1.1Qu’est-ce qui unit les individus appartenant à une même société?

a) Qu’est-ce que le lien social?

Lien social : ensemble des relations qui unissent les individus dans leur vie quotidienne et qui assurent la cohésion sociale.

Cohésion sociale : ce qui cimente et assure l’unité minimale d’un ensemble social. Ce qui permet aux membres d’une société de coexister et vivre ensemble.

Ces liens peuvent prendre différentes formes. On en distingue 3 :

Liens marchands / économiques : relation qui découle des échanges marchands.

Liens politiques : relation qui découle de l’exercice du pouvoir politique ( = capacité à influencer les décisions collectives )

Liens communautaires : relation qui découle d’une appartenance à une même communauté ( = famille)

La forme et l’importance de chaque type de lien évolue en même temps que la société.

Le lien social n’est pas quelque chose de naturel, il faut qu’il y ait un processus d’intégration sociale qui permette à un individu de faire partie de la société.

b) La force du lien social varie selon le type de sociétés

Il existe 2 types de société:

Traditionnelle

Moderne

E. Durkheim distingue 2 types de solidarité :

Dans les sociétés traditionnelles : la solidarité mécanique : les membres sont semblables et la collectivité est plus importante que l’individu.

Dans les sociétés modernes : la solidarité organique : les différences unissent les individus et leurs permettent d’êtres complémentaires. La conscience collective est moins forte au contraire de la conscience individuelle qui est très marquée. Dans les sociétés modernes c’est la division du travail ( les individus ont des fonctions différentes ) qui fait qu’ils sont interdépendants.

Pour Durkheim plus la contrainte sociale est forte, plus le lien social est fort. Donc dans les sociétés industrielles, avec le passage de la solidarité mécanique à la société organique, il y a un risque d’affaiblissement de la cohésion sociale liée à un affaiblissement du lien social.

Il y a alors un risque de désorganisation sociale: L’anomie.

Rq: les sociétés modernes sont caractérisées par un accroissement de la solidarité organique cependant les liens de type communautaires n’ont pas disparus.

F. Tönnies lui, distingue :

La communauté : Le regroupement d’individus ne découle pas de résonnement réfléchi mais de relation fondée sur l’affectif. Le groupe passe avant l’individu.

La société : Les relations sont plus impersonnelles. La volonté est réfléchie. Les liens sont plus abstraits et les buts sont personnels.

Pour F. Tönnies on est passé d’une communauté à une société.

3.1. Les inégalités remettent-elles l’idéal démocratique en cause?

a) L’idéal démocratique : la fin des inégalités

La notion d ‘égalité regroupe trois sens :

Égalité des droits (devant la loi) : tout le monde a les mêmes droits et les mêmes contraintes juridiques

Égalité des chances : Tous les individus doivent pouvoir disposer de chances égales pour accéder aux différentes positions sociales

Égalité de situations/égalité réelle : tout le monde a la même situation


Qu’appelle t-on l’idéal démocratique ?

A.Tocqueville : Société dans laquelle on va avoir une tendance à l’égalisation des conditions. De plus en plus d’égalité des droits entraînent de plus en plus d’égalité des chances. L’origine sociale doit avoir de moins en moins un impact sur la condition sociale.

Derrière l’idée d’idéal démocratique, il n’y a pas la disparition totale des inégalités donc on a une société dans laquelle la mobilité sociale est possible et cette mobilité doit conduire à une baisse des inégalités de situation.

b) Qu’en est-il aujourd’hui dans notre démocratie ?

Égalité des droits : c’est un processus qui a commencé avec la Déclaration des droits de l’Homme mais qui est en perpétuelle construction (droit de vote des femmes par exemple…) et qui peut encore être amélioré (avec le droit de vote des étrangers par exemple…)

Égalité des chances : il subsiste, même si elles sont réduites, des inégalités des chances importantes. Tous les individus n’ont pas les mêmes chances d’accéder à différentes positions sociales. Cela dépend de leur origine sociale (tables de mobilité), du sexe, de l’âge.

Doit-on mettre en place des mesures de discrimination positives ?

Discrimination positive : donner plus à ceux qui ont moins

Égalité des situations : oui il y a une baisse des inégalités au niveau du 20ème siècle mais l’égalité des situations est loin d’être respectée. Pour Tocqueville il est impossible de respecter les inégalités de situations, il faut plutôt chercher à respecter l’égalité des relations sociales (prestige social). Les sociétés démocratiques acceptent l’existence d’inégalités quand elles leur semblent justifiées (basées sur la méritocratie)

2.3 La mobilité sociale est-elle toujours souhaitable?

a. Les effets pervers de la mobilité sociale pour les individus :

La mobilité sociale ascendante peut avoir des effets négatifs pour l’individu parce qu’il peut vivre plus ou moins bien le fait de quitter son milieu d’origine car cela peut entraà®ner un déracinement voire une perte d’identité pour lui. Il peut avoir le sentiment d’avoir trahi son milieu d’origine. Cette mobilité sociale peut aussi entraà®ner une rupture avec son milieu d’origine du fait de la distance sociale créée.

En plus, l’individu doit intégrer un nouveau milieu social dont il ne partage pas encore la sous culture. Il va devoir s’adapter en apprenant ces nouvelles normes et valeurs. La mobilité sociale est donc un processus de déculturation, c’est-à -dire une perte de sa culture d’origine au profit d’une nouvelle, qui peut être mal vécu par l’individu.

b. Une société mobile n’est pas toujours moins inégalitaire :

La croissance de la mobilité sociale, n’implique pas forcément une réduction des inégalités sociales. Si l’ensemble de la structure sociale connait une mobilité ascendante ; les distances qui séparent les différents groupes peuvent perdurer.

Ainsi malgré la mobilité sociale que connaît la France on peut mettre en avant que :

-Les inégalités scolaires sont toujours importantes et que la démocratisation de l’école ne les a pas atténuées (maintien du caractère élitiste de certaines filières, illusion d’égalité des chances)

– Le diplôme initiale garde une très grande importance ce qui rend difficile une mobilité intragénérationnelle

– La hiérarchie des salaires n’a pas vraiment évoluée écart interdécile à peu près stable)

Une société plus mobile, plus fluide démontre en apparence des progrès dans la réduction des inégalités avec un progrès de l’égalité des chances. Mais elle peut s’accompagner d’un maintien des inégalités de position, de revenus, de niveau de vie, et de mode de vie. Ce blocage des hiérarchies est particulièrement vrai dans la société française.

Ainsi la persistance des inégalités remet-elle en cause l’idéal démocratique?

2.2 Quels sont les facteurs explicatifs de le plus ou moins grande mobilité d’une société?

Les sociétés démocratiques récusent les hiérarchies de droits (castes, ordres) et reposent sur un idéal démocratique de l’égalité des droits et des chances c’est-à -dire un idéal méritocratique (chacun doit pouvoir avoir les mêmes chances d’ascension sociale grâce à son mérite et non grâce à des privilèges dû à son origine sociale). L’idéal démocratique est donc une forte mobilité sociale et l’enjeu de sa mesure est de savoir si l’on s’approche de cet idéal.

S’il y a une certaine égalité des chances cela permet de légitimer l’existence d’inégalités des conditions qui sont acceptables seulement si elles sont réversibles.

Aujourd’hui la société française est plus fluide qu’il y a 50 ans car il y a plus de mobilité nette (c’est elle qui explique le plus la mobilité sociale). Mais l’augmentation apparente de la mobilité sociale s’explique aussi par l’évolution de la structure de la population active.

Mais l’existence d’une mobilité sociale ne signifie pas une baisse des inégalités des chances.

De plus, si tout le monde se déplace vers le haut dans l’échelle sociale la hiérarchie de la structure sociale ne change pas. (Paradoxe d’Anderson : il y a une hausse généralisée des qualifications mais la situation sociale reste égale et devient même parfois moins bien.)

Donc les perspectives de mobilité sociale des jeunes générations est moindre car la mobilité stagne et est plus souvent due à la mobilité structurelle qu’avant donc il y a un risque de déclassement social plus fréquent (mobilité sociale descendante ou diminution du prestige social).

Beaucoup de sociologues accusent l’école d’être responsable de cette reproduction des inégalités.

Conclusion : Même si une certaine mobilité sociale existe en France elle n’est pas uniforme et la société reste marquée par une forte hérédité. Et on peut craindre que le ralentissement actuel de cette mobilité engendre un sentiment de frustration relative c’est-à -dire non pas une déception liée à la pauvreté mais plutôt liée aux résultats décevants par rapport aux attentes générées par la société. Cette désillusion peut représenter une menace pour la cohésion sociale car elle peut entrainer une société plus conflictuelle.

Problématiques : Introduction Générale

QUESTIONS DE SYNTHESE

Lien croissance et développement

  • 1) Après avoir montré que la croissance et le développement vont souvent de pair, vous montrerez que cette liaison n’est pas systématique.
  • 2) Vous montrerez que si la croissance économique entraà®ne le développement, le développement peut aussi favoriser la croissance.
  • 3) Après avoir expliqué que la croissance économique accompagne souvent le développement, vous montrerez que le développement ne peut pas se réduire à la croissance.
  • 4) Après avoir analysé comment la croissance permet le développement, vous montrerez les limites de cette relation. (suite…)
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