Annexes

1- Géoconfluences

Océan Arctique : des frontières maritimes à l’épreuve d’une  nouvelle donne climatique.

( Sylviane Tabarly) Résumé de son article

Cinq pays sont riverains de l’océan Arctique : les États-Unis (via l’Alaska), le Canada (dont le territoire inuit du Nunavut), le Danemark (via le Groenland [1]), la Norvège, dont l’archipel du Svalbard (ou Spitzberg) et la Russie. Compte tenu des conditions climatiques et océanologiques générales, l’espace arctique n’a longtemps intéressé qu’à travers les expéditions à caractère sportif et/ou scientifique dont il était le théâtre, ou par ses enjeux géostratégiques, principalement dans le contexte de la guerre froide. Mais, les effets des changements climatiques sur ces espaces extrêmement sensibles d’une part, les ressources naturelles, potentielles ou prouvées, qu’ils pourraient receler d’autre part, ont changé la donne au début du XXIe siècle. En effet, d’après une estimation de l’USGS (US Geological Society, agence gouvernementale américaine de recherche géologique) en juillet 2008, l’Arctique recèlerait “22% des ressources énergétiques non découvertes mais techniquement exploitables” de la planète. Il s’agirait, non seulement d’hydrocarbures mais aussi de possibles gisements de nickel, fer, cuivre, étain, or, etc. D’autre part, la déglaciation saisonnière de l’océan Arctique permettrait d’y ouvrir de nouvelles voies maritimes.

À mesure que la durée et l’expansion de la banquise diminuent, il devient envisageable d’emprunter le passage du Nord-Est le long de la côte septentrionale russe et le passage du Nord-Ouest, le long du Groenland, du Canada et de l’Alaska, qui est libre de glaces en été depuis 2006.

2- Le Monde article intégral du 25 novembre 2010

L’INED rappelle notamment que si une proportion importante de migrants quitte le Sud pour le Nord, les flux entre pays du Sud, d’une part, et entre pays du Nord, de l’autre, sont tout sauf négligeables. Ainsi, sur les 214 millions de personnes vivant hors de leur pays d’origine (soit 3,1 % de la population mondiale, selon l’estimation des Nations unies pour 2010), 62 millions sont partis des pays du Sud vers ceux du Nord. Mais les migrations Sud-Sud concernent 61 millions d’individus et celles entre les pays du Nord 53 millions.

Avec 43 millions d’étrangers sur leur territoire en 2010, selon les projections des Nations unies, les Etats-Unis demeurent le premier pays d’immigration au monde, loin devant la Russie et ses 12,3 millions d’immigrés. Au total, 13 % de la population sont nés hors des frontières américaines. Les Etats-Unis restent une terre d’accueil, avec « un solde migratoire [différence entre le nombre de personnes entrées dans le pays et le nombre de celles qui en sont sorties] estimé en moyenne à un million d’individus par an » au cours des cinq dernières années.

Ce « vieux » pays d’immigration est représentatif de ces « démocraties industrielles occidentales où la proportion d’immigrés est généralement comprise entre 7 % et 16 % », note l’INED. A ce groupe se rattachent entre autres la France (11 % d’immigrés), l’Allemagne (13 %), les Pays-Bas (10 %), le Royaume-Uni (10 %) et la Belgique (9 %). Il a été rejoint par l’Espagne (14 %) : la péninsule ibérique est devenue en vingt ans un pays d’immigration important, le flux d’entrée des étrangers y battant des records de 2002 à 2007.

En proportion d’étrangers par rapport à leur population, ces pays d’immigration ancienne sont toutefois largement dépassés par les pays du Golfe, où les immigrés sont parfois majoritaires, comme au Qatar, aux Emirats ou au Koweït. Ils se placent également derrière des pays comme l’Australie (21 %) ou le Canada (21 %), encore peu peuplés et dont les frontières restent ouvertes.

Enfin, la proportion d’étrangers atteint également des sommets dans des pays où règne une fiscalité avantageuse comme Monaco (72 % d’immigrés), Singapour (41 %) ou, dans une moindre mesure, la Suisse (23 %) et le Luxembourg (35 %).

D’où viennent ces migrants ? La connaissance des experts dans ce domaine est plus parcellaire, les arrivées « étant mieux enregistrées que les départs ». Le Mexique (10 millions d’émigrés) arrive en tête des pays de départ avec une grande majorité de ses ressortissants vivant aux Etats-Unis, suivi par l’Inde (9 millions) et le Bangladesh (6,6 millions).

Mais en pourcentage de la population, ce sont de petits pays qui remportent la palme de l’émigration. La petite île du Cap-Vert compte un ressortissant à l’étranger pour deux vivant au pays, quand la Bosnie-Herzégovine a vu partir 33 % de sa population et l’Albanie 27 %. Le Royaume-Uni apparaît comme une curiosité avec, en 2000, quasiment autant d’immigrés (4,9 millions) que d’émigrés (4,2 millions). Petite surprise, la France apparaît comme le pays d’où l’on s’expatrie le moins.

Etablis à partir de découpages nationaux, ces chiffres ne donnent pas toute la mesure des phénomènes migratoires. Ainsi la proportion d’immigrés en Chine n’est que de 0,1 %, alors que les migrations de province à province ont été très importantes dans ce pays ces dernières années.

3 – Dossier de presse de l’exposition « des murs entre les hommes », pour le consulter en intégralité, ouvrir la pièce jointe au format pdf ou aller sur www.micr.ch/pdf/murs/Dossier_de_presse.pdf

La zone démilitarisée entre les deux Corées

Un mur-frontière hors du temps

 

Caractéristiques du mur

Date de construction : 1953

Longueur : 241 km

Hauteur : 2 à 3 m

Matériau utilisé : barbelés, grillages

Poste de garde : 131 au Sud, 337 au Nord

Personnel stationné : 700’000 soldats au Nord, 414’000 soldats au Sud

Population concernée : Nord-Coréens et Sud-Coréens

En Corée personne n’utilise le mot « mur » pour évoquer la frontière séparant la péninsule coréenne en deux, sauf quelques discours de propagande. Pourtant le mur est omniprésent : il parcourt les crêtes des montagnes, se cache dans les vallées et enjambe les rivières. On ne s’en approche pas sans laissez-passer ou autorisation spéciale. Il constitue une zone militaire à part entière, véritable no man’s land de 4 km de large, délimité par deux rangées de barbelés. Son but est d’empêcher tout incident susceptible de provoquer la reprise des hostilités. Depuis la chute du mur de Berlin, c’est la dernière frontière héritée de la guerre froide, symbole d’une guerre fratricide et idéologique.

Le 38e parallèle, là où la guerre de Corée commence et s’arrête

En 1910, la Corée est colonisée par le Japon. Après la défaite du Japon en 1945, la Corée est partagée en deux zones d’occupation, soviétique au nord, américaine au sud, délimitée par le 38ème parallèle. L’été 1948 voit la création au sud de la République de Corée; au nord, celle de la République populaire démocratique de Corée. Le 25 juin 1950, la Corée du Nord tente de réunifier le pays par les armes et déclenche la guerre de Corée. Les Etats-Unis et les forces de l’ONU interviennent auprès de la Corée du Sud, tandis que la Chine choisit la Corée du Nord. Au sortir du conflit, la division de la Corée en deux Etats séparés par la ligne du cessez-le-feu est rétablie. La ligne de front finale devient la zone coréenne démilitarisée, abrégée en DMZ (pour demilitarized zone) qui sert depuis de zone tampon. Le 4 octobre 2007, les deux Etats, par une déclaration commune, soulignent leur engagement pour promouvoir la paix et la prospérité économique dans la péninsule. Toutefois, les perspectives d’une réunification semblent compromises, car le Nord a peur qu’une réunification n’affecte le régime, tandis que le Sud refuse d’assumer la majeure partie de la reconstruction de l’économie de son voisin.

Sources :

  • NOVOSSELOFF Alexandra, NEISSE Frank, Des murs entre les hommes, La Documentation française,
  • Paris, 2007.
  • MOURRE Michel, « Corée », « Corée du Nord », « Corée du Sud », « guerre de Corée » in Dictionnaire
  • encyclopédique d’histoire, Larousse-Bordas, Paris, 1996, pp. 1422-1426.
  • COUMONT Barthélémy, « L’Asie orientale face aux périls des nationalismes » :
  • http://www.diploweb.com/forum/coree06033.htm

 

Le Berm au Sahara occidental

Les murs de sable du désert sahraoui

 

 Caractéristiques du mur

Date de construction : 1980-1986

Longueur : 2’000 km sur plusieurs rangées

Matériau utilisé : remblais de sable, champs de mines, barbelés

Personnel stationné : 120’000 soldats marocains, 8’000 à 10’000 soldats du Front

Polisario

Population concernée : Sahraouis et Marocains

Le Berm, remblais de sable de 2’000 km de long, a été construit par les Marocains dès les années 1980 pour faire cesser les actions de guérilla du Front Polisario. 120’000 soldats marocains y sont stationnés, équipés d’artillerie légère. Des champs de mines complètent le dispositif, tandis que des équipements électroniques détectent toute présence humaine dans un rayon de 60 km.

De la colonisation à l’autodétermination du peuple sahraoui

L’Espagne occupe le Sahara occidental depuis 1884. En 1975, elle quitte la région et signe avec le Maroc et la Mauritanie un accord leur laissant respectivement deux tiers et un tiers du territoire. Le Front Polisario (Front Populaire de Libération de Saghi al- Hamra et de Rio de Oro), créé en 1973 et soutenu par l’Algérie, le conteste. A la requête du Maroc, la Cour internationale de Justice rend le verdict : un droit d’autodétermination est accordé aux populations du Sahara occidental. Hassan II organise alors « la Marche verte » et 350’000 Marocains occupent la partie nord du Sahara occidental. Près de 500’000 Sahraouis se réfugient en Algérie. En 1976, le Front Polisario crée la « République arabe sahraouie démocratique » et attaque le Maroc et la Mauritanie. En 1979, celle-ci se retire du conflit et laisse son territoire. La même année, le Front Polisario remporte un succès diplomatique lors de la condamnation par l’ONU du Maroc sur le territoire sahraoui. En 1980, le Maroc décide de construire le fameux Berm. Il encourage en parallèle l’installation de Marocains dans la région. En 1991, tout en veillant à l’application du cessez-le-feu signé par les forces en présence, la Mission des Nations Unies se déploie pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental. Le plan de paix prévoit de donner au peuple sahraoui le choix entre l’indépendance et l’intégration au Maroc. L’enjeu énorme et l’issue incertaine pour les deux parties empêchent une mise en œuvre rapide du référendum. Plusieurs solutions visant à sortir de cette logique sont proposées, notamment celle d’une autonomie substantielle. Sans succès, jusqu’à présent.

Sources :

  • NOVOSSELOFF Alexandra, NEISSE Frank, Des murs entre les hommes, La Documentation française,
  • Paris, 2007.
  • MOURRE Michel, « Sahara occidental » in Dictionnaire encyclopédique d’histoire, Larousse-Bordas,
  • Paris, 1996, pp. 4918-4919.
  • Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, « Situation au Sahara occidental », Doc. 10345,
  • 20.10.2004 : http://assembly.coe.int/Documents/WorkingDocs/doc04/FDOC10346.htm
  • « Sahara occidental » in Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2008.
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