fondée sur un long apprentissage. Elle a ainsi permis « d’ouvrir le marché du travail à une main d’œuvre moins expérimentée », c’est-à-dire déqualifiée.

C’est sur cette conséquence de la division du travail que va s’appuyer la critique de K. Marx. Elle conduit selon lui non seulement à une déqualification du travail et des travailleurs mais aussi à une intensification de l’exploitation du travailleur qui n’a plus de pouvoir car il ne produit qu’une partie du produit.

 

1.3 Le changement social : les transformations des sociétés modernes

1.3 Le changement social : les transformations des sociétés modernes

a) Qu’est-ce que le changement social ?

Changement social = transformation durable (pas éphémère) de l’organisation sociale (de la hiérarchie sociale) et de la culture (normes, valeurs, pratiques sociales) d’une  société. Le changement social a donc une dimension plus sociologique que le développement.

Au XX° s, dans les PDEM,  le changement social  se traduit par:

  • transformation de la stratification sociale (PCS)
  • urbanisation
  • transformation des valeurs religieuses
  • émancipation des femmes

A ne pas confondre avec évolution sociale: transformation que connaît une société à l’échelle de plusieurs générations. Le changement social   est aussi délimité à une ère géographique plus restreinte.


b) De profondes évolutions démographiques, sociales, culturelles et politiques.

-Le changement c’est d’abord un changement de régime démographique. La transition démographique a fait passer les pays développés d’un régime démographique naturel au régime démographique actuel   (faibles taux de mortalité & de natalité). La plupart des PED n’ont pas connu cette transition. Cette forme de changement social a été permise par les progrès de la médecine & un changement des mentalités en matière de fécondité.

– Le changement social c’est aussi  un changement dans l’organisation sociale :

Tertiarisation (conséquence : hausse des niveaux de qualification car il y a de + en + d’actifs travaillant dans les professions intermédiaires).

Hausse des qualifications, donc mobilité sociale ascendante

Féminisation de la population active.

La hausse de la production entraîne un changement de la structure de la production qui entraîne à  son tour un changement dans la structure sociale.

-Enfin le changement social, ce sont des changements culturels et politiques. Il existe d’une multitude de facteurs pouvant expliquer le changement social. On distingue 3 modèles théoriques :

  • Weber : paradigme de la naissance du Capitalisme

http://www.revue-interrogations.org/article.php?article=34

  • Tocqueville : paradigme de la Démocratie

http://tocqueville.ifrance.com/pensees/democratie1.html

  • Marx : paradigme des conflits de classe



SUJETS CORRIGES PARTIE 1 CHAPITRE 2

SUJETS CORRIGES SUR PARTIE 1 CHAPITRE 2


Correction du sujet : « Après avoir montré que le progrès technique peut être facteur de chômage, vous mettrez en évidence les limites de cette relation »

1 – Le progrès technique peut être facteur de chômage au niveau micro-économique et à court terme

1.1 – si la croissance de la productivité est supérieure à la croissance de la demande

1.2 – si la qualification requise pour les nouveaux emplois est différente de celle des emplois détruits

1.3 – s’il n’y a pas un partage équitable  de la valeur ajoutée


2 – Le progrès technique peut aussi créer des emplois

2.1 – parce que les emplois détruits dans certains secteurs peuvent être compensés par d’autres (théorie du déversement)

2.2 – parce que le progrès technique stimule la demande donc à terme la croissance et l’emploi (Schumpeter+ effet multiplicateur)


Correction du sujet « Dans quelle mesure l’organisation actuelle du travail remet-elle en cause l’organisation tayloro-fordiste du travail ? »

1 – Dans certaines entreprises, l’organisation actuelle du travail remet-elle en cause l’organisation tayloro-fordiste du travail

1.1 – parce que, face à l’évolution de la demande, le toyotisme propose une organisation plus flexible que le système de production tayloro-fordiste

1.2 – parce que, face à l’évolution de la population active, la NOT propose des emplois plus enrichissants que le tayloro-fordisme.


2 – Cependant, l’organisation actuelle du travail garde des caractéristiques l’organisation tayloro-fordiste du travail

2.1 – car la division du travail reste une caractéristique majeure de l’organisation actuelle du travail

2.2 – car les conditions de travail restent encore difficiles


Correction du sujet  « Dans quelle mesure la baisse du coût du travail peut-elle réduire le chômage ?»

1 – Si on considère que le marché du travail est un marché comme un autre, une baisse du coût du travail peut entraîner une réduction du chômage

1.1 – Selon les libéraux, une baisse du coût du travail permettrait à l’offre et à la demande de travail de s’équilibrer librement sur le marché

1.2 – Une baisse des cotisations sociales permettrait d’augmenter les créations d’emplois, notamment dans les services.


2 – Si on considère que le niveau de l’emploi dépend du niveau de la demande, alors une baisse du coût du travail risque plutôt à terme d’entrainer une hausse du chômage

2.1         Une baisse du coût du travail peut entraîner l’augmentation d’autres coûts pour les entreprises (baisse de la productivité et hausse des autres PO)

2.2        La baisse des salaires et des cotisations sociales peut ralentir la croissance (théorie keynésienne)


Correction du sujet «  Dans quelle mesure la réduction du coût du travail permet-elle de faire baisser le chômage des travailleurs peu qualifiés ?»

1 – la réduction du coût du travail permet de faire baisser le chômage des travailleurs peu qualifiés , dans la mesure où elle se traduit par une baisse des cotisations sociales

1.1 Une baisse des CS permettra à l’offre et à la demande de travail de s’équilibrer sur le marché du travail peu qualifié (théorie néo-classique)

1.2 Une baisse des CS permettra l’extension des créations d’emplois peu qualifiés dans le secteur des services.

2- la réduction du coût du travail risque de faire augmenter le chômage des travailleurs peu qualifiés , si elle se traduit par une baisse des salaires

2.1 La baisse des CS peut engendrer l’augmentation d’autres coûts pour les entreprises

2.2 La baisse du coût du travail peut entrainer à terme une baisse de la consommation et de la production (analyse keynésienne)


Correction du sujet : « Dans quelle mesure la politique d’allégement des cotisations à la charge des employeurs est-elle favorable à l’emploi ? »

1 – La politique d’allègement des cotisations patronales est créatrice d’emplois peu qualifiés à court terme

1.1 – A l échelle micro-économique, elle rend le coût du travail moins cher pour l’employeur

a)    La baisse du coût du travail incite l’entreprise à substituer du travail au capital (effet-substitution)

b)   La baisse du coût du travail permet à l’entreprise de baisser ses prix de vente (effet-compétitivité)

c)    La baisse du coût du travail permet à l’entreprise d’augmenter ses profits (effet-profitabilité)

1.2 – A l’échelle macro-économique, elle peut faire augmenter la demande de travail

a)    Sur un marché de concurrence pure et parfaite, la variation du prix à la baisse permet l’ajustement de l’offre et de la demande de travail

b)   Pour les entreprises qui utilisent beaucoup de main d’œuvre (et en particulier pour le secteur tertiaire), l’élasticité de la demande au prix du travail est forte : une baisse du prix entraîne une forte hausse de la demande


2 – La politique d’allègement des charges patronales peut se révéler néfaste pour l’emploi à long terme

2.1 – L’allègement des charges patronales ne crée pas nécessairement des emplois.

a)    N’a pas d’effet sur les entreprises qui ont une forte intensité capitalistique ou qui utilisent surtout du travail qualifié

b)   les emplois peu qualifiés peuvent se substituer aux emplois qualifiés (risque de déclassement social)


2.2 – La politique d’allègement des charges peut à terme entraîner des destructions d’emplois.

a)    Risque de destruction d’emplois qualifiés ou de baisse de la productivité du travail ce qui peut générer une perte de compétitivité hors-prix

b)   Risque d’une augmentation des autres taxes, ce qui peut faire baisser le revenu disponible et donc à terme la consommation

c)    Risque de limiter la hausse des salaires (effet pallier) et donc d’entraîner une faiblesse de la demande intérieure


Correction du sujet : « la flexibilité est-elle une solution au problème du chômage ? »

1 – Si l’effet sur l’offre de biens et services est supérieur à l’effet sur la demande, la flexibilité du marché du travail peut entrainer une baisse du chômage

1.1 – Rétablir les bonnes conditions de l’offre permet une hausse de la production donc de l’emploi (théorie néo-classique)

1.2 – La flexibilité a permis la stabilisation des emplois sur le marché interne

Et la création d’emplois sur le marché externe


2 – Mais, si à terme l’effet sur la demande est plus fort que l’effet sur l’offre, la flexibilité peut ralentir la croissance et donc la création d’emplois

2.1 – la flexibilité a entrainé l’augmentation de la précarité

2.2 – la baisse des revenus engendrée par la flexibilité peut menacer la croissance