TH1 -> CH2 -> 3. Les autres acteurs de la compétition politique

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Les groupes d’intérêt sont tous les acteurs qui cherchent à influencer les pouvoirs publics dans un sens favorable à leurs intérêts. Cela regroupe les associations, et donc les syndicats et les partis politiques.

La société civile organisée regroupe l’ensemble des organisations exprimant la volonté des citoyens de défendre leurs intérêts et d’agir pour un but commun.

3.1        Les acteurs de la société civile

La société civile est regroupée en associations (rappel : les partis politiques, les syndicats sont des associations). Leur rôle va être de faire l’intermédiaire entre le citoyen et le pouvoir politique (on les appelle d’ailleurs aussi des groupes intermédiaires.) C’est le sociologue A.de Tocqueville qui montre dans son ouvrage « De la démocratie en Amérique » en 1835 l’importance de ces groupes intermédiaires dans le bon fonctionnement de la démocratie.

Traditionnellement, dans le monde du travail, les mouvements sociaux traditionnels sont menés par les syndicats.

Mais, il y a aussi de nouveaux mouvements sociaux, qui ne sont pas organisés par les syndicats et qui ne sont pas forcément centré sur le travail ou l’économie : par exemple, les mouvements féministes, les mouvements de défense des sans-papier, les mouvements de défense des droits des homosexuels, les coordinations étudiantes,…

Ce qui est nouveau est que :

  • Ces nouveaux acteurs se réunissent plutôt sur des structures éphémères, qui ne se forment que pour un moment particulier de lutte collective et qui ne sont pas dépendant des structures syndicales traditionnelles : plutôt des « collectifs », des « coordinations » ou des associations. La particularité des NMS est la méfiance par rapport aux organisations traditionnelles. Ils essaient de proposer de nouvelles formes d’organisation, en favorisant la structure décentralisée en réseau et en construisant un espace d’autonomie avec plus de place aux initiatives locales et individuelles.
  • Les NMS, ne concernent plus majoritairement la sphère du travail, de la production et de l’économie ; ils portent surtout sur des grandes valeurs, sur la culture et sur des pratiques sociales : Défense des Noirs (US) mouvement pacifiste, écologiste, féministe, défense des consommateurs (consumérisme) défense des minorités (Beurs, homo…) défense des droits fondamentaux (DAL, sans-papiers,…)
  • Les formes d’action collective privilégiées sont souvent plus protestataires (voir violentes), plus médiatiques et utilisent plus  souvent Internet (pétition) : boycott de certains produits, occupation de locaux, destruction matérielle….

3.2 La société civile renforce la démocratie par la contestation

Les groupes d’intérêt de la société civile peuvent chercher à influencer les décisions des pouvoirs publics par le recours à la contestation :

La contestation peut reposer sur le recours au rapport de force : le but est de contraindre les pouvoirs publics à renoncer ou à adopter : par exemple, les manifestants contre le mariage pour tous, ou le mouvement des bonnets rouges contre l’écotaxe, ou le mouvement des « pigeons » contre la réforme de la fiscalité sur les plus-values ;

Pour cela, le groupe d’intérêt doit :

  • mobiliser des militants
  • convaincre du bien fondé de leur action et de l’illégitimité de la décision à combattre
  • désigner clairement un adversaire et la cause à combattre
  • fabriquer un discours et un argumentaire cohérent
  • choisir un ou des porte-parole, de préférence une personnalité charismatique et qui passe bien auprès des médias
  • recourir à des actions plus ou moins spectaculaires et médiatiques (les medias jouent un rôle-clé dans la popularisation du mouvement)

Exemples de type d’actions : marche de protestation, barrage routier, occupation de locaux, séquestration de patrons, fauchages de champs OGM, grèves de la faim,…

1.3 La société civile renforce la démocratie par la coopération

Les partis politiques ne sont pas les seuls à pouvoir jouer un rôle de représentation : au-delà de la représentation politique classique, il y a la représentation professionnelle (assurée en particulier par les syndicats, mais pas seulement), mais aussi associative, voire des formes de représentations assurées par des porte-parole occasionnels

Les acteurs de la société civile sont donc souvent amenés à négocier avec les pouvoirs publics afin de participer à l’élaboration des lois.

une logique de coopération : négociation, diffusion idéologique, participation aux instances collectives (Sécurité sociale, Pole emploi,…) lobbying (qui relève d’une logique d’influence)

  • la coopération peut être institutionnalisée : cela consiste pour les pouvoirs publics à mettre en place des dispositifs institutionnels de négociation : il peut s’agir d’une consultation ponctuelle dans le cadre d’un projet de loi (exemple pour le Grenelle de l’environnement) ou l’attribution de sièges dans un organisme consultatif (conseil économique, haut conseil à l’intégration,…)
  • la coopération peu institutionnalisée peut consister pour les groupes d’intérêt à produire et à diffuser auprès des instances de décision des informations relatives aux sujets sur lesquels ils doivent prendre des décisions.

On oppose deux stratégies de lobbying :

  1. le lobbying interne où l’objectif est de lier des relations auprès des décideurs et d’influencer leurs décisions en participant aux négociations et en fournissant des rapports d’expertise.
  2. le lobbying externe où l’objectif est d’avoir une influence grâce aux médias, aux manifestations, aux pétitions,…
Pas de panique ce n’est “que” la rentrée

Pas de panique ce n’est “que” la rentrée

[Jeudi 2 septembre 8:00, Lisbonne]

Et oui, finis les vacances, la plage, le soleil, l’oisiveté, il est temps de retourner en cours ! Mais ce n’est pas que la rentrée des classes :

-C’est aussi la fameuse “rentrée sociale” avec la très contestée réforme des retraites (rendez-vous pris par les syndicats et organisations politiques le 7 septembre pour une journée de grève). L’enjeu est majeur, allongement de la durée de cotisation, rehaussement de l’âge de départ à la retraite, recalcul des pensions, …Voici quelques vidéos s’apparentant au sujet :   Pour ce qui est du spot publicitaire du gouvernement sur ce sujet, vous l’avez forcément déjà vu à la TV !

-C’est bien sur aussi la rentrée gouvernementale et parlementaire avec au programme une actualité juridique fournie : procès du président Jacques Chirac, poursuite de la réforme de la justice et, à terme, la volonté de supprimer les juges d’instruction, poursuite d’une politique sécuritaire et d’expulsion des sans-papiers, saisine de la Cour de Justice de la République dans l’affaire Woerth/Bettencourt … Pour ce dernier sujet je vous invite à découvrir ce qu’est la Cour de Justice de la République définie par l’article 68-1 et 68-2 de la Constitution. Vous noterez que les “juges” sont composés de parlementaires élus par l’Assemblée Nationale et le Sénat, et selon le type de majorité présente dans ces deux chambres, on peut douter de la partialité des juges dans cette juridiction extraordinaire. Une question subsiste : pourquoi ne pas juger les ministres de la même façon que chaque citoyen français ? Qu’est-ce qui justifie la création d’une cours spéciale ?

-C’est aussi l’occasion pour moi de vous proposer une troisième version du site ses-noailles.fr, version refondue sur les remarques et conseils de Mme Martin et de votre surveillant préféré, le sieur Stephan G. Vous avez désormais accès aux flux RSS des sites d’informations sur la page d’accueil, un menu déroulant (un peu) plus ergonomique et performant pour naviguer dans la structure de vos cours, un affichage plus interactif des nouveaux articles ; de plus, vous avez toujours l’occasion de contribuer aux divers sujets en laissant des commentaires. Au vu de la popularité des réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter, il m’a semblé opportun d’ajouter des modules de connexion sur chaque sujet de sorte à ce que vous puissiez partager en un seul clic un article jugé intéressant ou répondre aux nouveaux commentaires.

En bref, soyez rassurés, vous n’êtes pas seuls à rentrer, les travailleurs retournent aussi à l’usine, les pilotes du navire français reprennent les commandes d’une main de fer. Il y a aussi la rentrée des littéraires, notamment avec le Goncourt, le prix Fémina et bien d’autres. S’il y avait une chose à faire pour cette nouvelle année scolaire, ce serait de prendre le temps de la réflexion. Prenez le temps d’agir face à l’immédiateté (parfois brutale) de cette rentrée collective. Je terminerais ce petit sujet en vous rappelant ceci : les réactions hâtives face aux problèmes contemporains ne profitent qu’à ceux qui les ont provoquées. Face au flux d’idées, il faut savoir prendre du recul, faire la part entre la Communication et l’Information. Les SES vous aident à décrypter ce monde entrelacé et souvent ambigü.

C’est à vous de prendre du recul, de penser pour ne pas rester cloitrés dans le “sarko-phage médiatique”.

 

Amitiés.

Image d’illustration : Lost In A Book by ~indie-cisive

 

SUJETS CORRIGES PARTIE 2 CHAPITRE 2

SUJETS CORRIGES PARTIE 2 CHAPITRE 2

SUJETS CORRIGES SUR PARTIE 2 CHAPITRE 2

DISSERTATION

« Dans quelle mesure les mutations du travail peuvent –elles expliquer la crise du syndicalisme ? »

En introduction, il était fondamental de définir clairement ce qu’on entend par « crise du syndicalisme » (faible taux de syndicalisation et baisse de représentativité  lors des élections professionnelles) et « mutations du travail » (NFOT et hausse du chômage, de la précarité, de la flexibilité) et de donner un cadre spatio-temporel : en France depuis les années 70.

1 – Les mutations récentes du travail expliquent en partie la crise du syndicalisme

1.1 – les nouvelles formes d’organisation du travail ont incité les individus à moins se syndiquer

a)flexibilité quantitative externe : hausse du chômage et précarisation de l’emploi

b)flexibilité  interne : individualisation de la relation de travail

1.2 – les transformations de la structure productive ne sont pas favorables au syndicalisme

a) désindustrialisation

b) tertiarisation

2 – D’autres facteurs expliquent aussi la crise du syndicalisme en France

2.1 – La moyennisation de la société participe à la crise du syndicalisme

a) La hausse des niveaux de vie influence les revendications

b) La montée de l’individualisme (paradoxe d’Olson)

2.2 – L’institutionnalisation des syndicats peut aussi être considérée comme responsable de cette crise

a) La professionnalisation éloigne les syndicats de leur base

b) Il y a un décalage entre les revendications syndicales et celles des salariés.

Problématiques: Partie 2 Chapitre 2

QUESTIONS DE SYNTHESE

1) Après avoir dressé un état des lieux de la présence syndicale dans les entreprises françaises, vous exposerez les raisons de la désyndicalisation.

2) Après avoir caractérisé les nouvelles formes d’action collective, vous montrerez qu’elles remettent en cause l’institutionnalisation des conflits.

3) Après avoir décrit l’émergence de nouveaux objets de l’action collective, vous vous interrogerez sur les moteurs de ces actions.

4) Après avoir montré que la montée de l’individualisme peut remettre en cause l’action collective, vous nuancerez la portée de cette théorie.

5) Après avoir rappelé le rôle joué par les syndicats sur le plan social, vous analyserez le phénomène de désyndicalisation.

DISSERTATIONS

1) Peut-on parler d’une disparition de la classe ouvrière en France aujourd’hui ?

2) Peut-on parler d’une crise du syndicalisme en France aujourd’hui ?

3) Les conflits sociaux d’aujourd’hui sont-ils des conflits de classe ?

4) Comment pouvez-vous expliquer l’évolution des conflits liés au travail au cours de ces dernières décennies ?

5) Vous vous interrogerez sur le rôle des syndicats en France actuellement.

2.2 Explications: une mobilisation moins forte du fait du déclin de l’identité ouvrière et de la montée de l’individualisme

a) mutations du monde du travail et déclin du mouvement ouvrier.

Évolution de la structure de l’appareil productif: tertiarisation + désindustrialisation => défavorable au mouvement ouvrier
Baisse de la PCS ouvrière => Baisse des syndicats. De plus la tertiarisation n’a pas compensé le mouvement ouvrier.
Secteur tertiaire: + de petites entreprises => mobilisation et syndicalisme – important. Identité collective est peu ou pas du tout développée (activité très diversifiée dans le secteur tertiaire que ne favorise pas la conscience de classe).

Évolution de la gestion de la main d’œuvre =>précarisation du travail, recours massif à la sous-traitance, chômage
=>défavorable à l’identité de groupe

b)Les mutations de la société: causes externes au monde du travail.


Evolution de la gestion des syndicats=>institutionnalisation des syndicats (éloignement des responsables syndicaux des ouvriers)

Hausse des niveaux de vie => développement des classes moyennes => affaiblissement identité collective.

Montée de l’individualisme, valeur qui semble propre à la classe ouvrière. Individus considèrent qu’ils n’ont pas intérêt à se mobiliser, de plus les syndicats ont un mode de fonctionnement collectif=>tous les salariés bénéficient des avantages obtenus par les syndicats.


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