c)    Les nouvelles formes d’organisation du travail : post ou néo taylorisme ?

De plus, le toyotisme et le développement général de nouvelles formes d’organisation du travail dans les années 1970-1980 ne font pas disparaître les principes du tayloro-fordisme.


Exemple : Les ambigüités des nouvelles formes d’organisation du travail, le cas de MC Donald’s


A partir des trois documents suivants, relevez les éléments qui mettent en évidence que l’organisation du travail chez Mc Donald’s est inspirée des méthodes toyotistes ; puis montrez que malgré tout les principes tayloro-fordiens demeurent.


Document 1 :

La préparation des hamburgers et des frites suit un processus continu, sans encours, du congélateur de l’établissement au client. Seulement quelques hamburgers attendent trois à quatre minutes sur le bin, sorte de présentoir, entre la cuisine et le comptoir. Le rythme de fabrication des hamburgers et des frites est donné par le swing manager (chef de zone, à la fois team leader et chef d’équipe) et par les équipiers du comptoir. L’efficacité du flux tendu repose sur une fine coordination de tous les acteurs, en particulier pendant les périodes de rush.

J-P Durand, La Chaîne invisible, Le Seuil, 2004. 


Document 2 :

L’équipier ou l’équipière est nécessairement polyvalent dans sa fonction de prise de commande, de préparation et d’encaissement. Le contrat de travail prévoit explicitement ces tâches :

  1. prendre et servir les commandes
  2. tenir les caisses enregistreuses
  3. manipuler les machines à boisson, les friteuses et le grill ; préparer les condiments.

Mais la polyvalence est beaucoup plus large et les équipes doivent aussi préparer le restaurant avant le rush « et le maintenir propre après le passage des consommateurs. Le contrat des équipiers impose aussi les tâches suivantes :

  1. nettoyer la salle du restaurant
  2. accompagner l’ouverture et la fermeture du restaurant
  3. décharger les camions de livraison
  4. transférer les produits des entrepôts à la cuisine, etc.

J-P Durand, La Chaîne invisible, Le Seuil, 2004.

 

Document 3 : Chaîne de commandement chez Mac Donald’s


Document 4 : Définition du poste « servir au comptoir »

Eléments allant dans le sens dutoyotisme

Eléments persitants du tayloro-fordisme

Production en flux tendu, déclenchée à la commande du consommateur.

Polyvalence des salariés

Initiative de non service du produit en cas de mauvaise qualité

Présence forte de la hiérarchie (division verticale du travail)

Procédure précise de travail à respecter

Temps imposés par le flux tendu



Il semblerait donc que certains éléments persistent, particulièrement la division verticale qui même si elle est atténuée par l’autonomie et l’implication des salariés reste très présente. De plus malgré la polyvalence le travail reste assez parcellisé et le flux tendu remplace le chronomètre dans l’imposition d’un rythme soutenu de travail.

Plutôt que de post taylorisme (fin du taylorisme) il faudrait donc parler de neo-taylorisme (taylorisme modifié).


Conclusion : En s’appuyant sur une plus grande souplesse de la production le toyotisme permet de mieux s’adapter à la demande et de limiter les coûts de production en limitant le gaspillage.

Les gains de productivité sont ici permis grâce à une diversification de la production et une plus grande implication des salariés.

Ces différentes formes d’organisations, en dehors de leur impact sur les façons de produire et par là sur les gains de productivité, ont également un impact sur la condition salariale.