L’Irak sans l’Amérique = la souveraineté sans la sécurité ?

L’Irak sans l’Amérique = la souveraineté sans la sécurité ?

Le titre de The Economist est moins prudent.

Pour ce magazine, le retrait des troupes américaines a eu pour conséquence l’augmentation des tensions religieuses. La force armée américaine permettait de tenir en respect les trois principales composantes de la société iranienne (sunnite, chiite et kurde) qui sont depuis le 18 décembre privées de cette protection. La question que pose l’article de The Economist semble être celle-ci : que faut-il préférer : la sécurité ou la liberté ? Et contrairement à l’idée qui veut que l’une s’oppose nécessairement à l’autre, n’y avait-il pas possibilité de penser – en Irak et dans ce contexte d’affrontement religieux – la sécurité comme condition de la liberté ?

Vous pouvez lire cet article sur le site de The Economist, en parallèle du film Agora d’Alejandro Amenabar, mais également du fameux texte de Thomas Hobbes au chapitre XIII du Léviathan, texte que vous trouverez par exemple dans votre manuel de philosophie p.171 (il s’agit du texte 1 : La guerre naturelle de chacun contre tous).

1.1 Dans un 1° temps, les gains de productivité proviennent de l’augmentation de l’intensité du travail et de la standardisation des produits

1.1 Dans un 1° temps, les gains de productivité proviennent de l’augmentation de l’intensité du travail et de la standardisation des produits

Tout comme le progrès technique, l’organisation du travail que l’on peut considérer comme étant une innovation organisationnelle, va être à l’origine de gains de productivité, sources de croissance et d’emplois.

L’organisation du travail consiste à répartir, coordonner les activités productives entre les travailleurs afin d’être le plus efficace possible. L’organisation du travail vise donc à améliorer la productivité du travail, en mettant en place une façon de répartir le travail la plus efficace possible.


a) Aux origines de l’organisation du travail : la division du travail

Document 1 : Les origines de la division du travail

Dans l’Ancien Régime, la division du travail artisanal était fortement structurée par la hiérarchie corporatiste, apprenti – compagnon – maître. Linéaire et non pas pyramidale, cette hiérarchie correspond souvent à un parcours promotionnel, à une sorte de ligne de carrière. Cette trajectoire dans le métier était loin d’être une garantie pour tous. La fortune, héritée ou acquise par alliance, était une condition d’ascension professionnelle très sélective pour les compagnons. Dès le moment où le travail se concentre dans les manufactures, dès qu’un grand nombre d’ouvriers sont réunis dans un même atelier, le problème de la coopération et de l’organisation du travail se pose avec une nouvelle acuité. L’organisation d’un collectif de travail n’implique pas nécessairement que les opérations soient fragmentées. La parcellisation des tâches devient, en revanche, avantageuse dès que les objets sont fabriqués en grande quantité, pour de vastes marchés, et non plus à la commande. Dans l’exemple fameux de la manufacture d’épingles que décrit Adam Smith en 1776, la répartition de dix huit opérations entre dix ouvriers permet d’atteindre une production globale quotidienne de plus de 48 000 épingles. Chaque ouvrier réalisant 1/10ème du produit, sa production quotidienne peut être assimilée à 4 800 épingles. Si chacun d’entre eux devait assumer l’ensemble des dix opérations, il n’arriverait même pas, explique Adam Smith, à fabriquer une vingtaine d’épingles par jour. Il y a encore une différence entre séparer des tâches et les spécialiser, c’est à dire réserver, de manière stable, tel type de tâche à tel individu. Une répartition exclusive des tâches ne favorise pas seulement l’acquisition de compétences techniques particulières, mais elle présente, dans ce contexte, un intérêt social. Au moment de la transition vers une économie de marché, cette division du travail contribue aussi au développement du salariat. Un ouvrier qui maîtrise l’ensemble du procédé de fabrication peut être tenté d’assurer l’écoulement de sa production sur un marché sans médiateur et, donc, de devenir un concurrent pour l’entreprise. Si, en revanche, il ne domine qu’une petite partie de la fabrication, une tâche particulière, alors il perd cette opportunité. Enlever à chaque travailleur la maîtrise de l’ensemble du procédé est une manière de diviser pour régner.(…). De plus, la spécialisation des tâches permet d’ouvrir le marché du travail à une main d’œuvre moins expérimentée. Le mouvement de « bana¬lisation » des tâches de fabrication, qui s’amorce à ce moment, est bien sûr relatif. Une tâche est banale au sens premier du terme, elle est « accessible à tout le monde », y compris aux femmes et aux enfants. Elle n’est plus réser¬vée à l’homme de métier qui a suivi un long apprentissage. M. Stroobants. Sociologie du travail. Nathan, coll. « 128 », 1993.

 

C’est avec le développement du capitalisme que la réflexion sur l’organisation du travail a débuté, et notamment au travers des écrits d’A. Smith un économiste écossais, (1776) qui va montrer l’intérêt de diviser le travail au sein de l’entreprise. Jusque là la logique de production est basée sur le principe du compagnonnage et des ouvriers de métier.

Mais ce type d’organisation va connaître des limites :

  • du fait de la nécessité d’augmenter le volume de production de façon importante pour répondre aux évolutions de la société
  • de la recherche de la maximisation du profit


La division du travail recoupe deux types de division :

  • La division sociale du travail, qui correspond à la division du travail en professions et en métiers. Les activités productives sont réparties entre différents producteurs indépendants qui échangent sur le marché.
  • La division technique du travail (c’est celle qui nous intéresse ici), qui correspond, au sein de l’entreprise à répartir le travail entre les salariés en décomposant la production en un nombre déterminé d’opérations.

Dans son exemple de la manufacture d’épingles, Smith montre que si l’on décompose la production en différentes opérations qui seront réparties entre les ouvriers, cela permettra avec la main quantité de main d’œuvre d’augmenter de façon considérable le volume produit.


Selon Smith (1776) cette DTT a trois effets :

  1. elle accroît l’habilité de l’ouvrier ;
  2. elle supprime les temps morts ;
  3. elle facilite la mécanisation.

L’instauration de la division du travail sous forme de séparation des tâches a eu également pour but de remettre en cause la qualification des « ouvriers de métiers » qui était fondée sur un long apprentissage. Elle a ainsi permis « d’ouvrir le marché du travail à une main d’œuvre moins expérimentée », c’est-à-dire déqualifiée.

C’est sur cette conséquence de la division du travail que va s’appuyer la critique de K. Marx. Elle conduit selon lui non seulement à une déqualification du travail et des travailleurs mais aussi à une intensification de l’exploitation du travailleur qui n’a plus de pouvoir car il ne produit qu’une partie du produit.

 

2.1 Quel lien entre croissance et développement humain ?

2.1 Quel lien entre croissance et développement humain ?

a) Croissance et développement : un cercle vertueux

  • Il peut y avoir croissance sans développement mais cela ne dure pas car pour qu’il y ait de la croissance il faut à  terme un changement des structures sociales et économiques  Croissance>Développement>Croissance
  • La croissance économique et le développement se font en même temps. La société permet à  la production d’augmenter car elle a effectué en amont un travail qui permet cette croissance. La société parvient donc à  utiliser ses richesses pour :
    • Améliorer le bien être
    • Réduire les inégalités
    • Transformer les structures de production
    • Améliorer la santé et l’éducation
  • L’amélioration de la santé et de l’éducation sont aussi une source d’efficacité économique, car==> Favorise les facultés productives de la main d’œuvre,donc==> Augmentation de la productivité ==>Augmentation de la croissance.


b) La croissance est une condition nécessaire mais non suffisante au développement

b1) La croissance peut favoriser le développement

La croissance est nécessaire au développement: Seule une hausse du PIB permet de dégager les ressources nécessaires a une politique sociale sur la santé, l’éducation et l’amélioration du niveau de vie.

Exemple: pendant les 30 Glorieuses, la forte croissance (diversification de la production et de la consommation) a permis le financement d’un système de Sécurité Sociale ainsi que le financement de l’éducation.

La croissance apparaît comment une condition nécessaire au développement pour diverses raisons.

Si le PIB en volume s’accroît, l’augmentation des richesses produites, c’est-à-dire l’augmentation de la VA, va se répartir entre ces trois bénéficiaires, ce qui va favoriser le développement :

  • La croissance permet une augmentation du niveau de vie : la croissance améliore le pouvoir d’achat des ménages. Ces derniers vont pouvoir consommer plus (satisfaction de leurs besoins primaires[1]), d’où une amélioration de leur bien-être. Mais l’élévation du niveau de vie entraîne également une modification de la structure de leur consommation, vers la satisfaction de besoins secondaires[2], comme dépenses de loisirs, biens culturels, éducation, santé (évolution des mentalités). Ceci se traduit par une évolution de l’IDH, notamment dans une augmentation de l’espérance de vie et de l’instruction.
  • La croissance permet également d’accroître les ressources des entreprises, ressources nécessaires pour financer leurs investissements et leurs innovations. Elles peuvent proposer de nouveaux produits[3], modifier leur système de production (industrialisation), ce qui entraîne certaines modifications structurelles (salarisation).
  • La croissance permet également un accroissement des ressources de l’Etat, qui permet une intervention positive de celui-ci pour le développement : l’Etat a ainsi des ressources suffisantes pour financer les investissements publics en matière d’éducation, de santé et d’infrastructures nécessaires à l’amélioration du bien-être de la population et au développement. L’Etat pourra également mettre en place une politique sociale[4], qui vise notamment à réduire les inégalités entre les individus.

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[1] Besoins dont la satisfaction est considérée comme nécessaire à la survie (alimentation, protection contre le froid…).

[2] Besoins qui apparaissent une fois les premiers satisfaits et qui sont plus divers. Ces besoins varient selon les sociétés, leur niveau de développement…

[3] Un certain nombre de changements techniques, d’innovation ont amélioré considérablement le niveau de vie des individus (électricité : lumière + moteur électrique ont eu des conséquences sur la vie quotidienne et sur la production – plus facile- ; électroménager a permis d’éliminer les gaspillages ou gain de temps ; plomberie a permis la diffusion de l’eau courante ; invention d’antibiotiques…)

[4] Ensemble de mesures prises dans le domaine des revenus, de la protection sociale et de l’emploi.

1.3 Le changement social : les transformations des sociétés modernes

1.3 Le changement social : les transformations des sociétés modernes

a) Qu’est-ce que le changement social ?

Changement social = transformation durable (pas éphémère) de l’organisation sociale (de la hiérarchie sociale) et de la culture (normes, valeurs, pratiques sociales) d’une  société. Le changement social a donc une dimension plus sociologique que le développement.

Au XX° s, dans les PDEM,  le changement social  se traduit par:

  • transformation de la stratification sociale (PCS)
  • urbanisation
  • transformation des valeurs religieuses
  • émancipation des femmes

A ne pas confondre avec évolution sociale: transformation que connaît une société à l’échelle de plusieurs générations. Le changement social   est aussi délimité à une ère géographique plus restreinte.


b) De profondes évolutions démographiques, sociales, culturelles et politiques.

-Le changement c’est d’abord un changement de régime démographique. La transition démographique a fait passer les pays développés d’un régime démographique naturel au régime démographique actuel   (faibles taux de mortalité & de natalité). La plupart des PED n’ont pas connu cette transition. Cette forme de changement social a été permise par les progrès de la médecine & un changement des mentalités en matière de fécondité.

– Le changement social c’est aussi  un changement dans l’organisation sociale :

Tertiarisation (conséquence : hausse des niveaux de qualification car il y a de + en + d’actifs travaillant dans les professions intermédiaires).

Hausse des qualifications, donc mobilité sociale ascendante

Féminisation de la population active.

La hausse de la production entraîne un changement de la structure de la production qui entraîne à  son tour un changement dans la structure sociale.

-Enfin le changement social, ce sont des changements culturels et politiques. Il existe d’une multitude de facteurs pouvant expliquer le changement social. On distingue 3 modèles théoriques :

  • Weber : paradigme de la naissance du Capitalisme

http://www.revue-interrogations.org/article.php?article=34

  • Tocqueville : paradigme de la Démocratie

http://tocqueville.ifrance.com/pensees/democratie1.html

  • Marx : paradigme des conflits de classe



1.1 La croissance est un phénomène quantitatif de long terme

1.1 La croissance est un phénomène quantitatif de long terme

a) Définition et mesure

La croissance est l’augmentation à long terme de la production de biens et services.

Elle se mesure par l’augmentation du PIB en volume.

le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes des différents secteurs institutionnels ou des différentes branches d’activité, augmentée des impôts moins les subventions sur les produits (lesquels ne sont pas affectés aux secteurs et aux branches d’activité) .

http://www.statapprendre.education.fr/insee/croissance/default.htm


Document 1 : Le PIB français

PIB français et évolution des prix
INSEE Comptes nationaux
20082009
PIB en milliards d'euros courants1 948,51 907,1
Indice des prix base 100 en 2000 118,7119,3
PIB en volume milliards d'euros de 2000 1 641,71 598,6

Document 2 : Evolution du PIB en France en 2010

INSEE, 2010. Comptes nationaux trimestriels - Résultats détaillés du 1er trimestre 2010
Début 2010, le PIB ralentit (+0,1 % après +0,6 %), tandis que le pouvoir d’achat des ménages demeure étale (-0,1 % après 0,0 %)
Au premier trimestre 2010, le PIB en volume* augmente de 0,1 %, après une progression de 0,6 % au quatrième trimestre 2009.
La demande intérieure finale (hors stocks) contribue négativement à la croissance du PIB ce trimestre (-0,2 point après +0,5 point au quatrième trimestre 2009), du fait de la contraction de la formation brute de capital fixe totale (-0,9 % après -1,1 %), alors que les dépenses de consommation des ménages sont stables (+0,0 % après +1,0 %).
Les exportations croissent (+4,1 % après +0,8 %) plus vivement que les importations (+2,1 % après +2,8 %), si bien que le solde du commerce extérieur contribue positivement à l’évolution du PIB (+0,4 point après -0,6 point).
Les variations de stocks des entreprises contribuent pour -0,2 point à la croissance du PIB (après +0,6 point au trimestre précédent).
L’estimation de la croissance est inchangée au premier trimestre
Sur le premier trimestre 2010, l’estimation de la croissance du PIB est inchangée par rapport à la précédente publication. Elle est en revanche légèrement révisée à la hausse au quatrième trimestre 2009, à +0,6 % au lieu de +0,5 %. Les révisions intègrent notamment celles des indices de production industrielle, ainsi que celles de la balance des paiements sur les flux d’échanges extérieurs de services.

Équilibre Emploi – Ressources:

PIB   = Consommation Finale des Ménages + FBCF + (Exportations – Importations) +/- Variations de Stock

Le PIB ne doit pas être confondu avec le PIB / h (que l’on utilise parfois comme indicateur de croissance, mais qui prend en compte la démographie).


Document 3 : Comparaison des PIB et PIB /h

Economies PIB
GDP (current US $) (millions) 2006
Nombre d'Habitants
(millions) 2006
PIB/Habitant
Chine2644.71311.82,01
France2248.161.336,67
Allemagne2896.982.435,15
Royaume-Uni2377.060.639,22
Etats-Unis13163.9299.443,96
UEM ou Zone Euro10636.4316.733,58
Monde48461.96538.17,41

Le PIB/habitant, c’est-à-dire le revenu moyen par habitant mesure le niveau de vie.


Expansion: phase d’augmentation du PIB de court terme

Dépression: baisse du PIB à  long terme

Récession: faible taux de croissance ou baisse du PIB de court terme

Crise: retournement du cycle = passage d’une période de croissance à  une période de dépression, voire récession.



Les limites du PIB

On peut mettre en évidence trois grandes limites du PIB en tant qu’indicateur de croissance :

->Des difficultés de comparaison entre les pays

Lorsque l’on compare les PIB entre différents pays on se retrouve confronté à deux difficultés :

  • Tout d’abord les deux PIB ne sont pas exprimés dans la même devise et il faut donc tenir compte du taux de change entre les deux devises afin de pouvoir faire la comparaison.
  • Ensuite au-delà du taux de change, le niveau des prix n’est pas le même dans les deux pays ce qui veut dire que même pour deux pays qui ont le même monnaie la comparaison est biaisée car le pouvoir d’achat de la monnaie n’est pas le même dans chacun des pays du fait de la différence des prix.

Pour tenir compte de cela on calcule le PIB en parité de pouvoir d’achat (PPA) en corrigeant la donnée en utilisant un taux de change fictif qui permet de rendre équivalent le prix des marchandises dans les pays que l’on veut comparer.


Document 4 : Comparaison des PIB en 2009

Le PIB ne comptabilise pas toutes les activités productives

  • Le PIB ne comptabilise qu’une partie de la production non marchande
  • Le PIB ne comptabilise pas la production domestique (bénévolat, activité domestique)
  • Le PIB ne comptabilise pas la production issue de l’économie sous-terraine (économie informelle : illégale et/ou non déclarée). Il existe des estimations.

Il est à noter que dans certaines économies (Afrique, Amérique latine, pays de l’Est) ces différentes activités productives prennent de l’importance et leur non prise en compte par le PIB vient sous estimer la richesse créée dans l’économie concernée.


Le PIB ne tient pas compte des externalités qu’elles soient négatives ou positive

Ainsi le PIB va comptabiliser positivement des activités qui sont destructrice de ressources naturelles, voire même ajouter à cela la richesse créée pour réparer les dégâts occasionnés par cette activité.

A l’inverse le PIB ne comptabilise pas les externalités positives.

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