1. Le marché est défaillant en présence d’externalités 

Une externalité est une défaillance de marché parce qu’une intervention de l’Etat permet une meilleure situation que le libre fonctionnement du marché.

Une externalité ou « effet externe » est une situation où les décisions de consommation ou de production prise par certains agents vont avoir des répercussions sur d’autres agents sans que cela se traduise par une transaction entre les deux agents.

  1. Les externalités positives

Une externalité est positive lorsque les autres agents bénéficient de l’effet externe : par exemple, lorsque l’Etat construit une route cela a des effets externes positifs sur les entreprises situées à proximité : cela peut par exemple faire baisser leurs coûts de production.

En baissant les coûts de production des entreprises et en augmentant le bien-être de la population les externalités positives ont donc des effets positifs sur les agents économiques. 

  1. Les externalités négatives

Une externalité est négative lorsque les autres agents pâtissent de l’action de certains sans qu’il y ait eu de transaction : par exemple, lorsqu’une entreprise subit les effets d’une pollution d’une autre. 

Les externalités négatives font augmenter les coûts de production des entreprises et détériorent le bien-être de la population. Elles ont un effet négatif sur l’ensemble des agents économiques.

  1. Comment les pouvoirs publics peuvent lutter contre les externalités ?

L’Etat dispose d’un grand nombre de solutions pour lutter contre les externalités négatives :

-il peut mettre en place des réglementations (par exemple, pour interdire la pollution)

-il peut mener une politique d’incitation (par des subventions ou un programme d’aide à l’innovation)

-il peut mettre en place des taxes, par exemple sur le principe du pollueur-payeur. Ces taxes peuvent être positives ou négatives (sur le principe du bonus-malus écologiques

NB : Dans les pays de l’UE, a été mis en place un marché des « droits à polluer » dans lequel les pouvoirs publics autorisent une quantité globale de droits à polluer distribués aux entreprises qui peuvent ensuite les échanger sur le marché au prix fixé par l’offre et la demande.

  • Le marché est défaillant pour les biens communs et les biens collectifs

2.1 L’expérience des biens collectifs

Dans cette expérience, on peut voir que s’il n’y a pas de contrainte et si tout le monde peut bénéficier du gain, alors les individus auront tendance à se comporter en favorisant d’abord leurs intérêts personnels, même s’ils savent que la contribution collective apporterait plus au groupe.

Il s’agit du paradoxe du passager clandestin : Le paradoxe d’Olson ou du “free rider” désigne le fait que des individus peuvent être amenés à ne pas se mobiliser malgré la présence d’intérêt commun.

Par contre, si les individus ne bénéficient du gain collectif qu’en y contribuant, ils sont incités à le faire.

Pour lutter contre cette défaillance de marché, l’Etat peut mettre en place :

-des solutions réglementaires (en mettant en place des lois)

-des solutions fiscales (par exemple, en prélevant une taxe finançant la production du bien collectif)

-des solutions politiques (par exemple en faisant des campagnes valorisant la contribution à l’intérêt génral)

 

2.2 Qu’est-ce qu’un bien collectif ?

Un bien collectif est un bien qui remplit les critères de non-rivalité et de non-exclusion.

Non rivalité = L’utilisation du bien par une personne n’empêche pas l’utilisation du bien par une autre personne.

Non exclusion = l’usage du bien ne peut pas être limités à ceux qui sont disposer à payer. Il est donc impossible d’exclure ceux qui refusent de payer.

Les caractéristiques du bien collectif entraînent une sous-production voire l’absence de production ce qui entraîne un gain collectif qui n’est pas maximal : une entreprise privée ne choisirait pas de produire ce bien non-rival et non-exclusif car ce ne serait pas rentable.

Pour que la production soit mise en place, elle doit être prise en charge par les pouvoirs publics qui peuvent la financer grâce à la mise en place d’une taxe.

2.3 Qu’est-ce qu’un bien commun ?

Un bien commun est un bien rival mais qui remplit le principe de non-exclusion.

Rivalité = L’utilisation du bien par une personne empêche l’utilisation du bien par une autre personne.

Non exclusion = l’usage du bien ne peut pas être limités à ceux qui sont disposer à payer. Il est donc impossible d’exclure ceux qui refusent de payer.

Les caractéristiques du bien commun entraînent une surproduction ce qui entraîne une baisse du gain collectif : puisque personne ne peut vraiment empêcher l’utilisation de ce bien mais qu’il est rival, chacun va essayer d’en prélever le plus possible, ce qui peut l’amener à disparaître.

Pour limiter la surexploitation des biens communs, des réglementations peuvent être mise en place au niveau national, européen et international.

  • Le marché est défaillant en cas d’asymétrie de l’information

L’asymétrie d’information est une situation où, sur un marché, l’un des deux acteurs dispose d’une information incomplète, ce qui peut conduire à un dérèglement du marché.

L’asymétrie d’information peut être :

– intentionnelle : par exemple, l’offreur peut vendre son produit à un prix plus cher parce qu’il veut faire croire qu’il est de bonne qualité

-ou pas : le producteur peut vendre son produit à un prix plus cher parce qu’il a des coûts de production plus élevés, sans nécessairement proposer un produit de grande qualité.

  • La sélection adverse :

La sélection adverse est le principe selon lequel , dans une situation d’asymétrie d’information, les agents sont amenés à prendre des décisions contraires à leurs intérêts initiaux : par exemple, en achetant toujours au prix le plus bas, les consommateurs provoquent la disparition de produits de qualité du marché ; en cherchant à vendre au plus bas prix, les producteurs vont finir par faire moins de bénéfices car à force de vendre des produits de moindre qualité, ils vont à long terme vendre moins. <les agents économiques peuvent donc être amenés à se retirer du marché.

  • L’aléa moral

C’est une situation où un agent mal informé ne peut pas contrôler l’action d’un autre agent qui peut en profiter ; par exemple, si l’acheteur n’est pas informé sur la qualité d’un bien ou si l’offreur n’est pas informé, par exemple, dans un contrat d’assurance, le client, une fois assuré, peut être incité à prendre plus de risque.

  • Comment remédier aux asymétries d’information ?

Pour pallier à l’asymétrie d’information, les entreprises peuvent instaurer des labels de qualité, les consommateurs peuvent utiliser des applications de notation, des étoiles comme pour les restaurants,… ; les assurances peuvent mettre en place des primes de risques (bonus-malus), l’Etat peut mettre en place une réglementation pour protéger les consommateurs et s’assurer qu’il existe des organismes pour la faire respecter (tels que la Direction  Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes).

  • L’intervention des pouvoirs publics est nécessaire pour pallier les défaillances de marché

-des solutions réglementaires : pour lutter contre les externalités négatives telles que la pollution (ex limitation des niveaux de pollution des voitures neuves), pour lutter contre la surexploitation des biens communs (par exemple des quotas de pêche), pour lutter contre le risque de sélection adverse (par exemple, en imposant des normes de qualité)

-des solutions fiscales : pour lutter contre les externalités négatives (taxe positive ou négative sur la pollution), pour permettre la production de biens collectifs (par exemple, des impôts locaux), pour lutter contre le risque d’aléa moral (par exemple, bonus-malus)

-des solutions politiques ; par exemple, par des campagnes d’incitation aux comportements éco-responsables.